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LE MARXISME

Le texte qui suit est le résumé d'un cours de philiosophie, donné dans les années 70, aux Facultés ND de la Paix à Namur, par le Père E. LAHAYE (SJ). Il présente, d'une manière logique et synyhétique, l'essentiel  de la pensée de K. MARX. Il peut dès lors être très utile comme synthèse dans les dernières années du secondaire.

Le marxisme poursuit une oeuvre de salut: il veut amener l'homme à prendre conscience de sa misère et le faire accéder à la délivrance effective. Ce salut s'effectue dans l'histoire car les contradictions qu'il s'agit de supprimer sont réelles: il ne suffit pas de les supprimer en pensée (cfr Spinoza ou Hégel) mais aussi dans l'action car prendre conscience d'une aliénation et en rester là c'est la pire des aliénations.

Ce salut commence par une réflexion sur l'histoire qui découvre:

     
La relation dialectique homme-nature

Issu de la nature, l'homme est en relation dialectique avec elle. Il existe une complémentarité entre eux. Impossible de parler de l'homme sans être renvoyé à la nature puisque la nature permer à l'homme d'exister; impossible aussi le contraire puisque la nature s'achève dans l'homme. La dialectique va plus loin: l'homme doit s'objectiver, se naturaliser et la nature doit s'humaniser. Ce double mouvement s'accomplit dans le travail. En travaillant, l'homme s'exprime dans la nature et lui donne une forme humaine. Au terme de cette humanisation de la nature, " l'homme se dédouble ... activement et réellement et se contemple lui-même dans un monde créé par lui" (MARX). Par son travail aussi, l'homme se naturalise: il se fait objet, il passe tout entier dans la nature chargée de l'exprimer. L'homme en effet qui est un être de nature doit avoir une relation aux objets. A l'origine, celle-ci était encore extérieure. C'est en transformant la nature que l'homme devient son être réel et objectif. Bien plus , ce faisant, il s'humanise: en travaillant la nature, il apprend à la connaître et en même temps, il se révèle à lui-même: il ne comprend le fer qu'en le maniant et le maniement de celui-ci lui découvre ses capacités de forgeron

        La manière aliénée dont cette relation est vécue.

La relation que l'homme a avec la nature n'estpas ce qu'elle devrait être. L'homme est aliéné, c'est-à-dire qu'il est séparé de sa propre nature. Cette aliénation consiste en une manière inhumaine de s'objectiver. Celle-ci se situe au niveau économique, là où l'homme est un être de besoins. Le travail doit assurer à la communauté la satisfaction de ses besoins; il doit "procurer à chacun selon ses besoins". L'aliénation consiste à substituer à cette économie naturelle la propriété privée; on possède le fruit de son travail et on l'échange. Loin de permettre à l'homme de s'achever, la propriété privée fait perdre à l'homme son caractère social pour y substituer un individualisme égoïste. D'où la naissance du capitalisme qui enlève au prolétaire non seulement le fruit de son travail  mais fait de l'ouvrier l'instrument de son propre asservissement. Cette aliénation économique entrîne une multiplicité d'autres aliénations ( matérialisme historique: le facteur économique est à la base) : l'aliénation sociale: la propriété privée amène la division de la société en deux classes qui s'opposent ( c'est la lutte des classes). L'aliénation politique: pour maintenir le régime capitaliste, les rapports politiques des hommes entre eux prennent la forme de l'Etat qui est un instrument au service du capitalisme et qui maintient le prolétaire dans une aliénation totale. Les droits des citoyens sont en fait illusoires et ne servent qu'à endormir l'homme exploité. L' aliénation morale: la morale est une morale de classe , elle justifie la domination et les intérêts de la classe dominante. On identifie la morale bourgeoise issue d'une situation économique où le prolétaire est exploité avec la morale immuable et eternelle. D'où la propriété privée, l'obéissance à l'Etat sont des valeurs morales; le vol et la rébellion sont des actes immoraux. L'aliénation religieuse: la misère est telle sur la terre que l'on projette dans l'au-delà un état heureux, un bonheur illusoire. La religion est "l'opium du peuple"



SUITE…   

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