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Reviewz: Quake III Arena
Le 16/12/99, par Skatos
Editeur : Activision
Développeur : id
Software
Le Retour du Grand Maître...
Dire
que Quake III est très attendu par la Communauté des joueurs
online est un doux
euphémisme… Alléché par de multiples tests (le Q3Test
justement), Quake III nous a déjà montré ce dont il était
capable en multijoueurs. Reste que tout le monde n’a pas accès
en permanence au réseau des réseaux, et que, mine de rien,
le mode solo intéresse pas mal de monde. Comme tout le monde
sait ce qu’est Quake 3, ça ne sert à rien de faire un
rappel. Pardon ? Tout le monde ne sait pas ? Bon,
okay, puisque certaines personnes semblent être restées dans
un caisson de cryogénisation pendant l’année et demi écoulée,
on va faire un (rapide) rappel de Quake III et consorts… Que
nos amis ultra-renseignés sautent le paragraphe ci-après,
ils n’apprendront rien. Les autres, merci de lire.
Donc, un rappel…
J’adore les rappels (les habitués de Skatos Games s’en
seront aperçus, on adore analyser un jeu dans un contexte
historique). Quake 1 et 2 ont connu une destinée
principalement axée sur le multijoueurs. En effet, Quake
n’a jamais été réputé pour son mode solo, qui a toujours
été alourdi par son passé « doomesque »
(labyrinthe où le challenge réside seulement à blaster des
monstres, trouver les bonnes clés puis la sortie) et fait
figure de parent pauvre par rapport aux Quake-Likes scénarisés
du type Half Life, SiN, voire même Requiem. En revanche, la
Communauté Quake a toujours brillé par sa prédominance en réseau,
à coups de deathmatches sauvages et de mods originaux (si
vous savez toujours pas ce qu’est un mod, je vous renvoie à
notre
dossier spécial Quake-likes). Partant de ce
constat, John Carmack et ses petits copains se sont dit :
« Allez hop, on fait un jeu basé exclusivement sur le
deathmatch et la baston online». Puis, après trois secondes
et demi de réflexion : « Eh, mais tout le monde
n’est pas connecté, les gars… Et c’est autant de ventes
substantielles en moins. Donc, on va faire un jeu basé sur le
deathmatch, mais avec des bots aussi (comprenez par là des
joueurs gérés par l’ordinateur, mais qui auraient un
comportement proche de celui de l’humain moyen pendant les
parties en réseau). Comme ça, on est un peu les Mère Térésa
du jeu micro, et même les braves ch’tites
personnes pas
connectées connaîtront les joies du deathmatch, ou quelque
chose s’en approchant, sans pour autant filer tout plein de
brouzoufs à France Télécon (l’histoire ne dit pas comment
Carmack connaît France Télécon, mais bon, c’est un détail…) ».
Je vous passe le tohu-bohu des fans sur le Net. Je vous passe
les rires acerbes des éditeurs concurrents (« Ahahaha,
ils sont cons, chez id, ils vont méchamment se vautrer la
gueule. Les joueurs sont pas prêts. Et la techno, non plus. »).
Je vous passe enfin les réflexions de chez Activision,
éditeur du jeu (« Euh, les gars, ça vous dit pas de
nous mettre un chti mode solo, avec quelques clés et quelques
labyrinthes, histoire de ? »). Mais John Carmack
est un gourou (on aurait pu faire un jeu de mots stupide et
fastoche sur « gourou », mais on le fera pas. Ou
plutôt, on vous dira pas quand (gourou) (hilarant… J’ai
honte, sorry…)). Bref, Carmack est un gourou (il a créé
Doom et ainsi, un des genres les plus juteux du jeu PC, donc
on l’écoute quand même) et quand Carmack parle, tout le
monde écoute et beaucoup copient. id Software étant
perfectionniste, ils ont sortis plein de tests pour tester
leur moteur 3D et son comportement en réseau. Q3Test (test de
Quake 3, donc) a prouvé être un jeu magnifique, très
jouable et très Quake en réseau (c’est-à-dire bourrin,
mais ça fait partie du charme de la chose). Mais un doute
planait (à raison, d’ailleurs, mais j’y reviendrai plus
tard) sur le mode solo : et ces bots, alors, ça donne
quoi ?
Le mode Solo, ou « Viens là que je te Bot le cul… »
Carmack
l’a avoué… Quake 3 Multijoueurs est prêt depuis belle
lurette. La preuve en est : si vous jouez en multi avec
la version commerciale de Quake 3, vous serez pas dépaysés,
on est très proche des divers tests (voire trop, mais j’y
reviendrai…) à tous points de vue. Le seul gros souci, c’était
les bots. Sans cet impératif technique, Quake 3 aurait pu
sortir en juin, comme précédemment prévu. Mais chez id, on
écrit l’histoire du jeu vidéo, donc on ne fait pas
n’importe quoi avec ses produits, pas comme certains (cf. le
test
d’Interstate 82, de chez Activision,
justement…). Mais revenons à nos moutons, et prenons les
choses dans l'ordre... L'install du jeu prend ses petits 460
Mo tranquillou sur votre disque dur, bien au chaud, et hop, on
peut lancer le jeu, non sans émotion, je tiens à le
répéter... 18 mois qu'on attendait ça, la version complète
de Quake 3... J'avoue un truc, en guise de préambule? Je le
risque?
Allez, jouons franco: je ne suis pas un fan de Quake,
à la base... J'ai préféré Duke à Quake 1, Half Life à
Quake 2 (vivi, je sais il est sorti un an après, mais
bon...). Et Unreal Tournament à Quake III? Vous le saurez à
l'issue de ce test... Non mais, j'occupe pas mes nuits
bénévolement à rédiger ces torchons électroniques pour
vous donner tout tout de suite, faut mériter avant, les
gars... J'en étais où? Je m'égare, je m'égare, ça doit
être l'émotion... Ah oui, l'install... Donc on lance le jeu,
non sans avoir entré une clé (comme pour Half Life) pour empêcher
les petits malins dingues de graveurs de niquer un peu plus
l'industrie du jeu en copiant sans vergogne... La cinématique
familière depuis Quake du logo id arrive, histoire de nous
remettre dans l'ambiance... Puis l'intro, une SUBLIME
cinématique qui, okay, n'apporte rien, mais démontre le
savoir-faire des petits gars de chez Digital Anvil (la
nouvelle boîte de Chris Roberts, qui nous font baver avec les
previewz de Loose Cannon et FreeLancer...) en la matière.
Bref, tout ça se présente sous les meilleures augures, on
sent le jeu léché... Et hop, le menu... Je commence par la
phase classique de customization des touches, du choix de ma
skin (whaouh, y en a plein, elles sont magnifiques... Si, si,
magnifiques...). J'opte d'emblée pour Mynx, une chtite
louloute ultra-bien gaulée et c'est parti... Pour
entrer dans le vif du sujet, et peut-être faire taire les
mauvaises langues dont je fais partie, je me rue sur le mode
"Single Player", en gros, le dernier point incertain
de Quake III et la raison principale de son retard... Et hop,
on choisit son mode de difficulté... Je suis un cador, j'opte
pour "Hurt Me Plenty", le 3ème des 5 niveaux
proposés.... Puis enchaîne un petit combat avec Crash, un
bot d'entraînement. Whaouh, la map, simple mais sublime. Le
principe est simple, et très proche du réseau: le match se
joue au premier arrivé à 5 Frags (pour les ignares, un Frag,
c'est quand on bute l'adversaire...), qui, bien sûr, gagne...
Et bien, bot d'entraînement ou pas, Crash fut assez coriace.
Ca me permet tout de même d'avoir un petit aperçu des armes,
très belles, mais d'une facture classique (shotgun, plasma
gun, machinegun...). Soit des armes déjà vues lors du
Q3Test... Les effets de lumière, les textures, les gerbes de
sang, la modélisation des persos et leurs animations sont
tout bonnement ahurissantes, étourdissantes de beauté.
Et ça va vite, très vite (du moins sur un PII-400/ 64Mo et
une toute petite TNT, tous détails à donf en 800x600). Les
musiques, quant à elles, sont largement en retrait par
rapport aux bruitages et à la voix du commentateur, lugubre
à souhait qui annonce en permanence votre position ("You're
Tied for the Lead", "You've lost the Lead"),
non sans évoquer celle, célébrissime de Mortal Kombat (mais
non, pas celle de Christophe Lambert)... Bref, on s'en prend
plein les mirettes...et plein la gueule, aussi, parce que les
bots, ils plaisantent pas... Esquives, armes adéquates à la
situation, attitudes crédibles...C'est bien simple, on a
l'impression d'être en face d'un joueur "humain".
Les routines sont quasi-invisibles, ou alors il faut jouer
énormément. On les sent encore moins que dans Unreal
Tournament, ce qui n'est pas un mince compliment. Notez,
d'ailleurs, que, face à leur désespoir, les gusses de chez
id ont fait appel à un petit Européen, Jan Paul van Waveren,
déjà auteur (bénévole) des bots de Quake premier du nom.
Ils (et nous par la même occaze) ont tellement été contents
du résultat qu'ils lui ont même offert un poste à plein
temps dans leur fief texan. Chapeau, Jan Paul (je sais pas
comment on le dit en néerlandais, mais le coeur y est...).
Bref, le mode solo tient ses promesses, à savoir un
deathmatch crédible, tout pareil (ou presque) que si vous
étiez connectés, la facture téléphonique en moins.
L'ordinateur se permet même de vous chambrer, quand il vous
fragge la tête. Bon, un bot, c'est mignon, mais ça donne
quoi à plusieurs? Un petit détour dans le mode Skirmish nous
montre que c'est pareil et là, ça pête dans tous les sens.
A noter que chaque bot a ses propres capacités et facultés,
comme la précision ou l'agilité. Impressionnant, très
impressionnant. Quand on sait que des humains peuvent se
joindre à la fiesta, on se dit que l'ordi fera un adversaire
honorable pour les LAN Parties dépeuplées. Encore plus fort:
en partie CTF (Capture the Flag, à savoir la choure du
drapeau ennemi...) avec des bots, l'ordi comprend les ordres
donnés via chat. Les gars de chez id conseillent même
de laisser un bot commander l'équipe, parce qu'il excelle en
la matière. Bon, id a tenu ses promesses pour le solo.
Que donne maintenant le multi?
Petits Carnages entre
Amis
Que tous ceux qui ont installé et pas mal rouillé le Q3Test
passent leur chemin: c'est du tout pareil. Seules
de nouvelles armes et de nouveaux power-ups sont présents.
Vous trouverez la liste complète de ceux-ci ci-contre. Sinon,
la variété des maps est impressionnante, et ces dernières
sont criblées de goodies (accélérateurs, jump pads, etc...)
qui speedent encore un peu plus une action frénétique qui
n'en avait pas vraiment besoin. Notez bien que Quake III est
vraiment pensé réseau: la voix-off citée plus haut
énumère vos exploits, vos actes de bravoure (double tuerie,
frénésie de meurtres d'affilée, précision, etc...) sont
récompensés par des médailles. On peut jouer de trois
façons différentes: le classique Deathmatch (tous contre un,
un contre tous, chacun pour sa gueule), le Teamplay (deux
équipes, un seul but: pêter la tronche de l'autre!!!) et le
CTF (Capture the Flag). Si je dois apporter une critique à
Quake III? C'est très très bourrin. Pas de snipe possible
(seul un zoom est disponible pour toutes les armes en pressant
le bouton du milieu de la souris) et un seul mode de tir est
dispo (pas de "alt-fire"). Mais bon, c'est Quake,
hein, on change pas une recette payante...
Concluons,
voulez-vous...
En
guise de conclusion, Quake III est un sublime Quake-like, pas
finaud pour un rond, mais quel défouloir! Quel festival
technique! Ca laisse franchement sur le cul (ça tombe bien,
je suis assis...). Il surclasse sur bien des points Unreal
Tournament, surtout en ce qui concerne la réalisation, même
s'il n'a pas la finesse de jeu de ce dernier. Mais si vous
êtes comme moi, à savoir pas fan de base de Quake,
achetez-le quand même: c'est un pari sur l'avenir. En effet,
faisons confiance à la très dynamique Communauté des
Quakers pour nous développer des mods canons qui raffineront
un peu ce joyau brut qu'est Quake III. Et si vous ne me croyez
toujours pas, allez faire un tour sur PlanetQuake
pour voir un peu les divers mods en développement. Ca
laisse rêveur... Vous êtes encore là? Allez, foncez, qu'on
vous dit!!!!
Encore
des Screenshots - Le
Q3Test (la démo, donc) -
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