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Reviewz: Command and Conquer: Soleil de Tiberium

Le 26/11/99, par Skatos

Editeur : Electronic Arts

Développeur : Westwood Studios

Westwood nous livre la suite tant attendue de C&C... Sympa, mais pas vraiment révolutionnaire.

Souvenez-vous. Nous sommes en 1993. Le PC, petit à petit, prend du terrain comme machine de jeu et a plus ou moins eclipsé tous ses concurrents, en fin de vie. Un jeu  majeur pour le  futur du PC Gaming va faire son entrée sur le marché: il s'agit de Dune 2. C'est, de mémoire de gamer, le premier jeu de RTS (Real Time Strategy, Stratégie en Temps Réel). Ce jeu sera une énorme claque et jettera toutes les bases du genre : plusieurs campagnes distinctes (les Harkonnen, les Atréides et les Ordos), des unités propres à chaque camp, des ressources à exploiter, un subtil équilibre entre construction à la Sim City et bataille à grande échelle, comme dans les wargames. Gros succès (plus critique que commercial, d'ailleurs), Dune 2 fut le véritable précurseur du genre. Deux ans plus tard, Westwood remet le couvert et nous sert Command and Conquer, adaptation du concept Dune 2 mis aux standards de l'époque. La marque de fabrique C&C est née: deux armées (le GDI et le NOD), des sublimes vidéos, des ressources à exploiter (le Tibérium), des combats acharnés, un mode réseau, tout y est. Appuyé par une  campagne publicitaire aggressive (la campagne d'affichage anglaise montrait le visage de grands dictateurs: Hitler, Mussolini, Genghis Kahn, et Jacques Chirac, fraîchement élu Président de la République Française et à l'époque ultra-médiatique pour avoir relancé les essais nucléaires dans le Pacifique), le jeu se vendra par millions, sur toutes les plateformes de l'époque. Arrive sur le créneau Blizzard, avec Warcraft et sa suite, Warcraft II, qui introduit l'heroic fantasy dans ce type de jeu jusqu'alors très axé militaire, et Microsoft, qui commence alors sa politique de conquête du domaine du jeu, avec Ages of Empire, habile mélange entre Sim City, Warcraft et Civilization. La riposte de Westwood se fait attendre...et décevra aussi un peu. C'est Command and Conquer: Alerte Rouge qui n'est pas la suite de Command and Conquer, mais plutôt une "prequel", vu qu'il se déroule avant C&C, et oppose les Alliés contre les Soviétiques dans l'Europe des années 50 où Hitler aurait été assassiné avant son accession au pouvoir. Très peu d'innovations, un passage en SVGA, le renforcement du mode réseau et...c'est tout... Ca n'empêchera pas Westwood d'en vendre des millions. 

Mais depuis, Total Annihilation est sorti, et a changé les standards en termes de RTS. Starcraft aussi, bien que montrant les limites d'un genre qui s'est en fait très peu renouvelé depuis le Dune 2 précurseur. Westwood use ses concepts jusqu'à la corde: add-ons à Alerte Rouge (Mission Taïga), un remake (Dune 2000), et des previews de C&C2, pour montrer qu'ils vont pêter la baraque, tellement leur jeu est innovant. Mais, au fil des compte-rendus de développement, on s'aperçoit petit à petit que l'originalité ne sera pas le concept majeur de Soleil de Tibérium... Faisons donc un petit point sur un jeu mythique...

Waouh, ça faisait un bail...

Bah oui, ça faisait un bail qu'on avait plus vécu les affrontements du NOD et du GDI. On en était resté sur la victoire du GDI, l'anéantissement du NOD (organisation, nous le rappelons, de fous furieux qui veulent conquérir la planète) et la disparition de son chef, Kane, dont on ne rentrouvera d'ailleurs jamais le cadavre. Des années ont passé, et le monde se remet petit à petit de ce conflit, quand Kane fait sa réapparition, avec une armée de fanatiques surentraînés: le NOD renaît de ses cendres et vise, plus que jamais, à prendre contrôle de la matière première, le Tibérium.

C&C2 commence, comme à l'accoutumée, par une longue vidéo d'introduction. Comme toujours chez Westwood, ces séquences sont très soignées. On note même un casting de qualité: James Earl Jones dans le rôle du Général des forces du GDI (vu auparavant, dans des films comme Jeux de Guerre, aux côtés d'Harrison Ford, ou bien pour avoir incarné la voix originale de Darth Vader, rien que ça...), Michael Biehn (alias Kyle Reese, père de John Connor et sauveteur de l'humanité dans Terminator, ou bien le Marine Hicks dans Aliens), bref, c'est Hollywood (voir à ce sujet notre petit encart "Des Collines d''Hollywood à la Silicon Valley"). On est dans le ton, dans l'ambiance, prêts à passer des heures, des nuits pour casser du NOD ou du GDI (selon ses affinités). Deux CDs sont inclus avec C&C2: comme d'hab, un pour le GDI, un pour le NOD. Gentil par nature, manichéen par éducation, je me suis précipité sur les missions GDI. Et hop! le jeu commence...

Et alors? Et alors?

Et alors, j'ai pas été perdu... La voix féminine est toujours la même (ou, du moins similaire), pas aussi belle que celle de Starcraft, mais bon... Le panneau d'Options pour construire ses bâtiments et troupes a à peine évolué. A première vue, pas de changement. Le graphisme... Ah si, le graphisme... Eh bien, il a été amélioré, oui (pas de mérite, hein, il a coulé de l'eau sous les ponts depuis Alerte Rouge.... On a tous des cartes accélératrices 3D maintenant...). Attention! Ceux qui espéraient un passage à la full 3D (comme dans TA) seront déçus: C&C2 utilise toujours une 3D isométrique, comme dans Sim City, par exemple. Maintenant, le relief est géré, on peut monter sur des petites buttes et canarder les troupes en contrebas. Les unités sont plus fines, le pathfinder amélioré, mais bon, rien de transcendant quand même. Le combat modifie de même la structure du terrain, les véhicules qui explosent projettent des débris enflammés qui peuvent blesser les troupes ou endommager les bâtiments. Les sources de lumière sont gérées, de même, mais on ne le remarque pas de prime abord. Les voix, quant à elles, sont toujours aussi répétitives ("Bien compris", "Tout de suite", "Oui, Chef") et gaveront rapidement. Mais bon, c'est quand même une grosse déception, la réalisation de C&C2. A l'ère du tout 3D, des cartes vidéo à 32Mo embarqués, on se dit que Westwood s'est quand même un peu foutu de notre gueule, et n'a fait qu'un lifting de son moteur graphique utilisé pour Alerte Rouge.

Les Unités, le Gameplay et tutti quanti...

Là encore, pas de révolution. Le gameplay et les unités ont bénéficié de l'expérience Westwood acquise avec Alerte Rouge et la resucée de Dune 2. On peut maintenant donner divers ordres à des groupes d'unités (patrouille, waypoints, protection de bâtiment ou de véhicule...): c'est sympa et cela permet de construire (enfin) des stratégies d'attaque cohérentes sans passer son temps à surveiller le comportement de ses troupes. L'IA est meilleure, d'ailleurs: les troupes ne se laisseront plus massacrer sans rien dire. Les soldats fuient et se dispersent en cas de déculottée flagrante, ils se positionnent de façon plus logique pendant les assauts (infanterie devant, lanceurs de grenades derrière...). 

Les missions sont longues, nombreuses et variées (protection de bâtiments, assauts, attaques commandos, libération d'otages,...), même s'il semble que la campagne GDI soit plus interessante que celle du NOD. Quelques rebondissements scénaristiques tiennent le joueur en haleine et le pousse à aller au bout. Parce que c'est aussi ça, la franchise C&C: c'est quand même bien sympa à jouer. Les unités des deux camps sont équilibrées (surtout après avoir patché le jeu), en solo comme en réseau.

Bon je l'achète ou non?

Moi, je l'ai acheté, et je suis quand même sceptique. Mettre 350 balles dans un jeu qui est dépassé techniquement, qui n'est, en fait, qu'un C&C amélioré, sans imagination, ça fait un peu chier. Mais la magie C&C est quand même là, et les fans, passées les premières déceptions dues à la réalisation, se replongeront sans problème dans ces gigantesques parties pour casser du NOD ou du GDI. Les fans de TA, eux,  passeront leur chemin et attendront un vrai TA 2. Et comme il n'existe aucune version de démonstration de C&C2 (pas fous, chez EA), je vous encourage à le voir et l'essayer chez un pote ou en magasin avant de l'acheter. Ah si, un point positif aussi: vu que le jeu n'est pas très évolué techniquement, il tourne sur des petites configs... Même si on peut tout de suite y voir un intérêt commercial évident, l'intention est assez rare pour être louée. Comme, en plus, le jeu n'est pas du tout buggé, c'est assez plaisant.

Je veux quand même faire une petite note d'humeur en guise de conclusion: le genre (le RTS, donc) a TRES peu évolué depuis sa genèse, c'est un fait. TA: Kingdoms est nul, soyons clairs. StarCraft n'a pas été une révolution non plus, mais s'est très bien vendu. C&C2 pête tous les scores, et est en tête de tous les hit-parades des ventes, que ce soit aux US ou en France. Et il est médiocre, d'un point de vue réalisation/ originalité. La conclusion est en fait que le genre s'essouffle, et qu'il faudra une véritable innovation pour le relancer. Et pourquoi les éditeurs changeraient-ils une recette miracle, vu les ventes de ces produits? Le succès de C&C2 (et de Ages II aux US) va certainement relancer plein de projets similaires, mais bon...  Il serait un peu temps d'innover, les gars... Sous peine de voir l'un des genres les plus prolifiques du jeu PC disparaître à tout jamais...

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Graphisme: 74%

Animation: 77%

Gameplay: 88%

Son: 72%

Intérêt: 85%

Note Globale:  75%

- C'est Command and Conquer

- Gameplay

- Nombre de Missions

- Réalisation

- Un C&C 1.5

- Foutage de Gueule?

Des Collines d'Hollywood à la Silicon Valley

Le jeu vidéo ayant maintenant en termes de valeur dépassé l'industrie du cinéma, beaucoup d'acteurs ont

Mark Hamill

Le jeune Luke Skywalker a eu du mal à assurer un après-Star Wars. C'est donc logiquement qu'il s'est rué sur l'opportunité d'incarner le Colonel Blair dans Wing Commander 3 et 4. Il est même le premier acteur de cinéma à être apparu dans une production de jeu.

Malcom Mc Dowell

Comme Mark Hamill, il n'a jamais pu rattraper le train du succès après Orange Mécanique. Il incarne aux côtés de Mark Hamill l'Amiral Tolwyn, le méchant de Wing Commander 3 et 4.

Sylvester Stallone

John Rambo a tourné des scènes spécialement dédiées pour le jeu Demolition Man, sur 3DO.

Christopher Walken

Le génial interprète de Voyage au Bout de l'Enfer a fait une apparition très remarqué dans Ripper, un jeu d'aventure en vidéo assez glauque et sympa.

Mathilda May

La belle Frenchy, qui a fait fantasmé des hordes de fans de SF dans LifeForce, arbore une tenue ultra-sexy en métal dans Privateer 2: The Darkening, aux côtés du très shakespirien John Hurt (Alien, Elephant Man).

David Duchovny et Gillian Anderson

Le couple star des X-Files fait une (brêve) apparition dans le jeu éponyme, dans des scènes tournées exclusivement pour le jeu.

Bruce Willis

A empoché quelques millions de dollars pour incarner le héros de Apocalypse sur Playstation.

Christopher Lloyd

Le génial Docteur Brown des Retour vers le Futur a un grand rôle dans ToonStruck, jeu d'aventure mélangeant cartoons et FMV.

Kirk Cameron

Le jeune Mike de "Quoi de Neuf Docteur?" incarne un preux chevalier dans The Horde (PC, 3DO).

Bernard Menez, Henri Guybet et Gérard Depardieu

Ne sont jamais apparus dans un quelconque jeu vidéo. On va pas dire qu'on regrette.

 
 
 

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Dernière Mise à Jour: 20/12/99