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Reviewz: Interstate 82
Le 13/12/99, par Skatos
Editeur : Activision
Développeur : Activision
Une grosse déception...
C’est vraiment
la grande mode… Si le cinéma en a toujours été friand,
jamais on avait vu un tel engouement pour les suites (sequels
in ingliche in ze texte) des jeux à succès. Faut dire,
c’est assez tranquille à tout point de vue :
marketinguement parlant, on parle d’un univers connu et apprécié
par les joueurs, donc on investit sur du connu, donc c’est
plus facile, et plus rentable. Techniquement, hop !, on
update un moteur et le tour est joué . Bref, ça a tout
bon. Et en plus, on est tous prêts à se ruer une fois encore
dans ces univers qu’on avait adorés (je connais peu de jeux
sans succès qui ont connu des suites…). Mais les titres
phares de cette année ne sont que des sequels, voyez plutôt :
Half Life : Opposing Force, Tomb Raider 4, FIFA 2000 (et
tous ses potes « Bidule » 2000), Rayman 2, Quake
3, SpecOps 2,Ages of Empire 2, and so on… Si ce
manque d’inventivité dans le domaine du jeu vidéo est
flagrant (rentabilité oblige…), on ne pouvait que se réjouir
d’une suite à Interstate 76, le jeu de caisses mi-Mad Max,
mi-Shaft, à l’ambiance funky inimitable et grandiose. Donc,
Interstate 82, attendu de longue date.
Mettons tout de suite les choses au point…
Que je vous explique un peu la situation… Noël est la période
où l’on vend le plus de jeux vidéo, je vais pas vous
expliquer pourquoi tant cela semble évident. Si vous voyez
pas pourquoi, réfléchissez un peu. C’est bon ? Donc,
c’est là qu’on vend le plus de jeux. En marketing, on
appelle ça la saisonnalité. Ce qui veut dire qu’aucun éditeur
ne veut manquer cette grand-messe, et ce à n’importe quel
prix. Même si le jeu n’est pas (complètement) prêt. Ca
nous a donné l’année dernière des SiN, des Tomb Raider 3,
méchants sacs à bugs, beta-testés par des castors manchots
et aveugles à la va-vite sur des coins de table. Voilà pour
le contexte.
Bref, je me baladais dans une grande surface spécialisée ce
samedi après-midi pour effectuer mes achats de Noël et aussi
pour acquérir Opposing Force. Première déception : pas
d’OppFor… Tant pis… Et que vois-je sur un linéaire ?
Interstate 82. COOL ! (première impression). BIZARRE !
(deuxième impression, vu qu’on a pas eu de preview dans les
canards, pas un test, rien…). Mes confrères (Joystick, pour
ne pas les citer… Enfin, si, je les cite, parce que je les
respecte…) nous ont toujours
mis en garde : un jeu qui
sort avant d’être testé par la presse a souvent des choses
à cacher. Bon, vu les conditions (voir plus haut les
histoires de Noël, saisonnalité et tutti quanti), je me dis
que bon, je leur laisse le bénéfice du doute.Je me saisis de
la boîte (moche), la secoue (geste habituel, me demandez pas
pourquoi)… Ca sonne creux. Bon allez, je l’achète, on
verra après…
Le test, le test !!!
J’y viens, j’y viens… Je rentre dans mon chez-moi, après
m’être battu pour payer (c’est fou, ces périodes de Noël,
y a vraiment trop de monde…). J’ouvre la boîte et en
effet, y a pas grand chose dedans… Un chtiot manuel en
papier toilette amélioré, et un CD, dans une pochette papier.
Je suis pas bégueule, mais bon, quand on paie un jeu 300
balles, on peut quand même espérer un zouli boitier cristal,
non ? C’est pas comme ça que les éditeurs vont
pousser les jeunes à acheter les jeux plutôt que les graver.
Mais bon… J’ai quand même bien les jetons de m’être
fait escroquer. Je mets le jeu dans mon lecteur et
j’installe le tout. L’install est très similaire à celle
de I76… Une voix type radio accompagne tout l’install (à
ce propos, le terme Version Française intégrale de la boîte
est mensonger… C’est de la VO sous-titrée… Moi, je préfère,
mais bon, c’est limite quand même…) avec des
illustrations originales de l’univers d’Interstate 82.
Deux types d’install : une full (avec les vidéos, 600
et quelques Mo) et une standard (300 et des poussières, sans
les FMVs). Allez, c’est parti, je suis prêt à me relancer
corps et âme dans l’univers déjanté d’Interstate…
Un petit rappel historique…
Interstate 76 vous plaçait dans la peau de Groove Champion,
un as du volant qui décidait de lutter contre les tueurs de
sa sœur, dans un passé alternatif où la pénurie de
carburant a conduit à transformer les routes de
la fin des
années 70 en gigantesques arènes de combat pour la
possession de l’essence (oui, oui, comme dans Mad Max 2).
Aidé de Taurus, un black à la coupe afro et la funky
attitude, et de Skeeter, le mécano surdoué, il cassait du
vigilante à tout va. Et bien, Interstate 82 vous place dans
la peau dudit Taurus, qui doit retrouver Groove, qui a disparu
dans des conditions étranges. Et ce que vous montre une
magnifique vidéo d’intro, bien qu’un peu floue à mon goût.
Premier constat : les persos ont enfin une bouche. Et les
intros ne sont plus faites avec le moteur du jeu. C’est très
beau et très cinématographique. Allez, hop, vlà le menu…
Rien de mieux qu’une petite mêlée rapide pour se faire une
idée du moteur du jeu.
Un autre rappel s’impose…
Ah oui, j’ai oublié de vous dire…(Je fais durer le
suspense, non ?). Interstate 76 a connu un portage sur
Playstation et Nintendo 64 (sur console, donc…Quel talent
d’analyse…) sous le nom de Vigilante 8. Enfin, quand je
dis portage, c’est plutôt une libre adaptation, beaucoup
plus shoot’em up (pas d’histoire, les voitures vues de
derrière, pas de notion de simulation) et au final assez loin
du jeu original. Si je fais cette précision, c’est pas
gratuit. Parce qu’une fois lancée ma petite mêlée, j’ai
vraiment eu l’impression de me retrouver dans Vigilante 8,
justement. La voiture est par défaut vue de derrière. Qu’à
cela ne tienne, je me suis rué sur la notice (le bout de
papier toilette précédemment cité) pour trouver comment
switcher les vues. Ah, F1 pour la vue intérieure. Dont acte.
Et… Merde ! C’est ça, la vue intérieure ? Et
mon volant ? Et mes mains ? Et mon .45 ? Et
bien, disparus. Même pas un bout de capot, pour me faire
croire à une simili vue intérieure. Bon, pas grave, je
recule mon siège, et avec mon volant Force Feedback, je m’y
crois presque. Et je jette un coup d’œil à
l’environnement. C’est quoi ces arbres ? Mon Dieu,
qu’ils sont laidement modélisés. Tiens, les caisses
ennemies explosent en trois coups de gun… Mouais. Bon,
c’est pas le fort de ce jeu, le mode action immédiate.
Passons au mode scénarisé.
Ca craint, ça craint !
Le mode scénarisé commence par une nouvelle FMV, toujours
de qualité. Taurus a rasé sa moumoute et arbore maintenant
un look très Ricardo Tubbs, de Deux Flics à Miami :
costard Armani avé le T-Shirt, RayBan et Lamborghini. Et un
gun, aussi. Bon, le moteur est déjà mieux, un poil mieux
fait au niveau de la modélisation des différents arbres. Les
voitures sont pas trop mal, mais rien de grandiose. En
revanche, c’est toujours super arcade. Je m’explique. Dans
I76, descendre une bagnole était véritablement un combat de
tous les instants. Maintenant, trois coups de canons suffisant
pour envoyer l’adversaire ad patres, dans une
explosion assez moche, d’ailleurs. Les bâtiments sont
moches aussi, comme dans le premier. Seuls les reflets de
l’eau valent le coup. Et encore, on est loin d’Unreal,
sorti il y plus d’un an. Mais le pire est à venir… Les dégâts
de mon véhicule ne sont plus matérialisés que par une barre
d’état à la con, comme dans tout bon shoot’em up. Plus
de notion de dommage localisé, qui faisait tout l’intérêt
de jeu, du genre : « Je fais que de la marche arrière
pour ne plus présenter mon capot qui a déjà pris sévère. ».
Au rayon des nouveautés, on peut sortir de la bagnole, pour
piquer celles à l’arrêt. Et là, c’est une vue
doom-like, flingue à l’appui (on ne peut en utiliser
qu’un, en revanche, ce qui est très dommage, car un gusse
à pied armé d’un .45 contre une bagnole blindée avec des
tourelles de .50, y a pas photo). Une option assez limitée,
somme toutes, qui n’offre que peu d’intérêt au final.
Les missions, me direz-vous ? Là, c’est toujours
assez varié et très Interstate. On se bastonne dans un
centre commercial (TRES TRES mal modélisé, ne vous fiez
surtout pas aux screenshots mensongers de derrière la boîte…),
on protège, on tue… Marrant, sans plus. Skeeter vous
propose toujours d’améliorer votre caisse, mais il se fait
payer maintenant. C’est très stupide, car déjà que vous
oeuvrez bénévolement pour sauver Groove, votre pote, comment
peut-on imaginer qu’un de ses potes fasse payer les modifs
de sa caisse ? Bravo pour la cohérence.
Et le multiplayer ?
Le multi faisait la gloire d’I76. Et bien, là, on a pas
testé. Mais bon, les quelques combats en mêlée ne laissent
pas augurer quelque chose de grandiose, mais on va attendre un
peu que le jeu se répande pour juger, nos premières
tentatives de connexions n’ayant pas été très
satisfaisantes.
Concluons, voulez-vous ?
Oui, oui, concluons. Interstate 82 est un gros gâchis.
L’ambiance new-wave est ratée, et bien moins prenante que
le fonque du premier. La réalisation est très médiocre,
surtout à l’ère du Quake III et consorts. Je crois que le
moteur de I82 est celui de Mechwarrior 3 optimisé. Et bien,
on dirait celui de I76 à la sauce accéléré, donc vieux de
deux ans. C’est moche, le gameplay qui a fait le succès de
I76 a disparu au profit d’un vague truc arcadisant pour nos
amis consoleux, y a plus de dimension stratégique, et
vachtement moins de fun. J’ai même réinstallé I76 pour
voir, et ce dernier est éminemment supérieur à son
successeur, c’est dire. Interstate 82 ne pourrait être
qu’un jeu bâclé, précipité pour sortir à Noël, bref un
mauvais jeu. Mais il est bien plus que ça : c’est une
insulte à son illustre aïeul et surtout une énorme déception.
Je suis triste… Très triste…
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