Titre de page

Origine et philosophie du projet

ette histoire a débuté en décembre 1985.  J'étais parti au Nord de la Colombie découvrir la Sierra Nevada de Santa Marta, un ami m'avait dit:
tu verras c'est une montagne extraordinaire, la
plus haute montagne du monde en bordure de mer il y a des Indiens qui vivent là-bas, des gens étranges et magnifique.  Alors, je suis parti sans trop savoir où j'allais ni ce que j'allais découvrir et surtout sans imaginer que ce voyage allait marquer le début d'une longue histoire.

Les premiers jours, tout s'est bien passé, c'est la deuxième semaine que tout a basculé.  Alors que j'avais atteint les premiers sommets, j'ai eu un œdème pulmonaire.  Seul, isolé au milieu de la Sierra, je ne pouvais rien.  Ce sont les Indiens qui m'ont aidé. lis m'ont recueilli, soigné, ils m'ont rendu la vie. Après plusieurs semaines de convalescence, mes nouveaux compagnons ont souhaité que je quitte leur territoire. Ils m'ont prêté un âne et un guide m'a accompagné jusqu'au premier village colon. Je suis sorti de la Sierra, comme on sort d'un rêve, marqué à jamais par cette aventure.

Avant de les quitter je leur ai demandé, un peu naïvement, ce que je pouvais faire pour les remercier. Ils m'ont parlé de leurs terres, de leurs difficultés à survivre sur un territoire régulièrement envahi par les colons, la guérilla, les narcotrafiquants ou les paramilitaires.  Je vous aiderai ai-je répondu ... je vous aiderai à retrouver vos terres.

Cette promesse, il m'a fallu 10 ans pour la tenir, 10 ans avant de revenir dans cette montagne retrouver ceux qui m'avaient sauvé la vie, 10 ans pour comprendre ce que signifiait l'épreuve que J'avais vécue.

Aujourd'hui Eric JULIEN a tenu sa promesse...

Depuis quelques années, Il aide les Indiens Kogis à récupérer leurs terres.  Pour soutenir son action, Il a fondé une association qui collecte des fonds et accompagne les Indiens dans l'invention d'un futur qui leur soit propre face à l'occidentalisation du monde.

HISTOIRE DES KOGIS

l n'est pas exclu de penser que ce sont les cimes enneigées dépassant à l'horizon qui, en 1501, ont attiré le Capitaine Don Rodrigo de Baptista vers ces rives du nouveau monde.
Une chance pour les uns, les conquistadores qui découvraient les immenses richesses d'un nouveau territoire, le début d'un cauchemar pour les autres, les Tayronas ancêtres des Kogis.

Là, comme ailleurs sur le confinent, la confrontation fût brutale, sanglante.

Villes rasées, terres agricoles détruites, prisonniers soumis au travail forcé, malgré 75 ans de résistance acharnée, les derniers survivants n'ont eu d'autres choix que de se retirer dam les hauteurs de la Sierra.  Face aux arquebuses et à la convoitise, la lutte était trop Inégale.
Pendant plusieurs siècles, les Tayronas sont restés coupés du monde, en marge de l'histoire.  Seuls quelques explorateurs, parmi lesquels le géographe Elisée Reclus, ont essayé de les approcher sans succès.
Il a fallu attendre les années 50 et les travaux de l'anthropologue colombien Gerardo Reichel Dolmatoff pour que l'on commence à entrevoir l'incroyable richesse d'une civilisation dont le niveau de développement peut être comparé aux civilisations Mayas, Incas ou Aztèques.

LES KOGIS FACE AU MONDE MODERNE

  l'heure des autoroutes de l'information, des mondes s virtuels, Il peut sembler anachronique, de s'intéresser à l'univers des Amérindiens, qu'ils soient du nord ou du sud.
En quoi et pourquoi, leur avenir, leurs discours et leurs visions du monde nous intéresseraient-ils, nous, acteurs d'une société développée qui évoluons à des "années-lumière" de leur mode de pensée ?

Quels rapports, quels liens peut-il y avoir entre les descendants de civilisation vivant dans un univers sans rupture depuis plusieurs siècles, et nous, vous, citoyens d'une terre en route vers le XXIème siècle.  Aucun peut-être ... Ce n'est pas si sûr.  Alors même que se généralise notre modèle occidental de développement et de compréhension du monde, force est de constater que ce modèle génère de nombreux paradoxes qui ne peuvent trouver de solutions à travers le modèle qui les a générés.

Ruptures sociales, perte de sens, exclusions sont les conséquences directes du fonctionnement d'un système basé sur une logique de croissance exclusivement économique.  Coupés de nos origines, d'une partie de notre histoire, les " homo-économicus ", que nous sommes devenus, ont réduit la nature au rang de marchandise qu'il est possible de vendre et de consommer à loisir.  Une vision de la nature qui provoque de graves déséquilibres, dont nous mesurons encore mal la gravité et les conséquences.

C'est bien dans un tel contexte, où la rupture des équilibres naturels appelle à repenser les relations entre activités économiques et environnement, où Il devient de plus en plus nécessaire d'inventer de nouveaux modes de développement, qu'il peut être intéressant de se mettre à l'écoute d'autres cultures porteuses de savoirs millénaires, d 'intuitions profondes, de sagesses de vie, atrophiées chez nous.