Vous trouverez des informations sur le terril que nous avons exploré (relevés botaniques, observations d'animaux, histoire du terril,...)
Vous lirez l'intérêt de monter sur un terril avec des élèves ainsi que la philosophie du projet.
Enfin, une bibliographie est en construction. Elle sera consacrée aux terrils et aux activités nature avec les enfants.
Terril de Sainte Marie et Saint Hubert
anciennement deux terrils, ils forment un seul site qui est aussi appelé le terril du Bocage (du nom de la cité)
Quelques données :
superficie : 13,777 hectares
volume : 4 200 000 mètres-cubes
âge : de 80 à 110 ans selon les lieux (estimation)
Histoire :
"Près d'ène boose, y'a ène fosse" maxime en patois local. Autrement dit : la présence d'un terril indique un ancien site d'extraction du charbon (un puits).
Nos deux terrils ont été formés par deux fosses de la Société des charbonnages de La Louvière, La Paix et Saint-Vaast (Sociétés initialement indépendantes qui se sont regroupées; pour en savoir plus, consulter la bibliographie).
La fosse Sainte-Marie, très ancienne, atteignait 258 mètres de profondeur en 1842 et 427 mètres en 1892. Remarquable par sa cheminée télescopique.
En 1898, cette fosse est mise en réserve avant de servir de puits d'air pour le puits de Bouvy, permettant encore l'extraction par les bouveaux de communication. Définitivement arrêtée en 1915, la fosse sera comblée à l'arrêt du puits n°1 de Bouvy, en 1921.
La fosse Saint Hubert était située dans le triangle des voies ferrées Houdeng-Bouvy-La Louvière, qui reliaient les puits de la société.
Profond de 217 mètres, le puits était équipé d'un système de cages très primitif : une seule cage équilibrée par un contrepoids. Cet inconvénient ne permettait qu'un extraction de 100 tonnes journalières et entraina son abandon en 1901.
Description du site :
Le terril est composé de :
- un cône, près de l'ancienne fosse Sainte Marie (rue Anseele).
- un grand plateau (les cratères sont en partie dûs au bombardement de la gare de Haine Saint Pierre durant la deuxième guerre mondiale)
- une brusque descente menant au terril Saint Hubert.
- un long fossé humide, ancien chemin ou voie ferrée conduisant les scories et déchets de l'extraction au terril.
- une zone boisée le long du chemin de fer reliant les deux gares de La louvière
- une prairie sauvage après les ponts de chemin de fer.
Brève description floristique :
Le cône :
- flanc sud : éboulis et pelouse avec épervière piloselle, vipérine, carotte sauvage, tussilage, achillée millefeuille, quelques églantiers et des genêts. On peut observer des phénomènes d'érosion et de stabilisation des pentes par les plantes.
- le flanc sud-ouest est aussi abrupt et est envahie de bouleaux et par une pelouses de graminées (poacées); le bas est plus boisé.
- le flanc est est boisé par des robiniers, du saule marsault, des bouleauxdéjà âgés, des merisiers, quelques frênes, des aubépines et des érables. On voit aussi des géraniums Herbe à Robert, des églantiers, des véroniques à feuilles de lierre, des benoites communes et des vesces.
- le flanc nord est occupé par une forêt nitrophile de robiniers, d'aubépines et de sureaux.
Le plateau :
Il semble avoir été planté de robiniers devenus très vieux. Les aubépines et les sureaux sont nombreux. Beaucoup d'espèces d'arbres sont observables : hêtre, charme, peuplier argenté, chêne pédonculé, bouleau, merisier, châtaignier, saule marsault, érables plane et champêtre, frêne, aulne,... Ce dernier est normalement une espèce des milieux humides. Comme les autres arbres, il est présent par la grâce des mycorhizes, symbiose entre les plantes et les champignons.
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Tentons d'expliquer en quelques mots ce phénomène complexe et extraordinaire. Les radicelles des plantes sont entourées d'un manchon de mycélium ou même pénétrées par ce dernier. L'arbre (ou la plante) voit ses racines protégées contre les aprasites; la surface des radicelles est multipliée, le mycélium augmente l'absorption d'eau et de sels minéraux, augmentant la vitesse de croissance de l'arbre. Il arrive même que le champignon produise des fongicides pour éviter toute attaque des champignons parasites. L'arbre, lui, fournit au champignon les sucres indispensables à sa survie. Le bouleau est un champignon de mycorhizes. En effet, de nombreuses espèces de champignons vivent en symbiose avec cette espèce. Parmi elles, l'astraeus hygrometricus, espèce méditerranéenne, qui est cantonnée sur les terrils où ses spores trouvent des conditions de germination idéales. |
Le lierre et le géranium Herbe à Robert sont très présents. La ronce est l'habitant favori du plateau. Citons encore le gouet, la ficaire,...
Terril Saint Hubert.
On peut le diviser en deux :
- une zone humide, au pied du plateau, très ombragée. On y observe une remarquable station de fougères "langue de cerf", la potentille faux-fraisier, la fougère mâle,...
- après les ponts de chemin de fer, le terril raboté est couvert d'un pré de fauche bordé d'épicéas. Signalons la cardère, la carotte sauvage, les vesces et les gesces, le saule marsault, le sénéçon jacobée, le millepertuis, l'épilobe, le bouillon blanc, des zones très humide marquées par les roseaux et les joncs,...
Quelques champignons rencontrés
l'étoile des terrils (astraeus hygrometricus)
les mycorhizes du bouleau, dont l'amanite tue-mouche, des lycoperdons (calvatia uniformis par exemple)
coprin noir d'encre
coprin mycacé
trémelle foliacée
polypore du bouleau et autres polypores
tramète
xylaire
lépiote élevée
laccaire améthiste
pleurote en huitre
crépidote
espèces de mycènes
lactaire poivré
armillaire couleur de miel (redoutable parasite)
hypholome en touffes
ganoderma lipsiense
lait de loup
oreille de Judas
Vie animale
Animaux observés ou dont la présence peut être constatée (restes de repas, déjections, pelotes de réjection,...)
Les terrils constituent de véritables refuges pour la vie sauvage, offrant à la fois gîte, couvert et lieu de reproduction.
La variété de relief et d'orientation du site a pour conséquence une diversité de biotopes, amenant une faune riche et variée.
Citons :
épervier
buse variable
chouette chevêche
pouillots fitis et véloce
avifaune traditionnelle des jardins (accenteurs, mésanges noire, bleue, à longue-queue et charbonnière, ... ce qui est normal pour un terril, pies, troglodytes, verdiers, pinsons, merles)
corneille
corbeaux freux
tarins des aulnes
pic épeiche
pic vert
renard
fouine
lapin mulots et campagnols
hérisson
musaraigne
crapaud accoucheur (ou alyte)
l'orvet a été découvert le 06/05/2001 (six spécimens)
zygène de la filipendule
machaon
perce-oreille
cardinale
iule, scolopendre et autres espèces de la faune du sol
quelques araignées à toiles géométriques
l'opilion
En outre, des phénomènes de mimétisme (criquets noirs) ou d'aposématisme (syrphes) sont facilement observables.
Intérêt du site
Ce complexe de deux terrils présente de nombreux attraits.
Bien intégré au centre-ville, il est une zone verte dans la cité. A ce titre, il représente un lieu de promenade et un espace de jeux pour les enfants.
`Sa diversité biologique est importante, les quelques observations le montrent.
Enfin, ce terril présente un intérêt pédagogique certain : facile d'accès et d'exploration, il permet non seulement d'observer la faune, la flore et la fonge, mais aussi d'étudier de grands concepts écologiques tels que l'adaptation, le cycle de la matière, l'interdépendance des êtres vivants. Enfin, ces terrils nous offrent de mener des démarches expérimentales sur la lumière et la chaleur, l'érosion ou de réaliser une analyse de paysage.
Nous avons donc un formidable outil de sensibilisation à l'environnement et d'enseignement des sciences. Et ce sur le pas de la porte.
Grimper sur un terril avec des élèves ? Vous n'y pensez pas !
Et bien si, justement ! Mais pourquoi ? Tentative d'explication en trois slogans :
Héritage d'une ère florissante qui a vu naitre et grandir notre ville, les terrils sont les vestiges d'une époque industrielle qui s'éteint tandis que se déchire notre tissu économique et social.
Les enfants ont besoin de leurs racines pour s'épanouir. or, bien peu les connaissent. Le rôle de l'école est de les leur faire découvrir.
Une part de ces racines est ici, dans l'histoire des charbonnages, dans les conditions de vie dantesques de leurs aïeux, dans le travail inhumain des mineurs.
Loin d'une évocation nostalgique d'un prétendu âge d'or, il s'agit d'explorer les traces naturelles et culturelles de notre passé régional.
Ainsi, les observations et questions récoltées lors de nos sorties seront le point de départ de nombreux apprentissages en classe, tant en mathématique qu'en français, tant en sciences que dans les autres domaines de l'éveil.
Au cours du temps, les terrils sont devenus de véritables refuges de la vie sauvage dans une ville vouée par essence à l'industrie et au béton.
Les enfants apprivoisent un milieu naturel, ils apprennent à connaitre les êtres vivants qui l'habitent. Cette découverte passe par une approche sensorielle et par des démarches scientifiques : le corps et l'esprit explorent de concert.
Exprimer ses émotions par la peinture, imaginer des jeux sensoriels pour les plus petits de l'école, des jeux de stratégie pour les plus grands (le jeu est un formidable vecteur de sensibilisation aux concepts écologiques)
Aborder la littérature (lecture d'écrits sur la mine, création et mise en scène de contes)
Communiquer notre projet aux enfants, aux parents, aux correspondants d'autres écoles par une exposition,...
Et puis...
Notre région garde une image de zone touchée par la crise, socialement et culturellement défavorisée. C'est sans doute vrai...
Raison de plus pour emmener les enfants sur un site semi-naturel, lieu d'éducation à l'environnement.
Raison de plus pour susciter l'étonnement et la réflexion, la recherche et la créativité chez les enfants.
Raison de plus pour leur faire vivre l'utilité des apprentissages scolaires dans un projet où ils seront amenés à coopérer, à prendre des responsabilités, à communiquer.
Bientôt, une bibliographie sur les divers thèmes de notre site