Des solutions contre la pub >uZine >15 mars 1997


Ils ont trouvé la solution !


Vous reprendrez bien un petit banner ?
Non merci.



MISE A JOUR : UNE MEILLEURE METHODE



Quand, par un petit matin d'hiver, au CERN, un certain Tim décida soudain d'inventer le Word Wide Web, il n'avait pas vraiment en tête de vendre des casseroles mais plutôt de partager des informations relatives à des électrons qui tournent en rond. De ce navrant manque d'ambition découle une conséquence plutôt sympathique : il manque au Web beaucoup de fonctionnalités qui raviraient les marchands de tous crins. Non seulement ils ne connaissent ni notre adresse ni notre numéro de téléphone mais le plus souvent notre nom même leur est inconnu. Fidèles à leur rang, les minables bricolent alors des pièges grotesques pour p iquer l'e-mail des visiteurs, comme ces insectes ou ce mufle. Pendant ce temps, les américains, toujours plus pros surtout quand il s'agit de faire consommer, mettent au point de savants systèmes et de puissants accords. Voyez par exemple comment les banners d'Altavista peuvent servir à vous ficher avec une grande précision. Et même en-dehors de ces manoeuvres puantes, les banners sont insupportable à la fois par leur bêtise, leur laideur, la gène à la lecture qu'induit leur clignotement et le temps qu'ils mettent à se charger.

Contre ces bricolages, on peut se défendre de la même manière. A notre tour de jouer avec les particularités techniques du Web. Une des plus intéressante est le fait que, lorsque je charge une pa ge, le serveur ne m'envoie pas la page telle que je la vois, avec toutes ses images. Il m'envoie en fait simplement le texte de cette page et les adresses des images. C'est alors à moi (mais le plus souvent le client Web s'en charge de maniè re transparente pour l'utilisateur) d'aller demander une par une chacune des images au serveur sur lequel elle réside (qui n'est pas nécessairement le même que celui qui abrite le texte). La première parade contre les banners es t simple et infaillible : configurer son client pour qu'il ne charge pas les images. Tous offrent cette option, prévue à l'origine pour faciliter le surf en cas de faible bande passante mais qui s'adapte très bien à notre objectif. Aucune requête pour les images n'est envoyée, donc non seulement je n'ai pas à supporter le banner mais en plus le site sur lequel il réside n'entend même pas parler de moi et n'apprend donc rien à mon &ea cute;gard. Il est alors encore temps de demander à son client Web de charger telle ou telle image, en fonction de l'importance qu'elle semble avoir dans la page. Pour simple et efficace qu'elle soit, cette solution devient pénible avec le no mbre toujours croissant de sites reposant quasi obligatoirement sur les graphiques ou dont la version texte est bien plus laide que la version graphique. Là est sa limite.

Une autre solution, moins évidente, est d'être plus sélectif. Et de ne refuser de charger que certaines images : celles résidant sur des serveurs du type ad.doubleclick.net ou ad.linkexchange.com p ar exemple, bien connus pour être de grands pourvoyeurs de banners et, en raison de la taille de leurs réseaux respectifs, d'excellents candidats au poste de Big Brother à la petite semaine. Alors bien sûr, on n'élimine pa s ainsi tous les banners. Ceux hébergés sur le même serveur que le texte de la page passent entre les mailles du filet, mais on en évite quand même un bon nombre, qui sont les plus odieux parce que capables de nous suivre à la trace de site en site. Mais comment mettre en oeuvre cette solution si, comme moi, vous ne vous voyez pas programmer votre propre client Web ? Tout simplement en utilisant les logiciels qui savent faire ce genre de filtrage basé su r l'adresse du serveur : les fameux logiciels de contrôle parental, censés protéger les petits des cyber-fesses et des cyber-nichons pendant que leurs parents ont mieux à faire que de s'occuper d'eux.

J'ai passé en revue quelques uns de ces logiciels et Cyber Patrol m'a semblé être le plus adapté à notre besoin. Ce logiciel existe pour Ma c et Windows et mon expérience avec la version Windows m'a convaincu. Il a la bonne idée de proposer deux types d'installation. La première (qu'il conseille) fait tout pour éviter qu'un môme débrouillard court-circ uite le logiciel, combat perdu d'avance à mon avis tant sont plus malins les gamins que leurs parents et tant est inadapté Windows à ce type de restriction. L'autre mode (que je conseille vivement dans le cas qui nous intéresse ) met beaucoup moins de cochonneries dans les fichiers de configuration. Ensuite, en un click on désactive les restrictions basées sur l'heure puis quelques autres clicks pour désactiver une par une les différentes catég ories de pages à censurer (violence, nudité, satanisme et autres réjouissances). Reste à lui dire de ne s'occuper que du Web et enfin de ne pas utiliser la liste de sites censurés avec laquelle il est fourni (enfin, vous faites comme vous voulez). A ce point, votre logiciel est configuré pour ne plus rien censurer. Reste à lui donner la liste des serveurs vers lesquels vous souhaitez refuser d'ouvrir des connexions et le tour est joué.

Voici la liste des serveurs que je demande à Cyber Patrol de censurer sur ma machine. Libre à chacun de l'utiliser telle quelle, de l'enrichir ou de l'appauvrir pour ses besoins personnels. Elle est le fruit de mes pérégrinations. Je la tiendrai à jour.

Je précise que sur ma machine qui est loin d'être une bête de course (envoyez vos dons a uZine qui transmettra) ce logiciel consomme un temps CPU négligeable. Je n'ai pas testé la version Mac mais j'ose espérer qu'elle correspond aussi bien que la version Windows à cette utilisation détournée. Bien sûr Cyber Patrol ne tourne pas sous Linux, mais de toutes façons Linux offre de biens meilleurs moyens d'effec tuer ce type de filtrage. Il suffit par exemple d'installer l'IP firewall. Ou mieux encore le proxy Junkbuster qui est conçu spécialement pour cet usage. Notons qu'une machine Linux ainsi équi pée peut même en faire profiter toute autre machine en acceptant de lui servir de proxy.

Il nous faut hélas conclure de manière plutôt pessimiste. Le Web sous sa forme originelle fut très probablement le dernier service de l'Internet à être conçu dans une logique de part age. Maintenant que le développement est aux mains des marchands, il est fort probable que les nouveaux produits, comme les push média, comblent vite les lacunes marketing du Web. Mais le bricolage non plus n'a pa s dit son dernier mot.


V B P

MISE A JOUR : UNE MEILLEURE METHODE

Vous devriez rajouter uZine dans votre liste de sites censurés.