Vade mecum pour les nouveaux traitements
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VADE MECUM pour les nouveaux traitements

par Natacha Kotowski


VADE MECUM POUR TOUT FIBROMYALGIQUE
DEVANT LES NOUVEAUX TRAITEMENTS

Considérations générales

Ce qui est naturel n'est pas nécessairement sans danger, d'autant plus qu'on peut se demander ce qui reste de naturel après traitement et conditionnement.
Tout ce qui de loin ou de près s'attaque à la chimie du cerveau est potentiellement dangereux. Il ne faut pas les rejeter a priori mais être doublement prudent
Nous sommes tous et toutes différents : ce qui réussit à l'une ne réussit pas nécessairement à l'autre. L'échange d'expérience peut cependant être fructueux.
Les entreprises pharmaceutiques et para pharmaceutiques ne sont pas des entreprises charitables mais de puissants lobbies dont le seul intérêt est de faire des sous.
Les gens qui ont des problèmes de santé sont en premier lieu un marché. Regardez ce qui se passe avec les malheureux qui veulent maigrir. Le jour où nous serons reconnus comme une "maladie intéressante", nous deviendrons automatiquement un marché juteux.
Donc, il faut toujours garder la tête froide et écouter les sonnettes d'alarme.
La profession médicale étant ce qu'elle est, nous disposons de peu de conseillers et il nous faut nous servir de notre propre cervelle.

L'industrie pharmaceutique

elle est en soi un peu moins dangereuse que les autres du fait des règles très strictes d'admission d'un produit sur le marché. Il y a au moins une garantie de pureté et l'obligation de noter les contre-indications. Mais il y a aussi que cette procédure coûte fort cher et que pour se rattraper, les firmes utilisent une publicité agressive que les médecins ne peuvent pas toujours contrôler (voir l'affaire du Prozac - en Belgique, il y eu un meurtre provoqué sans doute par le Prozac).
L'industrie pharmaceutique a basé son économie sur l'utilisation des brevets. Or les produits naturels ne sont pas brevetables et donc peu intéressants. Il y a eu l'exception étonnante du millepertuis : une firme allemande le commercialise, avec une garantie de pureté et de teneur et a beaucoup de succès, la situation pourrait donc changer peu à peu. Mais la plupart des produits naturels (ou obtenus naturellement et non pas par manipulation génétique) restent un domaine sans contrôle aucun. Il s'agit souvent de petites entreprises qui n'ont pas les moyens techniques d'assurer la qualité.

L'industrie para pharmaceutique

on y trouve de tout, du meilleur comme du pire, peu d'indications de teneurs ou de dosage. Pour tout ce qui est vitamines et pas mal de plantes, il y a de bonnes marques bien connues et de bonne réputation, à qui on peut se fier. Pour le reste c'est de nouveau une question de publicité. Je crois qu'Outre Atlantique, la situation est encore plus alarmante : il y a vraiment de tout. En Europe, il y a quand même une certaine autorisation de mise sur le marché. Ainsi, en Belgique (admirez la tournure ), la mélatonine n'est pas interdite, mais elle n'est pas autorisée non plus. Du coup, les magasins diététiques ont préféré ne pas la vendre.
Les offres sur Internet : les plus dangereuses de toutes car en dehors de n'importe quel contrôle ou législation, on offre non seulement des compléments alimentaires, qui peuvent être dangereux mais aussi des médicaments sans garantie ou des produits qui peuvent être considérés comme des drogues et on y utilise les publicités les plus outrées : comme une lettre du genre "Je souffrais de fibromyalgie depuis dix ans, avec le produit XYZ (dans ce cas précis, le pycnogénol), en deux jours, je ne sens plus rien, je suis totalement guérie". Devant des lettres de ce genre, un seul conseil : fuyez.

Recherche de l'information

Il est indispensable d'avoir déjà quelques connaissances de base, ce que nous avons tous, sinon nous n'oserions pas hercher. Je recommanderai l'excellent bouquin de Thierry Souccar "La Révolution des vitamines " paru chez First - Vie Pratique. Bonne documentation, bases de biochimie accessibles à tous et énorme bibliographie.
Les meilleures sources sont les livres (auteurs patronnés par des institutions universitaires et similaires) et des revues sérieuses. Les magazines populaires donnent parfois des pistes intéressantes mais les pages avec les mentions "satisfait ou remboursé" sont à considérer avec méfiance.
Même si la source est bonne, essayez de recouper les informations. Ici, Internet peut être très utile. Si on en parle beaucoup (et si l'origine de chaque "hit" n'est pas toujours la même, cela arrive, il faut examiner l'URL avec attention), cela pourrait être sérieux. C'est aussi toujours mieux s'il y a des études faites dans des pays différents (et surtout continents différents)
Demandez conseil à un médecin ou un pharmacien compétents (si vous disposez de cette perle rare). Et si vous n'en avez pas, lancez une demande de recherche dans la FMille, quelqu'un aura bien entendu quelque chose. On est là pour ça aussi, non ?
Attention à l'effet de mode qui n'est pas nécessairement mauvais ou faux, mais enlève une partie de l'objectivité. Un exemple flagrant : il y a quelques années, la mode était à la vitamine E, on en mettait partout y compris les crèmes de beauté. Aujourd'hui, ce sont les anti-oxydants mais si vous regardez l'étiquette, vous verrez que c'est toujours la même vitamine E qui est un anti-oxydant et qui a même un numéro E (pour nos Canadiens, les N° E sont les additifs autorisés dans les produits alimentaires). Il n'y a rien de mal à cela, mais si on fait pas attention, on croit trouver une nouvelle formulation, alors que c'est la même chose.
Il faut bien examiner les indications. Il y a d'abord une série de produits nécessaires pour tous, bien-portants comme malades. Vu notre mode de vie, ce sont les vitamines et, on le sait maintenant, les anti-oxydants. Ce sont des produits généralement bien documentés. Il a ensuite des produits destinés à guérir. En règle générale, je me méfie de ce qui guérit tout. Si un truc est sensé guérir la fibromyalgie ET les cors au pieds - méfiance. Méfiance aussi pour nous, si on ajoute la fibromyalgie à une série de maladies qui n'y ressemblent pas du tout. Ce pourrait être un effet pervers de l'effet de mode. Méfiance veut bien sûr dire recherche de documentation supplémentaire et non pas un rejet à priori. La publicité mal faite, cela existe aussi.

Vous vous décidez à essayer….

Essayez d'avoir un "mode d'emploi". Les "recettes" trop précises (50 mg de ceci et 30 mg de cela), sont parfois un peu suspectes. Ce sont souvent de praticiens pas très orthodoxes qui essaient de montrer leur érudition. Suspects parfois mais pas toujours (vous direz que je ne suis jamais contente). Pas d'indications du tout n'est pas très bon non plus. Un produit sérieux est accompagné d'une notice détaillée, même si ce n'est pas un médicament.
Commencez par des doses les plus basses possible. S'il y a un effet secondaire désagréable, il ne sera pas trop fort et vous n'aurez perdu que des sous. Par contre, pour la plupart des produits naturels et bien d'autres, on ne peut s'attendre à un effet qu'après un temps relativement long. Encore une fois, une bonne notice est un plus.
Il est possible aussi que le produits ne vous convienne pas alors qu'il convient à votre voisine. C'est un ennui impossible à éviter mais qu'il faut avoir présent à l'esprit, ne fût-ce que pour ne pas déprimer. En un sens heureusement que nous ne sommes pas des clones.
Quittons le rationnel… quand vous aurez bien étudié la question, faites confiance à vitre intuition. Si elle dit "non", il y a beaucoup de chances qu'elle ait raison.

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