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Au début, au tout début de l'histoire moderne de cette localité, il y avait quelques familles qui peuplaient l'emplacement actuel de la ville entourée d'une campagne verdoyante parsemée de forets de chênes notamment qui, hélas aujourd'hui, perdent du terrain, et traversée de plusieurs cours d'eau. Puis, peu à peu - une fois la région de Jijel prise par les armées françaises (1839) des colons (originaires du sud de la France: Gard, Lozere, Drome, Hérault, Ardèche) vinrent s'y installer et fondèrent le village avec un état-civil dont les premiers documents datent des années 1880 (à en croire les pièces des archives de la mairie de Taher). Une petite anecdote a ce sujet, selon ma grand-mère paternelle qui est native de Soukker a proximité de Tleta (lieu ou se trouve aujourd'hui l'aéroport de la région de Jijel), et qui cite sa grand-mère paternelle à elle, celle-ci était petite quand la nouvelle de l'arrivée des français se répandit telle une traînée de poudre dans tous les douars (probablement vers la fin des années 1840). Elle lui a raconté que le jour ou il avait entendu la sinistre nouvelle, ils s’apprêtaient à manger des fèves dont ils avaient préparé une pleine jatte. Ils n'ont pas eu, disait-elle, le temps de manger et laissèrent la jatte sur le toit de leur maison pour fuir en direction des montagnes (distantes d'une dizaine de kilomètres vers le sud). Là,ils passèrent plusieurs jours avant de se résigner a redescendre "chez-eux" après avoir reçu l'assurance qu'ils auraient la vie sauve, tant pis pour les terres (fertiles) qu'ils trouvèrent déjà entre les mains des envahisseurs. La jatte de fèves était toujours là ou ils l'avaient laissée. Cependant, beaucoup des familles qui se sont enfuies vers la montagne, assurait mon arrière-grand-mère à sa nièce, ont "préféré rester dans les montagnes". La suite tout le monde la connaît, la localité et sa population connurent le sort que le colonialisme devait réserver à toutes les autres régions et populations d'Algérie. Il est un fait a souligner cependant : En dépit de son caractère rural, la localité s’intéressa assez tôt a la politique et était gagnée aux thèses du PPA (Parti du peuple algérien) de Messali Hadj qui y comptait de très nombreux militants et sympathisants. L'UDMA (Union émocratique du manifeste algérien) de Ferhat Abbas, avait également une certaine audience notamment dans le village.




Le Taher des débuts
La Place Publique
On ne sait à quelle époque cette photo a été prise
mais tout semble indiquer que le cliché remonte aux années 1920-1930




Groupe de taheriens sur la place publique
Cliché difficile à dater


Taher - Avenue des Palmiers


Grand motel central Chambon
Aujourd'hui Café Daoud


L'Avenue des Palmiers
Remarquez la petite taille des palmiers qui venaient sûrement de se faire planter.


Taher - Rue Principale


La mosquée Sidi Yahia vue du jardin de l'Administrateur 


1- La poste et la recette des impôts, 2- Le centre du village
3- La Place Publique, 4- La mosquée Sidi Yahia


 

Encore l'Avenue des Palmiers



Inauguration de la "Justice de paix" (tribunal) en 1932



Inauguration de la "Justice de paix": Le tribunal de l'intérieur
________________

"Sur cette photo on reconnait: Devant à droite, le Caïd Madjid Bousdira; 3eme à gauche avec un noeud papillon M.Ben Amar, infirmier, 2eme rang, au centre, M.Luigi, administrateur, à sa droite M.Suburbiel (barbu); complètement à gauche, assis cheveux en brosse le grand-père Caumeil. Debout, au dernier rang, 3eme à partir de la droite M.Félix Droit, à sa droite le Caïd Bousdira père". 




 

1932, Repas à l'occasion de l'inauguration du tribunal 
dans la salle du restaurant "Chambon-Carreda"
(qui deviendra le café de Daoud) 




La mosquée Sidi Yahia en 1949


Aujourd'hui Taher compte plusieurs institutions du même genre:
à savoir une à Boucherka, une autre à Tassift, une autre encore
en construction à Boulachaour (Béni Siar), une autre à La Gare sans compter celles
des villages avoisinants. Preuve s'il en faut de la croissance
démographique et de l'augmentation du nombre de fidèles dans les mosquées.


 

Après le déclenchement de la guerre de libération, les populations locales déjà épuisées par tant d'injustices et par la misère noire dans laquelle elles étaient plongées, connurent toutes sortes d'exactions. Le "2eme bureau" de triste mémoire (situé à la sortie sud du village de l’époque non loin du stade) pratiquait la torture a plein régime. Des restes humains ont d'ailleurs été découverts vers la fin des années 70 ou le début des années 80 dans ce même stade ou évolue le club local, le FCT (Football Club de Taher).




Le centre du village



Le jour où ce cliché a été pris était certainement un lundi jour de marché hebdomadaire à Taher. Les gens affluent de trés bonne heure des campagnes avoisinantes vers le Souk, qui pour vendre une vache ou une poule, qui pour acheter  des semences ou encore s'approvisionner en produits de toutes sortes pour les siens mais aussi ses voisins dans le douar notamment s'il a un "moyen de transport" (une mule, un ane ou une bicyclette). Toutes ses affaires réglées, "El-Messouaka" (les gens qui se rendent au marché) s'installent  dans les cafés maures pour échanger les nouvelles de la semaine, évoquer leurs craintes et espoirs liés au travail de la terre ... avant de retourner chez-eux ou aux travaux des champs en milieu  de matinée ou à la mi-journée.

Le lundi suivant on recommence et on refait la même chose ...




Cinéma "Rex" qui deviendra "Dounyazed à l'indépendance



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Aujourd'hui la salle est fermée faute de repreneur.

Le toit s'est  effondré un soir vers 23H00

juste après la sortie des spectateurs.




Avenue des Palmiers (rue principale)


Aujourd'hui, ces palmiers montent si haut
dans le ciel de Taher



La lutte pour la libération


Après le déclenchement de la guerre de libération, les populations locales déja épuisées par tant d'injustices et par la misère noire dans laquelle elles étaient plongées, connurent toutes sortes d'exactions. Le "2eme bureau" de triste mémoire (situé à la sortie sud du village de l’époque non loin du stade) pratiquait la torture a plein régime. Des restes humains ont d'ailleurs été découverts vers la fin des années 70 ou le début des années 80 dans ce même stade ou évolue e club local, le FCT (Football Club de Taher).






Titre de l'image - date


Si Ahmed Bourbia et des taheriens en liesse
Je ne sais à quelle occasion cette photo a été prise,
mais il est certain que c'était vers la fin de la Guerre d'Algerie
(Vraisemblablement en 1961)



 

Figure de la lutte armée

Dakhli Mokhtar

"El-Baraka"

Dakhli Mokhtar dit "EL-BARAKA", est né le 02/12/1929 à Chekfa (7 kilomètres à l’est de Taher). Militant du PPA (1945 - 1954), responsable de zone à 28 ans, il a livré à l'ennemi de nombreuses batailles qui firent de lui, et font toujours, un héros dont le souvenir demeure vivace dans les esprits de ceux qui ont vécu cette époque.  Il est tombé au champ d'honneur au cours de la célèbre bataille de Dar Saddam le 19 septembre 1957.