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6. LETUDE DES MUSCLES INFLUENCE
LENTRAINEMENT
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Les Grecs lavaient déjà
compris ; lentraînement doit être progressif. Les muscles doivent être
sollicités de manière toujours croissante. Ainsi, un haltérophile voulant accroître sa
force, commencera à soulever des poids de cent kilogrammes, par exemple, et accroîtra
progressivement cette charge.
Depuis une quinzaine dannées, la meilleure connaissance des
métabolismes du corps humain permet dadapter lentraînement par rapport à la
performance à accomplir. Il sera optimisé de telle sorte que le sportif soit au "
top " de sa forme à une date importante (Jeux olympiques, Championnat du monde,
etc.). |

Marie-Josée Pérec (F),
médaillée dor à Atlanta aux 200 et aux 400 mètres. |
Actuellement, lutilisation de lordinateur, des caméras vidéos, des capteurs
de force, etc., permet dentraîner un sportif de manière optimale. De plus, il est
recommandé de lui donner un bon encadrement psychologique. En effet, la force physique ne
suffit pas à remporter une médaille dor ; il faut aussi avoir une certaine
force morale, une grande motivation et une forte capacité de concentration.
6.1 Le fonctionnement des muscles
Chaque sportif, du tireur à lhaltérophile, utilise ses muscles.
Les muscles peuvent être considérés comme un petit moteur devant consommer du carburant
pour fonctionner correctement. Cette " essence " provient de la
dissociation dune molécule : ladénosine triphosphate (ATP) ; elle
est formée dune base (ladénine), dun sucre (le ribose) et de trois
groupes de phosphates.
Le stockage de lATP dans nos muscles est très limité. En effet,
elle est consommée en quelques secondes deffort. Pour maintenir lactivité
physique, le corps doit alors synthétiser lATP de trois manières étroitement
liées. Il privilégiera une voie métabolique qui dépend de la puissance musculaire
requise et de la durée de lexercice.
La découverte de ces différents métabolismes permettra
doptimiser lentraînement dun coureur de cent mètres dont leffort
ne dure que dix secondes environ, et celui dun cycliste qui doit le prolonger cinq
heures en moyenne.
Le métabolisme aérobie et anaérobie
La voie de remplacement de lATP la plus rapidement mise
en uvre utilise la phosphocréatine, qui est également une molécule énergétique
contenant du phosphate. Lénergie dégagée par la dégradation de cette molécule
sert donc à remplacer lATP. Cette voie ne fonctionnant quune dizaine de
secondes, peut uniquement servir lors dun sprint (cent mètres, sprint dans les
courses cyclistes, etc.). Pour les efforts prolongés, le corps met alors deux autres
systèmes sur pied : la glycolyse anaérobie et la glycolyse aérobie.
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Miguel Indurain, or au clm d'Atalnta
1996
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La glycolyse anaérobie intervient en
premier lieu. Les cellules dégradent alors le glucose ou le glycogène contenu dans nos
muscles. Cette dégradation produit malheureusement un déchet : le lactate.
Celui-ci, en saccumulant, va se transformer en acide lactique. Cet acide va alors
provoquer les brûlures musculaires propres aux personnes qui manquent
dentraînement.
Lentraînement sert à habituer les
athlètes à avoir une forte concentration dacide lactique dans leurs muscles. Mais,
même chez les personnes entraînées, au bout dun certain temps, la surabondance
dacide va ralentir les contractions musculaires. Le corps doit alors passer le
relais à la glycolyse aérobie.
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| Pour les épreuves dendurance, le corps va donc
obtenir de lénergie grâce au métabolisme aérobie. Celui-ci agit par dégradation
des sucres, des graisses et des protéines en présence doxygène. Contrairement à
la glycolyse anaérobie, elle nest pas activée immédiatement. Ce nest
quaprès quelques minutes (une ou deux) quelle est déclenchée. Ce délai
sert à ladaptation du rythme cardiorespiratoire qui doit fournir loxygène
nécessaire à la combustion des différents sucres, graisses et protéines. |

Nahim Suleymanoglu (TUR),
médaillé dor aux JO de
1988-92 et 96 |
Avec lactivation de cette voie, les autres ne fonctionnent plus quà un niveau
réduit. De lacide lactique et du lactate sont toujours produits, mais en quantité
moindre qui est consommée par les muscles moins actifs ou métabolisée dans le foie, ce
qui évite leur accumulation.Malgré son
efficacité, le métabolisme aérobie produit de lénergie en quantité limitée.
Des besoins temporaires supplémentaires doivent être pris en charge par les autres
voies, sans cesse renouvelées.
Un joueur de football tire lessentiel de son énergie du
processus aérobie. Mais quand il doit sprinter, le corps utilise immédiatement en
complément lATP stockée ou lATP par voie de phosphocréatine. Quand le
sprint se prolonge plus de quinze secondes, la glycolyse anaérobie prend le relais et une
fois le sprint terminé, le métabolisme aérobie redevient prépondérant.
Ces notions qui peuvent paraître compliquées, doivent être
parfaitement connues des entraîneurs. En effet, elle sont actuellement utilisées pour
échelonner lentraînement des athlètes. Les personnes chargées de leur
entraînement doivent donc connaître précisément les besoins énergétiques de leur
sport, afin de pouvoir entraîner le métabolisme propre à celui-ci. Progressivement, si
lentraînement est bien adapté, des modifications physiologiques en fonction du
sport pratiqué se produiront. Ainsi, un marathonien développera les capacités
dendurance qui reposent sur le métabolisme aérobie, alors que
lhaltérophile, dont leffort est bref mais intense, se concentrera sur la
force et la puissance alimentées par la voie anaérobie. Voilà pourquoi les sportifs ont
bientôt tous un médecin déquipe, voir médecin personnel ! |
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