Introduction
I - Utilisations des fonds transférés
et leurs impacts sur le développement
II - Comment améliorer plus les transferts
et stimuler les investissements.
Conclusion
INTRODUCTION
L’Afrique
a toujours été considérée comme un
grand carrefour de l’histoire, des cultures et des civilisations.
Elle a été tout à la fois un foyer de tensions,
un lieu de dialogue et un important point de repère pour
l’Occident. Mais l’Afrique a, par-dessus tout, été
toujours un lieu de mouvements et de déplacements démographiques
intenses. Ces mobilités démographiques se font soit
à l’intérieur du continent, soit vers d’autres continents.
Les causes sont multiples. Les conflits, la pauvreté, et
les régimes dictatoriaux sont les principaux facteurs moteurs
des migrations alors que la sécurité et l’amélioration
de la situation socio-économique induite par la demande
de main-d'œuvre dans les pays d'accueil constituent les principaux
facteurs d’attraction.
Pendant
que le migrant trouve des conditions de vie favorables au pays
d’accueil, il laisse son pays dans la soif de mains-d’œuvre productives,
de compétences, et aussi avec des familles éclatées
; il y a également une aggravation du phénomène
de la fuite des cerveaux, et mieux encore la sortie massive de
ses ressources humaines, ses travailleurs (toute catégorie
et tous niveaux confondus).
Cependant
la migration porte des avantages, en servant par exemple d’étau
du chômage pour le pays de départ, en permettant
le transfert de compétences de l’étranger, et surtout
par l’envoi de fonds des travailleurs vers le pays d’origine,
une aubaine que l’Afrique n’a pas toujours su saisir pour renforcer
ses capacités de développement.
Aujourd’hui,
la conscience de nos dirigeants africains sur ce développement
commence à être au rendez-vous pour sortir le continent
de sa léthargie. C’est ainsi que nous assistons à
la création de partenariats pour le développement
de l’Afrique, à l’élaboration de cadres stratégiques
de lutte contre la pauvreté, à l’élaboration
de politiques migratoires.
A
travers justement ces migrations et leurs implications, une question
: faut il chercher des voies et moyens pour mettre fin à
ce vent migratoire, comme le soutiennent certains ou bien doit
on l’encourager modérément comme le préconisent
d’autres, compte tenu d’avantages particuliers qui en dérivent
? Il n’est pas évident de faire un arbitrage.
Notre
intérêt portera particulièrement sur une tentative
de répondre à la question de savoir dans quels contextes
peut on encourager la migration des travailleurs africains; autrement
dit comment cette migration peut-elle contribuer efficacement
au développement de l’Afrique, à travers particulièrement
les fonds envoyés par les acteurs. C’est ce que nous examinerons
dans un premier temps avec des exemples appropriés qui
viendront émailler nos propos. Dans un second temps, il
sera vu, les conditions dans lesquelles le rapatriement des fonds
peut être pérenne, comment attirer plus les émigrés
à l’investissement, tout en évitant une migration
abusive de travailleurs.
L’Afrique
est confrontée à la mondialisation et aux exigences
de compétitivité, et donc elle doit impliquer toutes
les ressources humaines, hommes et femmes pour arriver à
bout des objectifs de son développement. Notre continent
a encore du chemin à parcourir, car malgré les efforts
déjà fournis, il est encore loin de l’arrivée.
En effet, la plupart des hommes et des femmes en Afrique restent
exclus du système éducatif, du marché du
travail et vivent dans des conditions socio-économiques
déplorables, avec moins d’un dollar américain par
jour, même pas le minimum vital selon l’échelle internationale.
La population africaine représente environ 13% de la population
mondiale et s’accapare pourtant moins de 2% du revenu mondial
. Où sont ces hommes et ces femmes, ces ressources humaines,
sont elles inexistantes ou sont elles simplement installées
ailleurs. Selon le PNUD, il y a plus de 200.000 professionnels
experts africains qui exercent à l’étranger, des
millions d’autres travailleurs. Si chacun de ces travailleurs
procédait à au moins un transfert par an, d’une
partie de son revenu, et que celle ci soit précieusement
utilisée, quel aurait été l’état du
développement en Afrique. Néanmoins nous verrons
ce qui est fait des fonds déjà envoyés.
L’arbre
ne doit pas cacher la forêt. En jetant un regard sur les
opportunités que peut apporter l’émigration en Afrique,
ne peut-on pas transformer la migration en un potentiel réel
de développement ? Intéressons nous particulièrement
aux envois de fonds des travailleurs émigrés, peuvent
ils être un moyen pour le développement de l’Afrique
et comment ?
I
- Utilisations des fonds transférés et leurs impacts
sur le développement
Ici
sera faite l’analyse d’une part des montants transférés
et d’autre part les réalisations de développement
faîtes de ces fonds.
Un
des grands avantages de l’émigration est justement le rapatriement
de fonds par les émigrés vers leur pays d’origine.
Ces fonds sont énormes en jetant un regard sur la balance
des paiements de chacun des pays à forte émigration,
ou globalement, des statistiques financières du FMI. Mieux
encore, les données statistiques ne sont que des estimations,
sans compter les envois d’argent qui se font toujours de main
à main. Parfois ces fonds sont tellement importants qu’ils
sont même comparables à certaines grandeurs macroéconomiques
telles que les importations, l’aide publique au développement,
les investissements directs étrangers, etc. Cependant le
montant des fonds envoyés dépend des pays d’accueil
où les émigrés se trouvent, du type d’activité
exercée et du poste qu’ils occupent, et aussi souvent du
nombre d’années passées à l’étranger
; sans négliger les politiques du pays d’accueil en termes
de sortie d’argent hors de son territoire, car certains pays plafonnent
annuellement le montant transférable par personne, étrangère
ou pas.
Le
Maroc est le pays qui nous servira d’exemple, très encourageant,
pour illustrer l’effet des fonds rapatriés sur le développement.
Ce choix se justifie du fait justement d’une part, de l’importance
des fonds rapatriés au Maroc par ses émigrés,
et d’autre part des réalisations faîtes de ces fonds
et ayant beaucoup changé la situation économique
et sociale du pays d’une manière remarquable. En effet,
selon l’Office des Changes du Maroc , les transferts des marocains
résidents à l’étranger ont atteint en 2001
et 2002 respectivement 36 858.1 millions de dirhams (environ 3100
millions de dollars) et 31 707.9 millions de dirhams (environ
2800 millions de dollars) soit en pourcentage du PIB de la même
année 9.62 et 7.97. Pour l’année 2003 les transferts
s’élèvent à plus de 37 milliards de dirhams
(environ 3200 millions de dollars). En moyenne les transferts
représentent 43% des exportations et 117% des recettes
touristiques. Depuis les années 80 les transferts sont
presque toujours à la hausse mais ont connu des hauts et
des bas dus à l’environnement économique, aux générations
d’émigrées, qui n’ont pas le même attachement
avec leur pays. Les virements bancaires restent le principal mode
de transaction utilisé par les marocains résidents
à l’étranger, devant les virements postaux et les
billets de banque.
Eu égard de ces montants impressionnants, le plus important
n’est pas le montant des fonds mais plutôt il faut se demander
qu’est ce qui en est fait; c’est de cette lecture qu’il est possible
d’identifier leur contribution au développement.
En
première instance, les transferts de fonds contribuent
à l’équilibre extérieur. En effet, la masse
des transferts représente plus de 16% des recettes du compte
courant des transactions de la balance des paiements (selon l’office
des changes). Ils participent ainsi, à la réduction
du déficit externe du pays, et, de là, à
l’alimentation des avoirs extérieurs en devises.
Ensuite
chez les bénéficiaires c'est-à-dire les ménages,
les fonds envoyés servent de support financier, de filets
de sécurité sociale pour les bénéficiaires,
en augmentant leur revenu et donc leur pouvoir d’achat. Ce qui
leur permet de couvrir une partie de leurs dépenses quotidiennes
d’alimentation, de soins sanitaires, d’éducation, etc.
Parallèlement donc, il y aurait moins de migration de mauvaise
augure, en se referant aux causes de la migration. Cet impact
est visible à travers l’exemple au Maroc, à partir
des résultats de l’enquête nationale 1998/1999 de
la Direction de la Statistique, sur le niveau de vie des ménages
; elle laisse conclure que les transferts ont contribué
à alléger le niveau de pauvreté au Maroc.
En effet, à l’échelle nationale, en l’absence des
envois de fonds, le taux de pauvreté passerait de 19,0
% à 23,2 % , soit plus de 1,2 millions de Marocains épargnés
de la pauvreté. Par milieu de résidence, cette incidence
passerait respectivement de 12,0% à 16,6 % en milieu urbain
et de 27,2 % à 31,0 % en milieu rural. Cela est très
révélateur sur le plan du développement national.
Une situation personnelle peut servir de second exemple où
nous avons bénéficié, certaines de mes soeurs
et moi même, du soutien financier d’un frère, pour
pouvoir continuer nos études jusqu’à l’université
; celui-ci travaille à l’étranger et envoie périodiquement
de l’argent à la famille, destiné surtout aux frais
scolaires, au règlement de certains problèmes familiaux
et parfois même à notre « argent de poche ».
Aujourd’hui, ses envois sont plus destinés à des
fins d’investissement directs d’autant plus que maintenant nous
avons moins besoin de ses fonds qu’avant. Tôt ou tard nous
contribuerons au développement de notre pays par son aide
pour notre éducation. Cela pourrait illustrer le schéma
standard d’utilisation des fonds transférés, la
famille d’abord, ensuite l’investissement. Au-delà de l’aide
familiale, les fonds sont envoyés pour être investis.
L’augmentation
du revenu des ménages a en elle-même un effet multiplicateur
sur l’investissement donc la croissance économique, dont
la répartition équitable est le « sérum
anti-pauvreté ». En effet les fonds reçus
par les ménages seront destinés, par la demande
de biens et services, à d’autres ménages et entreprises,
qui, pour satisfaire la demande croissante, produiront plus et
seront amenés à entreprendre une croissance interne
ou externe, donc un investissement probable. Ce dernier étant
un générateur d’emplois donc un moyen de lutte contre
le chômage et par conséquent la réduction
de la pauvreté, menant ainsi au bien être social
de la communauté, la voie du développement, le chemin
recherché par tout Etat.
Relevons
aussi que les fonds envoyés servent de facilités
à l’accès au crédit, des membres de la famille
du migrant ou ses proches, en servant de garantie vis-à-vis
des banques. Un exemple utile est le cas d’une banque au Maroc
(la banque Al Amal), où plus de 75% du capital est détenu
par des Marocains résidents à l’étranger.
Elle offre des facilités de crédit à des
taux d’intérêt préférentiels, aux migrants
et leurs familles surtout si c’est à des fins d’investissement.
Dans le pays, la banque est reconnue pour son aide aux réalisations
économiques par le biais des fonds des émigrés.
S’agissant
de l’utilisation des fonds dans l’investissement au pays d’origine,
une enquête socio-économique d’une grande envergure
réalisée en 1998 au Maroc par l’INSEA , indique
d’une part, que les émigrés Marocains investissent
plus dans leur pays qu’à l’étranger, et d’autre
part 70,1% des émigrés ont effectivement investi
au Maroc. Les investissements sont orientés avec prédominance
dans l’immobilier, ensuite l’agriculture, puis le commerce, le
tourisme, l’hôtellerie et l’industrie. Ils ont crée
considérablement d’emplois, surtout en milieu rural. Cependant
les projets d’investissement des émigrés sont nombreux
et sont orientés plus vers l’industrie, le commerce et
le tourisme. On assiste ainsi à la création de petites
et moyennes entreprises génératrices d’emplois,
beaucoup ont réussi malgré des tentatives désagréables
et les banqueroutes. Comme signe d’espérance, aujourd’hui,
certaines grandes entreprises marocaines appartiennent à
des émigrés dont les premiers investissements remontent
dans les années 80 ou 90 sous forme de petites entreprises.
Sur
le plan financier, les fonds transférés servent
au financement de l’économie nationale. En effet, d’une
part dans le domaine bancaire, en moyenne 13% des dépôts
bancaires au Maroc sont constitués de fonds transférés
par les émigrés , ce qui constitue une « manne
de liquidité bancaire » même si elle n’est
pas gratuite, et par conséquent pourrait assurer aux banques
le financement de l’économie nationale à un moindre
coût, et permettre une relance de l’investissement en général.
D’autre part, sur le marché financier, à la bourse
de Casablanca, selon le Conseil déontologique des valeurs
mobilières (CDVM) , 21,6% de la capitalisation boursière
sont détenus par des Marocains résidents à
l’étranger et des étrangers. Cet investissement
a contribué à l’évolution du marché
financier Marocain ; il reste louable et doit être encouragé
vu le rôle et l’importance d’un marché financier
liquide sur le développement économique d’un pays.
Dans
certaines régions, par le biais d’associations d’émigrés
ressortissant d’une même région, des fonds mis en
commun ont servi au développement de la région à
travers l’installation d’équipements de distribution d’eau
potable, la construction d’école ou un centre communautaire,
l’aide en cas de catastrophes naturelles ; Comme cela a été
le cas lors du tremblement de terre au Nord du Maroc (Al Hoceima)
en Février 2004, des fonds considérables d’émigrés
ont été levés en quelques jours pour subvenir
aux besoins des sinistrés. Un autre cas aussi révélateur
est celui de l’association des émigrés de la vallée
du fleuve Sénégal en France. Elle a permis la réalisation
de plus de 330 grands projets de développement par les
envois de fonds de ses membres ; ces projets vont de l’agriculture
à la santé en passant par l’éducation, l’alimentation
en eau potable dans la région, la construction de mosquées,
etc. La construction du grand Hôpital de Touba (au Centre
Nord du Sénégal) est l’œuvre d’émigrés
Sénégalais. Cela a du coup amélioré
le cadre de vie et le bien être des citoyens des dites régions.
De
cette présentation, il apparaît que les transferts
ont des effets multiples positifs, complémentaires, et
peuvent bien contribuer au développement du pays d’émigration
et par conséquent toute l’Afrique. De là, vu l’aubaine
que présentent les envois de fonds, il incombe de se demander
quelles sont les perspectives d’évolution de ces ressources,
que faire pour inciter les émigrés, non seulement
à plus de transferts mais également à des
investissements réels.
II
- Comment améliorer plus les transferts et stimuler les
investissements.
Les transferts de fonds déjà effectués sont
énormes mais pour pouvoir couvrir les effets néfastes
de la migration dans le pays d’origine, ils doivent être
encore plus et aussi être investis dans des réalisations
bénéfiques pour la société toute entière.
Il se trouve qu’en général les envois actuels sont
l’œuvre d’émigrés qui ont quitté leur pays
il y a longtemps ; ils partiront en retraite et laisseront derrière
eux des enfants dont la plupart sont nés à l’étranger.
Par conséquent, des rares visites que ces derniers ont
eu à effectuer dans leur pays d’origine, ils auront naturellement
moins d’attachement à leur pays que leurs parents ou grands
parents. Ceci peut avoir des conséquences indésirables
par ce qu’il y aurait moins de transferts (les enfants n’ont aucune
relation dans le pays originaire), et donc constituera un obstacle
au développement.
Pour
rendre donc les transferts et les investissements pérennes,
quelques propositions peuvent être faîtes, dont certaines
sont déjà mises en œuvre dans certains pays. Elles
sont de deux aspects, national et international.
Les
pays africains devraient mettre chacun en place un organe s’occupant
uniquement des émigrés. Il se chargera par exemple
de renforcer auprès des émigrés, leur sentiment
d’appartenance au pays, par une meilleure utilisation judicieuse
des médias, si possible des émissions de télévision
par satellite, à l’endroit des résidents à
l’étranger, l’organisation de voyages culturels et sportifs
pour les enfants et les jeunes qui vivent à l’étranger,
afin qu’ils connaissent mieux leur pays. Dans le même ordre
d’idées une stratégie de communication sera élaborée
pour faciliter les relations des migrants et leurs familles. En
milieu d’immigration, doivent être menées, des campagnes
d’information, de mise en valeur de la culture et de la civilisation
du pays, sur les réalisations socio-économiques
ou politiques récentes du pays ainsi que ses perspectives
de développement ; cette action sera bénéfique
aussi pour le tourisme en général. Pour le Maroc
il y a déjà un organisme semblable nommé
la Fondation Hassan II pour les Marocains résidents à
l’étranger, qui œuvre sur tous les plans (assistance sociale,
assistance juridique, conseils économiques, etc.), afin
que les émigrés soient heureux d’avoir passé
les vacances dans leur pays et multiplier leurs visites, et qu’ils
puissent réaliser facilement à distance des projets
de développement à partir de leurs transferts. De
ce fait tous les moyens (humains, financiers, matériels)
sont mis à sa disposition afin qu’elle puisse mener à
bien sa tâche dans le processus du développement
du pays. Elle collabore également d’une manière
étroite avec les associations régionales des émigrés,
dont nous avons signalé leur part dans le développement.
Selon
sa spécifité et sa capacité, chaque pays
pourrait mener des études ou des enquêtes sur les
émigrés, en vue de recueillir leurs appréciations
et propositions, pour étendre et améliorer ses activités
de séduction des migrants.
Pour
encourager les migrants à l’investissement, des mesures
fiscales et administratives pourraient être prises pour
alléger la lourdeur dans les démarches entreprises
et briser les obstacles rencontrés par les migrants, dans
la réalisation de leurs projets d’investissement. Il s’agit
par exemple de la corruption, le manque de transparence, le coût
élevé des facteurs, les impôts etc. Si possibilités
il y a, des centres régionaux d’investissement peuvent
être mis en place, chargés d’informer, de conseiller,
de promouvoir l’investissement dans la région ; ces centres
seront destinés à tous les citoyens ayant l’esprit
d’entreprise.
Après
avoir obtenu la confiance des émigrés, il reste
à agir à l’international sur l’envoie proprement
dit des fonds; c'est-à-dire que nos pays africains, par
l’intermédiaire de leurs banques, doivent établir
de véritables partenariats avec celles des pays accueillant
fortement leurs émigrés, afin de faciliter les transferts
de fonds, les rendre transparents, sécurisés, rapides
et à moindre coût; C’est fondamental.
Enfin,
des mécanismes adaptés et efficaces doivent être
instaurés pour défendre les intérêts
des migrants.
Conclusion
La mobilité de la population africaine est intense ; les
migrations internationales dans le continent sont alors aussi
importantes que celles à destination d’autres continents.
Beaucoup d’africains se trouvent souvent juste dans des pays limitrophes
de leur pays pour des raisons conformes à celles que nous
avons évoquées dans l’introduction. Ce type de migration
est aussi pourvoyeur de fonds pour le pays d’origine ; c’est le
cas des Burkinabé, Maliens, Nigériens, qui sont
en Côte d’ivoire ou au Gabon et envoient énormément
de fonds dans leur pays. En général, jusqu’à
présent les fonds envoyés restent sous exploités.
Il
est clair que la migration a des effets néfastes pour le
pays de départ comme pour le pays d’accueil, mais elle
pourrait être transformée et vue autrement de façon
à ce que ses avantages puissent dépasser ses inconvénients
; toujours que la migration est difficile à maîtriser.
Des exemples pratiques et encourageants ont été
donnés afin de nous rendre optimistes et croire en la part
des envois de fonds dans le développement en Afrique. La
détermination des pouvoirs publics envers les migrants
est capitale, tous les pays africains doivent avoir cette détermination
et l’exemple marocain est à suivre.
Dans
cette optique les pays africains doivent encourager les migrants
et les bénéficiaires des transferts, à une
utilisation rationnelle des fonds, à réaliser aussi
des investissements productifs diversifiés. Ils sont appelés
à avoir une nouvelle vision et attitude envers la migration
et les migrants, à adopter une politique générale
à l’égard de la migration, phénomène
en changement permanent. C’est aussi une manière de protéger
les intérêts des migrants dans le pays d’origine
ou dans le pays d’immigration. C’est à ces conditions qu’il
peut y avoir davantage d’envois de fonds qui pourront contribuer
d’une manière efficiente, au développement du continent.
N.I. Coulibaly, 2004