En ces lendemains de Carnaval, je viens
te dire la tristesse qui m’étreint. D’abord je constate que l’ombre
du provincialisme con...tinue de te coller à la peau, et que la
colle est fabriquée par ceux-là même qui t’habitent,
se complaisant dans une situation de citoyens de seconde zone, te confondant
avec un village d’antan, toi capitale du calibari, à vocation internationale
d’action anti-centraliste.
Toi dont la culture occitane a traversé des siècles de
mépris, tu n’arrives toujours pas à te hisser au-delà
des étoiles parce que tes quartiers, et notamment Arnaud Bernard
se maintiennent à l’état de ghettos cul... cul... turel,
préférant l’ombre à la lumière, refusant d’entrer
dans la danse d’un grand carnaval décentralisateur, optant pour
un avenir restreint aux limites de la place sans même prendre et
assumer la responsabilité d’ouvrir l’entrée de la dite place
“Ali Bernat” la nuit de Mardi-Gras, alors que le trio électrico
des Flibustiers Sirventés faisait danser toute la communauté
algérienne de Tolosa de la place du Capitole à la place Arnaud
Bernard avec une petite sono.
Les râleurs anarchico-impuissants ont bonne mine de toujours
accuser la mairie et la police de tous les maux dont souffre la population,
à savoir un manque d’action culturelle de proximité ; on
les a aperçu durant le défilé, bien planqués
dans les bistrots, à regarder passer les authentiques animacteurs
de la Linha Imaginòt. La mairie quant à elle, a assumé
ses responsabilités en accueillant le carnaval en place Cap, en
ouvrant l’accès pour tous ceux présents ; la préfecture
a envoyé quatre motards pour ouvrir et accompagner le cortège
de St. Cyprien au Capitole, avec un arrêt important aux Beaux-Arts,
et tout cela sans aucune demande d’autorisation !
Alors, les conos où sont-ils vraiment ? A cause de tout ça,
Mardi-Gras ressemblait d’avantage à Mardi-Maigre le 24 février
dernier. Heureusement qu’il y avait les irréductibles toulousains
tel Vicente Pablito, six ans, qui est toujours présent pour
les grands rendez-vous, accompagné de Sylvie Abillard, chanteuse,
sans prétention, accrochée au micro sur l’Argo-mostra. Siam
Sylvia, organisatrice du carnaval d’Empalot, dont l’action peut être
citée en exemple, suivie de Michel Battle, artiste, musicien, écrivain,
qui mit à disposition un magnifique texte, qui fut lu par Arlékino,
au sujet de l’aménagement de la place du Cap et surtout la croix
d’Oc revue et corrigée par Moretti.
J’aurais apprécié que les musiciens fabuleusement “trou
du cru” soit à la hauteur de leur prétention, mais l’ange
bêêêêh brilla par son absence, laissant planté
comme un bit de cire le “boîteux” sur une sphère de la croix
d’oc. Personne pour dresser la table et ouvrir un beau repas de quartier,
mais on ne peut être le roi du bruitage et en même temps le
prince de la convivialité. Si on l’avait grassement payé
peut-être aurait-il fait un effort le drôle, enfin !
Sache Tolosa que nous continuerons à dénoncer l’imposture des prétendants “Trobar” de quelque bord qu’ils se trouvent, jusqu’à ce que tu accouches d’une véritable politique culturelle qui verra Carnaval renaître de ses cendres pour le troisième millénaire.