LES PRIVATISATIONS
LE CAS FRANCAIS
En France, le
phénomène de privatisations est éminemment politique avec des prises de
position très tranchées qui font resurgir la dualité droite-gauche au sein de
la classe politique. C'est en fait avec les élections législatives de 1986, qui
avaient porté la droite au pouvoir, qu'est lancé le programme de privatisations
en France. Le mouvement est alors de grande ampleur puisque pour la seule année
1987, les dix opérations réalisées sur le marché ont porté sur une
capitalisation boursière de 93,5 milliards de francs (les 20 opérations de l'ensemble du
programme britannique de 1979 à 1986 a représenté seulement 65 milliards de francs).
Après une période
marquée par le désormais célèbre dogme du "ni-ni" du président
François Mitterrand, le retour de la droite au pouvoir, en 1993, a permis au
programme de privatisations abandonné depuis 1988, de reprendre.
En France, les enquêtes soulignent, entre autres, l'importance des privatisations dans la constitution d'un
actionnariat individuel.
Au total, 5.6 millions d'actionnaires individuels (record : 6.2 millions en 1987)
détiennent des actions de privatisées et plus de 3 millions ne détiennent que ce type
d'actions". La privatisation de France Telecom ayant remporté un succès
sans précédent auprès des particuliers, puisque 3,9 millions d'actionnaires
individuels ont souscrit (précédent record: 3,85 millions pour Paribas, en
1987).
Il faut encore se
rappeler qu'au début des années 80, la France comptait moins de 2 millions
d'actionnaires individuels. "Près d'une personne sur deux a acquis ses
premières actions à l'occasion des privatisations de 1986/87 comme de
1993/95".
Si on ne peut donc justifier le programme de privatisations français par la
volonté de constituer un actionnariat populaire, force est de constater que la
mise en oeuvre de ce programme a eu cette conséquence.
LA LOI DE 1993
En France, la loi sur les
privatisations, parue au Journal Officiel le 19 juillet 1993, établit le cadre
juridique. Le gouvernement fixe dans un premier temps la liste des entreprises
privatisables (décret) puis a la possibilité de transformer, si la protection
des intérêts nationaux l'exige, une action ordinaire en "action
spécifique" (traduction de la "golden share" anglo-saxonne),
assortie des droits suivants :
1 - le pouvoir d’agrément
pour le franchissement d'un ou plusieurs seuils de détention par une ou
plusieurs personnes agissant de concert;
2 - le pouvoir de nommer
un ou deux membres sans voix délibérative au conseil d'administration ou de
surveillance;
3 - un droit de veto sur
les cessions d'actifs de nature à porter atteinte à l’intérêt national.
Intervient donc ensuite la
Commission de la privatisation, composée de sept membres - dont un président,
tous astreints au secret professionnel et nommés par décret pour 5 ans, choisis
"pour leur compétence et leur expérience en matière économique, financière
ou juridique". Cette commission fixe un prix de cession plancher puis
donne un avis conforme après que le prix d'offre a été officialisé par le
gouvernement.
http://membres.lycos.fr/tradefou