Par contre, les grimpeurs non-expérimentés géraient leur montée pas à pas, tel un
enfant apprenant à marcher. Ce nest que plus tard, vers la dixième tentative, que
le mouvement commençait à devenir fluide, alors que rappelons-le, chez les
expérimentés il le devenait dès la deuxième ascension.
Ce test tend à prouver que les bons grimpeurs ont une meilleure
capacité pour développer rapidement un système de gestuelles harmonieux. Cette qualité
de grimper est très importante en compétition. En effet, plus le style est fluide, moins
le sportif dépense de lénergie. La force musculaire peut certes compenser un
manque dharmonie, mais elle diminuera la capacité dendurance physique lors de
longues ascensions en montagne.
La suite des recherches va maintenant sorienter vers des essais
pour trouver une manière daméliorer la capacité dapprentissage du cerveau
à rendre un mouvement logique et fluide, plutôt que daméliorer la force
musculaire du sportif.
Ce genre de procéder, si on aboutit un jour sur des résultats
positifs, pourra également être destiné à la rééducation des personnes ayant perdu
lusage de leurs jambes. Il faudrait ici réinstaurer le mouvement de la marche,
cité comme point de comparaison avec le mouvement, plus complexe, des grimpeurs.
Le mariage sports et science a donc également des ramifications dans
la recherche médicale concernant des personnes non-pratiquantes. Les analyses faites par
la science sur les sportifs sont également valables sur tous les autres êtres
humains ; il faudra juste un peu réajuster les conclusions tirées sur les sportifs
qui sont tout de même (à un haut niveau) des personnes à part !