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Cet entretien est une traduction , dont vous trouverez l'original ici : http://smash.mgz.com/comics/intrview/chris_ware.html
Mania:Arretez moi si je me trompe mais vos B.D. ne traitent elles pas essentiellement de la souffrance?
Chris Ware :(rires) je crois ...Je ne sais pas vraiment quoi répondre à cela.
M : C'est probablement une généralisation excessive ...
CW : Eh bien, ça fait partie de la vie humaine. Quand vous faites des bandes dessinées ou de l'art c'est difficile de décider entre quelquechose dans lesquel vous pouvez vous projeter ou quelquechose qui va vous distraire. Pour la majeure partie, les comics essayent de vous distraire.
M : Vous concevez ces bd comme une sorte de détournement des années 1890.
CW : Oui j'aime l'esthétique de cette période
ou meme de plus tôt que ça, jusqu'au début de la 2nde
guerre mondiale s'il faut fixer une limite.
Il semble vraiment qu'il y avait plus d'efforts et de soins mis dans les
choses à ce moment.
Je ne veux pas que ça semble balancé comme ça, je ne
veux pas que cela soit bâclé ou insulter le lecteur en donnant
quelquechose qui n'a pas recu tout ce qu'il m'était possible d'y
mettre.
Je n'essaie pas de faire un compte rendu satyrique de cette époque
ou quoi que ce soit
M : Quelle était la première des ces nombreuses Bandes Dessinées que vous avez imaginé ?
CW : Chronologiquement, le numero 3 est le premier, le plus
ancien, puis le numero 2 et ensuite le 4
et le numero1 (avec Jimmy Corrigan) était en fait le quatrième
que j'ai achevé. A peu près. Et ensuite il y a les volumes
plus petits, qui sont une suite de chapitre appartenant à une plus
longue histoire. C'est le matériel le plus récent. La plupart
des dessins sont apparus à l'origine dans des journaux.
M : Dans les journaux de Chicago ?
CW : Dans des journaux de Chicago et aussi de Austin Texas où je suis allé à l'université.
M : Donc dès la fac vous avez travaillé sur plusieurs strips à la fois .
CW : Oui plus ou moins, j'avais la chance qu'ils me donnent une place dans le journal, et une place journalière et ils nous laissaient totalement faire ce que nous voulions.
M : C'était un journal étudiant?
CW : Oui mais un journal de bonne taille. En vérité pendant un temps au début des années 80, quand je suis allé là bas, c'était un concurrent viable au vrai journal local.
M : Austin était une une vraie ville étudiante?
CW : Oui , à ce moment (ça devait être juste après le début du choc petrolier), le journal de la fac avait jusqu'à 50 ou 60 pages, ce qui était énorme pour un quotidien. Mais juste après que j'arrive, à cause de coupures dans le budget et la fin du choc pétrolier, le journal a diminué jusqu'à environ 24 pages. Mais ils donnent toujours de la place aux dessinateurs locaux ; c'est là que Roy Crane a démarré dans les années 20 et Berke Breathed qui fait Bloom County a commencé là .
M : Vous étudiez quoi ?
CW : J'étudiais l'art, la peinture. Je ne me suis approché de l'art graphique que plus tard. Je ne sais pas, je suppose qu'il est meilleur d'étudier quelquechose qui a sa motivation propre, faire quelquechose comme la peinture ou les beaux arts plutôt que les arts graphiques qui tendent toujours à avoir une sorte de qualité commerciale.
M : Ce qui a sa place bien sûr..
CW : Oh oui absolument mais par chance je n'ai vraiment pas beaucoup à me soucier de ces finalités, et surtout pas dans les comics: Kim Thompson est mon éditeur, et je ne pense pas qu'il m'ait jamais dit non à quelque propos que ce soit, sinon pour des suggestions sur des fautes d'orthographe ou des mots erronés, il est meilleur que moi pour cela. Il ne m'a jamais dit 'tu ne peux pas faire ceci', ou 'ça ne fait pas bien'
M : Cela semble une excellente relation de travail. Alors vous pensez que vous allez continuer longtemps ?
CW : Je ne sais pas, peut être que la maison Fantagraphics
s'est entièrement écroulée le weekend dernier avec toute
la neige et la pluie là-bas...
Mais oui, je suis dedans. Qui sait ?: je suis sûr que les gens vont
s'en lasser en fin de compte.
M : Eh bien ça je ne sais pas .Pensez vous que chaque album a quelquechose de différent à dire?
CW : J'aimerais pouvoir dire que chacun a quelquechose de
spécifique à dire, mais ce n'est pas le cas, si je
révélais vraiment mes méthodes de travail, ça
pourrait être quelque peu embarassant. C'est pas mal improvisé.
Je produis en fonction de l'humeur dans laquelle je suis sur le moment plus
qu'autre chose. Par le fait je dois avoir quelquechose de fait a un moment
donné.
Il en résulte que beaucoup de ce que je peux produire en masse se
revèle merdique.
Donc j'édite, et j'essaie de garder seulement les choses qui m'embarassent le moins.
Ce n'est pas que je jette des seaux de ma production mais il y a des strips qui sont si .. affreux que je ne peux même pas les regarder. J'essaie de distiller tout ça dans le comic book.
M : Quel est le prochain projet sur lequel vous travaillez?
CW : Le prochain numéro est le 3e chapitre dans l'histoire longue (Jimmy Corrigan) et en ce moment je travaille juste à essayer de finir ça. J'ai, je pense à peu près 90 pages de prêtes et 90 autres qui ne sont pas encore imprimées mais qui sont dejà faites, donc ce sont mes trois prochaines sorties . Qui sont toutes terminées.
M : A ce rythme, il y en a pour les six prochains mois
CW : Oui .. à ce rythme, il y en a en fait pour toute l'année prochaine facilement. Je suis vraiment lent à sortir ça. Et je ne suis pas sur de la raison. Cela prend longtemps pour tout rassembler même si le travail de dessin est à peu près achevé. Les strips apparaissent d'abord ici dans un journal appelé New City. Tout ce qui apparait dans le Comic Book apparaît a l'origine dans New City
M : Est ce qu'il y a quelquechose dans New City qui n'apparaît pas dans le comic book?
CW : Oui! les mauvais strips! (rires)
Voilà Voilà , je me suis rendu compte que la traduction est un art difficile ,celle-ci est loin d'être parfaite donc soyez indulgents et surtout n'hésitez pas à corriger mes erreurs.