Il ne se passe plus une
semaine sans que le scandale de la MNEF ne fasse les gros titres des journaux. Pour le
Parisien, "l'argent des étudiants est détourné". Libération dénonce
"un réseau de copinage frauduleux" et "l'obscur gestion à tiroir" de
la mutuelle.
Touche pas au grisbi
Vous cotisiez pour bénéficier d'une
complémentaire santé ? Et bien, sachez que vous versez également votre aumône à une
uvre de "social-démocratie étudiante" (Manuel Valls) ou encore que vous
entretenez la "pouponnière du PS" (Jean-Marie Le Guen) ! Des mesures urgentes
s'imposent pour juguler ce qui s'avère une affaire URBA à l'échelle du monde étudiant.
La désignation d'un administrateur provisoire ne peut être qu'une solution transitoire,
dont il ne faut pas d'ailleurs attendre des miracles. Pour l'heure, tant que la situation
ne sera pas assainie, la démission des représentants de la MNEF de tous les organes
paritaires de l'éducation nationale apparaît souhaitable. A terme, l'organisation
d'élections est la seule solution pour sortir de l'impasse. Cependant, en l'absence d'une
réforme des statuts, du règlement intérieur et des pratiques actuellement en vigueur,
qui jusqu'à présent ont servi à assurer la mainmise d'un clan, ces élections ne seront
qu'une vaste fumisterie destinée à porter au pinacle une organisation, dont la
responsabilité morale est accablante. Y prendre part, dans de telles conditions, serait
les cautionner.
Dégraissons le mammouth
Bénéficiant, depuis des années, des
prébendes de sa mère nourricière au frais des assurés sociaux, l'Unef-id est devenue
le tamagotchi de la MNEF, sa poupée qui dit "oui" quand on la berce. Son action
est largement commanditée par les intérêts de la mutuelle. Sa revendication
démagogique de revenu minimum étudiant, au coût exorbitant pour la collectivité,
n'a-t-elle pas d'ailleurs d'autre finalité que d'assurer une clientèle solvable pour
rentabiliser les projets immobiliers de sa maison mère ? Comment peut-on dès lors
accorder un quelconque crédit à des apparatchiks syndicaux-VRP, qui ont l'audace de se
proclamer indépendants ? Il est temps de dégraisser le mammouth de ces tartuffes. Ses
représentants dans les instances de la mutuelle sont au mieux des potiches, au pire des
complices, par leur négligence coupable, des malversations commises.
Il est grand temps que la MNEF cesse
d'être la cour des miracles des coteries de la gauche plurielle et de son arrière ban
étudiant. Pour qu'elle redevienne la mutuelle des étudiants de France, l'UNI propose de
renouer avec une conception gaullienne de la Participation étudiante, où cogestion rime
avec coresponsabilité, où représentation ne signifie pas impunité, en rupture avec
l'ormerta régnante. Révélant les ambiguïtés de "l'économie sociale", le
scandale de la MNEF démontre la nécessité d'une plus grande transparence financière.
Celle-ci passe en particulier par la rupture du cordon ombilicale avec sa clientèle
d'associations satellites, par une soumission au Code des marchés publics, ainsi que par
la publication de comptes consolidés, permettant de distinguer le solde des remises de
gestion des résultats des activités d'assurance complémentaire et de diversification
commerciale.
Sauvons la sécurité sociale étudiante
Au delà des règlements de compte au sein
de la gauche plurielle, certains voient dans la crise de la MNEF et le démembrement
probable d'une partie de ses activités, l'occasion de tordre le cou au régime étudiant
de sécurité sociale. Agitant la perspective d'une assurance maladie universelle, la CNAM
gérée par la CFDT intrigue pour que la gestion déléguée du régime de sécurité
sociale des étudiants retourne dans son giron. Le président de la Fédération Nationale
de la Mutualité Française, quant à lui, appelle de ses vux la création d'une
grande mutuelle étudiante unique. Dans le premier cas, c'est l'étatisation du système
qui est recherchée et par conséquent la dépossession des étudiants de la gestion de
leur assurance sociale. Dans le second cas, c'est un retour inacceptable au monopole,
contre lequel l'UNI avec d'autres s'est érigée dans les années soixante-dix. L'UNI
rejette cette alternative et condamne ces apprentis-fossoyeurs, qui font peu de cas des
étudiants.
Or, quelle que soit l'issue du dossier,
c'est à eux qu'appartient le denier mot. Au moment des inscriptions, ils ont le choix
entre une MNEF, qui déshonore le mouvement mutualiste, et des mutuelles étudiantes
régionales, dont le dynamisme, le probité et la rigueur de gestion ne sont plus à
démontrer.