Le Strip-tease est pour certain un
véritable art, le 9ème disait-on dans les années 60. Cet art du déshabillage
apparaît peut à peut au crépuscule du XIXème siècle. La France de la Belle Epoque voit les mondains
se bousculer au Divan Japonais, aux Folies Bergères, à l'Olympia
et autres cabarets pour assister à un nouveau type de spectacle : l'effeuillage. Ainsi,
Renée de Presle, Louise Willy, Angèle Heraud, la Belle Otéro, toutes effeuilleuses à
succés, remplissaient les salles.
L'Amérique de la ruée vers l'or, elle, assiste à l'arrivée de nouvelle venue, de
véritables fleurs de saloon qui chantent, dansent et jettent leurs jupons par dessus les
potences. Pour ne pas trop froisser une amérique puritaine, des comiques s'introduisent
entre deux strip-tease et le tour est joué. Ainsi, ces spectacles appelés
"Burlesques" n'offusquaient en rien la morale et servaient avant tout à
distraire les travailleurs. Alors que le strip-tease se spécialise et s'affine,
l'effeuillage français décline. La célèbre Mata Hari, la "Danseuse Sacrée de
Java", abandonne dés 1914 les planches des cabarets parisiens pour entamer sa
carrière de l'ombre. Le music-hall et ses revue nues des années 20 attire de plus en
plus le public. On vit bien encore quelques numéros d'effeuillage dont le célèbre
"Bain de la Parisienne" de Melle Troizky en 1935, mais la guerre met fin à ses ébats
aquatiques. Cependant, outre-atlantique, les spectacles du burlesque triomphent. Les
années 50 qui préparent à la libération sexuelle intègre le strip-tease dans la
culture populaire, il fait partie du "rêve américain". |