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Surprise : Le
gouvernement confirme le bon droit de l'UNI
L'UNI a appris ce vendredi 20 avril 2001 que sa demande
de suspension en référé du projet Sciences Po ZEP a été rejetée par
le Tribunal administratif de Paris. Le Juge administratif aurait
considéré que, même si les épreuves en question devaient débuter dans
les prochains jours, l'intérêt de cette " expérience "
impliquerait que l'urgence ne justifie pas sa suspension. Le Juge en
aurait alors déduit qu'il n'y avait pas urgence à statuer.
Au regard de ce qui semble apparaître comme une
contradiction de motifs et une méconnaissance du champ d'application de
la loi en matière d'expérimentation, l'UNI a l'intention de saisir le
Conseil d'Etat dès la notification de l'ordonnance de référé, afin que
celui-ci statue sur le dossier Sciences Po dans le cadre des procédures
d'urgence instituées.
Cette péripétie ne remet pas en cause le recours en
annulation déposé par l'UNI. Bien au contraire, le fait que le
gouvernement prépare dans la précipitation un " dispositif
législatif " prouve que l'UNI a raison sur le fond. En l'état, le
dispositif Sciences Po ZEP sera annulé par la Justice par les motifs
soulevés par l'UNI : incompétence du conseil de direction de Sciences Po
et remise en cause du principe républicain d'égalité par ces
conventions ZEP, qui instaurent une discrimination flagrante entre
lycéens de ZEP et les autres ayant pourtant obtenu le même
baccalauréat, considéré encore comme un examen national.
Le gouvernement semble tenté par une manœuvre de
" validation législative préventive ". Cette démarche serait
un cruel désaveu pour le directeur de Sciences Po, Richard Descoings,
qui, pour avoir agi dans la plus complète illégalité, se voit contraint
de mendier le soutien du gouvernement et du parlement.
Pour l'UNI la question cruciale de la démocratisation
reste un sujet d'actualité, mais le directeur de Sciences Po apporte de
mauvaises réponses à cette vraie question. Elle lui permet tout au plus
de se donner bonne conscience alors que tous les lycéens socialement
défavorisés, qui ne sont pas tous scolarisés en ZEP, sont exclus
d'emblée de sa réforme. |