trisomie et avenir
AVANT PROPOS.
On évoque
l'éducation des enfants, sans, pour autant, se préoccuper de celle des parents.
Dés la
naissance de l'enfant, les parents ont appris, de façon assez complète, en quoi
consistait le handicap. Les jours passants, ils commencent, peu à peu, à songer
à l'avenir.
Les contacts
avec les associations, les amis et la lecture ne parlent pas toujours à l'unisson
sur la façon de préparer l'avenir de l'enfant.
Dans ce
contexte, les parents, tiraillés entre des conseils parfois contradictoires,
ont des difficultés à élaborer des projets d'avenir
Nous allons
essayer, en examinant les éléments en jeu et les diverses solutions envisageables,
en se posant des questions, de donner aux parents les éléments
nécessaires leur permettant de faire leur choix.
APERCU ET ETUDE DU PROBLEME A TRAITER.
Nous parlerons seulement
des enfants trisomiques.
Notre premier objectif
étant de tendre vers un projet de vie pleine de quiétude pour nos enfants.
a) Ce
qui caractérise les personnes trisomiques, par rapport aux autres hommes,
c'est leur niveau mental qui sera , leur vie durant, celui d'un jeune
enfant.
Cette caractéristique,
reconnue par tous, nous invite à en tenir compte, afin de ne pas leur demander
davantage d'efforts intellectuels que ceux que l'on demande à des enfants
du même âge mental. Notre ligne de conduite devra toujours tenir compte
de ce facteur.
- b) Il
est utile de savoir qu'aucun traitement, qu'aucune méthode miracle, ne changera
rien au handicap de la personne trisomique.
- Avec de la patience,
du temps et beaucoup d'amour, l'enfant, parfois, fera de grands progrès
mais , il faut faire très attention à ce que ces progrès n'induisent pas
en erreur, son Q I n'en sera pas, pour autant, devenu plus élevé.
-
- c)
Ainsi que nous tous, certains seront plus doués que d'autres.
Une plus ou moins bonne
mémoire, par exemple, jouera un rôle non négligeable dans l'apprentissage
des choses de la vie et l'éducation.
Un aspect de leur comportement
semble commun à tous : leur gentillesse.
N'est ce pas là une caractéristique
propre à ceux qui ont conservé leur âme d'enfant ?
Une remarque importante
: ne disons jamais, dans un sens général : les personnes trisomiques sont capables
de faire ceci ou cela. Nous entendons souvent de tels propos alors qu'ils sont,
comme tous les humains, différents, les uns par rapport aux autres.
Pour nous en convaincre,
regardons autour de nous. La filière suivie par quelques-uns uns n'aura
jamais le même résultat, pour tous, à l'arrivée.
d)Il
faut aussi savoir que certains enfants, malgré tous les efforts déployés,
resteront au bord du chemin ; leur handicap étant trop important.
Ils seront heureux dans
une structure adaptée au problème qui est le leur.
e) L'avenir
de l'enfant dépendra aussi de divers facteurs comme :
LES DIVERS PROGRAMMES.
Ces diverses options, non
limitatives, sont fonction des souhaits des parents mais, aussi des possibilités
locales ou éloignées, du niveau physique ou intellectuel de l'enfant.
- Au moment du choix,
celui-ci devra toujours tendre vers le bonheur de l'enfant.
- Ce dernier, incapable
de prendre une décision, qu'on ne lui demande d'ailleurs pas, sera tributaire
de celles prises par d'autres qui devront penser à lui, avant de s'engager.
REFLEXION SUR UNE LIGNE DE CONDUITE
A SUIVRE.
- Il serait utile, pour
les nouveaux parents, dés la connaissance du handicap, d'entrer en rapport
avec d'autres parents ayant, en leur temps, vécu ces moments difficiles, parfois.
- Il est toujours bénéfique,
dans ces moments là, d'avoir des contacts humains. Peu à peu, on fait part
de ses projets, de ses espoirs, en même temps que l'on découvre toutes les
réussites et tous les échecs du passé, survenus chez les amis.
C'est souvent, au sein
des associations, qu'ont lieu ces rencontres. Un réconfort nécessaire y est
trouvé.
Avant toute nouvelle décision
concernant les projets d'avenir, il est indispensable des vivre cette nouvelle
expérience dans le calme, en sachant que cet enfant, même s'il n'est pas comme
les autres, a, devant lui, un avenir qui sera le sien propre ; son handicap
ne l'empêchera pas d'être heureux, pour peu que ses parents ne lui
demandent jamais de missions impossibles.
Une connaissance assez
complète des filières actuelles, choisies par des parents, sera nécessaire afin
de faire un choix qui décidera de l'avenir.
Quelques recherches sur
le NET nous y aideront ; on y trouve :
1) Les
différentes associations, créées naguère par les parents, qui proposent un
cursus classique, à savoir : IME puis CAT.
Tous les parents les
connaissent ; une majorité y adhèrent.
Il est à noter que si
les enfants trisomiques y sont nombreux, ces établissements accueillent aussi
des enfants ayant d'autres handicaps.
- 2) Ensuite,
nous trouvons diverses associations de parents d'enfants trisomiques dont
le but, en général, est la scolarisation des enfants, en milieu ouvert ou
en classes spéciales.
- Un autre but, parfois,
est l'intégration au sein de la société. La fréquentation, en classe, des
autres élèves, serait un premier pas vers l'insertion.
3)
On rencontre aussi, sur le NET, des personnes demandant
la fermeture de toutes les IME ainsi que le transfert de tous les enfants
s'y trouvant, dans les écoles de la république.
LA MATERNELLE, L'ECOLE, ET COMMENTAIRES.
- 1)
Le passage par la maternelle, dans le cas où l'enfant serait jugé apte à
y être admis, est, je crois, nécessaire à son éducation.
- Bien qu'un peu traumatisant,
il apprendra à l'enfant qu'il n'est pas seul au monde, objet de tous les
soins.
- Il y fera la connaissance
des petits copains avec lesquels, il apprendra à partager.
- Il découvrira la discipline.
Cette première séparation d'avec la famille le préparera à la vie en société.
2)
Depuis des années, maintenant encore, des parents on cru, en l'absence de
remèdes efficaces, que la solution, pour leurs enfants, passait par l'école.
Avant d'aborder ce chapitre,
je voudrais expliquer aux parents les risques encourus par l'enfant handicapé,
fréquentant l'école.
Rappelons-nous l'école
de notre enfance ou la moindre différence, la moindre anomalie ; la non-conformité
à la norme, provoquait les remarques, les moqueries, les brimades de la part
de certains gosses. L'homme est toujours un loup pour l'homme ; cette mise
à l'écart existe toujours, rien n'a changé.
Ca se passe toujours
dans les coins. Quel est celui d'entre nous qui n'avons jamais vécu ces moments
malheureux où, l'enfant différent pleurait, tout seul, dans son coin ?
Dans des temps pas si
anciens, savoir lire et écrire permettait de se faire une place dans la société.
Certains parents croient
encore que si l'enfant sait lire ; ils n'osent même pas parler de l'écriture
et des autres matières inaccessibles, il commencera à être tiré d'affaire
; son handicap devenu moins visible, il sera moins remarqué ; ses parents
seront fiers de lui. Quelques fois, aussi et c'est humain, on n'ose pas envisager
l'IME.
3) Je
crois que les parents sont induis en erreur par certains qui prônent l'école
pour tous en affirmant que c'est un droit, un devoir, une obligation,
sans se préoccuper de savoir si les enfants sont en mesure d'assimiler l'enseignement
dispensé dans les diverses écoles.
Les mêmes oublient
systématiquement de citer des exemples de réussites vécues
et vérifiables ; ne parlant jamais d'un éventuel palmarès.
- Je n'exclue pas, pour
autant les quelques réussites exceptionnelles des enfants surdoués que l'on
rencontre parfois. On trouve aussi, des enfants semblant lire parfaitement.
Ces "lecteurs", dont la démonstration est souvent spectaculaire,
ne comprennent rien au texte lu.
- Ils possèdent une
très bonne mémoire, on assimilé la phonétique des lettres et des syllabes
mais leur vocabulaire, trop pauvre, constitué de quelques centaines de mots
usuels ainsi que la méconnaissance de la grammaire, ne leur permet pas de
comprendre ce qu'ils lisent.
-
- On voit aussi des
enfants qui, à force de répétitions, lisent des mots où des phrases maintes
fois ânonnées, tirées des livres de classe mais rapidement oubliées si
l'exercice est abandonné.
- C'est sympathique
mais sans intérêt bien que, parfois, on entende parler de lecture. Combien
de vains efforts, de la part de l'enfant pour ce résultat.
-
-
- Il ne faut pas oublier
les jeunes dont j'ai déjà parlé ; ces cas rares de surdoués que l'on rencontre
chez les trisomiques comme chez les autres humains.
- Ils étonnent et
nous les admirons, heureux qu'ils soient de leurs performances.
- Les parents doivent
savoir que ce rêve n'est accessible qu'a très peu d'enfants.
-
-
DE LA MATERNELLE A L'AGE ADULTE.
- L'enfant doit poursuivre
son éducation.
-
- Nous venons de voir
l'inanité de la fréquentation de l'école élémentaire. Elle n'est pas organisée
pour recevoir nos enfants, ayant déjà des difficultés avec les enfants qu'elle
reçoit dont vingt pour cent, dit on, en sortent analphabètes.
- Il est une autre voie
possible, suivie par la majorité de nos enfants ; c'est l'IME.
-
- Pourquoi l'IME
?
- Parce que créée par
des parents, alors qu'il n'y avait rien.
- Parce que, en général,
gérée par des parents.
- Parce que, conçue pour
nos enfants.
- Parce qu'on y enseigne
tout ce qui est utile à nos enfants.
- Parce qu'on y trouve
tout le personnel spécialisé, depuis l'éducateur, en passant par l'orthophoniste,
le psychologue, le kiné, le pédiatre et, encore d'autres encore. Parce que,
c'est très important, nos enfants y sont heureux.
-
- On y enseigne des tas
de choses, qui ne sont pas apprises à l'école primaire, les autres élèves
n'en ayant pas besoin.
- En alternance avec les
jeux ; ce sont : un vocabulaire ; de l'adresse manuelle, la vie en société
et la façon de se comporter, le partage, la politesse, les soins corporels
; on découvre aussi ce qui est défendu et bien d'autres choses, encore.
- Tout cela s'appelle
l'éducation.
-
- Ces leçons sont répétées
et complétées en famille. L'IME n'oubliera pas, en fonction
des possibilités de chacun, les leçons de lecture et d'écriture.
- Parfois, un enseignant
spécialisé viendra dispenser ses cours, à la satisfaction des parents. Parallèlement,
il existe des opportunistes promettant la lune. Ce sont des soins innovants,
des conseils, des méthodes nouvelles ; parfois apprises à l'étranger ; ou
bien des écoles ou institutions au palmarès éblouissant mais inexistant.
- Parents, faites très
attention.
-
INTEGRATION ET OCCUPATIONS.
- 1) L'enfant,
arrivant à l'age adulte, il est indispensable de prendre une décision concernant
son avenir.
- Il serait néfaste
de laisser l'enfant, devenu adulte, dans l'inactivité. L'occupation qu'il
aura choisie, devra lui plaire.
- Il faudra éviter tout
travail solitaire.. Il sera accepté, sans réticences, par l'entourage.
-
- Je crois, aussi, qu'il
faut éviter des changements fréquents, d'occupations. Dans quelques
rares cas, dans un milieu connu et spécialement protégé,
une occupation peut exister.
Ce sera toujours une
exception.
-
-
Où trouvons-nous, dans
le privé, des emplois tenus par des personnes trisomiques ?
On évoque aussi
l'éventualité d'une intégration sociale. Quelle est
la signification du mot intégration ?
Est t'il envisageable
de lâcher, seule, dans la nature, une personne trisomique ?
Ce sont, nous le savons,
malgré leur majorité, malgré leur degré d'évolution, toujours de
grands enfants, incapables de prendre seuls, une décision, incapables
de se défendre contre les écueils rencontres, à la merci de tous les pièges.
Une disposition de la
loi règle ce problème.
Une personne, handicapée
mentale est, au décès de ses parents, confiée à
un tuteur. La loi a jugé de l'incapacité de ces personnes
à vivre indépendante.
- Nous venons de voir
que l'intégration, vraie, totale n'était pas envisageable.
L'intégration partielle
est sans intérêt. Ce qui, par contre est possible, c'est l'intégration
provoquée et conduite par les parents.
- Elle consiste à imposer
toujours et partout, son enfant puis son adulte. Il ne doit jamais avoir
de lieus tabous si le public y a accès L'adulte est tellement heureux d'aller
voter, même si le scrutateur, parfois fait la grimace.
-
- 2)
Nous avons vu l'obligation de donner une occupation à nos enfants.
- Interrogé, peu de
temps avant de nous quitter, le Professeur Lejeune, m'écrivait que la meilleure
occupation, pour les personnes trisomiques était le travail en CAT.
Nous connaissons le cadre
et les activités d'un CAT. Les personnes sont financièrement
indépendantes. Le travail qui leur est confié, souvent choisi, est en rapport
avec leurs capacités physiques et mentales.
- Cette occupation les
valorise. Comme maman ou papa, ils gagnent leur vie.
- Ils peuvent payer
par chèque même si la valeur de l'argent n'a, pas beaucoup de signification.
- Dans les ateliers
l'ambiance est bonne ; le travail, dans leur esprit, ressemble aux occupations
passées.
- En plus du travail,
il y a les copains et les copines et toutes les histoires qu'ils se racontent.
-
- Si nous résumons ce
que nous avons lu, nous constatons qu'en réalité, enfants, ils sont mais,
aussi, ils resteront leur vie durant.
-
- Avons nous le droit
de les obliger, alors qu'ils n'en sont pas capables, de se façonner à notre
image ?
- Quelle en serait la
raison profonde ?
- Seraient-ils, pour autant,
plus heureux ?
-
- Pour ma part, je ne
le crois pas.
-
- Laissons taire notre
désir de vouloir toujours faire ce qui n'est pas possible, pour nos enfants,
d'autant plus que les résultats, après tous les efforts demandés, ne sont
pas souvent à la mesure de nos espoirs.
-
- Pour terminer, je m'adresserai
aux jeunes parents, à ceux qui, pleins de projets, rêvent de révolutionner
le monde, à ceux qui veulent essayer de tenter l'impossible afin d'effacer
le handicap, à ceux qui pensent que les anciens n'ont pas su faire.
-
- Je leur demande de bien
lire et peser chaque argument évoqué et, surtout, comme tout ce qui précède,
de comparer objectivement, sans concession, les promesses entendues
ou écrites, les recommandations ou les conseils, donnés par certains, avec
la réalité et les résultats constates par eux même et non racontés par d'autres.
-
- Les jeunes parents doivent
savoir que, depuis longtemps déjà, ces désirs concernant l'instruction et
l'intégration, vux légitimes de tous les parents, ont été évoques et
souvent essayes, sans que, presque jamais, des résultats tangibles ne soient
apparus.
-
- Toutes ces expériences
n'auraient qu'une importance relative s'il ne s'agissait pas de risquer de
perturber le bonheur et la joie de vivre qui sont toute la vie de nos enfants
qui ne doivent jamais servir de sujet d'expériences, posons-nous la question
:
-
- A part le désir des
parents de voir leurs enfants lire et, peut-être écrire comme les autres enfants
; à quoi ça sert ?
- En quoi seraient utiles
les quelques rudiments de lecture que peuvent acquérir quelques-uns uns ?
- Est-ce que l'avenir
qui les attend serait meilleur ?
- Seraient-ils plus heureux,
pour autant, en sachant déchiffrer quelques mots ?
-
- Croyons-nous que nos
enfants désirent d'eux-mêmes devenir indépendants par un relâchement des liens
qui les unissent à la famille ?
- Est-ce qu'au fond d'eux
même ils voudraient voler de leurs propres ailes ?
- Désirent-ils
briser le cocon qui les protège alors qu'ils viennent parfois, en pleurant,
demander secours à papa ou a maman ?
-
- Si des parents le
pensent, autant d'enfants continueront d'être heureux de vivre.