Pt3 Le mouvement de l'escalade

Sport et science

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3. LE MOUVEMENT DE L’ESCALAD

L’apprentissage de la marche est une succession de mouvements gérés de façon indépendante par le cerveau. Il établit un réseau qui nous permet de marcher de manière toujours plus harmonique, jusqu’au jour où un pas en engendre un autre, sans même qu’on se rende compte que l’on marche. C’est un mécanisme assimilé lors de notre enfance par un long apprentissage.

Certains scientifiques pensent que le mouvement des grimpeurs suit la même logique que l’apprentissage de la marche. Pour eux, les mouvements des alpinistes seraient une succession de gestes logiques préinsrits dans le cerveau. Ces mouvements seraient assimilables à un balancier.

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Une étude a été menée à ce sujet à l’Ecole nationale de ski et d’alpinisme de Chamonix (France). Une voie de dix mètres de difficulté moyenne a été construite. Des grimpeurs de niveaux différents ont été conviés à cette expérience consistant à les faire monter dix fois chacun.

L’analyse des ascensions des grimpeurs expérimentés démontre que, dès la deuxième tentative, ils développent une meilleure motricité et une meilleure harmonie dans leurs mouvements, ce qui limite nettement leurs dépenses énergétiques.


Par contre, les grimpeurs non-expérimentés géraient leur montée pas à pas, tel un enfant apprenant à marcher. Ce n’est que plus tard, vers la dixième tentative, que le mouvement commençait à devenir fluide, alors que rappelons-le, chez les expérimentés il le devenait dès la deuxième ascension.

Ce test tend à prouver que les bons grimpeurs ont une meilleure capacité pour développer rapidement un système de gestuelles harmonieux. Cette qualité de grimper est très importante en compétition. En effet, plus le style est fluide, moins le sportif dépense de l’énergie. La force musculaire peut certes compenser un manque d’harmonie, mais elle diminuera la capacité d’endurance physique lors de longues ascensions en montagne.

La suite des recherches va maintenant s’orienter vers des essais pour trouver une manière d’améliorer la capacité d’apprentissage du cerveau à rendre un mouvement logique et fluide, plutôt que d’améliorer la force musculaire du sportif.

Ce genre de procéder, si on aboutit un jour sur des résultats positifs, pourra également être destiné à la rééducation des personnes ayant perdu l’usage de leurs jambes. Il faudrait ici réinstaurer le mouvement de la marche, cité comme point de comparaison avec le mouvement, plus complexe, des grimpeurs.

Le mariage sports et science a donc également des ramifications dans la recherche médicale concernant des personnes non-pratiquantes. Les analyses faites par la science sur les sportifs sont également valables sur tous les autres êtres humains ; il faudra juste un peu réajuster les conclusions tirées sur les sportifs qui sont tout de même (à un haut niveau) des personnes à part !

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