Adulé par certains qui le trouvent formidable, critiqué
par d'autres qui l'accusent de déshumaniser la radio, le Packet Radio n'en reste
pas moins un formidable mode de trafic offrant de multiples possibilités. C'est
un peu le minitel des Radioamateurs.
Nous traiterons de deux sujets complémentaire dans cette page, une consacrée
au Packet par lui meme et l'autre, concernat le Pactor, combinaison de certaines
caractéristiques du Packet et de l'AMTOR.
Origine du Packet Radio
Le Packet Radio est apparu au Canada vers la fin des
années 1970, puis est arrivé presque aussitôt en France grâce à une
poignée d'OM qui ont eu l'idée de mettre en place des liaisons. La technique
du Packet se base sur le principe d'échange des données employé par tout ordinateur.
C'est la même chose que lorsque deux ordinateurs communiquent entre eux
par le réseau téléphonique, simplement, dans le Packet , c'est de l'alternat,
les machines passent en émission l'une après l'autre. La porteuse HF est modulée
avec deux tons, du 1200 et du 2200Hz, ce qui représente le statut binaire 1
ou 0. La vitesse de transmission en VHF FM est de 1200 Bauds mais les Radioamateurs
cherchent constamment à augmenter cette vitesse de débit.
Dans certains endroits, des liaisons sont réalisées en 2400 ou 9600 Bauds et
en full duplex, l'émission et la réception ayant lieu sur des fréquences différentes
en simultané.
La fiabilité de la transmission des données est obtenue grâce à accusés
de réception qui sont envoyés à la fin de chaque paquet transmis. Comme son
nom l'indique, le Packet envoie les données sous la forme de paquets. Si la
station réceptrice accuse une réception correcte du paquet, le suivant est envoyé,
sinon, le paquet est réémis jusqu'à sa parfaite compréhension.
Les différents modes
Le Packet se pratique dans deux principaux modes et
suivant deux utilisations bien distinctes.
En HF, BLU, à 300 Bds, c'est un type de trafic qui s'apparente bien plus à la
philosophie du trafic en décametrique. Il sert surtout à établir diverses liaisons
lointaines pour tester les performances de la station ou de l'OM. La HF est
également utilisée pour envoyer un message à un correspondantéloigné.Bien entendu,
à cette vitesse et compte tenu des aléas de la propagation, il n'est pas question
d'envisager un trafic important.
L'autre mode, le plus fréquement utilisé, est le Packet en VHF, FM, à 1200Bds.
Bien entendu, la distance entre les correspondants va nettement se réduire,
mais on peut quand même, grâce aux relais, établir un QSO entre un
OM de Paris et un OM de Toulouse.
La structure Française
Un peu partout sur le territoire, les Radioamateurs
cherchent des points hauts qui vont leur permettre d'y placer des relais.Il
y a les relais téléphonique, télévision amateur et Packet Radio.
L'idéal est de trouver un point haut, bien dégagé et alimenté en électricité.En
Packet, un relais est appelé un nodal. Il est assez facile à réaliser car
en fait, il suffit d'un émetteur et d'un peu de logique capable de recevoir,
d'identifier et de retransmettre les données.
Un simple controleur utilisé par un OM depuis chez lui peut devenir un "sautoir"
utilisable par un OM moins bien placé. De ce fait, on peut même emprunter
une chaine de plusieurs nodes pour aller d'un point à un autre.
Deux systèmes principaux sont implantés en France : Rose-Fpac et Thenet-Flexnet.
Ce sont des nodes "intelligents" puisqu"ils sont capables d'orienter les trames
en fonction de leur destination. Généralement ces nodes utilisent plusieurs
voies radio pour répartir les liaisons dans toutes les directions.
Les serveurs
Outre le contact de clavier à clavier, qui, il
faut bien le reconnaitre, tend à se raréfier, les Radioamateurs ont la posssibilité
de se connecter à des serveurs nommés BBS ( Bulletin Board System ). Ce
sont en fait des ordinateurs qui communiquent entre eux afin d'acheminer
différents messages. Les messages peuvent être d'ordre privé, lorsqu'il
s'agit d'un OM qui envoie un message à un autre OM dont il connait la BBS
de rattachement, son Email en quelque sorte. Ils peuvent aussi etre déstinés
à toute la communauté et sont dans ce cas, appelés bulletins.
Il s'agit d'informations diverses sur la technique, l'informatique ou le
trafic, mais également des demandes d'information. Les messages privés envoyés
de BBS en BBS jusqu'à leur destinataire et ne peuvent être lus que
par lui.Les bulletins sont dispersés sur toutes les BBS du monde entier
si l'expéditeur le souhaite. D'un continent à l'autre, les BBS utilisent
les satellites pour s'échanger des messages.
Les clusters
Le message déposé sur une BBS c'est bien, mais
le réseau étant expérimental et amateur, et malgré tout le mal que se donne
les sysops, il y a, de temps en temps des problèmes. De plus le trafic est
important et les messages de tout ordre sont mélangés. Des OM mordus de
DX ont cherché la solution pour pouvoir s'échanger des informations en temps
réel d'un point à l'autre de la France. C'est comme ça que sont nés les
clusters. Ce sont également des ordinateurs, souvent reliés à des lecteurs
de CRDOM disposant du dernier Call Book ou d'une base de donnés de QSL managers.
Les clusters sont dédiés aux infos DX, ils communiquent entre eux par des
relais, mais n'ont que de petites quantités d'informations à s'échanger
par rapport aux BBS.
L'information circule donc très vite, et on peut signaler un DX rare que
l'on vient de faire ou d'entendre. De plus, le gros avantage de ce système,
c'est que l'on n'a pas besoin d'etre connecté pour avoir les infos. C'est
un grand interet pour les SWL.
Comment faire ?
Lorsqu'on est SWL, il suffit d'avoir un équipement
Packet ( TNC2 ou PK232 ) pour les plus connues, mais pas forcemment les plus
complétes, un minitel ou un ordinateur ainsi qu'un logiciel adapté ( Baycom
). Dans les paramètres, on demande à ne recevoir que les trames provenant du
cluster et il suffit de jeter de temps en temps un oeil sur l'écran pour lire
les infos.
Pour que ça fonctionne, il faut qu'au moins un OM soit connecté. Vous aurez
vite fait de repérer les indicatifs des habitués du cluster et si un jour personne
ne se connecte, vous pourrez toujours leur passer un petit coup de fil pour
lui demander de se connecter. De toutes façons lors des contest les clusters
sont généralement bien occupés.
Les SWL pourront donc s'y calquer. D'autre part, cela peut vous permettre de
connaitre l'état de la propagation. Ecouter le trafic des BBS peut vous permettre
de glaner aux passages quelques informations. Cette capture sera quand même
plus facile avec un ordinateur. Si vous possedez un TNC, un simple logiciel
de communication muni d'une sauvegarde du trafic sera necessaire.