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  Judge Déesse ou la caverne d'Ali Baba

  C'était le début des années 80 - 82 ou 83, je ne me souviens plus précisément. Je découvrais tout juste les comics en v.o., papier journal et quadrichromie baveuse et, fasciné, j'autodafais mes Strange, Titans et Nova pour ne plus me consacrer qu'aux parutions U.S. Mes idoles d'alors étaient Gene Colan, Neal Adams, Marshall Rogers, John Byrne et Frank Miller, et pour moi, la boutique Déesse faisait figure de caverne d'Ali Baba.
  Je ne me souviens plus comment j'ai découvert Déesse ; je me souviens par contre du long trajet, ponctué de changement de lignes de train, RER et métro qui me conduisait de ma banlieue jusqu'à ce quartier du 17ème arrondissement, la longue marche depuis la station de métro jusqu'à la rue Emile Allez et, au numéro 6, l'objet de toutes mes convoitises, ce minuscule magasin où s'entassaient les caisses de comics, de muraux de vieux romans populaires, des revues en veux-tu en voilà, avec au fond un bureau et sur le côté, près de la vitrine, un vieux fauteuil usé.
  Mes mercredis après-midi, tous, je les passai là, à lire, prendre et reposer, reprendre encore des multitudes de fascicules. Mais surtout, je buvais les paroles des maîtres des lieux, Paulo et Fred évoquant les grands : Kirby, Ditko, Steranko, Frazetta ou des endrois mythiques : San Diego et cette Amérique fantasmée où je n'avais encore jamais mis les pieds et que je devais si bien connaître par la suite. Oui, sans doute, ma passion du livre et de la B.D. s'est cristallisée là, et c'est peut-être un peu à Déesse que je dois d'être libraire aujourd'hui.
  Ce n'est que très récemment que j'ai appris la mort de Paul-Michel Doléan, survenue le 30 novembre 1989 des suites d'un accident de la route. J'ignorai aussi qu'avant de fonder Déesse, il avait lui-même beaucoup fait pour le fanzinat, créant ou participant à de nombreux fanzines : Spider, Shadows, Pulps, Les Hordes de Phobos, etc. Pour des raisons qui me semblent évidentes, quand bien même elles me sont éminemment personnelles, Splash Page lui est dédié...

  Philippe Castelneau.

  Et les quarante voleurs

  Salut. Moi c'est James 3345, agent spécial. On me demande de raconter mes premières émotions de jeune collectionneur. Ok je vais tout avouer...

Mars 83 : époque bénie, printemps insouciant où, sous la pente de ma chambre mansardée, mon repère de lecture par excellence, je conservais précieusement un objet fantastique, venu de très loin par-delà l'Atlantique, et dont la lumière kaleidoscopique ne cessait chaque soir d'irradier mes yeux d'un rayonnement intense et multicolore. Mon premier fascicule "au goût américain" fut une v.o. de Byrne, un FF de la meilleure époque, Je me rappelle encore ma fascination devant sa page d'intro : la composition présentait The Thing dans la Zone Négative, debout en équilibre sur la carlingue d'un vaisseau spatial... en vol. Sur cette page on déchiffrait aussi une bulle d''argot Ben-Grimmiesque, incompréhensible certes, mais... Une bulle en anglais dans le texte. Combien d'heures à savourer de page en page les bandeaux de pub, les rubriques, le courrier des lecteurs, et toute ces vraies onomatopées yankees encore intactes, pas encore saccagées, diluées ou supprimées par les gars d'chez Lug, dieu ait leurs âmes. Bref mon tout premier "World Greatest Comic Magazine" a été un Byrne. Et figurez-vous que je l'avais volé ! ;-)

   Ce FF, je l'avais découvert dans la chambre d'un gamin de mon âge, posé sur une armoire poussiéreuse, laissé là à l'abandon, dans un état Very Good à Good. Quand mes yeux se sont posés dessus je n'y ai pas cru tout de suite. Ma collection de Strange, Nova, ou Titans venait de perdre toute sa valeur à la seule vision de ce recueil d'origine quasi extra-terrestre et donc inestimable sur le sol français. La chambre venait de s'évanouir, intérieurement j'étais à genoux de bonheur devant un trésor inespéré. Bientôt il faudrait partir, rentrer chez moi. Avant que son propriétaire ne rapplique dans la chambre; une décision regardant l'avenir de ce fascicule en péril devait être prise et fissa. D'où le vol à l'étalage jamais regretté qui s'ensuivit. J'étais qu'un gosse, commissaire, faut me comprendre...

  A la fin du printemps, après cette bonne action en forme de sauvetage du patrimoine de l'humanité, je n'avais qu'une obsession : trouver d'autres comics à sauver ;-). Je tarabustai donc mon père pour obtenir de lui qu'il m'aide les mercredis après-midi à arpenter Paris en quête de la perle rare. Déjà je m'étais fait une ou deux idées de repérages, notamment grâce aux pages d'un vieil annuaire du salon de la BD 82 ou 83, je n'sais plus. Bref, je parvins bientot à débusquer une librairie u.s. dans la vaste capitale : la librairie Brentano's. Mes mains tremblantes y purent littéralement arracher des présentoirs quelques "Peter Parker the Spectular Spider Man" et aussi des "Marvel Tales", mais cela n'égala pas la fascination produite par mon premier FF quelques semaines plus tôt. Ces titres étaient même très merdiques, mais pensez, à l'époque, n'importe quelle v.o. aurait suffit à m'éblouir. Après Brentano's, ma deuxième étape fut plus heureuse : la librairie Temps Futurs. Un lieu de grande déconnade, où nos extases à moi et Phil furent nombreuses, nos sueurs froides aussi...Rapport aux menus larçins d'ados inconscients perpétrés là-bas ! Ca nous a pris une fois ou deux comme ça sans prévenir. Pour sûr qu'on était prêts à tout pour de la v.o, même à se faire prendre en flag, ce qui heureusement n'arriva jamais... En tout cas commissaire, si quelques fascicules multicolores sont effectivement tombés dans nos sacs ouverts posés au pied des bacs, rassurez-vous, c''était pas prémédité. C'était d'bon coeur, commissaire. On pensait pas à mal. Enfin je touchais au but avec la découverte d'une librairie mythique, celle des éditions Déesse, dont Phil n'a plus souvenance de comment il trouva l'endroit (je vous laisse relire le début de ce paragraphe pour comprendre qui l'a un peu aidé !) lieu mémorable qu'à juste titre il compare à une "caverne d'Ali Baba"... Des comics, y en avait partout : par terre, au plafond, sur les murs, dans l'arrière boutique. On était exposé de tous côtés à des collectors de gros calibre, si bien que je ne tardai pas à vivre une étape majeure sur le parcours initiatique de la vie : je tombai bientôt sur un DD de FM, comic qui fit de moi un homme. Certes, ce DD #164 n'était pas une oeuvre majeure, mais il recélait une ou deux planches d'exception. Je vous laisserai donc rejoindre maintenant votre propre repère de lecture pour trouver quelles sont ces planches qui, à l'époque, m'ont assis, et contribueront pour longtemps encore à éléver le comic art au rang de 9ème Art.

   James 3345

 

 

L'objet du déli

FF #210

 
 

La claque

DD #164

  Actuellement

    Le n° 0 de SPLASH PAGE est toujours disponible. C'est un numéro bilan qui fait le point sur 50 ans de comics et de fanzinat en France, sous la houlette du grand Françis Saint-Martin ! 30 FF, port inclus.

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  "Warren Ellis, adulé du public, courtisé par les éditeurs, respecté par ses pairs, serait-il en fait un méchant plagiaire ? Pire, derrière Ellis le charmeur, l'auteur intelligent, l'éditorialiste pertinent, se cacherait-il un dangereux réactionnaire ?" A PROPOS DE WARREN ELLIS, article dans le SCARCE # 58.

  SWOF # 29. Dossier Barry Windsor-Smith : une étude des 24 premiers numéros de la série CONAN, le MACHINE MAN de Smith, et des chroniques. Parution hiver 2000.

  Numéros parus

SPLASH PAGE # 1 (Juin 96) :Jim Silke's Rascals in Paradise, John Byrne.
SPLASH PAGE # 2 (Fev. 97) : Iron Fist, Deathblow & Wolverine, Fax From Sarajevo, Hellshock, Dead Presidents, The Phantom.
SPLASH PAGE # 3 (été 97) : Dossier Howard The Duck, The Grackle, ID4, The Arrival, Straw Dogs.
SPLASH PAGE # 4 (Nov. 97) : Hellboy, Paul Smith, dossier Elektra, WildC.A.T.S. - X-Men, Thrillkiller.
SPLASH PAGE # 5 (Juin 98) : Wolverine, dossier Jim Starlin, Le Club de la Fin du Siècle.
SPLASH PAGE # 6 (Déc. 98) : Numéro spécial Fantastic Four, les Editions Bethy.
SPLASH PAGE # 7 (Nov. 99) : Dossier No Future Proche, Superman vs. Hulk, John Romita Jr.

 

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Mise à jour 30 avr. 2001
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  America's Best comics
  Il y a 10 ans, Alan Moore était le maître du monde. Derrière lui, des œuvres telles que Swamp Thing, Watchmen ou Killing Joke lui ont permis de réaliser un crossover entre le public traditionnel du comic book et celui de la " pop culture ", plutôt orienté musique ou cinéma...>>> par P.Castelneau
  Club de la Fin du Siècle
  Depuis la fin de l'année dernière, les Editions Bethy proposent des traductions de comics pour le lectorat de librairie. L'entreprise est risquée : il s'agit pour la plupart de séries déjà traduites en France soit chez Lug/Semic soit chez Glénat, et il est à craindre que le lectorat intéressé soit en partie épuisé...>>> par J.M. Lainé

  Danger Unlimited

  Avec le temps, on s'était habitué à voir John Byrne ne se consacrer exclusivement qu'aux NEXT MEN. Et puis voilà, en 1994 le dessinateur se montre à nouveau prolixe, et, après HELLBOY dont il assure le script, et avant BABE une bande plus humoristique, il publie DANGER UNLIMITED, renouant pour l'occasion avec l'esprit qui présida à ses FANTASTIC FOUR mais qui, en dépit d'un prix de vente inférieur à la moyenne et d'une cible prétendument plus large, s'arrêtera malheureusement après seulement quatre numéros... >>> par P.Castelneau

  Deathblow & Wolverine

  Lancée en début d'année dernière à grand renfort de publicité avec la série MARVEL vs. DC, puis les 12 titres AMALGAM, la vague des crossovers inter-compagnies à déferlé sur les racks des comics shops avec toutes la subtilité d'un cyclone sur la Martinique, laissant les lecteurs hébétés, les poches vides, n'ayant plus que leurs yeux pour pleurer sur des titres aussi indigestes que X-Men/Star Trek ou Iron-Man/X-O Manowar... >>> par P.Castelneau

  Dreadstar : le fils du retour

  Au fur et à mesure que l'histoire avance, Starlin introduit graduellement la couleur dans son Odyssée Cosmique, semblant maîtriser la peinture (à défaut de la palette), sans problème particulier. Cette apparition de la couleur n'est d'ailleurs pas gratuite, correspondant à la constitution du groupe et à la révélation graduelle de la vérité concernant le plan d'Akhnaton (reprise de la thématique du mythe de la caverne platonicien, pour les connaisseurs)... >>> A.Nikolavitch

  Golden City

  Golden City est l’une des nouvelles séries Delcourt à paraître sous le label SERIE B, dirigé par Fred Blanchard et Olivier Vatine. Dans un futur éloigné, la plus grande partie de la population vit dans la précarité, alors que les plus riches se sont réfugiés à Golden City, une ville artificielle posée sur l’océan, dirigée par un conglomérat pharmaceutique...>>> P.Castelneau

  Hellboy : The Lost Army

  (Christopher Golden - illustrations Mike Mignola - Dark Horse).
  En 1986, au lendemain du bombardement américain sur la Lybie, une équipe d'archéologues anglais enquête, dans le désert égyptien frontalier, sur la disparition en 525 av. J.C. d'une armée Perse de 50.000 hommes, à la suite d'une fantastique tempête de sable. Lorsque l'équipe d'archéologues anglais disparait à son tour, le "Bureau For Paranormal Reasearch & Defense" dépêche Hellboy sur place... >>> P.Castelneau

  Hellshock

  Jae Lee a commencé sa carrière au début des années 90 chez Marvel où il reprend la suite de John Byrne sur la série Namor. D'emblée, son style dynamique, ses ambiances sombres, ses personnages carrés et sa mise en page efficace qui recourt souvent à la pleine page remportent l'adhésion du public, si bien que Jim Lee débauchera le jeune dessinateur coréen pour lui confier, en 1993, la mini-série WILDCATS Trilogy...>>> P.Castelneau

  Howard : un couac dans l'univers des comics

  Souvenez-vous des années 70, alors que Marvel dominait nettement, tant commercialement qu'artistiquement le marché des comics américains. Chaque mois, dans chacun des titres publiés par la Maison-aux-Idées, les fans retrouvaient l'inénarable verve de Stan The Man Lee au travers de sa rubrique Stan's Soapbox, alors qu'une nouvelle génération d'auteurs nourris à sa plume prenait en main les destinées des héros qu'il avait contribué à créer une décénie plus tôt...>>> P.Castelneau

  Iron Fist

 Marvel, la maison aux idées, s’est bien souvent contentée de puiser celles-ci dans les modes du moment, ce qui nous valu en leurs temps des séries aussi indigestes que Dazzler ou Rom. Iron Fist, qui apparaît d’abord dans Marvel Première #15 en 1974, en pleine vogue Bruce Lee, s’inscrit donc dans la droite ligne de cette triste tradition mais, contrairement aux deux séries citées, s’affirme très vite comme une bande de qualité...>>> P.Castelneau

  The Killing Joke

  Encensé à sa sortie comme un chef-d’oeuvre, The Killing Joke est-il aujourd’hui à la hauteur de sa réputation ? D’un point de vue formel, le trait de Brian Bolland est exemplaire, et le découpage des séquences, qui voit la dernière image d’une scène correspondre à la première de la suivante est un procédé habile, quoi qu’il fût déjà souvent utilisé par d’autres, principalement en littérature ou au cinéma...>>> P.Castelneau

  The Phantom : le cinéma en laserdisc

  Dans les années 30, au Bengale et à New-York, le "Phantom" doit affronter l'ignoble et puissant Xander Drax, qui cherche à s'approprier les trois crânes sacrés de Tunganda, synonymes de pouvoirs absolu sur le monde... Encore un film à ajouter à la liste déjà longue des héros de BD tentant de conquérir le grand écran, pour le meilleur ou pour le pire. Malheureusement, The Phantom fera partie de la deuxième catégorie..>>> R. Journo

  Starslammers

  La grande majorité des lecteurs de comics books est constituée d'adolescents qui très vite passent à autre chose. Cela explique sans doute pourquoi Walt Simonson a souvent fait figure de nouveau talent, chéri par une horde de jeunes fans ignorant de ses précédents travaux... >>> P.Castelneau

  Thrillkiller

  Howard Chaykin est l'un des plus intègres auteurs-dessinateurs du comic-book américain, un artiste au talent injustement mésestimé, à qui l'on doit American Flagg, Black Kiss, Power & Glory, et tout récement l'excelente série Cyberella pour la ligne Helix de DC... >>> P.Castelneau

  Universal War Zone

   UW1 est, après Cryozone chez Delcourt, le nouveau projet – ambitieux – de Denis Bajram.   Cette fois, l’auteur assure seul à la fois le scénario, le dessin et la mise en couleur. Soleil, son nouvel éditeur, semble ne pas avoir lésiné sur les moyens, et UW1 bénéficie de l’apport des dernières technologies informatiques (scanner et modélisation 3D)...>>>P.Castelneau

  WildC.A.T.S. / X-Men : The Silver Age

  Qu'on le veuille ou non, Jim Lee est l'un des artistes les plus influents de sa génération, et son passage sur UNCANNY X-MEN aura marqué autant, sinon plus que celui de John Byrne quelques années plus tôt, aussi bien les fans que l'industrie du comic book toute entière... >>>P.Castelneau



  Paul Smith

  Paul Smith est né le 4 septembre 1953 à Kansas City, dans le Missouri. En 1977, à seulement 24 ans, et sans avoir réellement suivi de formation artistique, il travaille comme dessinateur sur le film d'animation de Ralph Baskhi Le seigneur des anneaux, d'après l'oeuvre de Tolkien...>>>P.Castelneau

  Jim Silke

  Découvert en 1994 avec la série RASCALS IN PARADISE (Dark Horse), Jim Silke n'est pas, loin s'en faut, un énième émule de Dave Stevens, bien que les deux hommes aient en commun une même obsession : Betty Page !.. >>>P.Castelneau