O Tolosa
Ô Tolosa
Vicente Fernando
 

En ces lendemains de Carnaval, je viens te dire la tristesse qui m’étreint. D’abord je constate que l’ombre du provincialisme con...tinue de te coller à la peau, et que la colle est fabriquée par ceux-là même qui t’habitent, se complaisant dans une situation de citoyens de seconde zone, te confondant avec un village d’antan, toi capitale du calibari, à vocation internationale d’action anti-centraliste.
 
Toi dont la culture occitane a traversé des siècles de mépris, tu n’arrives toujours pas à te hisser au-delà des étoiles parce que tes quartiers, et notamment Arnaud Bernard se maintiennent à l’état de ghettos cul... cul... turel, préférant l’ombre à la lumière, refusant d’entrer dans la danse d’un grand carnaval décentralisateur, optant pour un avenir restreint aux limites de la place sans même prendre et assumer la responsabilité d’ouvrir l’entrée de la dite place “Ali Bernat” la nuit de Mardi-Gras, alors que le trio électrico des Flibustiers Sirventés faisait danser toute la communauté algérienne de Tolosa de la place du Capitole à la place Arnaud Bernard avec une petite sono.
 
Les râleurs anarchico-impuissants ont bonne mine de toujours accuser la mairie et la police de tous les maux dont souffre la population, à savoir un manque d’action culturelle de proximité ; on les a aperçu durant le défilé, bien planqués dans les bistrots, à regarder passer les authentiques animacteurs de la Linha Imaginòt. La mairie quant à elle, a assumé ses responsabilités en accueillant le carnaval en place Cap, en ouvrant l’accès pour tous ceux présents ;  la préfecture a envoyé quatre motards pour ouvrir et accompagner le cortège de St. Cyprien au Capitole, avec un arrêt important aux Beaux-Arts, et tout cela sans aucune demande d’autorisation !
 
Alors, les conos où sont-ils vraiment ? A cause de tout ça, Mardi-Gras ressemblait d’avantage à Mardi-Maigre le 24 février dernier. Heureusement qu’il y avait les irréductibles toulousains tel Vicente Pablito, six ans,  qui est toujours présent pour les grands rendez-vous, accompagné de Sylvie Abillard, chanteuse, sans prétention, accrochée au micro sur l’Argo-mostra. Siam Sylvia, organisatrice du carnaval d’Empalot, dont l’action peut être citée en exemple, suivie de Michel Battle, artiste, musicien, écrivain, qui mit à disposition un magnifique texte, qui fut lu par Arlékino, au sujet de l’aménagement de la place du Cap et surtout la croix d’Oc revue et corrigée par Moretti.
 
J’aurais apprécié que les musiciens fabuleusement “trou du cru” soit à la hauteur de leur prétention, mais l’ange bêêêêh brilla par son absence, laissant planté comme un bit de cire le “boîteux” sur une sphère de la croix d’oc. Personne pour dresser la table et ouvrir un beau repas de quartier, mais on ne peut être le roi du bruitage et en même temps le prince de la convivialité. Si on l’avait grassement payé peut-être aurait-il fait un effort le drôle, enfin !

 Sache Tolosa que nous continuerons à dénoncer l’imposture des prétendants “Trobar” de quelque bord qu’ils se trouvent, jusqu’à ce que tu accouches d’une véritable politique culturelle qui verra Carnaval renaître de ses cendres pour le troisième millénaire.

 Adissiatz !