Vie et oeuvre
Né le 24 octobre 1899 au douar Chahna (10 km au sud est de Taher ) au sein d'une famille paysanne et nombreuse de 12 enfants, celle des Bendaoui, originaire de Oued Seguene (Mila). Son père, Said Ahmed ben Abbas, a été successivement ouvrier de ferme, commerçant de bétail puis caïd du petit village de Strasbourg (Actuellement Emir Abdelkader a 7 km a l'ouest de Taher), avant d'administrer le douar de Chahna de 1889 jusqu'à sa retraite en 1928. Le jeune Ferhat fit ses études primaires a Jijel et secondaires à Skikda dans une classe de surdoués. Apres la faculté d'Alger, il choisit la pharmacie et l'on crut qu'il serait écrivain, selon la qualité de ses textes publies sous le pseudonyme de Kamel Abencerages; Kamel par admiration pour le dirigeant turc Mustapha Kamel Attaturc et Abencerages, pour la dernière dynastie andalouse demeurée en Espagne face à la Reconquista, mais aussitôt installe à Sétif, la politique le choisit.
Voici les principales étapes de sa vie
1924: Il fonde l'Association des étudiants musulmans
d'Afrique du Nord, dont il est président de 1927 à 1931.
1937: Il est élu conseiller municipal de Sétif.
1938: Il dénonce le Code de l'Indigénat et Crée l'éphémère
Union populaire algérienne.
1942: Il s'allie aux oulémas et au PPA pour défendre l'idée d'un parlement algérien et d'un Etat autonome associé à la France.
En décembre de la même année, il rédige le Manifeste du peuple algérien considéré comme une «véritable charte de tous les autonomistes et indépendantistes» de l'époque, donne naissance
aux AML (Amis du Manifeste et des Libertés).
Rédacteur en chef de l'hebdomadaire Egalité (sera interdit en 145) et président du Comité provisoire de l'Algérie musulmane, il se rapproche de l'autre leader nationaliste, Messali Hadj, et du Parti communiste algérien (PCA).
1945: Après les massacres du mois de mai, date à laquelle les AML - bref moment d'unité du mouvement nationaliste – furent dissous, il est condamné à un an d'emprisonnement.
1946 (mai): Il fonde son propre parti, l'UDMA (Union Démocratique du Manifeste Algérien) et rompt ses relations avec Messali.
"L'Egalité", interdit, ressort sous le titre La République algérienne.
1946: Il est élu à la seconde Assemblée constituante.
1948: Il est élu à l'Assemblée algérienne.
Ferhat Abbas semble bloque à la fois par son parti et ses pratiques de "notable", si bien qu'il se sent dépassé par l'insurrection du 1er novembre 1954.
1955: Rencontrant Jacques Soustelle, il lui dit: "Nous sommes tous des Fellaghas. Ceux qui sont courageux ont pris les armes, ceux qui le sont moins sont en face de vous".
1955 (26 mai à 21h00): Abane et Ouamrane s'introduisent chez lui et lui parlent de leur organisation, des progrès, des insuffisances et de leur expérience. Il rallie le FLN dés l'automne de cette année.
1956 (22 avril): Il gagne le Caire, puis la Suisse, le Maroc avant de se fixer à Tunis.
Membre titulaire du CNRA (Conseil national de la révolution algérienne) des le 20 août.
1957: Il entre au CCE (Comité de coordination et d'exécution).
1958: Il est président du GPRA (Gouvernement provisoire de la république algérienne) jusqu'au mois d'août 1961. C'est sous son gouvernement qu'est entamée la première phase des négociations (Evian I, du 20 mai au 13 juin 1961 puis Lugrin en juillet 1961).
1962: Il s'allie en 1962 a Ben Bella et sera le premier président de l'assemblée Constituante algérienne.
1963: Pour protester contre les conditions qui ont présidé à l'adoption de la Constitution, il démissionne de son poste au mois d'août.
Mis en résidence surveillée, il est libéré en 1965 et se retire de la vie politique et ne sort de sa réserve qu'en 1976 en cosignant un texte -avec Benkhedda, Lahouel et Kheireddine – contre Boumediene au moment du débat sur la Charte.nationale. Il est de nouveau mis en résidence surveillée de 1976 à 1979. Décoré le 30 octobre 1984 de la médaille du résistant dans sa villa du quartier de Kouba, a Alger.
1985 (24 décembre): Mort de Ferhat Abbas. Il est enterré à El-Alia à Alger.
Principales publications ----------------------------------------------
«Le jeune algérien. De la colonie à la province», La jeune Parque, Paris, 1931.
«Manifeste du peuple algérien», Ed. Libération, Alger 1943.
«La nuit coloniale», Julliard, paris 1962.
«Autopsie d'une guerre», Garnier, Paris 1980.
«L"indépendance confisquée», Flammarion, Paris 1984.
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Cette biographie de F.Abbas est tirée de:
«La classe politique algérienne, de 1900 a nos jours»
de Achour Cheurfi, Casbah éditions, Alger, 2001