Maternelles

SNUDI FO

Syndicat National Unifié des Directeurs, Instituteurs et professeurs des écoles de l'enseignement public Force Ouvrière

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Maternelles

Page 2
- Demi-postes en maternelles dans le Maine-et-Loire
- Ecole maternelle Pauline Kergomard à Gennevilliers.
- Grève des ATSEM d’Aulnay/Bois
- Questions
- Vaucluse
- L’école maternelle Ripert-Monteux dans le Vaucluse.

Page 3
- Encore sur “les classes passe- relles”
- Dangers d’ingérence
- Protection des enseignants dans l’exercice de leurs fonctions.
- Des chiffres
- Aménagement des rythmes scolaires à Paris
- Scolarisation des moins de 3 ans.

Page 4
- Un colloque à Brest le 21 novembre 2001.
- Communiqué
- Bulletin d’adhésion.
- Elections paritaires

L’école maternelle, 
une structure d’accueil parmi d’autres ?


L'an dernier, à l'occasion du Congrès de l'AGIEM de Besançon, FO avait alerté les collègues sur les conséquences que pourraient avoir les velléités dites " unificatrices " de l'Union Européenne pour cette " exception française " que représente l'école maternelle publique, laïque, gratuite avec ses enseignants, fonctionnaires d'Etat.

Le changement de gouvernement ne modifie pas, pour FO, les exigences syndicales, dans ce domaine comme dans les autres.

Elles sont simples :
Ø des postes de professeurs des écoles pour permettre la scolarisation en école maternelle publique de tous les enfants dont les parents en font la demande, sur la base de 25 élèves maximum par classe, 15 en petite section ;
Ø une décharge de service d'au moins une journée pour toutes les directrices et directeurs des écoles maternelles ;
Ø une ATSEM par classe ;
Ø une formation spécifique obligatoire garantie dans tous les IUFM ;
Ø doublement du nombre de médecins scolaires et d'infirmières de l'Education nationale pour rétablir le service de santé scolaire indispensable.
Le Snudi-FO a formulé ces exigences auprès du Cabinet du nouveau Ministre le lundi 24 juin 2002 lors d'une audience avec M. Crémadeils (p. 4).

Il a insisté :
Ø sur les conditions nécessaires à la scolarisation des enfants de 2-3 ans, dont le taux a largement diminué ces 2 dernières années ;
Ø sur le décret du 1er août 2000 mettant en concurrence l'école maternelle publique avec de nouvelles " structures multi-accueil " de la petite enfance de 0 à 6 ans, et le décret n° 2002-798 du 3 mai 2002 mettant en place " une commission départementale " pour assurer " le développement des modes d'accueil pour tous les enfants " et " leur égalité d'accès ". 

Pour FO, il n'est pas acceptable, de mettre sur le même plan, pendant le temps scolaire, l'école maternelle publique, laïque, gratuite avec des " structures d'accueil" d'initiatives locales et/ou privées ouvrant la voie au recrutement de personnels déqualifiés, précaires et sous payés.

L'école maternelle n'est ni " une halte-garderie ", ni un " jardin d'enfants ".
Notre syndicat s'opposera à toutes les confusions des genres et des missions. 
Pour les mêmes raisons, il sera très vigilant face aux tentatives de placer l'école maternelle sous la tutelle " d'associations de parents ", sous couvert de " co-éducation ". L'école maternelle publique est nationale et laïque. Elle ne peut devenir " parentale ", ce qui serait une forme pernicieuse de privatisation. Ses enseignants ne sont les employés ni d'élus locaux, ni d'associations, ni des conseils d’école.

FO demande simplement que l'école maternelle soit respectée et que les personnels disposent des moyens d'accomplir leurs tâches dans des conditions correctes.
C'est en tout cas le combat syndical auquel Force Ouvrière vous appelle à participer.


Michel Landron
Secrétaire national

 

 

Le décret n°2002-798 du 3 mai 2002 
(Journal Officiel N° 105 du 5 mai 2002 page 8660).
Une commission départementale pour développer 
des structures d'accueil de la petite enfance 
contre l'école maternelle publique, laïque et gratuite.

Notre syndicat avait alerté tout le monde sur le décret du 1er août 2000 modifiant le Code de la santé publique pour organiser le développement de " structures d'accueil de la petite enfance de 0 à 6 ans " contre l'école maternelle publique. 
Madame Ségolène Royal a eu beau réserver 1,5 milliard pour lancer son " nouveau produit ", rien n'y a fait : l'attachement à l'école maternelle publique a été plus fort que le chant des sirènes de la privatisation de l'accueil des moins de 6 ans.
Est-ce la raison pour laquelle, l'ancien gouvernement a estimé nécessaire d'édicter en urgence un nouveau décret pour léguer au nouveau les moyens juridiques et politiques de s'attaquer à l'école maternelle ?

Une commission départementale 
En tout cas, le nouveau décret met en place " une commission départementale de l'accueil des jeunes enfants de moins de 6 ans ". Cette " commission " doit associer le Conseil Général, la CAF, le Préfet, des Maires ou présidents d'EPIC (Etablissements Publics de Coopération intercommunale), des représentants d'associations ou d'organismes privés (article 8), l'UDAF (Union départementale des associations familiales) et même des représentants d'entreprises désignés par la Chambre de Commerce et d'Industrie (article 12). 
Que vient donc faire l'école maternelle publique dans cette galère ?
Les Confédérations syndicales sont invitées à participer à cette commission dont le but est de développer d'autres structures que les crèches publiques (où le manque de place est considérable) et l'école maternelle de l'Education nationale.

“Flexibilité”
Pourquoi ? 
Le décret dit nettement (articles 2 et 3 en particulier) qu'il s'agit " d'adapter " l'accueil des enfants " aux contraintes des parents ", notamment les contraintes " professionnelles ". Et jamais le décret ne précise " en dehors du temps scolaire ".
Autrement dit, ce décret, comme celui du 1er août 2000, veut des structures d'accueil qui facilitent la flexibilité des horaires de travail des parents que la loi Aubry sur les 35 heures a voulu généraliser à toutes les catégories de salariés. 
Ne comprend-on pas mieux la présence des organismes privés et de la Chambre de Commerce et de l'Industrie dans ces " commissions départementales " ? 
Le Conseil Général, les élus locaux et la CAF sont ainsi appelés à participer aux financements de ces structures où " la flexibilité des horaires " sera la marque générale, avec… la disparition des enseignants fonctionnaires d'Etat !

Concurrence intéressée ?
N'est-ce pas aussi un bon moyen de faire disparaître quelques milliers de postes d'enseignants des écoles maternelles dans les années qui viennent pour obéir aux directives européennes de réduction des dépenses publiques ? 
En France, pour tous les parents d'enfants de 2 à 6 ans, il existe une école maternelle dont le monde entier reconnaît la qualité. Par ailleurs, rien n'interdit, en dehors du temps scolaire, que soient prévues et organisées des " garderies ", comme c'est le cas dans de nombreuses Communes.
En tout état de cause, il ne faudra pas compter sur Force Ouvrière pour collaborer à cette entreprise de confusion des genres entre l'école maternelle publique, accessible à tous gratuitement pendant le temps scolaire, et d'autres structures concurrentes.
 

Ø Ecole maternelle Pauline Kergomard à Gennevilliers
" D'ores et déjà, nous savons que les effectifs de nos classes seront suprieurs à 25 élèves et qu'on ne pourra pas intégrer de nouveaux élèves en cours d'année, faute de places. Dans notre commune, aucun RASED n'est complet et on apprend qu'il n'y a que 59 départs en stages CAPSAIS prévus sur 82 candidats alors que 192 postes spécialisés et 14 postes de psychologues scolaires sont vacants. Pour notre école, il faudrait nommer 2 rééducateurs et un maître E pour le RASED, un médecin et un infirmier scolaires pour le groupe scolaire. Est-ce trop demander ? "
Ø Grève des ATSEM d'Aulnay/bois (93)
Sous couvert de la mise en œuvre de la loi Aubry sur les 35 heures, les ATSEM d'Aulnay, avec FO, ont fait leur compte :
Ils ont déjà perdu l'heure allouée lorsqu'une collègue est absente, la récupération du temps lorsqu'un enfant quitte la garderie après 18H30, la majoration des heures supplémentaires au dessus des 152 heures. Avec le nouveau planning, ils risquent de perdre le bénéfice d'une partie de leur récupération en travaillant 3 semaines de plus, leur temps de pause, la compensation de ne pas travailler les samedis matin pour l'équipe des volantes, la récupération des heures supplémentaires pour les kermesses et autres activités hors temps scolaire (maximum fixé à 3 HS par an !).
Ces mesures ne peuvent qu'introduire des tensions entre les ATSEM et les enseignants. Avec un communiqué commun du Snudi et du sundicat FO des Communaux, les écoles ont exprimé leur solidarité pour qu'une négociation permette des améliorations des conditions de travail des ATSEM, pas des régressions !
Ø Questions
Comment peut-on effectuer des évaluations avec des effectifs très lourds de plus de 25, notamment en sections de petits ?
Ne faut-il pas des capacités linguistiques et pédagogiques très pointues pour que l'introduction d'une langue étrangère en grande section n'aboutisse pas à multiplier les contresens et les défauts ? Cette initiation précoce aidera-t-elle les enfants en grandes difficultés de prononciation du français ou ne risque-t-elle pas de les marginaliser un peu plus ?
Ø Vaucluse 
Comment alléger les effectifs sans ouvrir de classe ?
L'IA du Vaucluse a trouvé la réponse : il suffirait de mettre en place une organisation en ateliers pendant la sieste des petits, de compter tous les adultes de " l'équipe " (5 ATSEM + 1 AE + 1 stagiaire de la petite enfance) et d'organiser un tutorat entre élèves (les grands s'occupent des petits), et le tour était joué !
C'était cependant sans compter sur les personnels qui, avec FO, et ne prennent pas l'école pour une garderie.
Ø L'école maternelle Ripert-Monteux dans le Vaucluse
Non à la fusion maternelle-élémentaire.
Depuis plusieurs mois, un conflit oppose les collègues de l'école maternelle Marcel-Ripert de Monteux et le Snudi-FO avec l'Inspecteur d'académie qui veut profiter du départ à la retraite d'un directeur pour procéder à la fusion de l'école maternelle avec l'école élémentaire.
L'Inspecteur d'académie pratique évidemment le chantage à la décharge de direction d'école qu'il accorderait si les écoles fusionnent. 
Chacun a bien compris qu'il s'agissait d'un précédent en appelant beaucoup d'autres par la suite. 
Le Snudi-FO et ses délégués du personnel ont exigé le respect des règles du mouvement pour la nomination des 2 directeurs d'école.
Le 23 mai, une collègue est nommée sur le poste de direction de l'école maternelle.
Si ce résultat signifie l'abandon, pour le moment, du projet de fusion, la vigilance syndicale est de mise quand on connaît toutes les tentatives, notamment sous couvert " d'écoles de cycles " de remettre en cause la spécificité et l'unité de l'école maternelle.

Demi-postes en maternelles dans le Maine-et-Loire

Avec le Snudi-FO, les syndicats ont rejeté la décision d'implanter des demi-postes dans 20 écoles maternelles du département du Maine et Loire. 
Outre le découpage de l'accueil des élèves dans ces écoles, les autorités ont décidé de coupler ces demi-postes maternelles le matin avec 37 décharges de direction d'écoles l'après-midi ! 
Ainsi, 34 collègues directeurs déchargés une journée et " déchargés à mi-temps devraient subir une répartition obligatoire par demi-journée l'après-midi. 
La cohérence de ces mesures serait-elle de justifier " la mise en réseau des écoles " avec, à terme, une seule direction pour plusieurs écoles regroupées, voire fusionnées ? 
En tout cas, c'est au prix d'une détérioration inacceptable des conditions de travail des collègues assumant les fonctions de direction. 
Avec une lettre ouverte à l'IA pour revenir à une gestion des décharges par journée entière et une réunion intersyndicale le 19 juin (Snudi-FO, Snuipp), la riposte est organisée.

 

Encore sur "les classes passerelles"

Les craintes formulées l'an dernier par FO se confirment. On assiste à des tentatives de développer des structures " hybrides " qui ne sont ni des classes en crèches (puéricultrice obligatoire) ni des classes maternelles (enseignante obligatoire). 
Ces " structures " (parfois appelés " jardins éducatifs ") drainent des subventions de la CAF, du Fonds d'action sociale, du Conseil Général... Elles sont payantes pour les parents et recrutent des emplois précaires aux horaires " flexibilisés ". L'Education nationale est au mieux " associée ". 
Contre cette privatisation rampante, FO milite pour des classes de l'école maternelle gratuite, laïque, avec des enseignants qualifiés (classes de 8 à 15 petits de 2 à 3 ans) aidés par des ATSEM. 

Une classe passerelle dans un logement de fonction à Grigny (Essonne).
Le Républicain (14 février 2002) s'étonne de l'anarchie qui règne pour l'accueil des tout-petits à l'école relevant des seules initiatives locales. Cela va d'une classe de 15 petits de 2-3 ans dans une école maternelle de Yerres (cela fonctionne très bien) à l'installation d'une classe passerelle (8 enfants seulement le matin) dans un ancien logement de fonction avec un poste à mi-temps d'une institutrice, la commune finançant une puéricultrice.
Le journal regrette que les parents soient obligés de " s'adapter aux décisions locales " source des plus grandes inégalités alors que l'école maternelle garantit l'égalité des droits, à commencer par la gratuité. 
Dans l'Essonne, il n'y a que 36 classes de petits de moins de 3 ans qui fonctionnent pourtant à merveille.

Tromperie en Vendée.
L'IA et la Mairie, sans concertation préalable avec les enseignants de l'école maternelle de La voix Maro (St Gilles) proposent le marché suivant : fermeture d'une classe (de 4 à 3) à la rentrée ou mise en place " d'une classe passerelle " avec un enseignant seulement le matin, du personnel communal l'après-midi.
Pour ce projet, l'IA avait annoncé une participation financière de la CAF. Mais le financement sur temps scolaire n'étant pas dans les attributions de celle-ci, tout revenait à la Commune.
Résultat : pas de classe passerelle et maintien de la 4e classe.

Dangers d’ingérence 

Dans un nombre de plus en plus inquiétant d'écoles, des représentants " d'associations de parents " formulent des exigences pressantes de contrôle et de co-responsabilité du fonctionnement de l'école. Cela peut prendre des formes désagréables, voire agressives notamment, dans les conseils d'école. La directrice est parfois sommée d'obéir à ces militants voulant prendre le contrôle de " leur école " (comme ils disent).
N'hésitez-pas à contacter le syndicat immédiatement qui fera respecter nos droits statutaires ainsi que l'indépendance de l'école publique qui ne peut être livrée aux groupes de pression, quels qu'ils soient. Nous ne sommes pas les employés d'associations parlant au nom des parents (plus exactement d'un petit groupe de parents).

Dépêche de l'AFP du 19 mai - " La FCPE s'adresse aux enseignants, leur demandant d'impliquer les familles au lieu de les rejeter, comme cela se fait trop souvent : "il faut donner aux parents toute leur place dans les conseils d'école et éviter de toujours situer les réunions au moment où les parents travaillent... Elle préconise d'utiliser les associations de quartier, les adultes relais, les éducateurs de rue, les médiateurs, les réseaux d'écoute... tout ce qui existe pour intégrer à la vie de l'école les familles qui en sont le plus éloignées... Elle préconise de faire rentrer à l'école l'expérience professionnelle, la richesse culturelle, les talents personnels des parents... "

On reconnaît bien " l'enseignant animateur d'une équipe d'adultes " dans ces exigences formulées en son temps par Claude Allègre dans sa Charte pour l'école du 21ème siècle. Mais s'agirait-il encore d'une école ?

Dépêche de l'AFP du 20 mai 2002 - " Les parents (de la FCPE) ont enjoint les enseignants à changer d'attitude, à veiller à être moins " normalisateurs ", à accueillir tous et toutes dans leurs différences et même à " relativiser " ce qu'ils qualifient de violence et qu'ils ont tendance à " réprimer trop rapidement sans chercher à comprendre ".

En sachant que très peu de parents suivront ces recommandations nous " enjoignant de changer d'attitude ", il serait tout de même prudent d'appeler le syndicat si quelques militants les mettaient en œuvre. Si nous avons des devoirs vis à vis des élèves, nous avons aussi des droits statutaires nous protégeant dans l'exercice d'une profession difficile. Elle deviendrait impossible si elle devait obéir aux injonctions des groupes de pression aspirant à conquérir l'école.

Protection des enseignants dans l'exercice de leurs fonctions

Si vous êtes mis en cause dans un conseil d'école, la séance doit être interrompue et un rapport remis à l'IEN.
Si vous êtes victimes d'une agression ou d'accusations, verbales ou écrites, contactez le syndicat qui s'assurera que votre IEN et votre IA feront tout ce qu'il faut pour vous protéger (c'est leur devoir et une obligation).

Ø Des chiffres
56% des enfants de 2 à 3 ans - près de 1 200 000 - ne peuvent bénéficier ni d'une place en crèche ni d'une place en maternelle malgré l'important besoin reconnu de socialisation et la demande forte des parents.
Question : Si un encadrement de 1 professionnel pour 8 enfants est reconnu comme nécessaire en crèche, pourquoi ne le serait-il pas en petite section de maternelle ?

Ø Rentrée 2002 à Paris : selon les chiffres officiels de l’IA, 900 enfants de 3 ans sont en liste d’attente…
Alors que les inscriptions se poursuivent, la situation est critique dans la plupart des arrondissements comme dans le XVIe, XVIIe, XVIIIe, Ixe arrondissement où les enfants ne pourront pas être accueillis dans l’école de leur secteur.
La « solution » envisagée par la mairie : déplacer les enfants pour « bourrer » les écoles où il y aurait encore de la place. L’inspecteur d’académie approuve en déclarant qu’ils « sont assurés d’avoir une place, mais pas forcément dans l’école de leur secteur ».
Est-il besoin de préciser que contrairement à ce qu’affirme la mairie, il n’y a pas création de 38 classes supplémentaires en maternelle ? 32 classes et 3,5 postes de direction sont certes ouverts, mais 18 le sont par transferts d’école à école, l’ouverture des 14 autres n’étant possible qu’en fermant 15 classes ailleurs !
Pour réclamer les créations de postes nécessaires, tous les syndicats de Paris, Snudi FO, SE Unsa, Snuipp FSU, Sud qui ont appelé ensemble à manifester le 25 mai à Paris au ministère, avec la Loire-Atlantique, se sont de nouveau retrouvés ensemble le 21 juin au ministère.
N’est-ce pas la bonne voie, celle de l’unité d’action pour obtenir satisfaction sur des revendications communes, précisément formulées ?
Le 24 juin, l’inspecteur d’académie annonçait l’annulation de 3 fermetures et de nouvelles ouvertures. 

Ø « Aménagement des rythmes scolaires » : à Paris, les collègues ont mis en échec les projets de déréglementation et de transformation de l’école maternelle en garderie municipale.
A Paris, grèves et manifestations se sont multipliées jusqu’au retrait des projets et propositions d’aménagement des rythmes scolaires, transfert du samedi au mercredi donc semaine de 5 jours, augmentation de l’amplitude horaire quotidienne (jusqu’à 51 heures…dans l’intérêt de l’enfant bien sûr !) de manière à dégager des plages horaires pour les intervenants extérieurs et les associations…La grande trouvaille était la « nécessaire adaptation de l’école à la nouvelle donne sociale » (mise en place des 35 heures), ce qui impliquait par exemple une adaptation des horaires des écoles maternelles à ceux des crèches. La mairie envisageait ainsi un accueil anticipé dans les écoles, le Maire-adjoint chargé des affaires scolaires allant jusqu’à déclarer : « Les enfants pourraient être déposés plus tôt et prendraient leur petit-déjeuner dans l’établissement avant la classe ». Jusqu’au bout, les enseignantes de maternelle se sont opposées avec le SNUDI-FO à la municipalisation de l’école et de leurs obligations de service. Le 13 mars, après quatre mois de mobilisation, le Maire et le Recteur renonçaient…

Ø Scolarisation des moins de 3 ans.
L'IA de Vendée rappelle à Mmes et Mrs les directeurs d'école maternelle que la loi d'orientation de 1989 ne garantit pas la scolarisation des moins de 3 ans qui ne peuvent donc l'être que dans " la limite des places disponibles " (décret n°90-788 du 6-09-1990). En conséquence, la circulaire n° 91-124 du 6-06-1991 en précisant que les enfants atteignant les 2 ans avant le 31 décembre peuvent être admis, permet à l'IA d'en conclure qu'aucun enfant atteignant l'âge de 2 ans après le 1er janvier ne peut être admis. Il ne peut pas non plus être créé une classe supplémentaire dans une école si la croissance des effectifs provient d'inscriptions d'enfants e moins de 3 ans .
Et si on changeait ces circulaires pour garantir qu'à partir de 2 ans, les enfants pourront être accueillis dans des classes de 8 à 15 élèves au lieu d'inventer des solutions aussi bâtardes qu'inégalitaires dressant " une passerelle " entre le public et ... le privé ?

 

 

Un colloque à Brest - 21 novembre 2001
"Quel accueil pour les petits ?"


Dans le Finistère, sur les 9758 enfants entre 2 et 3 ans, 6826 sont dans les écoles publiques et privées, 1700 en crèches, 2560 en halte-garderies et 300 avec des aides Maternelles. 80% des enfants scolarisés en maternelle (publiques ou privées), serait-ce beaucoup trop pour les autorités ? 
Pour le recteur, il faut aller chercher “d’autres partenaires” (CAF, conseil général...)
Pour la Présidente de la CAF du département, son tableau caricatural pour discréditer la maternelle sera copieusement hué par la salle. 
Pour les Maires, il n'y a pas photo : un enfant, c'est 3 à 6000F pour le budget communal s'il est à l'école, 10 à 30 000 dans une autre structure ! 

Contribution d'Alain Bentolila, professeur de linguistique à l'université de Paris V Sorbonne :
" L'accueil de l'enfant très jeune dans les murs de l'Ecole de la République nécessite la maîtrise de la langue maternelle. Il y a danger à ne pas être capable d'utiliser des structures de langage pour affirmer ses positions... L'apprentissage de la langue maternelle est important, difficile et doit commencer très tôt. Il n'est possible qu'avec un médiateur qui donne les éléments pour corriger l'échec, prendre consience des enjeux et des mécanismes... Ce besoin du médiateur, l'enseignant, n'est pas recevable s'il s'adresse à 25 autres en même temps. 
Il faut une grande volonté de voir ce qui se passe quand on ne voit pas. Il faut se donner les moyens de porter les enfants au plus haut de leurs capacités intellectuelles. Il faut créer les conditions dans les écoles maternelles sans culpabiliser les familles. Des femmes n'ont pas le choix de prendre du temps pour leurs enfants parce qu'elles sont obligés de travailler à temps plein, dur et loin. Il faut donc une réponse de l'école pour ces enfants donc des classes de petits de 8, 10 enfants sinon ce n'est pas comprendre et c'est se " foutre du monde ". Quand les syndicats avanceront ce mot d'ordre ? Il faut des enseignants et des enseignants qui puissent être fiers de leur travail.
Quand un Inspecteur Général appelle au contraire " à prendre en compte d'autres moyens " (" le partenariat "), une question fuse : " Des classes de petits avec 15 maximum sans prendre les postes dans les autres sections, n'est-ce pas un bon projet innovant ? "
. La salle applaudit.

Intervention d'Annie Menvielle, secrétaire départementale du Snudi-FO.
“Je ferai le parallèle avec la SNCF où, au prétexte que peu de passagers prenaient les rames de TGV aux horaires fixés dans les petites gares, la Direction Générale a supprimé les arrêts, puis les gares et le personnel. Alors que le travail en maternelle pour les petits a été honoré par tout le monde, on a d'abord laissé s'engorger les effectifs (avec des classes à 40 !), pour généraliser des ½ postes pour les ections de petits en prétextant de la sieste d el'après-midi ou d'un absentéisme plus important. Puis on a rappelé la loi d'orientation qui ne garantit pas la scolarisation des moins de 3 ans. 
Dans le contexte du Finistère avec ses petites communes dispersées et ses femmes travaillant en horaire par demi-journées dans l'agro-alimentaire, avec ses écoles privées décidées à conquérir un monopole,, on a constaté un prétendu déclin de l'école maternelle publique pour dire qu'elle ne correspondrait plus aux besoins ! En bâtissant un projet jamais vu jusqu'alors : " scolariser les enfants dès 2 ans dans des classes entre 8 et 15 élèves maximum " les personnels ont donné la réponse. Il suffit de les écouter et surtout de les entendre au lieu d'inventer des nouvelles formules aussi trompeuses qu'économiques pour l'Etat !“

COMMUNIQUE

24 juin, le SNUDI FORCE OUVRIERE 
reçu au Cabinet du Ministre délégué à l’enseignement scolaire


Durant près de deux heures, la délégation a pu exposer au représentant du ministre les dossiers revendicatifs dont le syndicat demande un traitement d’urgence, en particulier :
- Création de postes, par le biais d’un collectif budgétaire, pour assurer la rentrée dans des conditions normales,
- Augmentation immédiate des postes au concours de recrutement des Professeurs des Ecoles pour stopper le déficit qui s’aggrave avec les départs à la retraite,
- Recrutement des listes complémentaires indispensables pour couvrir les 6 500 postes vacants à la prochaine rentrée,
- Conditions de nomination, de formation, d’inspection et de notation des Professeurs des Ecoles sortants de l’IUFM devant être considérés comme des titulaires à part entière ;
- Situation de l’AIS (recrutement et formation d’enseignants spécialisés et de psychologues scolaires pour réduire les 6 000 postes vacants) et problèmes liés à l’intégration scolaire (arrêt des intégrations « par défaut » dans les classes ordinaires) ;
- Direction d’école : versement des 80 millions réservés pour la revalorisation de l’ISS des directeurs, abandon du préalable de la mise en réseau des écoles pour la réouverture de négociations,
- Abandon des postes fléchés pour l’enseignement des langues vivantes et rappel de l’impossibilité d’imposer aux enseignants des décloisonnements et échanges de services ;
- Protection des enseignants face aux utilisations de la circulaire de Ségolène Royal autorisant tous les arbitraires.

M. CREMADEILS a écouté attentivement la délégation et lui a fait part de certaines informations : 
ü Aucun collectif budgétaire n’est prévu et il ne reste que trois postes en réserve pour faire face aux problèmes de rentrée.
ü Les LC 2002 seront accueillies à l’IUFM, comme prévu, en septembre 2002. La réunion des Recteurs du 25 juin décidera, très certainement, d’autoriser les IA à recruter des LC en 2002/2003.
ü Pour sortir de la grève des directeurs, M. DARCOS souhaite ouvrir des discussions sur ce dossier dès cet été et connaître le point de vue du SNUDI FO.
ü L’absence de crédits suffisants pour financer les intervenants extérieurs en Langues Vivantes risque de poser de nombreux problèmes dans les départements. 
Rien de concret n’est hélas sorti de cette audience sur le terrain des réponses aux revendications exprimées qui vont être transmises au ministre.

Pour le SNUDI FO, le “dialogue social” prôné par le gouvernement ne saurait se limiter à quelques déclarations de principe. Il doit se traduire par l’ouverture de véritables négociations sur les revendications précises des personnels.

C’est la raison pour laquelle il a décidé de reprendre contact fin juin début juillet avec le cabinet de M. DARCOS.


Montreuil le 24 juin 2002

 

 
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