MARIE KRYSINSKA  (1864-1908)

 

Fille d’un avocat de Varsovie, Marie Krysinska de Lévila vient à Paris à seize ans pour suivre au Conservatoire de Musique des cours de composition et d’harmonie. Musicienne et pianiste, mais aussi poète, elle participe très tôt à la plupart des cercles de jeunes des années 1880 : Hydropathes, Zutistes, Jemenfoutistes, et Cabaret du Chat Noir. Elle y côtoie divers humoristes, caricaturistes, musicien, poètes et écrivains tels que Charles Cros, Gustave Khan, Léon Bloy et bien d’autres. Seule femme à se produire aux Hydropathes, elle est aussi la seule poétesse du Chat Noir, qui publie ses premiers poèmes dès 1882. (Rythmes pittoresques, publié en recueil en 1890)

Elle est l’inventrice du vers libre et c’est pour une démarche essentiellement musicale et non au terme d’une réflexion sur la nature du vers et ses capacités d’assouplissement, qu’elle l’a fait. La poésie de Marie Krysinska se distingue assez nettement de la poésie féminine du tournant du siècle. Son inspiration est moins sentimentale que musicale et picturale.

Ecrits indifféremment en versets, en vers libres ou quasi-réguliers, ses poèmes se caractérisent par une utilisation assez originale de l’espace de la page, un sens très moderne de l’image et un usage musical de l’assonance et de la répétition.