Nicole Péry, secrétaire d'état à la formation professionnelle,
mise sur des parcours individualisés pour pérenniser et professionnaliser
les emplois-jeunes. Un enjeu de taille pour les 245.000 jeunes qui
commenceront à sortir du dispositif en 2002.
Personnalisation des formations et validation des compétences peuvent
permettre de résoudre le délicat dossier de la pérennisation des
emplois-jeunes. C'est en tout cas le crédo de Nicole Péry, secrétaire
d'Etat à la formation professionnelle, qui est venue hier à Marseille
valider l'expérience engagée par l'Association pour la formation
professionnelle des adultes (Afpa).
Dans ce cadre, une trentaine de jeunes, salariés de collectivités
territoriales ou d'associations dans les secteurs de la médiation
sociale et de l'environnement, suivent un nouveau programme dont
l'objectif est de cerner leurs spécificités et leurs besoins afin
de proposer des formations au cas par cas. L'enjeu est ici de s'adapter
à des différences de niveaux très importantes, qui vont du brevet
à des bacs + 4.
La validation des compétences, sans forcément passer par la case
formation, est également privilégiée par le biais des certificats
de compétence professionnelle mis en place à l'Afpa. "Ce type de
dispositif permet de dégager le sens de ces nouveaux emplois et
aidera à l'évidence à leur pérennisation", estime Nicole Péry, qui
relève que les jeunes qu'elle a rencontrés "ont pour la première
fois le sentiment d'être au coeur de la pédagogie" Validation des
acquis.
Pour elle, c'est un parfait exemple de l'application de son projet
de loi de modernisation sociale, fondé sur la reconnaissance des
acquis professionnels qui sera présenté aux députés en janvier 2001.
Satisfaite de la démarche engagée à Marseille, Nicole Péry souhaite
que cette expérience soit étendue à d'autres régions. "L'Afpa a
vocation à mener à bien ses projets dans le cadre de sa nouvelle
implication dans la validation des acquis et le développement d'une
plus grande personnalisation de l'accueil et des parcours de formation",
a souligné le secrétaire d'Etat.
D'ores et déjà, des centres de Bretagne, du Nord-Pas-de-Calais
et de" Rhône-Alpes doivent s'engager dans le processus. Pas question,
toutefois, que l'organisme public de formation soit la seule réponse
à l'avenir des 245.000 emplois-jeunes désormais répertoriés en France.
Au cabinet de Nicole Péry, on explique qu'il s'agit plutôt d'initier
une démarche qui pourrait ensuite être reprise par d'autres organismes
comme le centre national de la fonction publique territoriale, resté
frileux dans ce domaine alors que 30% des emplois-jeunes travaillent
dans des collectivités locales