Raptus - La découverte du Calife Al-Mamoun

La découverte du Calife Al-Mamoun

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L'histoire et le nom même des véritables constructeurs des pyramides citées, nous l'avons vu, par Hérodote et encore par Diodore de Sicile semble tomber dans l'oubli. Il fallut attendre le Xe siècle et les fouilles du Calife Al-Mamoun pour retrouver des écrits concernant les auteurs des pyramides et les raisons de celles-ci. Cette époque fut riche en révélations plus ou moins empreintes de fantaisie. L'historien Maçoudi, au Xe siècle, raconte que, lorsqu'en l'an 820 le Calife Al-Mamoun vint en Egypte et visita les pyramides, il voulut en faire démolir une pour savoir ce qu'elle renfermait :
"C'est impossible, lui dit-on - il faut absolument en ouvrir une, répondit-il. Et on pratiqua pour lui une brèche qui est encore béante aujourd'hui ; on employa pour cela le feu, le vinaigre, les leviers ; des forgerons y travaillèrent et y dispensèrent des sommes considérables. L'épaisseur du mur était d'environ 20 coudées ; étant parvenus à la fin de ce mur ils trouvèrent au fond du trou un bassin vert rempli d'or monnayé ; il s'y trouvait 1000 dinars, chaque dinar pesait une once. Al-Mamoun admirait la pureté de cet or et ayant fait établi la somme des dépenses qu'avait causées la brèche pratiquée dans la pyramide il se trouva que l'or ainsi découvert était l'équivalent absolu de cette somme. Le Calife fut rempli d'étonnement en voyant que les anciens avaient pu connaître précisemment la somme qui serait dépensée et l'endroit précis où serait trouvé le bassin aux dinars. Ce bassin était, dit-on, d'émeraude ; Al-Mamoun le fit porter dans son Trésor et c'était une des plus étonnantes merveilles fabriquées en Egypte."
Si tous les auteurs arabes s'accordent sur le fait que l'ouverture de la Grande Pyramide par Al-Mamoun, ils diffèrent en revanche profondément sur le résultat de son investigation. Un point cependant demeure acquis ; ils sont tous d'accord pour admettre que la chambre haute contenait un corps. Pour les uns, il était magnifiquement paré, pour les autres, il ne subsitait plus dans le sarcophage que les restes d'un corps sans aucune parure. Il n'est pas impossible d'ailleurs que dans les traditions coptes, où puisèrent les auteurs arabes dont les récits ne sont généralement pas des inventions de leur cru, se sont perpétué le souvenir de richesses extraordinaires découvertes dans quelque pyramide ou tout autre type de tombeau à une époque relativement tardive, et que ces trouvailles aient été ensuite attribuées par eux à Al-Mamoun dans la Grande Pyramide. Citons encore ces lignes de Maçoudi, où éclate l'ignorance compléte de son époque conçernant les auteurs véritables des pyramides : " Les deux grandes pyramides qui se trouvent à l'Ouest de Fostat [Vieux-Caire] et qui comptent parmi les merveilles du monde ont l'une et l'autre 400 coudées tant en long et en large qu'en hauteur... L'une de ces pyramides sert de tombeau à Agathodémon, l'autre de tombeau à Hermès. Ces deux sages sont séparés par un intervalle d'environ mille ans, et Agathodémon est le plus ancien..."


Entre la légende et l'histoire

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