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du Ier siècle av. J.C. à 1741
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Nerluc et l'Epoque Gallo-Romaine
Avant la domination romaine, la tribu des Salyens peuplait les bois et les marécages
qui s'étendaient sur toute la contrée. Tarascon fut appelée Nerluc par
certains chroniqueurs (de " niger lucus " bois noir). Son véritable nom,
Tarascon, est cité par les auteurs anciens : Strabon, Pline, Ptolémée. Strabon
écrivait : " De Nîmes aux Eaux chaudes de Sextius (Aix) on compte 53 milles en
passant par Ugernum (Beaucaire) et Tarusco ". D'après le même auteur (14 ans avant
notre ère), " la route qui venait de Narbonne à Nîmes, et franchissait le Rhône
entre Ugernum et Tarusco bifurquait ici. D'un côté, on atteignait l'Italie par Aquae
Sextiae et Antipolis; de l'autre, par Cabellio (Cavaillon), la Durance et les Alpes
".
Tarascon paraît avoir été originairement un comptoir fondé par les Marseillais
postérieurement au passage d'Annibal. Après la prise de l'antique cité phocéenne par
Jules César, Tarascon fut comprise dans la nouvelle province romaine, étant à la fois
une position stratégique et un entrepôt commercial pour la navigation sur le Rhône. La
voie saunière longeait la chaîne des Alpines passant par Glanum (Saint-Rémy),
Saint-Etienne-du-Grès, Saint-Gabriel (Ernaginum), et aboutissait à Arles. Le
"chemin romain " existe encore à Saint-Etienne-du-Grès, passant au pied de la
colline Notre-Dame du Château; parallèlement à ce chemin on voit encore de loin en loin
des vestiges de l'ancien aqueduc qui conduisait l'eau depuis Romanil jusqu'à Arles, pour
l'alimentation de cette cité et les jeux nautiques qui s'y déroulaient. De nombreux
débris antiques plus ou moins importants y ont été retrouvés, de même qu'au quartier
Saint-Victor (au Pas-de-Bouquet) et à Saint-Gabriel : mosaïques, poteries, statuettes,
trémies, urnes, monnaies, etc...
Saint-Gabriel (Ernaginum) était une station romaine d'une assez grande importance, sur la
grande voie aurélienne, entre Arles et Saint-Rémy; un cours d'eau, au pied d'Ernaginum
était le confluent de deux bras de la Durance, l'un venant de Châteaurenard, Maillane et
Laurade, l'autre venant d'Orgon et Saint-Rémy. De là, ce cours d'eau se dirigeait vers
Arles, d'où les étangs Désuviates le faisaient communiquer avec le canal de Marius et
la mer, près de Fos. Le passage de la Durance à Laurade et Saint-Gabriel figure sur des
actes officiels (" Enquête sur les limites de Tarascon du côté de Montpahon "
- Arch. de Tarascon). Un échange du ler mars 969 (Gallia Christiana nov.)
mentionne un champ situé " inter Sagnonem (quartier du nord de Lansac) et Aurignana
(au sud de Laurade), et confrontant " de uno fronte, flumen Durentie ". Un
diplôme daté de 854 signale " les moulins sur la Durance à Laurade ". En.982,
Warnerius, évêque d'Avignon, donne aux moines de Saint-André-d'Andaon des églises
situées " ultra fluvium Durantiae "... " ad radicem montis Gauserii
", - pic des Alpines placé au-dessus des Antiques et dominant le bras de la Durance
de Saint-Gabriel (Bibl. Avignon, manuscrit 2599).
Vers l'an 74 avant Jésus-Christ, Tarascon prit une certaine extension en tant que
comptoir commercial sur le Rhône. Un temple et une citadelle y furent construits.
Ier siècle - Sainte-Marthe - Evangélisation de la Provence
C'est depuis l'année 48 de notre ère que la religion du Christ fut enseignée dans notre pays par Sainte-Marthe, hôtesse de Jésus à Béthanie, venue en Provence avec son frère Lazare, sa sur Marie Madeleine et les autres saints de Provence. Saint Jean affirme qu'elle fut témoin de la résurrection de son frère. Bien qu'elle offrit l'hospitalité à Jésus, on lui reprocha d'avoir été trop préoccupée par l'aspect matériel de son service.

Scène de l'embarquement, au lendemain de la mort du Christ, Marthe,
Marie-Madeleine, Lazare, Maximin, Marcelle, Marie-Jacobée, Marie-Salomé sont jetées
dans une barque sans voiles, sans gouvernail, voués à la merci des flots, donc exposés
à une mort certaine.
Ce trait de la vie de Sainte-Marthe a permis à Joseph-Marie Vien, premier peintre de
Louis XVI, d'exécuter l'une de ses plus belles uvres (1751)
Eglise Sainte-Marthe, Tarascon.
La tradition nous apprend son débarquement au village devenu Notre-Dame-de-la-Mer puis
les Sainte-Maries-de-la-Mer. C'est à l'époque de ses prédications à Tarascon que
remonte la tradition de la Tarasque, monstre qu'elle vainquit miraculeusement. Le peuple
demanda à Marthe de le délivrer de la bête. La sainte aurait alors dompté
miraculeusement le dragon par un simple signe de croix. Une autre version de la légende
rapporte que c'est en l'aspergeant d'eau bénite qu'elle le maîtrisa. Mais on s'entend
pour dire qu'après la sainte intervention, le monstre devint doux comme un agneau. Marthe
l'attacha avec sa ceinture et, docile comme un chien en laisse, la Tarasque fut livrée au
peuple qui la fit périr à coups de lames et de pierres.
La fondation de la première église chrétienne remonterait vers l'an 50, consacrée par
les évêques Trophime d'Arles, Maximin d'Aix, et Eutrope d'Orange. Sainte-Marthe mourut
à Tarascon vers l'an 68.
Depuis lors, de nombreux pèlerins visitent la collégiale Sainte- Marthe, érigée à sa
mémoire près du château du roi René .
Saints protecteurs des voyageurs: le Christ, sainte Marthe tenant la tarasque, et saint Julien l'Hospitalier. (BNF, LAT 18014) fol. 181v |
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« Vie de Sainte-Marthe » - Anonyme XIVème siècle
"Il y avait dans ce temps-là, au-dessus du Rhône, entre Arles et Avignon, un drac, mi-poisson mi-bête, plus gros qu'un uf et plus long qu'un cheval, qui avait des dents tranchantes comme une épée; et il se tenait dans l'eau, quand il le voulait et dans le bois quand il le désirait et tuait tous ceux qui passaient par le chemin, près du bois. Quant à ceux qui passaient sur l'eau, il faisait chavirer leurs barques et les tuait aussi. Le drac était venu par la mer, de Galatie, et il avait été engendré en Asie par Léviathan, qui est un serpent d'eau très féroce et très cruel et par Bonac, bête qui naît dans le pays de Galatie, et a une nature telle que sur ceux qui veulent la poursuivre, et sur une étendue d'un arpent, elle jette sa fiente comme un trait, si bien que tout ce qu'elle touche brûle comme du feu. C'est vers cette bête qu'alla sainte Marthe. Elle la trouva dans le bois en train de manger un homme; elle jeta alors sur le drac de l'eau bénite tout en faisant sur lui le signe de croix. Aussitôt la bête fut soumise comme une brebis et Marthe l'attacha de sa ceinture; et, sans attendre le peuple la tua à coups de lances et de pierres. Ce drac était appelé la Tarasque, et c'est pour cette raison que le lieu est dit Tarascon. Il était autrefois appelé Narluc, ce qui veut dire «lieu noir » parce qu'il y avait là de grands bois sombres. Après quoi sainte Marthe demeura là, avec la permission de saint Maximin, son maître et elle restait en oraison. Elle créa en ce lieu un couvent de femmes, en honneur de sainte Marie-Madeleine, et elle y mena une vie très rude, ne vivant que de pain et d'eau, une fois par jour, et s'agenouillant cent fois le jour et la nuit pour prier Dieu."
Vème
siècle - Les Grandes Invasions - Clovis
Au moment des grandes invasions, à la chute de
l'empire rornain, les Vandales, les Burgondes, les Wisigoths se disputent la Provence; en
480, ces derniers détruisent Ernaginum dont les habitants se replient à Lansac et
Tarascon. En l'an 500, ayant poursuivi les Burgondes dans Avignon qu'il assiège, Clovis,
malade, vient demander sa guérison au tombeau de Sainte-Marthe, vénéré dans la
région. L'ayant obtenue, et en témoignage de sa reconnaissance, il fait don à l'église
de Sainte-Marthe d'un espace de terre " d'environ trois milles autour de Tarascon,
tant d'un côté que de l'autre du Rhône, et décide qu'à l'avenir l'église et la ville
ne seront soumises à aucune puissance laïque ". Ce régime municipal se conserve
longtemps, les Comtes de Provence n'exerceront jamais que la haute juridiction et Tarascon
se gouvernera par ses propres lois et consuls, fixant elle-même ses impôts, le mode de
les percevoir, les établissements à créer. Privilèges et d'autres encore qui seront
confirmés par les Rois, notamment Louis XI et Louis XIII (Archives de Tarascon, livre
Rouge), et lettres patentes de Louis XII du 5 juillet 1506 et celles de Henri II de
novembre 1553.
XIèmesiècle
Au Xle siècle, Tarascon devient un centre de
navigation sur le Rhône et un point important de passage du fleuve.
Le
17 des Calendes d'octobre 1096 - Les Eglises Sainte-Marthe
Le pape Urbain II donne à Avignon une bulle sur
laquelle il ratifie l'union déjà faite par Arbert, évêque de cette ville, au chapitre
de Notre-Dame des Doms, des églises Sainte-Marthe de Tarascon (il s'agit là de l'église
souterraine et de l'église supérieure; d'où l'appellation " les églises
Sainte-Marthe "). Ainsi dès avant 1096 Tarascon faisait partie du diocèse
d'Avignon. Et c'est au clergé de cette dernière ville qu'est confié le service des
églises Sainte-Marthe.
1146
- Comte de Provence
En 1146, le vieux comte de Barcelone, Raymond
Béranger, prince d'Aragon, tient dans l'île de Jarnègues un plaid où les gentilshommes
de la Provence, au nombre d'environ quatre-vingt prêtent serment de fidélité au jeune
comte de Provence, Raymond Béranger II, alors âgé de sept ans, son neveu. En 1161,
Gantelmi Raymond, de Tarascon, est donné pour conseiller à Raymond Béranger II.
1176
- Traité de Paix
Disputes sanglantes entre Raymond Béranger V,
comte de Toulouse, et Alphonse 1er, comte de Barcelone, Roi d'Aragon. Dans une
conférence tenue à Tarascon, dans l'île de Gernica, ils signent un traité de paix, aux
termes duquel la Provence passe dans les mains des Comtes de Barcelone.
Invasions
Mérovingiennes et Sarrasines
Sous les Mérovingiens, les Sarrazins, traversant
l'Espagne, avaient plusieurs fois envahi la Provence, incendiant les églises après les
avoir pillées, brûlant les objets du culte; égorgeant les personnes consacrées à
Dieu, profanant et dispersant les reliques. A l'abbaye de Lérins, par exemple, ils
avaient tout ravagé, excepté les reliques que le prieur du monastère avait cachées
pour les soustraire à leur fureur. Les habitants de Tarascon firent de même pour
conserver celles de Sainte-Marthe, auxquelles ils tenaient tant; ils les enfouirent dans
l'église souterraine, avec une tablette de marbre portant l'inscription " BEATA
MARTHA IACET HIC ".
1187
- Reliques de Sainte-Marthe
En 1187, tout danger étant passé, on fit
l'élévation solennelle des reliques de Sainte Marthe. Evénement que présida, en
présence d'un grand concours du peuple, Imbert d'Aiguières, archevêque métropolitain
de Provence; il reconnut leur authenticité et les transféra dans le tombeau en pierre
situé actuellement dans la crypte.
1189
- Eglise Sainte-Marthe
Alphonse 1er, Comte de Provence,
accorde, lors de son passage à Tarascon, de grandes faveurs aux églises Sainte-Marthe et
de Laurade.
ler
Juin 1197 - Eglise Sainte-Marthe
Consécration de l'église romane de
Sainte-Marthe, par Imbert d'Aiguières, archevêque d'Arles, assisté de Rostaing de
Marguerite, évêque d'Avignon.
1202
- Privilèges Anciens des Tarasconnais
Alphonse II, Comte de Provence, dans une
assemblée publique tenue à Tarascon, confirme les privilèges de cette ville et déclare
qu'ils étaient acquis aux habitants par une coutume ancienne, et non par une mesure
récente.
1220
- Templiers, Trinitaires et Dominicains
Les religieux Trinitaires succèdent aux
Templiers dont la maison se trouve dans la rue du Temple (actuellement rue du
Prolétariat). A leur tour, en 1233, les Dominicains s'établissent dans l'île de Gernica
(aujourd'hui quartier Jarnèques); leur communauté va ensuite, en 1245, s'installer dans
leur monastère, près la porte Saint- Jean Baptiste hors d'atteinte des crues du Rhône.
1251
- Charles ler d'Anjou
Charles ler d'Anjou, Comte de
Provence, par son mariage, le 31 janvier 1216, avec Béatrix de Provence, quatrième fille
de Raymond Béranger IV, de retour de la cRoisade, vient attaquer la ville d'Arles; il
établit son quartier général à Tarascon. Le 29 avril 1251, le Conseil des 120 députe
huit des principaux citoyens pour proposer la paix au Comte; Charles ler
reçoit leur soumission dans le château de Tarascon.
1248
- Louis IX
Au début d'août 1248, Louis IX, Roi de France,
vint en pèlerinage au tombeau de Sainte-Marthe, en provenance de Paris (12 juin), La
Roche de Glun (S juillet) et Avignon; il traverse le Rhône à Tarascon d'où il se rend
à Aigues-Mortes pour s'embarquer à destination de la Terre Sainte.
1250
- Cloîtres des Cordeliers
En 1250, les Pères Cordeliers fondent leur
couvent près la porte Madame (actuellement place F. Mistral); leur premier établissement
était en Jarnègues.
1254
- Pèlerinage de Louis IX et de Son Frère
Le Roi Louis IX avait épousé Marguerite de
Provence, fille de Raymond Bérenger IV; Albert de Tarascon avait, avec Romée de
Villeneuve, négocié ce mariage avec la reine Blanche, mère de Saint-Louis et Charles
d'Anjou. Au retour de la CRoisade, les deux frères, l'un Roi de France, l'autre Roi de
Sicile et Comte de Provence, viennent ensemble en pèlerinage au tombeau de Sainte-Marthe,
remerciant cette sainte de sa protection.
1272
- Monnaie Frappée à Tarascon
Un acte de Charles d'Anjou permet de battre
monnaie à Tarascon " sur le même pied qu'à Tours-en-Touraine ".
19
février 1291 - Traité de Brignoles
Préliminaires du traité de Brignoles; signature
de la paix entre Charles Il le Boiteux, Comte de Provence, et le Roi d'Aragon, Alphonse
III.
1352
- Abbaye de Religieuses
Jean Gantelmi seigneur de Châteaurenard et de
Romanil était sénéchal de Provence sous la reine Jeanne lre. Il fonde à
Tarascon en 1352 et bâtit en 1358, en face du château, une abbaye de religieuses sous le
titre de Sainte-Marie et Saint- Honorat. Jean Gantelmi leur donne tout ce qu'il possède
à Boulbon et Mézoargues, et spécialement le fief de Campredon; ces territoires ne sont
alors qu'un vaste marécage; les religieuses les dessèchent et font creuser le fossé
d'écoulement depuis Campredon-Vieux (Boulbon) et passant dans le territoire de
Mézoargues; ce fossé appelé plus tard " la Brassière " assèche tous les
marais de Mézoargues et de Boulbon, leur donnant leur fertilité.
1359
- Château de Lansac
En 1359 une Ordonnance du Roi Louis Comte de
Provence et de la reine Jeanne, à la réquisition des habitants de Tarascon, contenant
des plaintes contre les " Hospitaliers " qui avaient fait bâtir un château à
Lansac, ordonne à ses officiers dinformer et de faire démolir le dit château. Du
3 novembre 1359. (Livre rouge, Arch. de Tarascon AA 9 F° 222 V°).
1367
- Du Guesclin
En 1367, deux princes convoitent la possession de
la Provence : Jean de Gaud, Duc de Lancastre, second fils du Roi d'Angleterre, et Louis,
Duc d'Anjou, gouverneur du Languedoc, frère du Roi Charles V. Bertrand Du Guesclin
commande l'armée de Louis, composée de Français, d'Espagnols et des hommes d'Armagnac.
Il vient assiéger Tarascon le 4 mars 1368 et y pénètre grâce à la trahison de
quelques habitants. Il en résulte un très vif combat au cours duquel Du Guesclin fait
prisonniers Bernard d'Anduze et Fouques d'Agoût. Après dix neufs jours de siège
infructueux les ennemis se retirent et repassent le Rhône, non sans perdre Tarascon
reprise par les troupes de Provence.
Les traîtres qui avaient livré la ville sont alors enfermé au château d'Orgon.
1377
- Rue des Juifs
La reine Jeanne 1re, renouvelant
d'anciennes ordonnances, assigne aux Juifs la rue de la Juiverie comme résidence
obligatoire, avec défense d'en sortir sous peine d'une amende considérable; mesures
prises en vue de la paix publique et pour empêcher des rixes qui nauraient pas
manqué de se produire.
1379 - La Condamine
Construction de la porte de la Condamine.
Flanquée de deux tours rondes jadis crénelées, c'est l'une des trois portes principales
de l'ancien "Castrum" (ville ceinturée de remparts au Moyen Age).
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Porte Condamine ou de (la) Condamine |
Située au mord-est, elle ouvre le "chemin" d'Avignon. Elle fut classée monument historique en 1961.
Le
13 mars 1390 - Privilèges Confirmés
Le 13 mars 1390 est passé entre la reine Marie,
tutrice de son fils Louis 11, et la ville de Tarascon, un compromis remarquables. Parmi
les différentes clauses, nous relevons : les habitants de Tarascon, prévenus de
quelque délit, ne peuvent être jugés hors de cette ville, détenus dans des prisons
hors de Tarascon, et même peuvent rester libre sous caution. Aucun habitant ne peut
exercer la charge de viguier, juge, clavaire, secrétaire de justice ou du Comte. Par
contre, le châtelain et les soldats du château du Comte, situé dans la ville, doivent
tous être pris parmi les habitants et payés par le Comte. Ce dernier ne peut tenir
garnison dans la ville qu'à la demande du conseil municipal. La monnaie continuera à
être frappée à Tarascon, suivant la coutumes, les forts de Laurade et de Saint-Gabriel
restent à la disposition des habitants ; si les représentants officiels du Comte
attentent aux libertés des habitants, ces derniers ne les considèreront plus comme
officiers publics, et ne leur obéiront que si les franchises sont rétablies.
L'inviolabilité de ses privilèges est donc pour la ville la condition essentielle de sa
au pouvoir de l'Etat. Elle est à cette époque, un état dont le pouvoir les mains de la
communauté disposant d'elle-même et se gouvernant par ses lois.
Les représentants de la communauté exerçant ensemble à droits égaux le pouvoir
municipal, sont : les chevaliers ou gens de guerre appartenant à la noblesse; les
bourgeois, vivant de leurs revenus; les artisans, exerçant une profession ou une
industrie. Ces trois grandes classes de la population exercent chacune, à part égale,
les pouvoirs délibératif et exécutif.
Le
14 septembre 1392 - Raymond de Turenne
Le 14 septembre 1392 le Conseil de ville ordonne
qu'en vue des dangers possibles il est établi une garde entretenant des feux
correspondant avec les châteaux voisins; ces derniers contribueraient aux frais de cette
garde et des signaux (Châteaurenard notamment). En effet, depuis plus de dix ans une
guerre intestine dure entre Raymond de Turenne et la Provence. Après une trêve, Raymond
reprend les hostilités avec plus de violence, commettant toutes sortes de crimes : vols,
incendies, homicides, viols, profanations d'églises, faisant même précipiter du haut du
château des Baux plusieurs prisonniers. Le 22 septembre 1394, les Etats de Provence
assemblés à Tarascon par le sénéchal de Provence commissaire du Roi Louis 11,
prononcent contre Raymond de Turenne et ses complices un arrêt les condamnant aux peines
établies en tel cas; et, quant ils se trouveraient au pouvoir des officiers du Roi, ils
seraient condamnés à avoir la tête tranchée. Arrêt publié à Tarascon, par le
Sénéchal, en présence de la reine Marie et des nobles convoqués dans ce but par
mandement de la reine. Mais en vain; Raymond n'en demeure que plus violent. En 1397, les
habitants de Tarascon et d'Arles s'unissent pour se défendre des incursions de ses gens
et sauver leurs vendanges; ils conservent alors leurs récoltes, et défont 90 lanciers.
Puis, sous la direction de Charles d'Albe ils battent 140 hommes d'armes et les obligent
à repasser le Rhône. Cependant, après des revers, abandonné des siens, Raymond de
Turenne, poursuivi par Charles du Maine, cherche à se sauver en Languedoc; étant sur les
bords du Rhône près de Tarascon, avec quelques soldats, il veut se jeter précipitamment
dans un bateau, mais tombe à l'eau et, emporté par le courant, il périt; " on ne
sait point s'il fut enterré dans l'église Saint-Martial d'Avignon, ou si le tombeau
qu'on y voit n'est qu'un simple cénotaphe élevé en son honneur "; plusieurs
soldats de sa suite subissent aussi la noyade ou sont taillés en pièces. En 1399, les
troubles ayant cessé, les prélats, gentilshommes et communautés de Provence rendent
hommage à Louis Il Comte de Provence, dans la ville de Tarascon, où s'assemblent les
" commissaires députés ".
1400
- Château de Tarascon
Vers 1400, Louis II achève la construction du
château.
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Sur l'inventaire du mobilier du château figure une
uvre de l'école d'Avignon : "La Pietà de Tarascon". |
Le
1er Janvier 1404 - Benoit XIII
Le 1er janvier 1404, le pape Benoît
XIII est harangué, dans l'église Sainte-Marthe, par le célèbre Jean Gerson, chancelier
de l'Université; ainsi que le rapporte Maimbourg dans son " Histoire du grand
schisme ", Gerson exhorte dans son discours le pape Pierre de Luna à faire, à la
paix et à l'union de l'Eglise, le sacrifice de ses prétentions.
La même année, Louis II nomme comme capitaine du château des Baux Jean de Saint Michel
sieur de Bouisseron, honorable gentilhomme de Tarascon.
1406
- Benoit XIII
En 1406, le pape Benoît XIII publie à Tarascon
la bulle où il semble s'engager à renoncer à la papauté et celle où il promet de
convoquer un concile dans ce même but.
1416
- Incendie
En l'année 1416, un incendie considérable
dévaste la ville : deux cents maisons sont la pRoie des flammes; en conséquence de ces
dégâts, l'affouagement est diminué de 80 florins.
Le
16 juin 1424 - Inondations
Le 16 juin 1424, inondations du Rhône, mettant
la ville en grand péril.
1427
- Trahison
Alphonse, Roi d'Aragon, compétiteur de la
dynastie d'Anjou au trône de Naples, avait su se faire des partisans en Provence. Une
poignée de factieux tente, le 12 juin 1427, de lui livrer le château de Tarascon. Ses
troupes sont commandées par un espagnol qui, habitant le pays depuis quelques temps et
répandant à profusion l'or de son souverain, est parvenu à organiser la trahison.
Tandis que la population se livre à des réjouissances aux abords du château dont le
pont-levis est baissé, les conjurés s'emparent de la forteresse. Mais peu après,
appelés par le tocsin, les Tarasconnais la reprennent et taillent en pièces les
assiégés; lespagnol auteur de la trahison périt et son cadavre est exposé à un
gibet devant la porte du château. Quatre Tarasconnais convaincus de complicité sont
condamnés à la pendaison.
1432
- Première Digue
Construction de la " chaussée ",
depuis la ville jusqu'au " Pas-de-Bouquet " à la chapelle de Saint-Victor;
défense du territoire contre les inondations du Rhône (cette chaussée devait mesurer 6
cannes de largeur; une canne = 1,9726 m).
Mai
1436 - Le Duc de Calabre
Entrée dans Tarascon de Jean, Duc de Calabre, et
de son épouse, Catherine de Boulbon; " tous les gentilshommes, barons et prélats de
Provence s'y trouvèrent en très bel ordre et riche équipage ".
1437 - Le Roi René en son Château
René d'Anjou, Duc de Lorraine et de Bar, est prisonnier du Duc de Bourgogne quant il est appelé au trône de Provence à la mort de Jeanne II et de Louis III. Enfermé d'abord au château de Bracon sur Salins, il est ensuite emprisonné à Dijon. Dans l'impossibilité de gouverner ses états, il en confie l'administration à son épouse Isabelle de Lorraine. Celle-ci par la suite, est obligée de se réfugier à Tarascon pour soustraire ses enfants aux atteintes de la peste qui ravage Aix. Charmée par l'aspect du château et connaissant les goûts de René, elle en fait peindre quelques vues par un peintre habile et les fait porter au Roi prisonnier dans la tour de Bar à Dijon. René mis en liberté sur parole contre une dure rançon, - fruits des sacrifices des Provençaux -, s'arrête d'abord à Arles où il goûte les témoignages d'affection de son peuple et vient ensuite à Tarascon en son château. Ravi de la position et de l'architecture de l'édifice, il y fait effectuer des modifications et améliorations nouvelles et manifeste le désir d'y revenir souvent. |
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1447
- Louis XI
Louis XI, encore dauphin, vient pour la première
fois à Tarascon, vénérer le tombeau de Sainte-Marthe qu'il honorera à plusieurs
reprises de ses libéralités.
Juillet
1448 - Le Rhône Maîtrisé ?
Déviation des eaux du Rhône au moyen d'un
fossé se dirigeant vers Beaucaire (Arch. de la ville).
Printemps
de 1449 - La Cour du Roi rené
Au printemps de 1449 le Roi René fixe sa cour au
château de Tarascon après la perte du royaume de Naples et les vicissitudes des guerres
d'Italie. S'étant fixé successivement en ses résidences d'Aix et d'Angers, il s'occupe
à Tarascon du bien-être de ses sujets, affranchit son peuple de la plus grande partie de
ses impôts pendant un an, à la suite d'une extrême sécheresse ayant fait périr toutes
les récoltes
1454
- La Châsse d'Argent de Sainte-Marthe
Malgré les riches offrandes qu'on apporte depuis
des années au tombeau de Sainte-Marthe, les reliques de la sainte patronne de Tarascon
reposent toujours derrière l'autel de la crypte, dans le modeste sarcophage de pierre du
XIIe siècle. Pour augmenter encore la dévotion des peuples, les consuls de la ville font
exécuter une châsse d'argent doré pour y placer le chef de Sainte-Marthe. Cette
châsse, exécutée en trois ans de travail par Maître Etienne Dandelot, représente le
buste de la sainte; " tout autour, sa vie, en relief d'argent, et le tout porté par
quatre figures de la Tarasque ".
La translation des reliques, fixée au 10 août 1458, est annoncée aux habitants par un
héraut public. La cérémonie se déroule en grande pompe, en présence du Roi René, de
son épouse Jeanne de Laval, de sa fille la princesse Yolande, du sénéchal de Provence
Frédéric de Lorraine son gendre et de toute la cour avec l'élite du pays et un grand
concours de peuple.
1474 - Création de l'Ordre des Chevaliers de la Tarasque
Le 14 avril, le Roi René institue et
réglemente les courses et fêtes de la Tarasque auxquelles participeront tous les corps
de métiers.
L'Ordre des Chevaliers de la Tarasque, constitué en 1474 par le roi
René, est à l'origine d'une procession au cours de laquelle on promène de par la ville,
une effigie en carton de la Tarasque. Elle est portée par seize chevaliers de l'Ordre
dont huit se trouvent dans le corps de la bête, prêtant vie au monstre et symbolisant
les victimes qu'elle a avalées. Les autres chevaliers représentent les fondateurs de la
ville.
1476
- Mort du Sénéchal de Provence
Mort du Sénéchal de Provence sous le Roi René,
Jean de Cossa. René fait placer le tombeau de marbre de son fidèle officier et ami en
l'église Sainte-Marthe, dans l'escalier de la crypte.
1478 - Louis XI offre un Reliquaire à Sainte-Marthe
| Louis XI, dauphin, était venu plusieurs fois à Tarascon pour rencontrer son "cher" oncle le Roi René afin de le rallier à ses vues politiques. Une fois élevé sur le trône de France, il se montra fort généreux pour la collégiale Saint-Marthe dans laquelle il fonda en mai 1482 une chapitre royal. Les quinze chanoines de la collégiale devaient porter les même habits de chur que ceux de la Sainte-Chapelle de Paris. Il offrit en 1478 (ou peut-être en 1470), un buste reliquaire en or massif exécuté par André Mangot, orfèvre de Tours. Il pesait 101 marcs 6 onces poids de Paris à 23 carats. | |
| Louis XI était représenté à genoux, avec à côté de
lui cette inscription : "Rex Francorum Ludivicus Undécimus Hoc Fecit Fieri Opus Anno
DNI MCCCCXXIII" La grande châsse en or massif considérée comme la plus précieuse du royaume, recoit solennellement les reliques prélevées sur la châsse en argent. Elle est alors portée en procession dans la ville le 8 décembre de cette année " fête de l'Immaculée Conception ", avec la participation du Roi, de la reine Jeanne et de toute la cour parmi une immense foule. Cette châsse a disparu à la Révolution. Celle que l'on peut voir aujourd'hui, en cuivre doré, n'est qu'une reproduction assez fidèle de l'original. |
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| En 1479, Louis XI offre à Sainte-Marthe quatre lampes d'argent d'un poids total de 62 mares, qui arrivent à Tarascon la veille de Noël; on les place dans la crypte où elles sont aussitôt allumées car, suivant le désir du Roi elles doivent brûler nuit et jour. Le 9 mars 1480 Louis Xi offre encore une garniture et un magnifique tabernacle d'argent du poids de 35 marcs, " et dins loudict tabernacle l'yère l'image dou Rey aginouillat et vestit de sa ràubo longo, et davans si ginoulx un petit chin bèn fact, et a coustat un capel ". | |
Ces pièces du trésor de Sainte-Marthe ont été volées en 1550 et le doyen de cette église, responsable, poursuivi pour sa négligence.
1480
- Mort du Roi René
Le 10 juillet, mort du Roi René à
Aix-en-Provence, âgé de 72 ans, dans la 47ème année de son règne, pleuré
de tout son peuple et en particulier de la ville de Tarascon qu'il aimait beaucoup.
Décembre
1481 - Mort de Charles III - Louis XI
Le 11 décembre 1481, Charles III, neveu et
héritier de René, meurt à son tour sans enfant, instituant pour son propre héritier au
comté de Provence son cousin Louis XI à la condition expresse que ce pays conserve ses
institutions, franchises et privilèges. De ce fait la ville de Tarascon devient
française avec la Provence. Inaugurant son règne par un acte solennel le Roi de France,
par lettres patentes de 1482, confirme à l'église de Sainte-Marthe et à la ville les
privilèges que leur a octroyés " feu de bonne mémoire le Roi Clovis son
prédécesseur qui a été principal fondateur d'ycelle église "; de plus il crée
" en ycelle un corps ou collège pour y faire dire et célébrer perpétuellement
solennel service et uvres méritoires ".
Août
1483 - Mort de Louis XI
Par ordonnance du Conseil de ville, pour ce deuil
royal " une chapelle ardente sera dressée dans l'église et un service funèbre
célébré, auquel assisteront cent prêtres ".
1484
- Les Juifs Inquiétés
Le Conseil de ville délibère " d'accorder
à M. le Grand Sénéchal de Provence ", à l'occasion de son arrivée à Tarascon,
" cent florins, un tonneau de vin clairet, un autre de vin blanc, six saumées
d'avoine et six livres de dragées. Et attendu qu'il n'a pas l'argent nécessaire, les
tables de la boucherie seront affermées à l'ancan public ".
Cette même année, il se manifeste dans la population une certaine menace pour les Juifs.
Le Conseil obtient de l'autorité souveraine des mesures sauvegardant leur vie et leurs
biens (30 mai 1484). Ces menaces se renouvellent en 1485, en provenance d'Arles,
notamment. Un corps de miliciens est chargé de défendre les Juifs, même au péril de
leur vie. " Des agitateurs de Tarascon passant à l'action contre les Juifs de la
ville, le Père Pons, religieux Trinitaire, s'interpose, harangue la foule et obtient que
les Juifs ne soient pas inquiétés. Le Conseil de ville décide que les instigateurs de
ces désordres seront punis selon les rigueurs de la loi (délib. du 25 août 1485).
1499
- Les Moulins
Le 20 avril 1499 " attendu que les moulins
placés sur le Rhône, au-dessus de la ville, attirent le cours du fleuve de telle sorte
que les eaux corrodent les terres voisines, le Conseil décide que ces moulins seront
transférés au-dessous de Tarascon " (délib. F°85).
1499
- L'Eglise des Dominicains
Le 21 avril, consécration de l'église des
Frères Prêcheurs (Dominicains) sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste, près de la porte
du même nom et en remplacement d'une chapelle de dimensions trop réduites.
1502
- Pont de Bateaux
Un passage à bac est établi entre Beaucaire et
Tarascon, par lettres patentes du Roi Louis XII, le pont de bateaux étant à remplacer
d'urgence.
1516 - François 1er
Le 3 février, François ler, Roi de
France et Comte de Provence, revenant d'Italie après la victoire de Marignan, s'arrête
à Tarascon, où il vénère le tombeau de Sainte-Marthe. Il est reçu sous un dais, à la
porte de la Condamine, en grande pompe, au bruit de l'artillerie, par
le Capitaine de la ville, le viguier et les Consuls. La reine Claude de France, sa femme,
et sa sur, la princesse Marguerite, accompagnent François 1er. Selon la
coutume de l'époque, des tableaux vivants représentent des traits de l'histoire sainte
et des sujets de morale dans les rues empruntées par le Roi pour se rendre à l'église;
ils sont " de la façon " de René Hardoyn, seigneur de la Motte, nommé par le
Conseil pour organiser ces spectacles dont les peuples et les grands sont alors si
curieux. Le Roi descend avec sa suite au tombeau de Sainte-Marthe, et après avoir
accompli ses dévotions, il reçoit les vux et félicitations des habitants.
XVIème
siècle - Le Rhône
Au XVIe siècle, le Rhône coulait
encore dans une partie de Jarnègues, au pied même des remparts, faisant craindre pour
une partie de la ville. Le Conseil délibère en 1511 d'envoyer à Lyon des délégués
auprès du Roi Louis XII pour lui exposer ce danger et lui demander de permettre d'y
remédier par des travaux appropriés. En amont du château et jusqu'à Boulbon, le Rhône
contenu sur la rive droite par les collines de Beaucaire et son courant obstrué par les
îles se rejettent sur la rive de Tarascon, l'île de Lussan forme ainsi la principale
menace. Par ses lettres patentes du mois de mars 1527, François 1er, permet
aux habitants, malgré l'opposition de ceux de Beaucaire, de creuser un canal au milieu et
sur toute la longueur de l'île de Lussan, par lequel les eaux du fleuve puissent
s'écouler. Cette opération est quelque temps après couronnée de succès, l'île
emportée et le lit du Rhône agrandi d'autant. Les eaux se retirent de nos murailles et
s'écoulent dans le fleuve. Il est probable que, depuis ce moment, Jarnègues cesse
d'être une île.
1529
- Hospice
En 1529, construction d'un hospice destiné aux
pestiférés, au quartier des Capucins, dans l'ancien cimetière des Juifs; une maladrerie
encore plus ancienne avait été construite au quartier Saint-Lazare; on y soignait les
lépreux (une chapelle y était annexée, jusqu'à la fin du XVIlle siècle).
1536
- Parlement de Provence
Se repliant devant l'armée de Charles Quint, le
Parlement de Provence se retire à Tarascon avant d'aller à Pont-Saint-Esprit. La ville
lève une garnison de 500 hommes, sous le commandement de Rabadens, pour s'opposer à
Charles Quint.
1554
- Inondations
150.000 livres de dégâts, à la suite des
inondations du Rhône...
1561
Cette année-là est érigée une croix
comportant ce millésime et une image de Sainte Marthe, après Laurade, sur la gauche
avant d'arriver à la Grande Roubine; cette croix fait alors la démarcation des diocèses
d'Avignon et d'Arles.
1563
- Reliques de Sainte-Marthe
Les Etats de Provence, dans le but d'éviter une
profanation qu'ils craignent imminente, décident que les reliques de Sainte-Marthe seront
transférées à Marseille ou un autre lieu, pour les soustraire aux risques des guerres
de religion. La ville ne veut à aucun prix accepter cette décision ni se dessaisir de ce
dépôt sacré. Par délibérations des 25 et 30 mars, le Conseil municipal déclare
fermement qu'il ne lui sera jamais ravi, et que la population tout entière se liguerait,
le cas échéant, pour le défendre et le conserver; " tous les habitants se rendent
sur leurs personnes, leurs biens et leur vie, caution pleiges et fidéjussaires de la
sûreté de ce dépôt ".
1564
- Charles IX
Le 7 décembre 1564, le Roi Charles IX vient à
Tarascon, regagnant Paris suivi de toute sa cour. On lui réserve une magnifique
réception : arc de triomphe en buis, rues sablées sur le passage du Roi, jusqu'à
l'église Sainte-Marthe. Pendant les trois jours passés par Charles IX en notre ville de
grandes fêtes sont données en son honneur. (Arch. de Tarascon, délib. BB19).
1583
- Guerres de Religion
La ville, obligée de se tenir sur ses gardes
pendant les guerres de religion, fait publier partout, dans les environs, " qu'aucune
compagnie de pèlerins ne se mette en marche pour venir au tombeau de Sainte-Marthe "
car nombreux sont les pèlerinages à cette époque. Les capitaines des portes refuseront
l'entrée de la ville à tous les étrangers.
1586
- Tarascon Resistante
Le 7 mars 1586, le maréchal de Damville, Duc de
Montmorency et gouverneur de Languedoc, veut s'emparer de Tarascon, usant de surprise et
d'escalade. Mais rencontrant une vive résistance, il y renonce et se contente de
bombarder le château.
1589
- Massacre Sous les Remparts
Le Comte de Carces attaque, sous les murs de la
ville, d'Estampes et ses hommes, qui n'avaient pas été reçus à Tarascon parce qu'ils
s'étaient déclarés contre le Roi. D'Estampes et ses soldats sont pris entre les
murailles et l'armée de Carces. Il s'ensuit une affaire sanglante et de nombreux morts.
Montmorency, instruit de la défaite de ses troupes, s'empare du passage de Tarascon.
1590
- La Ligue
La ligue met notre ville dans une situation très
critique. Tarascon entretient trois frégates pour garder les passages du Rhône; cinq
cents Corses sont à sa solde et tous les citoyens valides sont sous les armes. En ce
temps de grande pénurie les femmes sacrifient leurs bijoux à la défense; c'est au plus
fort des troubles de la Ligue; depuis trente ans le pays est continuellement en alerte :
d'un côté les Huguenots du Languedoc, d'un autre côté les Ligueurs déjà maîtres de
la Provence sauf les Baux et Tarascon dont ils dévastent le territoire. Mettant ces
circonstances à profit, le Duc de Savoie, chef des Ligueurs en Provence, envoie l'un de
ses lieutenants, le Comte de Castellane d'Ampus, pour s'emparer de la ville alors que
certains habitants sont de connivence avec eux. Il est convenu que le 8 janvier, entre 8
et 9 heures du matin, un signal donné par la cloche de la chapelle de Notre-Dame de
Bonaventure répété par celle de l'église de Saint-Jean-Baptiste toute proche, les
factieux neutraliseraient le poste dé la porte Saint-Jean, la seule qui ne soit pas
murée; les Ligueurs entreraient par cette porte qui doit leur être ouverte. Mot de
ralliement " La mort ", car il n'y aura pas de quartier. Mais des circonstances
imprévues empêchent la réussite du complot.
Le 7 janvier au soir, un laboureur nommé Henry entré dans l'église des Prêcheurs s'y
est trouvé enfermé; les conjurés y viennent aussi et n'ayant pas remarqué cette
présence ils arrêtent les dernières dispositions de l'attaque du lendemain. Henry
entend cela et s'empresse dès qu'il le peut d'alerter les consuls. Des mesures' sont
décidées aussitôt : on se saisit des conjurés qui sont livrés aux officiers du Roi.
D'autre part, toutes les précautions sont prises aux abords de la porte Saint-Jean, les
troupes disponibles sont rassemblées et le 8 au matin les signaux convenus sont donnés
alors que 1.200 mousquetaires occupent tours et remparts, grenadiers et cuirassiers sont
cachés dans le ravelin. Sans méfiance, d'Ampus, à la tête de ses troupes se précipite
sur la place qu'il cRoit déjà tenir, mais il y trouve une défaite complète. Lui-même
est atteint d'un coup d'arquebuse dont il meurt peu après. Privée de chef et décimée
par le tir des défenseurs de la ville, son armée s 'e retire en déroute. On fait
ensuite le procès des Ligueurs; les coupables sont condamnés et pendus sur la place du
Marché, à l'angle des rues Saint-Nicolas et du Refuge. La ville récompense Henry en lui
remettant 500 écus d'or " au soleil" et il est aussi exonéré du dRoit de
passage sa vie durant. Comme les Tarasconnais de l'époque donnent facilement des
sobriquets, Henry reçoit celui de " la Mort " donné en souvenir du mot de
ralliement des conspirateurs
La même année, Tarascon se prononce pour Henri IV contre le Duc d'Epernon.
1591
- La Trêve
En 1591, le Conseil délibère de faire une
trêve avec les ennemis pour procéder aux semailles. La ville ne pouvant subvenir aux
grandes dépenses : logement des gens de guerre, réparations aux fortifications, députe
auprès du Roi les sieurs de Mottet et de la Grange pour obtenir des soulagements.
1592
- La Trêve
Trêve entre les délégués de Montpellier,
Nîmes et Uzès en Languedoc, les villes de Tarascon et des Baux, d'une part, et le baron
de Crozes pour et au nom de toutes les villes et lieux de la viguerie de Tarascon, d'autre
part; les articles ont pour but d'empêcher que les paysans et les bestiaux soient
enlevés aux travaux des champs, les ecclésiastiques, les femmes et les enfants soient
emmenés comme prisonniers en otages, les denrées pillées pendant leur transport, etc...
La dite trêve d'une durée de deux ans, signée en vertu des pouvoirs donnés au dit
baron par la Cour de Parlement séant à Sisteron et par le Duc de Savoie, est passée au
logis de Saint-Gabriel les Tarascon le 13 mars 1592, homologuée par arrêt du 6 mai
suivant. (Arch. des B.D.R. B.3338 F° 225).
1593
- Fortifications
Les Consuls ordonnent de faire une palissade avec
des pieux en saule, d'apporter des fascines en bois, du Grand Castelet, pour être
employés à la fortification de la ville. Un poste de huit hommes est placé à
Saint-Gabriel pour surveiller le territoire.
1594
- Compagnies Corses
La ville a à sa solde quatre compagnies corses
et 140 hommes levés par elle, logés au château. Le Conseil autorise les Consuls "
à pourvoir à l'entretien de la frégate et des soldats chargés de protéger le commerce
des Tarasconnais contre les habitants de Trinquetaille, à continuer les fortifications du
mas du Viguier à Saint- Gabriel, à augmenter le nombre des soldats logés à la Tour de
Saint-Gabriel, pour arrêter les ravages des gens de Montpahon, dont s'est emparé le
sieur de Saint- Roman, à mettre en outre des troupes à Laurade et au mas du capitaine
Bacon ".
1595
- Réglementation sur Les Armes
Le Conseil fait défense de mettre la main aux
épées dans l'intérieur de la ville, sous peine de 50 écus d'amende pour la première
fois, et de " trois traits de corde et d'être banni de la ville pour la deuxième
fois ". Cette mesure a pour but de mettre fin par de sévères pénalités aux rixes
sanglantes qui se reproduisent trop souvent dans les rues de Tarascon. (Ces " trois
traits de corde " sont trois coups de corde à nuds, bien appliqués par la
main vigoureuse du bourreau).
1600
- Eglise des Capucins
En 1600, fondation des religieux Capucins dans
l'hospice des pestiférés hors la ville, près la porte de la Condamine.
Léglise des Capucins est bâtie avec les pierres des anciennes chapelles de Saint-
Clément et de Saint-Hervan " lesquelles servent plutôt de scandale que pour prier
Dieu, où se rassemblent parfois des voleurs ou des malfaiteurs "; la première de
ces chapelles, datant d'une époque très reculée se trouvait entre Saint-Gabriel et
Laurade, le long de l'ancienne route d'Arles à Avignon, à l'angle même formé par la
draille du pont du Gros-Buisson qui y aboutit; elle dépendait de Saint-Agricol d'Avignon
qui en retirait la dîme; quant à la chapelle Saint-Hervan elle se trouvait à proximité
du pont dit de Cure-Bourse, au quartier Saint-Hervan, entre la route de Boulbon et le
lieu-dit " La Brêche "." Ces deux chapelles sont en si mauvais état que
les Capucins obtiennent de l'archevêque d'Avignon la permission de les démolir pour en
employer les pierres à la construction de leur couvent ". Leur église est bâtie
sous le titre de Sainte-Marthe.
1610
- Mort d'Henri IV
A la nouvelle de la mort du Roi Henri IV, les
portes de la ville sont murées, à l'exception de la porte Saint-Jean. Des hommes sont
chargés de faire des rondes autour de la ville.
1611
- Le Duc de Guise
Le Duc de Guise, fils du gouverneur, est reçu à
Tarascon par les Consuls et plusieurs gentilshommes; au cours de son séjour, deux ou
trois jours, on fait courir la Tarasque en son honneur. On lui offre en présent des
dragées, confitures et bougies; pendant les repas du Duc, plusieurs musiciens et
chanteurs " sont employés sous la direction du maître de musique ".
1615
- Le Fossé
Vu les nouvelles menaces de troubles, le Conseil
décide, le 20 octobre, de creuser un fossé " depuis la terrasse du château
jusqu'au recoin de la muraille neuve de Condamine, en ligne droite, de la largeur de 4 à
5 cannes et de la profondeur requise ".
1617
- Bénédiction de l'Eglise des Capucins
Le 12 mars 1617, bénédiction de l'église des
Capucins en présence des Consuls, des Magistrats et d'une grande affluence; le premier
Père gardien du couvent est le Père Gilles, de Tarascon, élu le 6 octobre.
1619
- Armement pour la Défense de la Ville
Le Conseil décide l'achat de 40 quintaux de
poudre et de plomb nécessaires pour la défense dé la ville et la sûreté de la
province; les rondes seront continuées hors la ville et les mousquets distribués aux
habitants en état de porter les armes. Il est défendu par le premier Président de faire
des levées d'hommes et de gens de guerre, et à tous les habitants de s'enrôler pour
s'éloigner de leur maison et de la ville, suivant les édits du Roi et arrêts de la
Cour. Louverture des portes de la ville est cependant autorisée pendant les
vendanges à condition d'y faire bonne garde. Les habitants seront commandés aux gardes
de quinze jours en quinze jours. Le 4 avril 1622, les Consuls décident la remise en état
de huit ou neuf petits canons se trouvant en dépôt dans la Maison de Ville. Le 4
septembre de la même année4 arrivée du prince de Joinville, du maréchal de Créqui,
due de Montpezat. On leur donne " un logement " dans la maison du Capitaine Jean
Pommet à cause du mauvais état des hostelleries.
1630
- Epidémie de Peste
La population souffre cruellement des ravages de
la peste.
1632
- Anne d'Autriche
La reine Anne d'Autriche vient pour la première
fois en pèlerinage au tombeau de Sainte- Marthe puis à Saint-Michel-de-Frigolet, "
demandant un fils à Notre-Dame de Bon Remède ".
1638
- Innondations
" Le Rhône inonda si fort qu'à minuit on
fit une procession générale par " toute la ville, à laquelle nous allâmes pour
apaiser la colère de Dieu en cette " occasion ". (Mémoires de Conrad Mouren).
Avril
1640 - Epidémie de Peste
La peste faisait à Beaucaire de grands ravages,
épreuve d'autant plus douloureuse qu'à la même époque, à Tarascon, la santé publique
n'est pas altérée; les Beaucairois se recommandent à la protection de Sainte-Marthe, et
obtiennent le 29 juillet, jour de sa fête, que des reliques soient exposées sur l'île
de la Bartelasse, située entre les deux villes surs; " les deux peuples
voisins se réunissent sur les rives du fleuve, ayant à leur tête les magistrats et les
notables, priant avec foi Sainte-Marthe. " Cette journée est en effet pour la ville
de Beaucaire le terme de son deuil. A dater de ce jour il n'y a plus de décès à
déplorer dans cette ville désolée ". (Véran, " Vie de Sainte-Marthe ").
1641
- Monastère de la Visitation
Le 15 octobre, à la demande du Corps de la
ville, fondation du monastère de la Visitation; d'abord situé à la montée du Pont de
Beaucaire, il est depuis 1854 au ,nord de la ville, avenue de Châteaugaillard. La même
année 1641 est décidé le transfert de l'hôtel de ville sur la place du Marché.
1642
- Le Cardinal de Richelieu
Le 10 mars 1642, le Cardinal de Richelieu fait
envahir le Roussillon par une puissante armée dont Louis XIII prend le commandement, et
commence le blocus de Perpignan, place espagnole. Le cardinal, venu pour suivre les
opérations militaires, ne peut parvenir jusqu'à cette ville, retenu à Tarascon par la
maladie du 12 juin au 17 août. " Le cardinal se faisait porter par des hommes dans
son lit; il passa le Rhône et arriva à Tarascon; le bruit courut alors qu'il était
mort, mais il montra ses bras pour détromper le peuple. Dans sa suite, qui était
nombreuse, on remarquait le cardinal Mazarin, M. le prince de Bourbon, due d'Enghien qui
devint le Grand Condé, et d'autres seigneurs et prélats et d'un grand train. Il logea
premièrement à la maison de M. du Puy, prosche le Rhosne, puis à celle de M. Charles de
" Frovençal,. escuyer, prosche le chasteau " (détruite par les bombardements
de 1944, ainsi que le passage Richelieu qui reliait la place Sainte-Marthe et celle du
Château). " Comme Richelieu ne sortait point de son lit, pour pouvoir commodément
entrer dans cette maison près du château, on fit un pont de bois qui aboutissait
extérieurement de la rue aux fenestres auxquelles on coupa les entre-deux pour le faire
entrer couché dans son lit. Et l'on prit la maison contiguë qui est à M. Charles
Prémont de Modène, seigneur de Pomérol, pour y loger la plus grande partie de son
train, le reste étant logé dans les principales maisons de la ville, qui tenaient à
honneur de les avoir. Ce fut là que, venant de Montfrin le 2 juillet, le roy Louis XIII
vint visiter son ministre.
C'était de Tarascon que le cardinal avait envoyé au Roi, à Narbonne, les preuves du
complot contre la sûreté de l'Etat et la vie du ministre; dans ce complot étaient
" compromis le Duc d'Orléans, le Duc de Bouillon, Cinq-Mars, de Thou, Chalais,
etc... Deux d'entre eux, Cinq-Mars et de Thou, arrêtés à Narbonne, sont emprisonnés
quelques jours au château de Tarascon. Le 2 juillet 1642, jour de la Visitation de
Notre-Dame, eut lieu la consécration de la chapelle des Capucins; le cardinal de
Richelieu en était le parrain; ses armes furent gravées au-dessus de la grande porte de
l'église (qui sont " d'or à trois chevrons de gueules "). Le couvent reçut de
la Maison du Cardinal un grand cheval pour faire tourner le puits à roue, plus, pour le
départ du cardinal, quatre cents livres ". Le 3 juillet, mort à Coulongne de la
reine Marie de Médicis, veuve d'Henri V et mère du roy Louis XIII. Le Cardinal de
Richelieu fit faire ses funérailles dans l'église collégiale de Sainte-Marthe. Après
avoir séjourné à Tarascon, et y avoir reçu de tous les ordres de la province les
honneurs dus à son rang; Richelieu partit sur son lit qu'on sortit par les fenestres et
pont de bois, et s'embarqua sur le Rhosne qu'il remonta jusqu'à Lyon et de là à Paris
où il se fit porter ". Sur le Rhône " il était enfermé dans une sorte de
cage dont on avait fait un appartement somptueux. Il traînait après lui, dans un bateau
remorqué par le sien, ses deux prisonniers, Cinq-Mars et de Thou qui furent décapités
à Lyon le 12 septembre suivant "
1643
- Le Collège
Fondation du Collège par les Pères
Doctrinaires. L'enseignement qu'ils donnent à une nombreuse jeunesse s'étend jusqu'à
l'étude de la philosophie, comme dans les établissements les mieux tenus.
Au mois de juin de cette année survient la mort de Louis XIII. Un service funèbre
solennel est célébré dans la collégiale Sainte-Marthe. Toutes les autorités de la
ville prêtent serment à Louis XIV.
1648
- Hôtel de Ville
Installation des édiles de Tarascon dans le
nouvel hôtel de ville, place du Marché.
1649
- La Fronde Provençale
La ville envoie à Aix une députation pour
témoigner au Comte d'Alais, gouverneur de la Provence, de sa fidélité au service du
Roi. Le 27 janvier, fermeture des portes de la ville, à l'exception de la porte Saint-
Jean; le 18 mars, par mesure supplémentaire de sécurité, on fait murer toutes les
fenêtres aux remparts, près des fossés : la ville emploie 3.000 florins en achat
d'armes distribuées aux habitants.
Cette même année, passage à Tarascon de Mgr Louis de Valois, Comte d'Alais, gouverneur
de Provence; une grande course de la Tarasque est donnée en son honneur.
Lettres patentes données à Paris, en octobre 1649 par la reine régente, par laquelle
elle se déclare fondatrice de l'église et du couvent des Augustins déchaussés de
Tarascon, sous le titre de Sainte-Anne la Royale. (Arch. B.d.R. B.3356). L'édifice,
lézardé par les bombardements en 1944 a été démoli par mesure de sécurité publique.
Peste
de 1650
Lépidémie prend naissance à Marseille et
atteint ensuite les villes d'Aix, Aubagne, Saint-Rémy puis Tarascon à mi-septembre. Les
Capucins et Augustins se mettent à la disposition des Consuls pour soigner les malades et
désinfecter les maisons. Le mal se propageant lentement au début, on construit des
huttes pour isoler les malades. Le Père Victor, Capucin, et le chirurgien Jean Roget,
âgé de 23 ans, logent ensemble dans une de ces huttes et se dévouent au service des
malades et des mourants. Pendant la nuit ils vont désinfecter les habitations. Les
chroniques du temps rapportent à la protection de Sainte-Marthe la conservation de la
ville car le mal "quoiqu'estant pris aux quatre coins d'icelle fust promptement
estouffé et avec si peu de suite et de morts qu'on n'a pas cru avoir esté plus de 70 ou
80 en tout", proportion infime eu égard aux pertes énormes constatées partout
ailleurs si bien que par une délibération du 2 octobre, le Conseil de ville
"interprète du pays tout entier", attribue expressément le salut du peuple à
la protection de Sainte-Marthe et lui vote pour ce motif des actions de grâces
solennelles et décide qu'une somme de mille livres, gage de la reconnaissance publique,
sera consacrée à son culte.
1652
- Tarascon Rebelle
En 1652, Louis XIV, Roi de France, remplace le
Duc Louis de Valois par le Duc de Mercur comme gouverneur de Provence. Toutes les
villes de cette province présentent leurs compliments au nouveau gouverneur, sauf Toulon,
Sisteron et Tarascon et les commandants des forteresses de Saint-Tropez et de la Tour
d'Ambouc. Le Duc de Mercur veut réduire à l'obéissance ces contestataires.
Sisteron et la Tour d'Ambouc se rendent et le siège est alors mis devant le château de
Tarascon qui résiste pendant quatorze jours et ne se rend qu'après avoir épuisé toutes
ses munitions et obtenu des conditions honorables. Les murailles du château et la grande
tour du Midi portent encore les traces de ce siège.
1657
- Les Ursulines
Les religieuses Ursulines créent à la gâche
Saint-Nicolas (quartier) une maison pour l'instruction gratuite des jeunes filles.
Les Etats de Provence tiennent leurs assises au château en 1658 et 1659.
1660
- Louis XIV
Le 12 janvier 1660 venant de Nîmes et se rendant
à Arles, le Roi Louis XIV accompagné de la reine mère Anne d'Autriche, du cardinal
Mazarin, du Duc de Mercur, gouverneur de Provence, du maréchal de Villeroy et de
toute la cour, vient à Tarascon, se rendant en Espagne en vue de son mariage avec
l'infante Marie-Thérèse. Le pont de bateaux autrefois construit sous Charles d'Anjou
n'existant plus depuis longtemps, seul le bac à traille est en service entre Beaucaire et
notre ville. Les chroniqueurs nous apprennent qu'à cette date " la rivière du
Rhosne se trouva si fortement gelée que l'on passait d'une rive à l'autre sur la glace
à pied et à cheval et que l'on vit mesme passer des charrettes et des carrosses ".
C'est ainsi que pendant plusieurs jours et jusqu'au 9 janvier les équipages passent le
Rhône en assurance sur l'épaisse couche de glace. Cependant, le 12, la débâcle
s'étant produite le Roi et quelques personnages de sa suite peuvent traverser le fleuve
en bateau malgré les blocs de glace flottant à la dérive.
Louis XIV loge chez M. de Barrême, rue de la Viselède. Jean de Laudun écrit dans ses
mémoires : " Le 13ème jour du mois de janvier ma femme et moi avons esté à
Tarascon pour voir le roy; nous l'avons vu à Sainte-Marthe quand il entendit la messe
avec la reyne avec M. le Duc d'Anjou. J'ay veüe aussy M. le cardinal Mazarin".
En exécution des ordres du Roi du 3 février 1660 en vue de la proclamation de la paix
entre la France et l'Espagne, confirmés par une lettre de Mgr le Duc de Mercur
donnant ses instructions pour la publication de cet acte historique, les consuls font
exécuter cette "publique" en grande pompe à tous les carrefours de la ville,
suivie de feux de joie, sur la place du Marché et d'un Te Deum solennel chanté en la
collégiale Ste Marthe. C'est Louis XIV qui, par la suite, autorisera la construction d'un
nouveau pont de bateaux, peut-être parce qu'il s'était rendu compte par lui- même, en
janvier 1660, des difficultés de la traversée du fleuve pris par les glaces.
1665
- L'Hospice de la Charité
C'est à l'initiative et la généreuse
coopération d'un membre éminent du chapitre royal de Sainte-Marthe, le chanoine Joseph
Clerc de Molières qu'est due la fondation de cet établissement de bienfaisance. Le 23
janvier 1691 le projet prend corps et un terrain d'un hectare est acquis pour 1.500 livres
dans le voisinage du Rhône. Les plans de l'hospice sont dressés par Péru, architecte
d'Avignon. Les maîtres maçons d'Arles et de Tarascon chargés de la " bâtisse
" s'engagent de la terminer en trente mois. Les pierres sont extraites des carrières
de Saint-Gabriel. Par ses libéralités, M. de Molières devient le fondateur de la
Charité et en assure la bonne marche. Les indigents de la ville y sont admis et y
reçoivent tous les soins que réclame leur état. Le Doyen du chapitre de Sainte-Marthe
contribue à cette uvre en versant annuellement 35 salmées de blé. Jusqu'alors,
les pauvres étaient assistés par la confrérie des Charitadiers de Sainte-Marthe. Les
revenus se composaient en partie de prestations imposées dans ce but par le Roi René. De
plus, chaque année, les corporations livraient à cette confrérie le lundi de la
Pentecôte, un nombre déterminé de pains au profit des indigents. Lemplacement de
l'hospice de la Charité, devenu la maison départementale des vieillards, est
actuellement dénommé " place Colonel-Berrurier ", le grand bâtiment,
lézardé par les bombardements de 1944 ayant été démoli par mesure de sécurité.
1686
- Mont de Piété
Le Parlement de Provence homologue les statuts du
Mont de Piété. Cette association composée de quelques personnes charitables, a pour
but, sous le vocable de Notre-Dame de Bon Secours, de soustraire les pauvres aux
extorsions des usuriers. Son premier siège est la propre maison du chanoine Clerc de
Molières (cité plus haut; par la suite le Mont de Piété est transféré rue Salaire,
alors dénommée rue de Sallèle).
1694
- Inondations
Inondations du Rhône : " grossi par les
pluies continuelles et par un vent de mer qui font remonter les eaux; leur niveau monte
jusqu'au plus haut des chaussées qui se rompent en même temps du côté de Beaucaire et
au-dessous de Tarascon, en divers endroits. L'eau se répand dans tout le terroir avec une
rapidité prodigieuse. Il y a jusqu'à trois pieds et demi d'eau dans notre jardin."
(Arch. Capucines).
1709
- Froid et Misère
Hiver très rigoureux causant une affreuse
misère. Toutes les récoltes périssent, même de nombreux oliviers. La population est
réduite aux dernières extrémités. Les notables apportent tout leur zèle pour veiller
aux besoins des habitants et le chapitre de Sainte-Marthe n'hésite pas à engager le
trésor de l'église pour le soulagement de la misère et de la famine.
La même année, construction, à la Condamine, de l'église des Pères Trinitaires.
1718
- Les Casernes
Le projet de construire des casernes émanait de
l'initiative du gouvernement de Louis XIV. Cependant il ne fut réalisé que sous le
règne de son successeur. Après l'adjuration des travaux, donnée le 17 août 1718 à
Lange Graye, Honoré Asquier sous la direction de Jean-Baptiste Franque (architecte),
édifia un établissement militaire de cavalerie. Les Dragons de cavalerie occupèrent les
lieux jusqu'en 1902 puis partirent pour Belfort. Ils furent remplacé par le onzième
régiment de hussards jusqu'en 1914. De nos jours cette bâtisse accueille le centre de
sélection n°9.
1720
- La Grande Peste
La grande peste (d'après les mémoires de Conrad
Mouren, secrétaire de la communauté de Tarascon). " La ville de Marseille livrée
au fléau a perdu 70.000 de ses habitants ( ... ), puis Aix, Toulon, Apt, Pertuis, Salon,
les Martigues, Saint-Rémy, Arles et de nombreux villages. La contagion y fit des ravages
semblables à ceux de Marseille. Tarascon, depuis le mois de juillet s'était garantie et
jusques en septembre. Mais la peste y fut apportée par un poissonnier, vendant du poisson
suspect en provenance des Martigues. On logea les suspects aux Augustins et on fit camper
les malades aux environs des casernes, non encore achevées. La peste se fit sentir dans
deux rues de la paroisse Saint-Jacques. On les barricada et on fit quarantaine pendant
soixante-trois jours, au cours desquels la peste resta presque toujours enfermée dans ces
deux rues. Les habitants, fermés dans leurs maisons avec défense d'en sortir,
demandèrent qu'on leur accorda la consolation de voir la relique de Sainte-Marthe. Elle
fut portée processionnellement dans toutes les rues. Cette procession n'était composée
que de l'official, de trois ou quatre prêtres, de M. le chevalier de Preignes, commandant
de la place en remplacement de M. de Caylus qui s'était réfugié à Frigolet. La prière
du peuple fut exaucée: la contagion commença à diminuer si bien qu'un jour il n'y eut
plus que 25 malades aux infirmeries. Le fléau finit à la fin du mois de septembre."
Cette année 1720 est appelée " l'an de la peste "; les pertes causées par
l'épidémie sont plus sensibles qu'en 1629, 1639, 1640, 1649 et 1650. 210 tarasconnais
meurent de la peste.
La statistique du département des Bouches-du-Rhône (T. 111-352) indique que les pertes
s'élèvent pour la ville d'Aix à 7.000 sur une population de 24200 habitants; Arles :
7.000 sur 24.000; Saint-Rémy : 996 sur 2.500; Les Martigues : 2.150 sur 13.000; Salon :
700 sur 3.600. Le chiffre de 210 y est confirmé pour Tarascon sur 10.000 habitants. La
disproportion est remarquable et ne peut être expliquée par les Tarasconnais que
surnaturellement par l'intercession de Sainte-Marthe (ainsi qu'en 1650, délib. Conseil de
Ville de cette dernière date).
1740
- Eglise Saint-Jacques
Construction de l'église Saint-Jacques, dont la
bénédiction a lieu en 1745 (en remplacement d'une église vétuste, même vocable,
située dans le voisinage).
1741
- Père Chérubin de Noves
Arrivée au couvent des Capucins du Père
Chérubin de Noves. L'énumération de ses titres suffit à situer ce personnage dont le
nom revient souvent dans les annales des Capucins et l'histoire locale : théologien du
Roi de Pologne en cour de Rome, qualificateur du saint Office, consulteur des SS.CC. de
l'Index, des Indulgences, et des Reliques, procureur général des Missions étrangères
de France et dHibernie, custode de la Province de Provence. Il arrive à Tarascon
après dix-huit ans dabsence en cour de Rome. Nous lisons dans les archives
Capucines : " il a été visité de toute la noblesse des villes de Tarascon et de
Beaucaire, des corps religieux et généralement de tout ce qui est de marque des
personnes des deux villes. Quelques jours après son arrivée, Mgr le Comte Philippe de
Noailles, grand dEspagne de première classe, Prince de Poix, gouverneur des nobles
château de Versailles, Marly et dépendances, colonel du régiment d'infanterie, est venu
expressément en cette ville pour voir le T.R.P. Chérubin qui a eu toute sa confiance
pendant son séjour à Paris. La joie qu'a procurée son arrivée a été générale dans
toute la ville. A son arrivée et à son départ (pour Avignon) les consuls ont fait tirer
les boîtes."
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à nous proposer pour compléter cet historique
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