HISTORIQUE DE LA BOURSE DE PARIS
LES ORIGINES DE LA BOURSE
En France, la première société dont les parts s'échangeaient date de 1250 à Toulouse, la "Société des Moulins de Bazacle".
Pour la petite histoire, après quelques transformations, cette société a figuré à la cote de la Bourse de Toulouse jusqu'en 1946
sous le nom de "Société Toulousaine d'Electricité du Bazacle".
Après cette première, la Bourse de Lyon ne voit en fait le jour
que vers 1540 et quelques dizaines d'années plus tard, des édits cadrent la profession de "courratier".
C'est en 1639 qu'un arrêt les remplace par le nom resté célèbre jusqu'à la fin du vingtième siècle "d'agent de change".
Pourtant, Paris n'a toujours pas de véritable marché organisé. Les Français ne se tournent guère vers les valeurs
et ce n'est pas la faillite de Law au dix-huitième siècle, dont les titres avaient été largement diffusés dans le public,
qui va les réconcilier avec les valeurs mobilières.
Les efforts de structuration d'un marché se poursuivent néanmoins de 1724 à la Révolution.
Après celle-ci, la corporation des agents de change sera même dissoute et la Bourse sera fermée définitivement,
pour quelques semaines seulement.
Tout redémarre en 1801, année de l'officialisation de la Bourse avec 71 agents de change.
Le célèbre Palais Brongniart, quant à lui, n'est achevé qu'en 1827. La Bourse se lance en même temps que l'ère
industrielle se concrétise (voir l'iconographie transmise par Olivier Bondois) : le nombre d'actions cotées passe de 7 en 1800
à 152 en 1853 pour dépasser 800 valeurs en 1900 après que la constitution de sociétés anonymes ait été grandement facilitée.
Parallèlement à la cote officielle tenue par les agents de change s'étaient développées des transactions sur des valeurs
non admises et assurées par des "coulissiers" - qui traitaient en dehors du Palais, sous la colonnade. Ils ont obtenu un
statut pendant la deuxième guerre mondiale, puis, pour rationaliser la profession, ils furent assimilés aux agents de change en 1962.

LA REFONTE DES INSTITUTIONS
La Bourse de Paris pouvait paraître bien archaïque il y a quelques années encore.
Tout est bien différent désormais. La cotation des valeurs mobilières a quitté les parquets du Palais pour entrer dans de
vastes réseaux informatiques. De fait, plus de Bourses de province ou de Paris il n'existe plus qu'un vaste marché national,
les intermédiaires agissant directement sur toutes les valeurs de la cote.
La modernisation ne s'arrête pas aux systèmes de cotation, elle concerne également l'organisation et les pouvoirs des
institutions. A l'époque des agents de change, ces institutions étaient des organismes de place, qui réunissaient les agents
de change liés par une solidarité indéfinie en cas de défaillance de l'un d'eux.
Les anciennes institutions ont été remplacées plus tard par le Conseil des Bourses de Valeurs et la Société des Bourses Françaises,
mises en place par la loi de janvier 1988. Surtout, en 1988, les charges d'agent de change étaient remplacées par des sociétés de Bourse - sous forme de sociétés de capitaux.
La modernité de la place financière parisienne a ouvert la voie aux investisseurs étrangers.
Ils sont aujourd'hui très présents à la Bourse de Paris. Un chiffre : en quelques années, leurs achats de valeurs mobilières
françaises ont été multipliés par quatre. On estime que les étrangers comptent entre le tiers et 40% de la capitalisation
boursière des sociétés cotées en France.
Le marché des actions se place dans le peloton de tête du palmarès mondial, avec une capitalisation boursière
qui dépassait les 5.400 milliards de francs à la fin du mois de mai 1998. Et la cote ne cesse de s'enrichir de nouveaux titres,
avec les privatisées parmi les plus grosses sociétés, comme France Telecom qui, à lui seul, a représenté plusieurs dizaines de milliards
de francs de titres mis sur le marché.
UN MARCHE REGLEMENTE
Le marché réglementé s'oppose au marché de gré à gré. Un marché de gré à gré ne s'appuie sur aucune structure :
les transactions sont effectuées entre deux opérateurs sur des produits émis librement (ou presque). Le marché réglementé,
lui, repose sur des institutions qui réglementent les émissions et les transactions, organisent la cotation et le dénouement
des opérations à l'aide d'un ensemble d'outils. Le point clé d'un marché réglementé est sa sécurité, garantie par les
institutions.
On peut présenter les structures des marchés réglementés en plusieurs étages. En partant du plus haut,
ce sont les autorités gouvernementales qui peuvent avoir la haute main sur les marchés, le cas de nombreuses places
financières. L'organisation repose sur trois pôles : une entreprise de marché (Parisbourse ou SBF), un conseil (CBV) qui édicte des règles à observer
par les marchés réglementés et un organe de surveillance (COB).
En France, les pouvoirs publics ont une influence plus ou moins diluée sur l'organisation du marché.
Un organisme comme la Commission des Opérations de Bourse (la COB, dont l'existence remonte à une ordonnance de septembre 1967),
avec un président nommé par l'Etat, voit, par exemple, ses pouvoirs sans cesse renforcés.
La COB dispose d'un pouvoir de surveillance des marchés, de leurs acteurs, dont notamment leurs émetteurs qui font appel
public à l'épargne. En parallèle, un Conseil (le Conseil des Marchés Financiers) exerce une sorte de pouvoir législatif.
Il édicte des règles à observer et se voit soumettre le règlement mis en place par la Bourse de Paris.
Ensuite, l'entreprise de marché (SBF ou Parisbourse) gère les cotations et veille au respect d'une déontologie par ses membres.
Le capital de cette entreprise est notamment détenu par les sociétés de Bourse, et par quelques grandes institutions financières.
LA MISSION DE LA SBF
A la Bourse de Paris est associée une chambre de compensation - ce n'est pas la situation la plus courante - des titres et un système de paiement. La compensation des titres a été grandement facilitée par la "dématérialisation" de la fin de 1984. Il ne circule plus aucun titre papier. Un titre n'est plus qu'une inscription en compte gérée par la Sicovam (Société interprofessionnelle de compensation des valeurs mobilières, créée en 1949).
LA COTATION ELECTRONIQUE
Quel que soit le compartiment de cotation, la cotation est effectuée par informatique, la criée ayant disparu depuis plusieurs années pour les actions. Le système électronique a été introduit à la Bourse de Paris dès juin 1986 dans une Bourse qui avait vécu des décennies de criée, avec ses groupes de cotation et sa fameuse corbeille disparue au milieu de 1987.
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