Luck MERVIL- site non-officiel

 

 

PLATINE, janvier 99

Après trois albums au Québec avec son groupe Rudeluck, Luck Mervil a décidé de tout recommencer à zéro en France. Il chante dans Notre-Dame de Paris et prépare un album pour le marché français.

Vous n'êtes pas connu en France, pourtant au Québec, vous en êtes déjà à votre troisième album...

En 1997, j'ai écrit, produit moi-même financièrement pour la première fois mon album et je l'ai même co-réalisé. Il est sorti au Québec il y a six mois et va être distribué ici sous l'étiquette Mercury.

C'est un album Luck Mervil ou Rudeluck?

Rudeluck, mais vous savez Rude Luck, ce sont deux personnes : moi et Rudy d'où le nom du groupe. En anglais, ce nom signifie la chance à l'état brut.

Quel en est le premier extrait?

Au Nom de l'amour, qui est certainement le plus beau texte de l'album.

Vous êtes né à Haïti. Vous avez vécu longtemps au Québec?

J'y suis arrivé, j'avais quatre ans. Je me sens québécois. Je suis retourné à Haïti, il y a deux ans à Noël et j'ai été très déçu à cause du racisme entre Noirs. En France, il y a aussi du racisme, plus qu'au Québec.

Vous avez envie comme Garou, Fiori et Lavoie ou Pelletier d'avoir droit à un single extrait de Notre-Dame?

Je pense que cela va se faire éventuellement. Cela va de soi. On n'est plus dans les années 70 à envoyer un album aux radois et qu'elles se débrouillent. On choisit maintenant une chanson après l'autre et on met toute la gomme dessus. Il faut aussi penser que cela aurait été facile de commencer avec ma chanson sur les sans-papiers... C'était très opportuniste, mais la production ne voulait pas vendre le show comme ça. Et je suis d'accord avec eux : Notre-Dame de Victor Hugo, ce n'est pas ça.

Dans le spectacle, vous êtes le personnage le plus engagé politiquement?

Je ne veux pas jouer n'importe quoi. Ma vie d'artiste pour moi doit servir à ce qu'on voie tous les humains de la même manière.

Dans votre loge, on voit une photo de Bob Marley...

Je l'adore. Pour les textes, c'est comme Plamondon, c'est superbe.

Vous pourriez chanter Plamondon ou Cocciante sur un de vos albums?

Bien sûr! Je n'ai aucune prétention d'auteur ou de compositeur.

Entre la version studio et le live de Notre-Dame, que préférez-vous?

Le live, on l'a répété tant de fois - car, contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, nous ne sommes pas en play-back - alors que lorsqu'on a enregistré la version studio, on n'avait encore rien intégré. Dans la version studio, c'est Luck Mervil qui chante, dans le live, c'est Clopin.

Vous allez donc mener une double carrière?

Triple : Notre-Dame, Rudeluck et aussi comme acteur. J'ai joué dans un télé-roman, une série télé au Québec, Sauve qui peut. Et je ne vais pas m'arrêter là : je lis deux scénarii que j'ai à la maison, l'un deux est pour un premier rôle. Et, pour une fois, ce n'est pas un premier rôle pour un Black, c'est un premier rôle qu'un Blanc pourrait jouer.

Vous voudriez devenir une star adulée...

Chez nous, il n'y a pas de star, il n'y a que des gens très connus. Tout le monde peut se promener dans la rue sans être agressé. A la limite, Céline Dion pourrait se promener dans les rues de Montréal et les gens se contenteraient de lui adresser des petits signes amicaux sans agression. Paris a d'autres qualités : c'est un musée, la plus belle ville du monde.

Vous allez faire la tournée en province?

Oui, je suis très content car ça va me permettre de rester en France et de faire ma promotion de l'album. De plus, depuis hier soir, j'ai une doublure - je suis le dernier à en avoir une -, j'ai fait tous les spectacles, soixante-seize représentations, donc je vais pouvoir continuer tout en soufflant un peu. Ce n'est pas le problème de pouvoir être malade - car quand j'ai un rhume je chante encore mieux - mais celui d'avoir le temps de faire autre chose. Hier, par exemple, je suis allé voir Notre-Dame pour la première fois de la salle, et j'ai eu enfin du recul, j'ai pu prendre des notes....