LES OBLIGATIONS
Caractéristiques d'une obligation
Différences entre action et obligation
Différents types d'obligations
Taux d'intérêt de marché et prix d'une obligation
Taux d'intérêt nominal et taux d'interêt actuariel
Différentes raisons pour acheter des obligations
QU'EST-CE QU'UNE OBLIGATION ?
C'est une valeur mobilière qui représente le titre de créance du porteur de l'obligation sur son émetteur.
L'émetteur de l'obligation doit rembourser à son créancier le montant du prêt à son échéance (appelé "principal")
et payer à son créancier un intérêt sur le capital emprunté (appelé "coupon").
CARACTERISTIQUES D'UNE OBLIGATION
La désignation reprend les principales caractéristiques du titre : émetteur, taux nominal, échéance.
Le code SICOVAM est le code du titre dans la nomenclature de la centrale de règlement-livraison des titres français.
Son nominal : le montant unitaire de chacune des obligations composant un emprunt.
La valeur nominale d'une obligation est aussi sa valeur de remboursement à l'échéance de l'emprunt.
Son coupon ou taux d'intérêt nominal : rémunération due par l'émetteur au porteur de l'obligation.
Ce taux peut être fixé une fois pour toutes au moment de l'émission ou varier au cours de la durée de l'emprunt.
Il sert à déterminer le montant du coupon versé périodiquement et est exprimé en pourcentage du nominal.
Sa maturité ou date de remboursement : date à laquelle le contrat qui lie émetteur et porteur de l'obligation prendra fin.
A ce moment l'émetteur rembourse à chacun des porteurs le principal de l'obligation.
Les obligations ont des maturités de 2 à 30 ans en France et jusqu'à 100 ans aux Etats-Unis et dans certains cas des durées de vie perpétuelles.
Ses modalités d'amortissement : les conditions dans lesquelles le principal de l'obligation est remboursé (ou amorti).
La périodicité de paiement des coupons : trimestrielle, semestrielle, ou annuelle.
DIFFERENCES ENTRE ACTION ET OBLIGATION
| ACTION | OBLIGATION |
|---|---|
| L'actionnaire est un associé qui participe à la gestion de l'entreprise par son droit de vote | L'obligataire est un créancier et n'a pas de droit de vote |
| Touche un dividende calculé en fonction des bénéfices de l'entreprise. Il peut être nul et ne pas être distribué certaines années. | Perception d'un coupon périodique dont le mode de calcul est défini au départ et le paiement garanti par l'émetteur ou un tiers |
| L'actionnaire n'a aucune garantie sur le capital investi. Celui-ci varie en fonction du cours de bourse et peut être ramené à 0. Inversement il n'y a pas de limite théorique à la progression du cours d'une action. D'autre part une action n'a aucune échéance définie si ce n'est le terme légal de 99 ans de la société émettrice. | Le capital est garanti par l'émetteur. A l'échéance de l'obligation l'émetteur rembourse son capital à l'obligataire. En cas de faillite de l'émetteur les droits de l'obligataire passent avant ceux de l'actionnaire, mais après ceux des créanciers chirographaires et inscrits. La durée de l'engagement de l'obligataire est fixée dans le contrat d'émission qui définit la date d'échéance du titre. |
DIFFERENTS TYPES D'OBLIGATIONS
Les obligations à taux fixe sont des obligations donnant droit au versement d'intérêts
d'un montant identique durant toute la vie du titre quelle que soit l'évolution des taux,
et ce jusqu'à son remboursement final.
Les obligations à taux variables ont un coupon dont le montant n'est pas déterminé en valeur absolue à l'émission. L'émetteur fixe seulement son mode de calcul en référence à un indice du marché monétaire ou obligataire. L'indice choisi peut être aussi un indice économique tel que l'inflation comme c'est le cas pour l'OATi. De tels titres sont dits indéxés plutôt que variables.
Trois types de références dominent aujourd'hui le marché obligataire français: l'EONIA, l' EURIBOR, et le TEC 10.
Le coupon des obligations à taux variable peut être payé trimestriellement, semestriellement ou annuellement.
Le laps de temps s'écoulant entre deux détachements de coupons est la période de référence.
Les coupons peuvent être calculés au début de cette période dans les cas des emprunts à taux révisables
ou à la fin à partir d'une moyenne de l'indice de référence dans le cas des taux variables "purs".
Dans les deux cas si le taux de l'indice de référence a monté durant la période de référence,
le prochain coupon à payer sera plus élevé.
Les obligations zéro coupon sont des obligations qui ne délivrent pas périodiquement de coupon.
Le coupon est capitalisé à chaque période (intégré au capital) et génère également par la suite des intérêts.
Les obligations indéxées sont des obligations ayant un index de référence.
Nous ne parlerons ici que de l'OATi ou obligation assimilable du Trésor indexée sur l'inflation.
Depuis 1998, le Trésor Français émet l'OATi qui permet à l'investisseur professionnel
ou particulier de se protéger contre le risque inflationniste.
Ce titre est une obligation à taux réel fixe. Son coupon et son principal sont indéxés sur l'indice des prix
à la consommation hors tabac (IPC).
Les obligations convertibles (OC) offrent au souscripteur la possibilité d'échanger (à l'échéance ou à tout moment)
ce titre contre une ou plusieurs actions de la société émettrice de l'emprunt, à un prix fixé au moment de l'émission.
La conversion des obligations est réalisée par une augmentation de capital, c'est pour cela qu'une émission n'est pas
toujours appréciée par le marché même si le coût financier est plus faible pour l'entreprise.
Ces obligations permettent de s'associer au développement d'une société en prenant moins de risques qu'en acquérant
les actions de la société.
Si le cours de l'action progresse, le cours de l'obligation convertible s'apprécie en général dans les mêmes proportions.
Mais si le cours de l'action diminue fortement, la perte sur l'OC est limitée par son caractère obligataire
qui implique un cours plancher en fonction des taux du marché obligataire.
Une strip OAT est une obligation zéro coupon dans laquelle les coupons ont été retirés. Le prix d'achat se fait en
dessous du nominal = prix remboursé à l'échéance.
TAUX D'INTERET DE MARCHE ET PRIX D'UNE OBLIGATION
L'incidence de la variation des taux intérêts sur les marchés est nulle pour les obligations à taux variable sur leur prix.
En revanche, le prix des obligations à taux fixe évolue en sens inverse de celui des taux d'intérêt.
Deux éléments sont à distinguer, d'une part le taux facial déterminant le montant du coupon en fonction
du nominal de l'obligation
et d'autre part le taux réel de rendement (celui du marché) en évolution permanente.
Le taux réel de rendement est celui de l'obligation de même maturité. De ce fait, le prix de l'obligation varie en fonction
des taux du marché puisque le rapport coupon distribué / prix de marché doit être égal au taux d'intérêt de marché.
Sinon il existe des possibilités d'arbitrage entre obligations.
En cas de hausse des taux le prix des obligations diminue, en cas de baisse leur prix augmente.
Leur sensibilité à ces variations dépend de l'éloigne relatif de l'échéance (croissante).
TAUX D'INTERET NOMINAL ET TAUX D'INTERET ACTUARIEL
Taux d'intérêt nominal
Il s'agit du taux d'intérêt permettant le calcul des coupons.
Ainsi avec un nominal de 10.000 euros et un taux d'intérêt nominal de 5 %, vous percevrez, le plus souvent annuellement,
10.000 × 5 % = 500 euros.
Taux d'intérêt actuariel
Il s'agit du taux d'intérêt réellement perçu par l'investisseur.
Ce taux se calcule à partir de la valeur d'acquisition de l'obligation et en fonction des différents coupons.
Supposons que vous investissiez à l'émission dans une obligation de nominal 10.000 euros à un prix d'émission de 9.900 euros
avec un taux nominal de 5 % pendant 3 ans. Vous percevrez donc des coupons de 500 euros pendant 3 ans.
Le taux actuariel se calculerait ainsi :
9.900 = 10.000 ( 1 + r)-3 + 500 × ( ( 1 - (1 + r)-3) / r
Soit r = taux actuariel = 5,37 %
La différence entre le taux d'intérêt actuariel de 5,37 % et le taux d'intérêt nominal de 5 % s'explique par le montant
de la prime d'émission qui est positive (50 euros).
LA COURBE DES TAUX
En tant que créancier l'obligataire exigera que la rémunération de son investissement soit fonction de la durée de son engagement.
Il se crée ainsi naturellement une hiérarchie des taux de rendement des obligations en fonction de leur maturité.
La représentation graphique de cette hiérarchie est appellée courbe des taux.
La courbe de référence française est ainsi formée avec les taux des OAT classées par ordre de maturité.
La courbe peut adopter différentes formes (plate, inversée ou croissante...) réprésentatives à un moment donné des anticipations des investisseurs.
Lorsque la croissance est forte, ils anticipent une hausse des prix futurs et un relèvement des taux courts à brève échéance.
Ils réclament donc une augmentation de leur rémunération sur le court terme. La courbe des taux adopte alors une forme inversée.
Inversement, à la fin d'une période de récession, lorsque le marché s'attend à un assouplissement de la politique monétaire
pour stimuler le crédit, l'investissement et le consommation,
la courbe reprend graduellement sa pente croissante.
En fonction de cette courbe des taux, ce sera à vous de choisir le meilleur couple temps de détention/rendement.
Dans le cas d'une courbe inversée (taux court terme inférieurs aux taux plus long terme),
il est préférable de détenir des obligations de durée de vie courte.
Dans le cas d'une courbe croissante, plus votre durée sera longue plus le rendement sera élevé
mais ceci est à pondérer par rapport à votre horizon d'investissement.
Ensuite viendra votre propre jugement sur l'anticipation de l'évolution des taux.
Si vous pensez que les taux vont remonter, il vaut mieux acheter des obligations de durée de vie plus courte
et se repositionner plus tard sur d'autres obligations une fois que les taux auront remonté.
DIFFERENTES RAISONS POUR ACHETER DES OBLIGATIONS
Un rendement certain dès l'origine si on garde l'obligation jusqu'à son échéance.
Un capital garanti si l'on garde l'obligation jusqu'à son échéance.
Constitue un matelas solide à une diversification sur d'autres supports plus risqués.
QUALITE DE SIGNATURE
La meilleure signature que l'on puisse trouver sur le marché est celle de l'Etat français.
En effet, on part du principe que le remboursement de la dette de l'Etat français ne peut faire défaut.
Le risque est ainsi nul.
En revanche pour des emtreprises du secteur public ou privé le risque de non remboursement du capital et du versement des coupons
n'est pas nul, l'emprunteur/émetteur doit donc verser une prime de risque ou spread de signature (écart de rendement par rapport à l'OAT)
pour rémunérer ce risque théorique et attirer les investisseurs.
Cette probabilité de défaut est appréciée, au regard des facteurs externes et propres à l'émetteur
pouvant influer sur sa solidité financière, par des agences de notation.
Plus le risque de défaut est élevé plus le spread (écart par rapport au moins risqué) est important et donc le rendement également.
Cette prime se mesure en points de base de taux. Un spread de 70 centimes ou pb implique un rendement de 5.7 %
si l'OAT de même maturité est à 5%.
Il est possible d'assister à des flight to quality obligataires, c'est-à-dire une augmentation de la demande de titres
d'Etat au détriment de titres privés. Ceci implique un écartement des spreads de signature.
CHOIX D'UNE OBLIGATION
Tous les éléments nécessaires au choix d'une obligation ont été évoqué précedemment et sont les suivants :
1. Type d'obligation
2. Maturité et courbe de taux
3. Signature de l'émetteur
4. Stratégie adoptée ?!?
FISCALITE
Coupon (double option) : soit déclarer avec vos autres revenus impliquant une imposition au taux marginal
+ 10 % de prélèvements sociaux (CSG, RDS)
soit opter pour une imposition forfaitaire cad un prélèvement libératoire effectué par l'intermédiaire financier
= 25 %, prélèvements sociaux inclus.
Plus-values (de cession) : imposées au taux de 26 %, prélèvements sociaux inclus, en cas de cessions supérieures à
50 000 F dans l'année.
En cas de pertes, celles-ci peuvent être imputées sur les gains réalisés au cours de la même année ou des cinq années suivantes.
Prime de remboursement (remboursement supérieur au nominal) : pour les obligations émisent après le 01/1992, le régime d'imposition
est le même que celui des coupons.
QUELQUES STRATEGIES
Base de croissance d'un portefeuille diversifié : une base de 40 à 50 % d'obligations dans un portefeuille constitue un socle solide
pour engager une diversification à hauteur de 30 à 40 % en actions et le solde en liquidités afin de faire face à des besoins
de cash ou la saisie d'opportunités de marché.
Jouer une hausse des taux : achat d'obligations à taux variable pour bénéficier de revenus futurs plus importants et éviter
une perte en capital (théorique si jusqu'à l'échéance).
Jouer une baisse des taux : achat d'obligations pour une revente une fois la baisse réalisée puisqu'elle implique une
augmentation du prix de vos obligations. L'effet de la baisse sera maximum plus les obligations choisies seront sensibles (type zéro coupon à longue échéance).
Se protéger de l'inflation : achat d'OATi, en cas d'augmentation de l'inflation les coupons également à proportion.
Constitution d'un capital futur : le zéro coupon est le meilleur support pour se constituer un capital important à terme.
L'occasion peut être la naissance de votre premier enfant. Ceci vous permettra de lui payer ses études à sa majorité.
Constituer un fonds à capital garanti : soit un capital de 100, achat d'une obligation zéro coupon ou d'un strip OAT d'une durée 3 à 4 ans payée 90 et remboursé à échéance 100.
Avec les 10 restants achat de warrants sur CAC 40 (call pour jouer la hausse,
put pour jouer la baisse). Au pire (forte baisse du CAC 40 pour un call warrant et inversement)
vous récupérerez votre capital de départ, sinon votre performance sera au moins de 10 %.
http://membres.lycos.fr/tradefou