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Après un demi siècle d’indépendance, les pays africains sont toujours victimes des plus grandes crises sociopolitiques que connaît l’humanité. En effet, Les pays du sud du Sahara, éprouvent de nombreuses difficultés pour faire face au quotidien.

La situation économique est la suivante: énorme dette, inflation croissance négative, etc.

La situation sociale est la suivante : guerres fratricides, pandémies, famine, génocide, pauvreté, analphabétisme etc.

La situation politique est la suivante : mauvaise gouvernance, absence de programme politique clair, coups d’Etat incessants, corruption, « démocratie théorique », subversions internes orchestrées par des forces extérieures à l’Afrique etc.

A cela il faudrait ajouter l’état lamentable du milieu naturel qui se traduit par la destruction effrénée des ressources forestières, animales et par l’exploitation non raisonnée des ressources minières et minéralières.

Il est certain que de nombreuses volontés politiques se sont dressées pour réagir face à ces situations catastrophiques, à travers de divers programmes nationaux et internationaux, mais leurs efforts s’avèrent vains puisque le problème de développement de l’Afrique reste posé.


Blaise Yoda, Septembre 2004, ENA-Meknes, Maroc

Mais aujourd’hui, que pense t-on de la situation "Afrique" si l’on prend en compte l’émergence de nouveaux concepts comme la mondialisation de l’économie internationale?

Nombreux sont aujourd'hui, les jeunes africains à se mobiliser pour essayer d'apporter à leurs manières, des nouvelles idées ou de nouveaux plans d'actions.
Cette page est spécialement construite pour recolter ces idées fraiches afin de les soumettre à la reflexions de tous les membres actifs de "ARBRAPALABRE" dans l'objectifs global de mettre à la disposition des jeunes africains (futurs gouverneurs), une liste d'idées réalisables dans tous les domaines de la vie socioeconomique et politique.

Vous pouvez tous nous envoyer vos idées à l'email : yodablaise@yahoo.fr ou à l'adresse postale : Yoda Blaise S/C de Mme Agélina Ilboudo, BP 1926 CENOU, Ouagadougou, Burkina Faso.
Nous nous chargerons ensuite de les publier après analyse minitieuse du contenu.

Vous pouvez également soumettre vos questions et vos inquiétudes au FORUM. Si vous êtes spécialisés dans un domaine, veuillez vous enrégistrer à la page SPECIALISTES pour répondre à d'éventuelles questions concernant votre domaine de compétence.


Le texte suivant qui traite de la problématique de l'imigration en Afrique, a récu le 3èmè prix au concours lancé par la BAD à l’occasion du 40ème anniversaire du groupe de la Banque africaine de développement.


Ce texte est l'oeuvre de Mr. COULIBALY NABI ISSA
Etudiant à l’Institut National de Statistique et d’Economie Appliquée de Rabat (INSEA, Maroc).
Adresse : Ambassade du Burkina Faso au Maroc. 7, rue Al Bousiri, Agdal Rabat
Maroc / Tél : (+212)063 255 334 / Email : nabyos@yahoo.fr

MIGRATION : LES ENVOIS DE FONDS DES TRAVAILLEURS EMIGRES ET LE DEVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE

Introduction
I - Utilisations des fonds transférés et leurs impacts sur le développement
II - Comment améliorer plus les transferts et stimuler les investissements.
Conclusion



INTRODUCTION

L’Afrique a toujours été considérée comme un grand carrefour de l’histoire, des cultures et des civilisations. Elle a été tout à la fois un foyer de tensions, un lieu de dialogue et un important point de repère pour l’Occident. Mais l’Afrique a, par-dessus tout, été toujours un lieu de mouvements et de déplacements démographiques intenses. Ces mobilités démographiques se font soit à l’intérieur du continent, soit vers d’autres continents. Les causes sont multiples. Les conflits, la pauvreté, et les régimes dictatoriaux sont les principaux facteurs moteurs des migrations alors que la sécurité et l’amélioration de la situation socio-économique induite par la demande de main-d'œuvre dans les pays d'accueil constituent les principaux facteurs d’attraction.

Pendant que le migrant trouve des conditions de vie favorables au pays d’accueil, il laisse son pays dans la soif de mains-d’œuvre productives, de compétences, et aussi avec des familles éclatées ; il y a également une aggravation du phénomène de la fuite des cerveaux, et mieux encore la sortie massive de ses ressources humaines, ses travailleurs (toute catégorie et tous niveaux confondus).

Cependant la migration porte des avantages, en servant par exemple d’étau du chômage pour le pays de départ, en permettant le transfert de compétences de l’étranger, et surtout par l’envoi de fonds des travailleurs vers le pays d’origine, une aubaine que l’Afrique n’a pas toujours su saisir pour renforcer ses capacités de développement.

Aujourd’hui, la conscience de nos dirigeants africains sur ce développement commence à être au rendez-vous pour sortir le continent de sa léthargie. C’est ainsi que nous assistons à la création de partenariats pour le développement de l’Afrique, à l’élaboration de cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté, à l’élaboration de politiques migratoires.

A travers justement ces migrations et leurs implications, une question : faut il chercher des voies et moyens pour mettre fin à ce vent migratoire, comme le soutiennent certains ou bien doit on l’encourager modérément comme le préconisent d’autres, compte tenu d’avantages particuliers qui en dérivent ? Il n’est pas évident de faire un arbitrage.

Notre intérêt portera particulièrement sur une tentative de répondre à la question de savoir dans quels contextes peut on encourager la migration des travailleurs africains; autrement dit comment cette migration peut-elle contribuer efficacement au développement de l’Afrique, à travers particulièrement les fonds envoyés par les acteurs. C’est ce que nous examinerons dans un premier temps avec des exemples appropriés qui viendront émailler nos propos. Dans un second temps, il sera vu, les conditions dans lesquelles le rapatriement des fonds peut être pérenne, comment attirer plus les émigrés à l’investissement, tout en évitant une migration abusive de travailleurs.

L’Afrique est confrontée à la mondialisation et aux exigences de compétitivité, et donc elle doit impliquer toutes les ressources humaines, hommes et femmes pour arriver à bout des objectifs de son développement. Notre continent a encore du chemin à parcourir, car malgré les efforts déjà fournis, il est encore loin de l’arrivée. En effet, la plupart des hommes et des femmes en Afrique restent exclus du système éducatif, du marché du travail et vivent dans des conditions socio-économiques déplorables, avec moins d’un dollar américain par jour, même pas le minimum vital selon l’échelle internationale. La population africaine représente environ 13% de la population mondiale et s’accapare pourtant moins de 2% du revenu mondial . Où sont ces hommes et ces femmes, ces ressources humaines, sont elles inexistantes ou sont elles simplement installées ailleurs. Selon le PNUD, il y a plus de 200.000 professionnels experts africains qui exercent à l’étranger, des millions d’autres travailleurs. Si chacun de ces travailleurs procédait à au moins un transfert par an, d’une partie de son revenu, et que celle ci soit précieusement utilisée, quel aurait été l’état du développement en Afrique. Néanmoins nous verrons ce qui est fait des fonds déjà envoyés.

L’arbre ne doit pas cacher la forêt. En jetant un regard sur les opportunités que peut apporter l’émigration en Afrique, ne peut-on pas transformer la migration en un potentiel réel de développement ? Intéressons nous particulièrement aux envois de fonds des travailleurs émigrés, peuvent ils être un moyen pour le développement de l’Afrique et comment ?

I - Utilisations des fonds transférés et leurs impacts sur le développement

Ici sera faite l’analyse d’une part des montants transférés et d’autre part les réalisations de développement faîtes de ces fonds.

Un des grands avantages de l’émigration est justement le rapatriement de fonds par les émigrés vers leur pays d’origine. Ces fonds sont énormes en jetant un regard sur la balance des paiements de chacun des pays à forte émigration, ou globalement, des statistiques financières du FMI. Mieux encore, les données statistiques ne sont que des estimations, sans compter les envois d’argent qui se font toujours de main à main. Parfois ces fonds sont tellement importants qu’ils sont même comparables à certaines grandeurs macroéconomiques telles que les importations, l’aide publique au développement, les investissements directs étrangers, etc. Cependant le montant des fonds envoyés dépend des pays d’accueil où les émigrés se trouvent, du type d’activité exercée et du poste qu’ils occupent, et aussi souvent du nombre d’années passées à l’étranger ; sans négliger les politiques du pays d’accueil en termes de sortie d’argent hors de son territoire, car certains pays plafonnent annuellement le montant transférable par personne, étrangère ou pas.

Le Maroc est le pays qui nous servira d’exemple, très encourageant, pour illustrer l’effet des fonds rapatriés sur le développement. Ce choix se justifie du fait justement d’une part, de l’importance des fonds rapatriés au Maroc par ses émigrés, et d’autre part des réalisations faîtes de ces fonds et ayant beaucoup changé la situation économique et sociale du pays d’une manière remarquable. En effet, selon l’Office des Changes du Maroc , les transferts des marocains résidents à l’étranger ont atteint en 2001 et 2002 respectivement 36 858.1 millions de dirhams (environ 3100 millions de dollars) et 31 707.9 millions de dirhams (environ 2800 millions de dollars) soit en pourcentage du PIB de la même année 9.62 et 7.97. Pour l’année 2003 les transferts s’élèvent à plus de 37 milliards de dirhams (environ 3200 millions de dollars). En moyenne les transferts représentent 43% des exportations et 117% des recettes touristiques. Depuis les années 80 les transferts sont presque toujours à la hausse mais ont connu des hauts et des bas dus à l’environnement économique, aux générations d’émigrées, qui n’ont pas le même attachement avec leur pays. Les virements bancaires restent le principal mode de transaction utilisé par les marocains résidents à l’étranger, devant les virements postaux et les billets de banque.
Eu égard de ces montants impressionnants, le plus important n’est pas le montant des fonds mais plutôt il faut se demander qu’est ce qui en est fait; c’est de cette lecture qu’il est possible d’identifier leur contribution au développement.

En première instance, les transferts de fonds contribuent à l’équilibre extérieur. En effet, la masse des transferts représente plus de 16% des recettes du compte courant des transactions de la balance des paiements (selon l’office des changes). Ils participent ainsi, à la réduction du déficit externe du pays, et, de là, à l’alimentation des avoirs extérieurs en devises.

Ensuite chez les bénéficiaires c'est-à-dire les ménages, les fonds envoyés servent de support financier, de filets de sécurité sociale pour les bénéficiaires, en augmentant leur revenu et donc leur pouvoir d’achat. Ce qui leur permet de couvrir une partie de leurs dépenses quotidiennes d’alimentation, de soins sanitaires, d’éducation, etc. Parallèlement donc, il y aurait moins de migration de mauvaise augure, en se referant aux causes de la migration. Cet impact est visible à travers l’exemple au Maroc, à partir des résultats de l’enquête nationale 1998/1999 de la Direction de la Statistique, sur le niveau de vie des ménages ; elle laisse conclure que les transferts ont contribué à alléger le niveau de pauvreté au Maroc. En effet, à l’échelle nationale, en l’absence des envois de fonds, le taux de pauvreté passerait de 19,0 % à 23,2 % , soit plus de 1,2 millions de Marocains épargnés de la pauvreté. Par milieu de résidence, cette incidence passerait respectivement de 12,0% à 16,6 % en milieu urbain et de 27,2 % à 31,0 % en milieu rural. Cela est très révélateur sur le plan du développement national. Une situation personnelle peut servir de second exemple où nous avons bénéficié, certaines de mes soeurs et moi même, du soutien financier d’un frère, pour pouvoir continuer nos études jusqu’à l’université ; celui-ci travaille à l’étranger et envoie périodiquement de l’argent à la famille, destiné surtout aux frais scolaires, au règlement de certains problèmes familiaux et parfois même à notre « argent de poche ». Aujourd’hui, ses envois sont plus destinés à des fins d’investissement directs d’autant plus que maintenant nous avons moins besoin de ses fonds qu’avant. Tôt ou tard nous contribuerons au développement de notre pays par son aide pour notre éducation. Cela pourrait illustrer le schéma standard d’utilisation des fonds transférés, la famille d’abord, ensuite l’investissement. Au-delà de l’aide familiale, les fonds sont envoyés pour être investis.

L’augmentation du revenu des ménages a en elle-même un effet multiplicateur sur l’investissement donc la croissance économique, dont la répartition équitable est le « sérum anti-pauvreté ». En effet les fonds reçus par les ménages seront destinés, par la demande de biens et services, à d’autres ménages et entreprises, qui, pour satisfaire la demande croissante, produiront plus et seront amenés à entreprendre une croissance interne ou externe, donc un investissement probable. Ce dernier étant un générateur d’emplois donc un moyen de lutte contre le chômage et par conséquent la réduction de la pauvreté, menant ainsi au bien être social de la communauté, la voie du développement, le chemin recherché par tout Etat.

Relevons aussi que les fonds envoyés servent de facilités à l’accès au crédit, des membres de la famille du migrant ou ses proches, en servant de garantie vis-à-vis des banques. Un exemple utile est le cas d’une banque au Maroc (la banque Al Amal), où plus de 75% du capital est détenu par des Marocains résidents à l’étranger. Elle offre des facilités de crédit à des taux d’intérêt préférentiels, aux migrants et leurs familles surtout si c’est à des fins d’investissement. Dans le pays, la banque est reconnue pour son aide aux réalisations économiques par le biais des fonds des émigrés.

S’agissant de l’utilisation des fonds dans l’investissement au pays d’origine, une enquête socio-économique d’une grande envergure réalisée en 1998 au Maroc par l’INSEA , indique d’une part, que les émigrés Marocains investissent plus dans leur pays qu’à l’étranger, et d’autre part 70,1% des émigrés ont effectivement investi au Maroc. Les investissements sont orientés avec prédominance dans l’immobilier, ensuite l’agriculture, puis le commerce, le tourisme, l’hôtellerie et l’industrie. Ils ont crée considérablement d’emplois, surtout en milieu rural. Cependant les projets d’investissement des émigrés sont nombreux et sont orientés plus vers l’industrie, le commerce et le tourisme. On assiste ainsi à la création de petites et moyennes entreprises génératrices d’emplois, beaucoup ont réussi malgré des tentatives désagréables et les banqueroutes. Comme signe d’espérance, aujourd’hui, certaines grandes entreprises marocaines appartiennent à des émigrés dont les premiers investissements remontent dans les années 80 ou 90 sous forme de petites entreprises.

Sur le plan financier, les fonds transférés servent au financement de l’économie nationale. En effet, d’une part dans le domaine bancaire, en moyenne 13% des dépôts bancaires au Maroc sont constitués de fonds transférés par les émigrés , ce qui constitue une « manne de liquidité bancaire » même si elle n’est pas gratuite, et par conséquent pourrait assurer aux banques le financement de l’économie nationale à un moindre coût, et permettre une relance de l’investissement en général. D’autre part, sur le marché financier, à la bourse de Casablanca, selon le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) , 21,6% de la capitalisation boursière sont détenus par des Marocains résidents à l’étranger et des étrangers. Cet investissement a contribué à l’évolution du marché financier Marocain ; il reste louable et doit être encouragé vu le rôle et l’importance d’un marché financier liquide sur le développement économique d’un pays.

Dans certaines régions, par le biais d’associations d’émigrés ressortissant d’une même région, des fonds mis en commun ont servi au développement de la région à travers l’installation d’équipements de distribution d’eau potable, la construction d’école ou un centre communautaire, l’aide en cas de catastrophes naturelles ; Comme cela a été le cas lors du tremblement de terre au Nord du Maroc (Al Hoceima) en Février 2004, des fonds considérables d’émigrés ont été levés en quelques jours pour subvenir aux besoins des sinistrés. Un autre cas aussi révélateur est celui de l’association des émigrés de la vallée du fleuve Sénégal en France. Elle a permis la réalisation de plus de 330 grands projets de développement par les envois de fonds de ses membres ; ces projets vont de l’agriculture à la santé en passant par l’éducation, l’alimentation en eau potable dans la région, la construction de mosquées, etc. La construction du grand Hôpital de Touba (au Centre Nord du Sénégal) est l’œuvre d’émigrés Sénégalais. Cela a du coup amélioré le cadre de vie et le bien être des citoyens des dites régions.

De cette présentation, il apparaît que les transferts ont des effets multiples positifs, complémentaires, et peuvent bien contribuer au développement du pays d’émigration et par conséquent toute l’Afrique. De là, vu l’aubaine que présentent les envois de fonds, il incombe de se demander quelles sont les perspectives d’évolution de ces ressources, que faire pour inciter les émigrés, non seulement à plus de transferts mais également à des investissements réels.

II - Comment améliorer plus les transferts et stimuler les investissements.

Les transferts de fonds déjà effectués sont énormes mais pour pouvoir couvrir les effets néfastes de la migration dans le pays d’origine, ils doivent être encore plus et aussi être investis dans des réalisations bénéfiques pour la société toute entière. Il se trouve qu’en général les envois actuels sont l’œuvre d’émigrés qui ont quitté leur pays il y a longtemps ; ils partiront en retraite et laisseront derrière eux des enfants dont la plupart sont nés à l’étranger. Par conséquent, des rares visites que ces derniers ont eu à effectuer dans leur pays d’origine, ils auront naturellement moins d’attachement à leur pays que leurs parents ou grands parents. Ceci peut avoir des conséquences indésirables par ce qu’il y aurait moins de transferts (les enfants n’ont aucune relation dans le pays originaire), et donc constituera un obstacle au développement.

Pour rendre donc les transferts et les investissements pérennes, quelques propositions peuvent être faîtes, dont certaines sont déjà mises en œuvre dans certains pays. Elles sont de deux aspects, national et international.

Les pays africains devraient mettre chacun en place un organe s’occupant uniquement des émigrés. Il se chargera par exemple de renforcer auprès des émigrés, leur sentiment d’appartenance au pays, par une meilleure utilisation judicieuse des médias, si possible des émissions de télévision par satellite, à l’endroit des résidents à l’étranger, l’organisation de voyages culturels et sportifs pour les enfants et les jeunes qui vivent à l’étranger, afin qu’ils connaissent mieux leur pays. Dans le même ordre d’idées une stratégie de communication sera élaborée pour faciliter les relations des migrants et leurs familles. En milieu d’immigration, doivent être menées, des campagnes d’information, de mise en valeur de la culture et de la civilisation du pays, sur les réalisations socio-économiques ou politiques récentes du pays ainsi que ses perspectives de développement ; cette action sera bénéfique aussi pour le tourisme en général. Pour le Maroc il y a déjà un organisme semblable nommé la Fondation Hassan II pour les Marocains résidents à l’étranger, qui œuvre sur tous les plans (assistance sociale, assistance juridique, conseils économiques, etc.), afin que les émigrés soient heureux d’avoir passé les vacances dans leur pays et multiplier leurs visites, et qu’ils puissent réaliser facilement à distance des projets de développement à partir de leurs transferts. De ce fait tous les moyens (humains, financiers, matériels) sont mis à sa disposition afin qu’elle puisse mener à bien sa tâche dans le processus du développement du pays. Elle collabore également d’une manière étroite avec les associations régionales des émigrés, dont nous avons signalé leur part dans le développement.

Selon sa spécifité et sa capacité, chaque pays pourrait mener des études ou des enquêtes sur les émigrés, en vue de recueillir leurs appréciations et propositions, pour étendre et améliorer ses activités de séduction des migrants.

Pour encourager les migrants à l’investissement, des mesures fiscales et administratives pourraient être prises pour alléger la lourdeur dans les démarches entreprises et briser les obstacles rencontrés par les migrants, dans la réalisation de leurs projets d’investissement. Il s’agit par exemple de la corruption, le manque de transparence, le coût élevé des facteurs, les impôts etc. Si possibilités il y a, des centres régionaux d’investissement peuvent être mis en place, chargés d’informer, de conseiller, de promouvoir l’investissement dans la région ; ces centres seront destinés à tous les citoyens ayant l’esprit d’entreprise.

Après avoir obtenu la confiance des émigrés, il reste à agir à l’international sur l’envoie proprement dit des fonds; c'est-à-dire que nos pays africains, par l’intermédiaire de leurs banques, doivent établir de véritables partenariats avec celles des pays accueillant fortement leurs émigrés, afin de faciliter les transferts de fonds, les rendre transparents, sécurisés, rapides et à moindre coût; C’est fondamental.

Enfin, des mécanismes adaptés et efficaces doivent être instaurés pour défendre les intérêts des migrants.

Conclusion

La mobilité de la population africaine est intense ; les migrations internationales dans le continent sont alors aussi importantes que celles à destination d’autres continents. Beaucoup d’africains se trouvent souvent juste dans des pays limitrophes de leur pays pour des raisons conformes à celles que nous avons évoquées dans l’introduction. Ce type de migration est aussi pourvoyeur de fonds pour le pays d’origine ; c’est le cas des Burkinabé, Maliens, Nigériens, qui sont en Côte d’ivoire ou au Gabon et envoient énormément de fonds dans leur pays. En général, jusqu’à présent les fonds envoyés restent sous exploités.

Il est clair que la migration a des effets néfastes pour le pays de départ comme pour le pays d’accueil, mais elle pourrait être transformée et vue autrement de façon à ce que ses avantages puissent dépasser ses inconvénients ; toujours que la migration est difficile à maîtriser. Des exemples pratiques et encourageants ont été donnés afin de nous rendre optimistes et croire en la part des envois de fonds dans le développement en Afrique. La détermination des pouvoirs publics envers les migrants est capitale, tous les pays africains doivent avoir cette détermination et l’exemple marocain est à suivre.

Dans cette optique les pays africains doivent encourager les migrants et les bénéficiaires des transferts, à une utilisation rationnelle des fonds, à réaliser aussi des investissements productifs diversifiés. Ils sont appelés à avoir une nouvelle vision et attitude envers la migration et les migrants, à adopter une politique générale à l’égard de la migration, phénomène en changement permanent. C’est aussi une manière de protéger les intérêts des migrants dans le pays d’origine ou dans le pays d’immigration. C’est à ces conditions qu’il peut y avoir davantage d’envois de fonds qui pourront contribuer d’une manière efficiente, au développement du continent.

N.I. Coulibaly, 2004

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