"Oui, je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre." Thérèse de l'Enfant Jésus, petite fleur du Carmel l'a promis, l'a fait et continue de le faire toujours, dans le monde entier…
Godomey a bénéficié des premiers miracles thérésiens.
Qu'il nous souvienne que Metamehou Quenum, après avoir reçu
la Parole de Dieu et abandonné ses fétiches a été
mordu par un chien habituellement tranquille. Malheureusement pour lui,
le pauvre converti fut saisi de fièvre, d'amaigrissement. Ses forces
l'abandonnèrent et les plus grandes craintes furent conçues
pour sa vie. On lui disait qu'il vivait la vengeance des dieux offensés.
Pourtant, un jour, le Père Baril (SMA) lui parla de la sœur
Thérèse. Et lors de la nuit du 29 août 1915, Metamehou
Quenum eut une vision. Le Seigneur lui apparut avec la Sœur Thérèse
. "Je vous présente Sœur Thérèse de l'Enfant Jésus.
Elle vient pour vous guérir. Que ferez-vous pour lui prouver votre
reconnaissance ?"
Metamehou pense lui confier Godomey, comme on avait confié Calavi
à St Antoine de Padoue… Mais Thérèse n'est pas sainte…
Et voici que la Sœur Thérèse lui dit : "Si un enfant naît
avec des dents, ne peut-il pas croquer un os ?"
Metamehou fut guéri, et la chapelle de Godomey dédiée
à Ste Thérèse après sa canonisation en 1925.
Qui pouvait penser en 1915 qu'un jour, Godomey, un tout petit village,
construirait l'une des plus belles et des plus grandes églises du
Bénin ? Oui, l'inimaginable est devenu possible ; et comment ne
pas voir en cette œuvre une action de Ste Thérèse ? Le titre
foncier du terrain est du 1er Octobre 1920… Thérèse n'était
alors ni béatifiée, ni canonisée, et cette date du
premier Octobre qui est celle du titre foncier de notre terrain, sera choisie
comme jour de sa fête.
Oui, la promesse faite à Metamehou a été tenue…
et sera tenu pour le futur.
Malgré le pouvoir d'achat bien faible des béninois, les
habitants de Godomey se sont mobilisés sous l'impulsion du curé
et des Conseils de chrétiens. Cartes de bâtisseurs, enveloppes
pour diverses occasions, deuxième quête aux messes et célébrations,
zindo, appels divers… Le curé nous répétait : "Il
ne faut pas qu'on dise que le blanc qui était à Godomey a
construit une église. Il faut que l'on dise que les habitants de
Godomey ont vraiment participé." Il faut que chacun puisse dire
à ses amis, enfants, petits enfants "Oui, j'ai participé,
et bien participé à la construction de l'église."
Et qui aurait pu imaginer que l'association des féticheurs de
Godomey apporterait une participation à la construction de l'église,
et que, deux jours avant la fête, un couvent vaudou enverrait une
enveloppe pour les frais ! Oui, la construction de cette église
ne concerne pas que les catholiques, mais bien tout Godomey. Déjà,
ils avaient participé à la construction de la future Basilique
de Ouidah. On dit que vers 1930, ils avaient escorté la statue de
Ste Thérèse à son arrivée à Godomey…
La même histoire continue…
Oui, nous pouvons dire avec une certaine fierté, à partir de ce 29 octobre 2000 : "Franchissez la porte du Seigneur, entrez dans sa demeure, avec des chants de joie, rendez grâce au Seigneur, bénissez son nom…"
29 Octobre 2000 : cette date restera gravée dans la mémoire
des Godoménu, et de bien des béninois. Ce jour, le rassemblement
fut grand pour la consécration de l'église, présidée
par l'Archevêque de Cotonou, Monseigneur Nestor ASSOGBA. Quelle célébration
merveilleuse et priante ! Bénédiction et encensement des
murs, Saint Chrême sur l'autel, sur les douze croix des piliers,
embrasement de l'autel. On a dit "Je me croyais au Ciel !" Et plus d'un
l'a pensé..
Dans son homélie, Monseigneur ASSOGBA a mis un accent particulier
sur la Charité qui doit être l'arme de chacun. Que chacun
vive l'amour parfait afin d'être, à l'instar de leur Sainte
Patronne, "l'amour dans le cœur de l'Église.
Avant la procession des offrandes, à la manière de nos griots, une magnifique voix s'est élevée dans l'église. Une belle composition de la chorale Adjogan a repris bien des souvenirs historiques sur Godomey et sa communauté chrétienne, rappelant entre autres Mgr de Souza. Aujourd'hui, c'est Mgr Assogba qui est présent. Un silence impressionnant et particulièrement attentif habitait l'église ! Majestueusement habillée, visage souriant de bonheur, queue de cheval dans chaque main, rythme dansant très adaptée, Patricia (elle mérite que l'on dise son nom) attira l'attention du peuple rassemblé ce jour sur Feu Monseigneur Isidore, qui, de son vivant a donné un bon berger à Godomey en la personne du P. Marchand. Après sa mort, il n'a pas oublié Cotonou, et donc Godomey. On le voit dans son digne successeur à qui, comme le prophète Elie avec Elysée, il a passé son esprit.
Après la Célébration qui a duré de 9 h.
à 12 h. 30, les réjouissances ont continué. Bien sur,
il y avait les "invités officiels", mais aussi et surtout, la multitude
des groupes, tous bien organisés.. Plus d'un a été
émerveillé de voir la bâche abritant les féticheurs
juste à côté de celle du Renouveau ! On a bu, on a
chanté, on a dansé…Quelle ambiance a duré jusqu'au
soir !
De mémoire de Godoménu, on n'avait jamais vu cela !
Merci à Ste Thérèse, merci au Seigneur.
Isidore Goyito, Séminariste à Ouidah.