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Ba(l)lade avec (pour) de belles inconnues...
« Un concert imaginaire... »
Les voyages à l'intérieur du monde de la musique
au Vingtième Siècle sont merveilleux et surprenants tant la diversité des
sites rencontrés est infinie. Les couleurs et langages se partagent le temps
et l'espace comme le soleil et la neige, ou comme l'aube et le crépuscule.
Pourtant la répartition est inégale, il est des voies royales parcourues par
les figures essentielles de Debussy, Stravinsky, les Viennois et leurs descendants
ou exégètes. Il est encore quelques chemins marginaux, mais accessibles, où
s'attardent, isolées et têtues, les œuvres immenses de Richard Strauss, Ravel,
Sibelius, Britten, Shostakovich ou Messiaen. Et puis, écartés de l'univers,
venus d'on ne sait où, antonymes des autres, des sentiers au tracé imperceptible
et aux figures enfouies dans les archives historiennes de la mémoire, se faufilent
doucement au pied de cimes soniques incontournables, pour ne pas mourir...
Il faut une curiosité presque malheureuse et une liberté immense pour retrouver
ces passages oubliés. Il convient aussi de perdre certains outils historiens
et repères épistémologiques pour écouter librement ces musiques de la nostalgie...
En mille neuf cent douze, paraissent
en même temps « The Music Makers »
de Sir Edward Elgar et le « Nocturne Symphonique » de Ferruccio Busoni. « The Music Makers » pour mezzo-soprano,
chœurs et orchestre sont joués triomphalement en Angleterre. Il est vrai qu'alors
Elgar est en pleine gloire. Il demeure aujourd'hui encore le musicien le plus
joué dans ce pays, avant même Beethoven ! Sa présence en disque compact est
incroyable ! Cette œuvre grandiose, aux aspects immédiatement commémoratifs,
est une sorte d'ultime chant de l'époque victorienne pressentie, de manière
plus ou moins consciente, comme révolue. Les brèves citations de la « Marseillaise » et du « Rule Britannia » stigmatisent ces
funestes intuitions. Mais il ne s'agit pas seulement de l'adieu au monde nourricier,
Elgar se prépare déjà, sans tout à fait s'en rendre compte, à quitter un monde
esthétique, une culture qu'il croyait intangible. Quelques années plus tard,
Sibelius l'imitera. Le merveilleux thème de « Nimrod » (neuvième variation des « Enigma »
et portrait de l'ami August Jaeger) chanté par la voix de mezzo-soprano et
repris par les chœurs surdétermine l'impression qu'il est bien question de
bouleversants adieux. Pour Elgar, comme pour beaucoup d'autres musiciens arrivés
à maturité pendant les premières décennies de ce siècle, l'éclatement du langage
musical est le terme d'un parcours artistique. « The
Music Makers » saluent à leur manière un monde désuet, l'esthétique
qui lui est propre et la mort de l'ami Jaeger survenue en 1909. Il ne faut
pas, aujourd'hui, écouter la musique de Sir Elgar avec compassion, serait-elle
savante, ou pire encore, avec mépris. Cette musique, à la fois grandiose et
mélancolique, portée à des sommets irréels de pudeur, s'adresse à l'indicible
de la mémoire. Pourquoi lui refuser le crédit accordé à celle de Richard Strauss
? Et en plus, elle a du cœur à revendre...
« Le Nocturne Symphonique » de Ferruccio Busoni est une œuvre complètement
oubliée, pourtant son langage est d'une belle originalité et d'une importance
capitale. En effet, elle représente l'avancée extrême du musicien italien
dans la direction d'une suspension de la tonalité. Presque athématique, elle
se déploie dans une atmosphère blême, crépusculaire et emplie de mystère,
donnant l'inconfortable impression de glisser vers l'indéfini. Cette musique
semble passer par pur hasard, furtive et coupable, et pourtant essentielle.
Il s'agit d'une œuvre d'exil. Elle dit celui dont a souffert toute sa vie
le compositeur. Perçu par le monde musical de son temps comme un virtuose
s'essayant à la composition, comme musicien italien en Allemagne et comme
musicien allemand en Italie, Busoni s'est en vain débattu toute sa vie, à
l'intérieur de ce triple exil. Peut-être n'a-t-il échappé à la folie, celle
qui détruisit son contemporain Hugo Wolf par exemple, qu'en raison d'une étonnante
passion pour la pédagogie et de prodigieuses qualités de pianiste virtuose.
En mille neuf cent quinze,
est créée la « Sinfonia Drammatica »
d'Ottorino Respighi. Le compositeur a mis une dizaine d'années pour venir
à bout de cette première symphonie, qui sera aussi la dernière, aux dimensions
colossales. Le succès est mitigé. Respighi est quand même satisfait, il est
persuadé qu'il est un véritable symphoniste. Pourtant, à l'instar de Strauss,
il va devenir un fantastique compositeur de poèmes symphoniques. L'écriture
d'une symphonie mobilise trop les capacités à développer le discours et à
créer des affrontements dialectiques. Respighi n'est ni Bruckner, ni Mahler.
Il va exceller dans le propos court et étincelant du poème. Son sens inné
et inouï de l'orchestration et des couleurs soniques flamboyantes va lui permettre
d'entrer dans l'histoire de la musique avec le « Triptyque Romain », les « Oiseaux », « Belkis », les « Vitraux d'Église », les « Metamorphosen », des orchestrations
monumentales d'œuvres de Bach et quelques opéras (« Belfegor », « Sémiramis »). Pourtant, la « Sinfonia Drammatica » ne manque
pas de beauté. Les thèmes, en premier lieu, qui traversent les trois mouvements,
tour à tour graves et accueillants, lyriques et tragiques, emportés et apaisés.
Le premier mouvement aurait constitué, à lui seul, un magnifique poème symphonique,
il dure plus de vingt minutes. Il peut s'écouter seul. Cela signifie aussi
à quel point les capacités de Respighi vont être mises à rude épreuve par
la suite, surtout dans le dernier mouvement où, pour ne pas donner l'impression
de répéter, il bouscule le propos et précipite le rythme, au point de ternir
quelque peu sa palette des couleurs orchestrales, d'ordinaire si magnifiquement
brillante. Le second mouvement, un andante poignant, témoigne d'une douleur
et d'un drame que les circonstances tragiques de l'époque dévoilent aisément.
La « grande » guerre qui
tue les hommes par centaines de milliers n'a pas laissé insensible le compositeur.
On retrouve cette atmosphère de drame dans le dernier mouvement, mais bousculée,
écrasée, ou encore, trop étalée, tant le compositeur se veut soudain, didactique
et exhaustif. Cette symphonie qui mobilise un orchestre énorme n'est jamais
jouée. Cet oubli est injuste. Ses deux premiers mouvements sont d'une beauté
thématique et plastique fabuleuse, ils témoignent des prodigieuses qualités
d'orchestrateur de Respighi. Quant au dernier, je l'ai écouté, isolé, comme
une œuvre indépendante, il peut se suffire largement à lui-même…
En mille neuf cent trente-huit,
Toscanini dirige en première mondiale le « Premier Essai pour orchestre » de
Samuel Barber. L'accueil du public est plutôt froid. Il réserve son enthousiasme
pour « l'Adagio » que
Barber a extrait de son premier quatuor à cordes pour l'orchestrer. Cet « Adagio »
a été joué et enregistré par tous les chefs américains et britanniques. Le
« Premier Essai pour Orchestre » a été
vite oublié. D'inspiration néo-romantique, comme toute la musique de Barber,
il débute lentement par un thème regorgeant de mélancolie, soutenu par des
basses profondes et lancinantes ; puis le tempo s'accélère et des cuivres
éclatants reprennent le thème lyrique pour le faire imploser. Cette technique
bien particulière, utilisée aussi par Puccini, mais de manière plus théâtrale,
qui consiste à mettre à mal de l'intérieur, les motifs les plus romantiques,
va se retrouver dans toute l'œuvre de Barber. Cette courte pièce, la première
d'une série de trois, préfigure les merveilleuses beautés des deux concertos,
piano et violon, de « Vanessa » et « d'Antoine
et Cléopâtre ». Composé tout au début de sa carrière, cet « Essai » semble annoncer et clore à la fois la totalité de son
œuvre, tant il est patent, que placée sous le signe exclusif de la nostalgie,
elle dit clairement le double refus du compositeur : celui de la musique de
son temps et celui d'une certaine musique américaine dont les chefs de files
sont, ou seront Mennin, Sessions et Copland.
Six années plus tard, paraît
En mille neuf cent soixante,
En mille neuf cent soixante-dix-sept,
le monde musical découvre
Toujours en mille neuf cent
soixante-dix-sept, Arvo Pärt publie son « Cantus à
En Mai 1977, au Royal Festival
Hall de Londres, le pianiste John Lill crée, sous la direction de Lawrence
Foster, la « Fantaisie sur un thème
de John Field pour piano et orchestre » de Malcolm Arnold. Le compositeur
anglais, très connu en Grande-Bretagne pour ses musiques de film, il est l'auteur
du « Pont de la rivière Kwaï »,
a écrit l'œuvre en 1975, peu de temps après
« Pour moi, l'atonalité est contre nature. Chaque élément a son centre.
Les planètes ont le soleil et la lune la terre ». Qui a pu tenir
de tels propos ? Un Américain, à coup sûr ! Oui, il s'agit d’Alan Hovhaness,
compositeur d'origine arménienne, auteur de plus de cinquante symphonies !
En 1983, paraît
En mille neuf cent quatre-vingt-cinq,
le compositeur minimaliste John Adams répond aux questions de Jonathan Cott
à propos de sa dernière création « Harmonielehre ». Le compositeur américain fait partie avec Glass
et Reich de la grande vague californienne de musique répétitive qui submerge
les États-Unis et tente de s'implanter en Europe. Cette œuvre pour orchestre,
aux dimensions imposantes, elle dure quarante-trois minutes et demande un
orchestre mahlérien, succède à « Harmonium » pour chœurs et orchestre.
« J'ai écrit « Harmonielehre » (leçon d'harmonie en allemand ?) en trois mois, dit John Adams. Le premier mouvement est monolithique et
répétitif : il se termine comme il a commencé ». Il est clair que
ce mouvement appartient stylistiquement et strictement à cette mouvance minimaliste
dont Reich et Glass sont incontestablement les fondateurs. Pourtant, l'opulence
et la luxuriance de l'orchestre sont nouvelles, à coup sûr le compositeur
a des idées derrière la tête. Ces idées se matérialisent dans le second mouvement,
tout d'abord, dans le titre « The
Amfortas Wound » qui rend compte de la quête impossible du Graal
au Moyen Age par le roi Amfortas, ensuite dans les références, directes ou
suggérées, faites à des musiciens célèbres : Beethoven, Wagner, Mahler, Ives,
Sibelius, Berg et Debussy. L'apocalyptique rupture dans l'Adagio de
En mille neuf cent quatre-vingt-onze,
la revue américaine « Fanfare » chante les louanges d'un coffret importé du Japon,
où, sur quatre compacts, sont gravées les Six Symphonies d’Ikuma Dan. Qui
est Dan ? Est-il vivant ? Le critique américain répond tant bien que mal à
ces questions, en effet, le livret inclus dans le coffret est écrit en japonais,
sans aucune traduction ! Pourtant son enthousiasme est extraordinaire, il
écrit : « Les Symphonies d’Ikuma
Dan sont ce que j'ai entendu de plus intéressant cette année. Elles sont les
héritières directes de Mahler. Elles appartiennent à ce courant incroyable
que l'on pense toujours en difficulté, ou pire en voie de disparition, et
qui resurgit toujours avec son mélange sulfureux et inouï de néologismes anachroniques
chargés d'émotion, de localisations soniques assumées et de modernité classique.
Le tout, parfaitement agencé, géré et digéré. Monsieur Dan est un des grands
symphonistes de cette fin de vingtième siècle ». Je ne saurais mieux
dire. Après une année de recherche au Japon et aux États-Unis, j'ai pu enfin
obtenir ce coffret « London Japan »
(filière nippone de Decca) et écouter ces symphonies. D'emblée, elles m'ont
séduit. Ikuma Dan est un orchestrateur remarquable. La facture reste postromantique,
un peu comme chez Tubin et elle ne pratique jamais la référence démonstrative
ou le collage pur et dur comme chez Schnittke. Si Bruckner et Mahler sont
présents, ils ne le sont jamais comme des références sacrées ou des ascendances
anachroniques, mais bien comme le témoignage bouleversant et la preuve pathétique
que, si le genre symphonique sait et peut encore aujourd'hui authentiquement
rendre compte en toute liberté formelle d'un univers, intérieur et cosmique
à la fois, c'est à ces deux prodigieux musiciens qu'il le doit. Le style est
très personnel, présent et entier dès
L'œuvre de Dan est splendide, il faut un peu de temps
pour y pénétrer, mais beaucoup pour en sortir…
Au début de l'été 1987, la
« Sonate pour orgue et percussions »
de Bernard Faguet est achevée. Résultat d'une nouvelle et furieuse envie de
composer et de rencontres amicales avec de jeunes musiciens, l'œuvre est donnée
en concert en l’église de Pézenas. D'emblée, je l'ai aimée comme j'avais aimé
les œuvres présentées ici, comme cela sans réfléchir, avec cette sorte de
certitude mystérieuse qui rend très vite familier ce que l'on est en train
de découvrir. Bien sûr, toute émotion a une histoire et toute histoire est
déjà une culture, pourtant les dimensions sonores de la « Sonate », le choix des instruments, certaines réminiscences soniques
ou imaginaires et l'effort de perspective que demande l'audition, m'ont convaincu
qu'elle était une œuvre authentique, originale et, de surcroît, bouleversante
: celle d'un musicien maître de son style et de son langage, libéré de tout,
mais n'ayant rien oublié.
Je lui ai demandé pourquoi ce titre de « Sonate » : « Je l'ai intitulée « Sonate » après bien
des compromis, et sans parvenir à la conviction de la légitimité d'un tel
titre. J'ai voulu me souvenir du suonare de Gabrieli, et j'ai essayé par là
d'indiquer avec précision comment il fallait jouer l'œuvre : avec éclat, avec
énergie, et avec le souci constant de rendre manifeste la trajectoire de l'œuvre ».
Cette Sonate qui comporte quatre mouvements, est construite comme un opéra
terrible et prenant. Il s'agit à la fois d'une sorte de plainte linéaire comme
Cette œuvre, grandiose et crépusculaire, est une plainte
dévorée par sa propre vitalité et dévorante par son ambition à être superbement
désespérée, sans objet convenu ni code. Elle refuse avec éclat et fracas la
fatalité scélérate de toutes les impostures du monde, mais demeure pudique
dans sa fantastique jouissance à vivre de son « efficacité » sonique.
Allais-je terminer sans dire
toute mon admiration et toute ma tendresse pour une œuvre qui date de 1925,
le « Concerto Sacro I et II »
de Werner Josten ? Ce concerto pour cordes et piano est d'une beauté désuète
et d'un lyrisme éperdu. La facture se veut néoclassique. Les thèmes sont baroques
mais traités de façon romantique, leur beauté est inouïe. C'est l'époque,
Hindemith, Bloch et Stravinsky composent ainsi, la beauté des thèmes en moins.
Ce « Concerto Sacro »
est inspiré, tout comme l'opéra d'Hindemith « Mathis der Maler » par le prodigieux triptyque « Isenheim Altar » de Mathias Grünewald.
En trois mouvements, « l'Annonciation », « le Miracle »,
« Mort et Résurrection »,
il suit la vie du Christ. « L'Annonciation »
est quasiment irréelle, les cordes semblent descendre du ciel et planer au-dessus
d'un piano qui joue à lui seul la ligne basse. Ce mouvement est irrésistible.
Le « Miracle » est agité
de quelques convulsions des cordes que le piano parvient à calmer, le lyrisme
de l'œuvre reprenant ses droits. Pourtant le drame est là, les cordes s'agitent
à nouveau pour introduire un sombre adagio de type baroque à l'ineffable mélancolie.
Le piano martèle ad libitum cette lamentation incroyable, la transformant
en marche funèbre poignante...
En 1933, Léopold Stokowski donne ses lettres de noblesse
à cette œuvre atypique, pleine à craquer de nostalgie et d'une beauté stupéfiante.
Stokowski dirige cette musique comme personne au monde ne saurait ou n'oserait
le faire, les cordes ! Des myriades d'étoiles pailletées dans un ciel bleu
foncé…
Cette ba(l)lade n'est pas terminée. Un jour peut-être,
d'autres inconnues se présenteront-elles dans toute leur splendeur mystérieuse,
touchant notre cœur et séduisant notre mémoire. Les trouverai-je encore belles
et attirantes ces nouvelles étrangères, oubliées, humiliées perdues et éperdues
dans leur dignité glacée ? Oui, je crois. Je pense qu'il en sera toujours
ainsi... Je les sais essentielles ces égarées au destin de femme qui s'insinuent
au plus profond de nos doutes et de notre solitude. Elles ramènent à portée
de regard l'indicible d'un temps, d'un homme et interpellent, du fond des
nuits blêmes ou sous des cieux d'encre, la nostalgie...
Discographie.
Elgar Sir Edward : « The Music Makers ».
Sir
Adrian Boult dirige les Chœurs et l’Orchestre Symphonique de Londres. Couplé
avec le « Rêve de Gérontius ».
2 cd EMI. ADD. Excellente prise de son.
Sir Adrian dans ses œuvres ! Impressionnant ! Un très
grand chef, méconnu dans notre pays, donne ici une magistrale leçon de direction
d’orchestre. Faut-il être britannique pour défendre ainsi son patrimoine culturel
? À tous égards, une fantastique preuve d’humilité et d’engagement esthétique
!
Ropartz Guy : Troisième Symphonie.
Michel Plasson dirige les Chœurs et l’Orchestre du Capitole de Toulouse.
1 cd EMI. DDD. Excellente prise de son.
Grand
défenseur de la musique française, Michel Plasson donne toute sa puissance
sonique à cette immense symphonie.
Busoni Ferruccio : « Nocturne Symphonique ».
Pierre Bartholomée dirige l’Orchestre Philharmonique de Liège. 1 cd Ricercar.
DDD. Bonne prise de son.
« Du Crépuscule
à l’Aurore » : « Hymne
à Vénus » de Magnard. « Tapiola » de Sibelius. « Macbeth » de Sylvain Dupuis. Excellente direction
de Bartholomée dans des œuvres rares et superbes.
Respighi Ottorino : « Sinfonia Drammatica ».
Sir Edward Downes dirige l’Orchestre Philharmonique de
Daniel Nazareth dirige l’Orchestre Philharmonique Slovaque.
1
cd Marco Polo. DDD. Bonne prise de son. Magnifique interprétation par un chef
totalement convaincu et engagé et un orchestre chauffé à blanc.
Barber Samuel : « Premier
Essai pour Orchestre ».
Léonard Slatkin dirige l’Orchestre Symphonique de Saint-Louis. 1 cd EMI.
DDD. Bonne prise de son. Un peu lointaine cependant. Avec les deux autres
« Essais pour Orchestre »,
l’Adagio, l’ouverture « The School
for Scandal » et la « Danse »
de la « Vengeance de Médée ».
Léonard Slatkin et son orchestre de Saint-Louis défendent la musique de leur
pays avec une conviction et un talent fantastiques. Slatkin est devenu un
très grand chef d’orchestre. Il est le digne successeur de « Lenny ».
Yoël
Levi dirige l’Orchestre Symphonique d’Atlanta.
Avec le « Second Essai pour
Orchestre », l’Adagio, « Knoxville »*
: « Summer1915 », l’Ouverture
« The School of Scandal »,
la « Danse » de la « Vengeance de Médée ». *Sylvia Mc Nair (soprano). 1 cd Telarc.
DDD. Prise de son Telarc. C’est tout dire ! Les ingénieurs de ce petit label
sont des passionnés du son, et cela s’entend ! Jamais un orchestre enregistré
n’a été aussi rutilant ! Les cordes ! Leur son est « pailleté ». Les cuivres sont coruscants
comme nulle part ailleurs ! On peut même entendre le timbre « peluché » des timbales, comme au concert
lorsque l’on est aux meilleures places ! Un compact de référence qui est une
remarquable introduction à l’œuvre de Samuel Barber. L’orchestre et son chef
sont en tout point exemplaires.
David
Zinman dirige l’Orchestre Symphonique de Baltimore.
Avec
Harris Roy : Sixième Symphonie « Gettysburg ».
Keith Clark dirige l’Orchestre Symphonique du Pacifique.
1 cd Varese/Sarabande. DDD. Belle prise de son. Fine et aérée. Avec les » Chants
sur des poèmes d’Émilie Dickinson » de
Copland. Un jeune chef et un non moins jeune orchestre
défendent avec talent et conviction un répertoire qui est le leur. Encore
faut-il savoir chanter dans son arbre généalogique ! Ceux-là savent...
Gorecki : Troisième Symphonie « Les Chants de Deuil ».
Wlodzimierz Kamirski dirige l’Orchestre Radio Symphonique
de Berlin. Stefania Woytowicz, soprano. 1 cd Koch/Schwann. ADD. Bonne prise de son. Avec
les « Trois Pièces pour Orchestre
dans l’Ancien Style » dirigées
par Karol Teutsch à la tête de l’Orchestre de Chambre de Varsovie. Très belle
interprétation de la symphonie, sincère, tendue et profondément angoissée
: la soprano ! Zinman, pourtant, va faire autrement : en libérant l’œuvre
de certains idiomes, il la délocalise totalement et lui donne ainsi une portée
universelle. Il en fait aussi un classique du répertoire symphonique. En bref,
il l’interprète.
David Zinman dirige le London Sinfonietta. Dawn
Upshaw, soprano. 1 cd Elektra/Nonesuch. DDD. Excellente prise de son.
Werner Stiefel dirige l’Orchestre Symphonique de
Baden-Baden. Teresa Erbe, soprano. 1 cd Sony. DDD. Belle prise de son. Interprétation
lente et recueillie. C’est impressionnant ! C’est germanique. Cette symphonie
est vraiment gâtée, toutes les interprétations sont excellentes.
Pärt Arvo : « Cantus
à la mémoire de Benjamin Britten ».
Neeme Järvi dirige l’Orchestre Royal d’Écosse. 1 cd
Chandos. DDD. Fabuleuse prise de son. Avec
Neeme
Järvi dirige l’Orchestre Philharmonique de Bergen. Truls Morks* (violoncelle).
1 cd Bis. DDD. Bonne prise de son. Avec les œuvres de Britten suivantes :
Par manque d’éléments comparaison, il est toujours
difficile de savoir si une œuvre nouvelle est bien interprétée. Toutefois
la présence du compositeur au pupitre de la vingt-deuxième Symphonie, atteste
de la fidélité à la partition et à son esprit. De plus Schwarz est toujours
remarquable dans le répertoire américain. Alors... J’oubliais la prise de
son qui à elle seule justifie l’écoute de ce compact.
Alwyn William : Second Concerto pour piano et orchestre.
Richard Hickox dirige L’Orchestre Symphonique de Londres. Piano : Howard Shelley. Accompagné de
Arnold
Sir Malcolm : « Fantaisie sur un
thème de John Field » pour piano et orchestre.
Vernon Handley dirige le Royal Philharmonic Orchestra.
John Lill, piano. Avec
Grand spécialiste de la musique britannique, Handley
enregistre les symphonies de Sir Malcolm Arnold (et aussi celles de Simpson)
démontrant ainsi que ce dernier a composé autre chose que de la musique de
film (« Le Pont de
Adams John : « Harmonielehre ».
Edo de Waart
dirige l’Orchestre Symphonique de San Francisco. 1 cd Elektra/Nonesuch. DDD.
Très bonne prise de son. De Waart est « le » spécialiste de la musique de John Adams. Lorsqu’il était
le chef d’orchestre de l’Orchestre Symphonique de San Francisco, il a défendu
cette musique avec beaucoup de succès. L’interprétation de « Harmonielehre » est superbe. Simon
Rattle dans un compact consacré à John Adams, va tirer vers l’histoire cette
authentique symphonie, et en faire une œuvre grandiose.
Simon Rattle dirige le City of
Dan Ikuma : Sixième Symphonie : « Hiroshima ».
Ikuma
Dan dirige lui-même sa Sixième Symphonie à la tête de l’Orchestre Symphonique
de Vienne. Anna Pusar, soprano. Michiko Akao, nokan et shinobue : instruments
folkloriques nippons. Avec les cinq premières symphonies. Les deux premières
sont dirigées par Kazuo Yamada.
4 cd en coffret. DDD. Remarquable prise de son. Bien dans le style Decca :
immense et dynamique. N’ayant aucun point de comparaison, il est difficile
de juger l’interprétation, pourtant on devine aisément un engagement et une
ferveur incroyables. La présence du compositeur au pupitre est le gage certain
du respect absolu des intentions musicales. De plus, au Japon, Dan jouit
d’une flatteuse réputation de chef, on peut avancer sans gros risques que
l’orchestre est au sommet de son art. Les six symphonies sont remarquables,
prodigieusement prenantes, irrésistiblement émouvantes, et pour tout dire,
belles. Elles connaissent un beau succès aux U.S.A. Par contre, elles sont
totalement inconnues en Europe où le coffret London Japan est introuvable.
Faguet Bernard : « Sonate pour orgue et percussions ».
Michel Mazet (orgue). Solange Auriol, Vincent Deconchy et Marie-Sophie
Faguet (percussions). Direction : Bernard Faguet. Avec « Libération » pour orgue de Michel Mazet. 1 cd X.C.P. ADD. Bonne prise de son. L’enregistrementété réalisé
en la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier. La prise de son a été difficile
à cause du gigantisme de l’orgue, de l’immense réverbération et de la présence
des percussions. Peut-être aurait-il fallu la faire dans une perspective exclusivement
spectaculaire, dans un style « démonstration Hi-fi » pour rendre totalement justice à cette
monumentale sonate. Les interprètes font preuve, sous la direction du compositeur,
d’une docilité, d’un engagement et d’un enthousiasme prodigieux.
Werner
Josten : « Concerto
Sacro I et II »
Léopold Stokowski dirige l’American Symphony Orchestra.
Piano : David del Tredici. Avec : « Jungle », « Canzona
Seria » et
« Mister
Magic » dans ses œuvres ! « The
Stokowski Sound » dans toute sa splendeur et son efficacité ! Ces
cordes qui descendent du ciel... Un legato à mourir, une tendresse expressive
inouïe... L’adéquation est totale entre l’œuvre et son interprète. On ne dirige
plus ainsi...