Etude de l'organisation d'irrigateurs de la vallée Chancay-Lambayeque-Pérou

Premiers éléments du mémoire de maîtrise

vince516@caramail.com

18 Novembre 2001

Sommaire :

-Sommaire                                                                 page 2

-Problématique                                                           page 3

-Contexte général                                                       page 4

-Conditions particulières                                              page 5

-Méthodologie                                                            page 6

-Conclusions                                                               page 7

-Calendrier de la maîtrise                                             page 8 

-bibliographie commentée                                            pages 9 > 29

Problématique:

A la fin des années 80, l’Etat péruvien a commencé à se désengager des nombreux rôles qu’il occupait jusqu’alors. Ce processus a notamment eu comme conséquence la décentralisation de la gestion de l’eau d’irrigation vers les organisations locales de chaque vallée de la côte Pacifique. Ces organisations existaient déjà mais n’avaient eu jusqu’alors qu’un rôle d’application des décisions étatiques et aucune autonomie de fonctionnement.

Lorsqu’elles ont du, concrètement,  assurer le rôle de distribution de l’eau, les associations d’irrigateurs de la vallée que je vais étudier, à savoir celle du système d’irrigation Tinajones, n’ont pu compter sur les moyens nécessaires à une telle mission. Les débuts furent donc catastrophiques et un véritable chaos[1] a régné durant plusieurs mois avant que ces mêmes organisations puissent faire des efforts et se structurent réellement. En parallèle à cela, diverses ONG se sont mises en place dans le but d’aider à une réorganisation rapide et efficace de toute la gestion du système Tinajones. Aujourd’hui les ONG se targuent d’avoir rendu le fonctionnement de l’organisation plus démocratique et donc plus efficace.

 

Le but de mes recherches sera donc de chercher à voir si le transfert de la gestion du système d’irrigation de l’Etat aux organisations locales a permis d’améliorer la distribution de l’eau.

Pour tenter de répondre à cette problématique, je devrai notamment vérifier les hypothèses suivantes :

1- Il existe des disparités dans l’octroi des volumes d’eau à chaque commission d’irrigateurs selon sa position géographique dans l’ensemble du système Tinajones.

L’association d’usagers est l’institution qui regroupe les 14 commissions d’irrigateurs de la vallée et qui planifie la distribution de l’eau. Cette structure est censée, de par ses décisions, minimiser les conséquences des différences de position géographique des commissions d’irrigateurs afin que chaque utilisateur de la vallée ait l’eau dont il a besoin pour ses cultures. C’est donc en connaissant son fonctionnement que je pourrai en comprendre plus finement les rouages.

2- Les problèmes et les conflits qui se produisaient, dans le passé, entre les niveaux hiérarchiques ont dû changer de cause et de protagonistes depuis que les irrigateurs gèrent plus directement le système Tinajones. Je vais donc étudier le jeu des acteurs de ce système à différentes échelles pour voir quels niveaux hiérarchiques sont sorti renforcés ou au contraire amoindris. Je vais voir quelles sont les rivalités, si elles existent, entre les commissions d’irrigateurs de la vallée et tenter de comprendre quelles en sont les causes. En étudiant la redéfinition des rôles entre les usagers d’une même commission d’irrigateurs, je chercherai à savoir s’il existe une logique dans cette évolution, une logique qui se retrouvera peut-être à des échelles différentes…

3- La gestion, par les populations concernées, de leur propre système d’irrigation a permis un meilleur fonctionnement de celui-ci.

C’est la vérification de l’idée généralement admise qu’un projet ou une organisation aura plus de chances de réussir si les populations concernées sont impliquées dans son élaboration et son exécution. Si les populations s’approprient l’institution, elles y participeront plus facilement. De plus ces personnes sont celles qui connaissent le mieux les réalités du terrain ce qui est un avantage et une richesse à mettre en valeur en les faisant participer.

4- Depuis le désengagement de l’Etat, la hausse de participation des usagers a rendu les décisions et les orientations plus représentatives de l’opinion générale des membres de l’organisation.

Logiquement, si un nombre important de personnes participent à une association, les décisions prises seront plus représentatives de la volonté commune du groupe. Outre la notion de démocratie, je tenterai ici de voir dans quelle mesure une hausse de la participation des usagers dans la gestion de leur organisation entraîne une meilleure prise en compte de leurs nouvelles préoccupations.

Contexte général :

Mon travail de terrain s’effectue sur la côte Nord du Pérou, au bord du Pacifique. Cette région désertique a, depuis toujours, été le siège d’une importante production agricole malgré un climat peu favorable. C’est uniquement grâce à l’utilisation de systèmes d’irrigation, de plus en plus importants avec le temps, que les populations locales ont pu développer l’agriculture. La côte Nord péruvienne, ou Costa Norte, comporte 52 vallées qui sont autant de bandes fertiles entrecoupant le désert des Andes jusqu’à l’océan Pacifique. C’est actuellement la première zone de production agricole du Pérou.

La vallée que je vais étudier, celle de la rivière Chancay dans le département de Lambayeque, est située à 800 km au nord de Lima et à 350 km au sud de la frontière équatorienne, au pied de Andes. L’ensemble du système d’irrigation de la vallée porte le nom du réservoir artificiel Tinajones. Celui-ci a été construit dans les années 60, permettant ainsi un approvisionnement en eau plus régulier tout au long de l’année. Grâce à sa taille et au projet d’irrigation Tinajones, la vallée en question s’est largement développée. Elle a ainsi vu croître la ville de Chiclayo, actuel centre de développement de tout le nord du Pérou avec plus de 700 000 habitants. Des 52 vallées, celle-ci est la plus grande, la plus riche et donc la plus importante. Pourtant, depuis le désengagement de l’Etat à la fin des années 90, de nombreux problèmes se sont posé concernant la gestion et l’entretien du système d’irrigation notamment. Les organisations locales ont reçu la lourde charge, jusqu’alors assumée par l’Etat, de gérer le système d’irrigation. Elles ont du remplir cette nouvelle fonction sans y être préparé et sans en avoir les moyens financiers[2].

La gestion de l’eau se fait de façon très hiérarchisée, La vallée est divisée en 14 sous-secteurs d’irrigation gérés par autant de commissions d’irrigateurs (comisiòn de regantes) qui sont regroupées en une association d’usagers (Junta de usuarios) qui représente l’ensemble des utilisateurs de l’eau de la rivière Chancay. Ce sont plus de 20 000 irrigateurs qui composent cette association (la plus importante en nombre de tout le Pérou). Ce schéma d’organisation se répète dans chaque vallée côtière du Pays. La production agricole est spécialement tournée vers les cultures commerciales destinées au marché régional, national et international. Les productions dominantes sont d’une part le riz et d’autre part la canne à sucre. Cette propension à produire pour le marché national voire international rend les agriculteurs plus dépendant des conditions globales du marché et fait de cette vallée une base d’étude spécialement intéressante. On devrait d’autant mieux voir les changements survenus pour satisfaire les nouvelles exigences nées de la mondialisation de l’économie, du changement d’échelle de réflexion pour la conquête de nouveaux marchés.

           

Mon travail se déroule dans le cadre d’un projet de recherche entre l’IRD (Institut de Recherche sur le Développement, ex ORSTOM) et l’ENS (Ecole Normale Supérieure de Paris) intitulé «Territoires et mondialisation dans les pays du Sud». Le projet en place au Pérou se nomme plus spécifiquement «Reconfiguration des espaces ruraux dans les Andes». Son but est d’étudier les changements occasionnés, dans différents domaines, par la mondialisation de l’économie. Ma contribution au projet consiste à faire une étude afin de pouvoir tirer des conclusions sur les causes et la portée des changements intervenus récemment au niveau de sa gestion et de son utilisation. Mon travail et les conseils qui me sont donnés par les chercheurs visent à m’initier à la recherche fondamentale en géographie. L’étude du système d’irrigation est très intéressante dans le sens où elle permet d’aborder une ressource fragile (pollution), précieuse (milieu désertique) et vitale sur les plans économiques (agriculture) et humains : l’eau. Cette importance entraîne, comme on peut l’imaginer, de nombreux problèmes liés à son exploitation, son acheminement, sa distribution et son usage par l’ensemble des acteurs de la vallée.

Conditions particulières :

         Je voudrais ici souligner les conditions particulières dans lesquelles se déroule mon travail de terrain. J’ai quitté la France le 16 août 2001, soit un mois et demi avant la rentrée des maîtrises de géographie de l’IGA. Cette date correspondait au début du projet de l’IRD à Chiclayo et Mme Mesclier, qui est la chercheuse qui suit mon travail sur le terrain, m’avait demandé d’y être à ce moment là. J’ai donc accepté d’y aller plus tôt puis de voir, une fois sur place, dans quelle direction orienter mes recherches. J’ai pu notamment faire cela grâce à la grande liberté de choix que m’a laissé Mme Mesclier. Ce départ précoce a cependant eu plusieurs conséquences dont certaines sont visibles dans ce travail.

            Tout d’abord, je n’ai pu suivre aucun module de maîtrise, ce qui m’a très certainement handicapé vu les nombreux entretiens et discussions que comporte mon travail. Le module « techniques d’enquêtes et d’entretiens » m’aurait été des plus utiles.

            Ensuite je n’ai reçu aucune consigne précise sur la rédaction du présent travail si ce n’est qu’il fallait que je rende une bibliographie commentée de 10 ouvrages et une problématique avec plusieurs hypothèses. Si j’ai oublié des rubriques ou certaines normes de mise en page et de présentation, je m’en excuse mais je n’ai pas su exactement ce que l’on attendait de moi.

            J’ai aussi été obligé de faire figurer une grande majorité d’ouvrages en langue étrangère (espagnol et anglais) et un seul en langue française. Les ouvrages techniques et rapports qui composent ma bibliographie actuelle ont été publiés pour un usage local et donc en espagnol.

            Enfin je n’ai pas lu d’ouvrage théorique avant mon départ, je ne savais pas quel allait être mon sujet ni à quelles théories j’allais devoir m’intéresser. Aussi, aucun ouvrage traitant des concepts de la recherche ou des principes de la géographie ne se trouve dans ma bibliographie.

            Je dois cependant dire que le fait de choisir une problématique après quelques semaines sur le terrain et non depuis des livres permet d’une part de s’orienter vers les problématiques les plus pertinentes et d’autre part de se faire une idée plus globale du contexte entourant nos recherches.

Méthodologie :

            Mon premier travail, ici au Pérou a été de prendre connaissance des ouvrages déjà parus et susceptibles de me fournir de l’information sur mon thème. Il se trouve que j’ai eu accès à de nombreux livres, rapports et sources diverses sur l’irrigation dans la vallée dans les bibliothèques des ONG et au collège des ingénieurs de Chiclayo. J’ai aussi rapidement commencé à me rendre sur le terrain, auprès des agriculteurs, afin de me faire une idée sur la réalité de leur travail et de leur vie.

            C’est à partir de cette source d’information que j’ai élaboré ma problématique en faisant en sorte, à la fin de mon travail, de pouvoir apporter des éléments pertinents aidant à la compréhension de mon thème d’étude.

            Afin de vérifier les hypothèses déjà annoncées, je vais avoir à rechercher l’information de deux façons différentes.

            J’aurai en premier lieu à poursuivre ma recherche de données, de chiffres et si possible de cartes dans diverses bibliothèques de Chiclayo mais aussi et surtout aux sièges des différentes commissions d’irrigateurs et de l’association d’usagers. C’est en effet là que se trouvent les informations des années précédentes et tous les chiffres permettant une meilleure compréhension des changements intervenus en terme de distribution de l’eau. J’aurai donc à comparer les volumes d’eau attribués à chaque Commission d’irrigateurs, à étudier leurs variations dans le temps et à comprendre quelles en sont les causes. Je vais étudier les conséquences spatiales du changement de gestion, l’impact géographique du nouveau mode de fonctionnement et des nouveaux intérêts. Pour toute cette information, je crois qu’une représentation cartographique des changements étudiés sera riche d’enseignements e me permettra de révéler de nouvelles réalités.

En parallèle à cela, j’aurai à discuter avec les irrigateurs de la vallée pour avoir leur avis sur les changements intervenus, des informations sur leur perception de l’organisation et sur les caractéristiques de leur exploitation. Cette dernière information va me permettre de relativiser l’opinion de chaque agriculteur car la taille de l’exploitation engendre des préoccupations et des besoins différents. Ces entretiens devraient permettre de me représenter ce que différents groupes de personnes, niveaux hiérarchiques ou tranches de population pensent des changements intervenus  et leur degré d’implication dans l’organisation. Le recoupement de ces informations avec les données chiffrées de distribution de l’eau me permettra de comprendre si des groupes de personnes ont été favorisés ou ont au contraire perdu leur privilège depuis cette période. Cela me permettra de nuancer leurs opinions sur les changements intervenus ou d’en mesurer la portée exacte. Je pourrai alors tenter d’en tirer toutes les conclusions spatiales possibles, leurs répercussions sur l’ensemble de la vallée et entre chaque commission d’irrigateurs.

            J’aurai aussi à me rendre au siège de l’association d’usagers regroupant les 14 commissions d’irrigateurs de la vallée. A ce niveau de l’organisation du système Tinajones, j’aurai à mener des entretiens et à discuter avec le personnel pour connaître la situation passée et actuelle de fonctionnement. Je devrai savoir qui fait quoi, qui décide réellement, qui est sur ou sous représenté et la signification implicite de tout cela.

            En comparant les opinions des irrigateurs sur le terrain et les orientations prises par les instances supérieures de décision, je pourrai me faire une idée de la représentativité et du fonctionnement de la gestion du système Tinajones.

           

Après avoir dressé cette sorte de bilan des changements intervenus dans la gestion du système d’irrigation de la vallée Chancay-Lambayeque depuis le désengagement de l’Etat, je serai à même de vérifier ou d’infirmer les hypothèses préalablement formulées.

De retour à Grenoble il me restera à mettre en ordre, traiter et analyser l’ensemble des informations recueillies au Pérou. Dans cette optique, les hypothèses et ma problématique me serviront de fil conducteur. Je devrai cependant poursuivre mes lectures et compléter ma bibliographie avec des ouvrages traitant de la décentralisation, du désengagement de l’Etat mais aussi des politiques imposées par la banque mondiale ou le FMI. En effet, les quelques ouvrages théoriques que j’ai lus à Lima, à la bibliothèque de l’IFEA (Institut français d’études andines), n’étaient pas assez précis ou ne traitaient qu’indirectement de ces sujets.

Conclusion :

Une fois cette recherche réalisée, il me restera à tirer les conclusions liées aux hypothèses avancées durant ce travail préparatoire. J’aurai à conclure sur ma recherche de terrain pour savoir dans quelle mesure l’application de mes hypothèses, à la situation des associations d’irrigateurs de la vallée Chancay-Lambayeque, me permet de les vérifier ou de les infirmer.

Le projet de l’IRD dans lequel je travaille étant orienté vers la recherche fondamentale, je ne vais en aucun cas faire de propositions d’améliorations, ce qui serait d’ailleurs bien présomptueux. Je vais me contenter, selon mes compétences, de comprendre et d’analyser les conséquences, tant sur le plan spatial qu’en terme d’organisation et de fonctionnement, ayant été engendrées plus ou moins directement par le mécanisme supra-national qu’est la globalisation de l’économie.

Calendrier de la maîtrise :

(Ce ne sont que des dates indicatives, les dates réelles dépendront beaucoup de l’état d’avancement de mon travail)

-        Du 16 août 2001 au 15 février 2002 : Travail de terrain pour récolter de l’information, recherche des éléments de réponse aux hypothèses et début de mise en forme du travail.

-        De mi-Février à mi-Juin : Je vais compléter ma bibliographie puis traiter et analyser l’information récoltée sur le terrain. Choix d’un plan pour mon mémoire et rédaction.

-        Fin juin : Je rends mon mémoire et je le soutiens.

BIBLIOGRAPHIE

COMMENTEE

 

 

Références:

RAMAKRISHNA B. , Estrategias de extensión para el manejo integrado de cuencas hidrográficas, (Proyecto IICA/GTZ “Sobre agricultura, recursos naturales y desarrollo sustentable”), San Jose, Costa Rica, Mai 1997, 310 p.

« Stratégies d’extension pour la gestion intégrée des bassins hydrographiques. »

Mots clés :

Gestion intégrée

Agriculture soutenable,  cohérence agricole et écologie soutenable ou durable

Développement durable

Ecosystème

Interrelation

Résumé :

Ce livre propose des concepts et des expériences sur l’extension pour la gestion intégrée des bassins hydrographiques. Il se veut une innovation importante  dans la vision de l’aménagement du territoire et dans la gestion des ressources naturelles en proposant une échelle plus pertinente: le bassin hydrographique. Selon l’auteur, lorsqu’il s’agit de gestion des ressources naturelles, il faut prendre en compte l’état d’équilibre du “système bassin” et donc gérer le tout a cette échelle afin appréhender l’ensemble des éléments interagissant dans l’écosystème du bassin versant. Tous ces éléments sont en interrelation et une action, même minime, sur l’un des élément peut modifier profondément l’ensemble du système.

On trouve ensuite les définitions et les explications associées aux termes d’agriculture soutenable, de cohérence agricole et d’écologie soutenable ou durable. S’en suit l’exposée pratique, à travers plusieurs exemples, de ces termes ce qui permet de mieux se représenter en quoi cela consiste et quelles peuvent en être les conclusions.

Selon l’auteur, cet équilibre entre le système transformé et le milieu ainsi que la minimisation des détériorations sont seulement possibles quand «il existe une articulation entre les politiques macro-économique, macro-sociales et sectorielles qui assurent la rationalité de la production ».  Suite à la lecture de cet ouvrage, je me suis renseigné sur la vallée que j’étudie pour en connaître la situation.

Commentaire :

Cet ouvrage m’a très clairement permit d’appréhender la gestion des ressources en eau (élément primordial) non pas comme un élément isolé mais comme entité faisant parti du «système vallée». Aussi de mauvais choix ou absences de décisions (déforestation, urbanisation anarchique, cultures inadaptées, excès d’engrais) peuvent avoir des conséquences rapides et fortes sur la qualité et la quantité d’eau disponible.

En donnant les définitions d’agriculture soutenable, de cohérence agricole et d’écologie soutenable ou durable, cet ouvrage donne en quelques sortes les clés pour une meilleure compréhension du développement durable appliqué a l’exploitation agricole. C’est une approche très intéressante pour moi car peu de livre ou d’articles vont me permettre de faire un tel parallèle.

Cela m’a amené à me questionner dans un premier temps puis à aller chercher l’information auprès des institutions concernées dans un second temps. Ceci afin de connaître la vision qu’ont les décideurs de la vallée sur la gestion intégrée des ressources naturelles a l’échelle du bassin hydrographique. A travers cette "enquête", je cherchais à  comprendre à quel point telle ou telle institution avait assimilé les notions du développement durable que sont la protection de l’environnement et la gestion mesurée des ressources afin de les conserver qualitativement et quantitativement pour les générations futures.

Ces conclusions me serviront ensuite à analyser les origines et les conséquences du comportement de ces institutions face aux nouvelles préoccupations environnementales et véhiculées avec le concept de globalisation. Voir quels sont les acteurs, les gens ayant un intérêt ou ayant au contraire tout a perdre, a ce que ce type de gestion du bassin prenne de l’importance. J’en ai conclu qu’il y avait une réelle volonté de réaliser ce type de gestion (projet nommé « plan magistral de gestion de la vallée ») mais que pour l’instant le financement faisait cruellement défaut et ne permettait pas de développer l’ensemble des conditions nécessaires à sa mise en place. On m’a fait comprendre que ce serait la «prochaine étape», celle qui suivrait après la bonne gestion de l’eau d’irrigation dans la vallée…

On voit donc bien ici les limites de cette vision de développement durable face aux contraintes nées de la décentralisation, à savoir la baisse du financement et l’absence de crédits.

Outre ces nombreux enseignements, cet ouvrage est, selon moi, légèrement trop théorique aux vues de la situation actuelle dans les pays où les exemples sont pris. La situation du Pérou et de l’Amérique du Sud en général, fait que les institutions généralement fragiles ou peu représentatives combinées à la situation de survie plus que d’enrichissement mettent en valeur le côté théorique et presque utopique de des notions abordées dans et ouvrage.

 

 

 

 

Références:

SILVA BARRIO DE MENDOZA R. sociologue , Situaciòn actual, retos y desafios de la organisaciòn de regantes en el valle Chancay-Lambayeque, Chiclayo, Février 1995, 284 p.

« Situation actuelle, défis et objectifs de l’organisation d’irrigateurs dans la vallée Chancay-Lambayeque. » 

 

Mots clés :

Décentralisation

Désengagement de l’Etat

Organisation

Ségrégation spatiale

Résumé :

On trouve tout d’abord une large description de l’histoire de l’organisation d’irrigateurs de la vallée. On apprend son rôle passé, où l’organisation servait à récolter des voix pour les candidats locaux. On peut sentir, encore aujourd’hui, les restes de la méfiance née de cette situation. Puis l’Etat va transférer le rôle de la gestion de l’eau aux organisations d’usagers mais sans leur attribuer aucun budget de fonctionnement. Se produit alors la « crise chaos », avec la multiplication des conflits. Cette situation correspond à la fin du paternalisme de l’Etat.

S’en suit alors une description des différents titres de propriété de droits sur l’eau avec d’une part les gens ayant une licence (droit permanent à l’eau et planification de leur campagne agricole en partenariat avec une institution de l’Etat) et d’autre part ceux n’ayant qu’un permis (ne reçoivent de l’eau que quand les ressources sont suffisantes pour d’abord servir tous les détenteurs de licences).

L’organisation d’usagers de la vallée est celle ayant le plus grand nombre de membres avec plus de 20 000 adhérents et fédère des agriculteurs au-delà de la nature de leur production, les réunit autour de la gestion de l’élément le plus important pour leur travail à savoir l’eau.

Il existe une importante différence de vision entre les agriculteurs et les développeurs (souvent les ingénieurs agronomes dans cette vallée) sur les méthodes à employer pour augmenter les frontières agricoles. Les agriculteurs veulent l’application de projets de nouvelles infrastructures (déviations de rivières andines vers leur vallée) tandis que les ingénieurs prônent une meilleure efficacité dans l’utilisation des ressources actuelles en eau.

Commentaire :

Cet ouvrage est celui, de toute ma bibliographie, m’ayant fourni le plus d’informations et surtout toutes les informations basiques de la vallée. Il traite, en fait, de façon très pointue et très documentée l’ensemble des facteurs , du contexte et de l’histoire de l’organisation d’irrigateurs de la vallée Chancay-Lambayeque.

Il m’a également fait prendre conscience de l’importance de l’organisation d’irrigateurs dans la vallée. On comprend que ces 20 000 adhérents soient une force énorme de par leur représentativité. Mais je n’aurais pas imaginé que cette même force cause de telles difficultés d’organisation. C’est d’autant plus vrai que l’organisation d’usagers est constituée d’agriculteurs ayant une moyenne d’âge élevée (plus de 55 ans) ce qui ne fait que rajouter  à la force d’inertie de l’ensemble.

Quant à l’opposition de vision concernant l’élargissement de la frontière agricole, elle m’a semblé très intéressante et je me suis renseigné pour comprendre d’où venait cette volonté des ingénieurs de privilégier cette idée. Il se trouve que cette thématique de gestion durable des ressources est très présente dans divers ouvrages disponibles dans les bibliothèques des ONG agissant dans l’aménagement du territoire. De plus, l’Université Nationale Pedro Ruiz Gallo, formant les ingénieurs agronomes, oriente ses formations dans cette direction d’après les élèves avec qui j’ai pu en discuter.

D’après les recoupements entre les différentes données fournies par l’auteur, on arrive à la conclusion spatiale suivante. Dans la partie haute et en position centrale dans la vallée se trouvent les commissions d’irrigateurs ayant le plus fort pourcentage de licences. Leur situation fait qu’il ont l’eau en premier et n’ont donc pas de problème de manque. La taille de leurs exploitations est supérieure à la moyenne et ils cultivent majoritairement le riz et la canne à sucre qui sont les cultures les plus rentables.

Cette analyse est intéressante à plusieurs titres. Tout d’abord, plus je connaîtrai de facteurs, notamment de localisation, et plus je serai à même de comprendre la situation globale et donc de poser les questions les plus pertinentes. Ensuite ce recoupement d’informations nous permet de mieux visualiser la répartition de cette frange de producteurs «riches» ou disons plantant les cultures les plus rentables. Enfin ces conclusions vont me permettre de mieux cibler mes recherches selon les informations dont j’aurai besoin.

 

 

 

 

Références:

KUS S. James,  Irrigation management in pre-Hispanic Peru, 37th annual meeting-association of pacific coast geographers, Corvallis, Oregon, Department of geography-California State University, Fresno, 69 pages.

gestion de l’irrigation dans le Pérou pré-Hispanique.

Mots clés :

Pouvoir politique

Centralisme décisionnel

Irrigation ancestrale

Organisation

Mita ou mit’a  (terme employé encore aujourd’hui qualifiant les travaux en commun de curage des canaux d’irrigation)

Résumé :

            Cet ouvrage retrace les grandes phases historiques du système d’irrigation et de son développement sur la côte septentrionale du Pérou, depuis le début de notre ère. Les thèmes développés par l’auteur mettent en évidence l’existence ancestrale d’un système d’irrigation très développé dans cette région désertique. Les conditions climatiques ont  engendré de manière très précoce, la construction de canaux élaborés, et cela sur une grande surface, pour permettre le développement commercial, agricole et politique de ces civilisations. La ville de Chan-chan en a été le meilleur exemple puisqu’elle concentrait 90 000 habitants et constituait alors la ville la plus peuplée d’Amérique du sud.

Des l’époque Chimu (1300-1470), on voit également clairement apparaître le lien entre système d’irrigation et pouvoir politique. La gestion de telles infrastructures nécessitait déjà, a l’époque, la présence d’un système politique sophistiqué et organisé pour gérer et commander l’importante main d’œuvre nécessaire tant a leur construction qu’à leur entretien.

            La gestion de l’eau faisait, chez les Chimus, partie intégrante de la politique. La tradition séculaire voulait qu’à la mort de chaque roi soit reconstruit un nouveau système d’irrigation, sur des terres plus éloignées. Cette coutume a engendré, non seulement le quadrillage de toute la cote nord du Pérou par des canaux, mais surtout le déclin irrémédiable de la civilisation Chimus ayant souffert, de fait, de l’éloignement croissant des ressources.

Commentaire :

            Cet ouvrage met en évidence le fait que les préoccupations en matière d’irrigation des cultures  ne sont pas spécifiques au XXème siècle. Cette étude historique montre que les populations locales ont toujours bénéficié et su profiter des grandes rivières descendant  des Andes.

            La construction  de canaux d’irrigation et leur entretien a été et est toujours nécessaire a la survie de la région sur le plan agricole, la force de la vallée Chancay-Lambayeque. Ceci explique donc en grande partie l’enjeu que l’eau représente encore aujourd’hui dans les campagnes du désert côtier.

            Plus que l’influence du climat sur l’utilisation du sol et ses aménagements, ce retour historique montre clairement le lien entre organisation politique et gestion de l’eau, dans une région désertique. Les contraintes étant tellement fortes que seule une organisation très structurée et fonctionnant relativement bien pouvait se porter garante du bon fonctionnement du système d’irrigation et à travers lui de la survie de la civilisation. Il sera à ce titre intéressant d’effectuer une comparaison avec la situation actuelle, puisque le processus tend, d’une manière générale, vers une réorganisation des usagers et vers la recherche d’une meilleure efficacité dans la gestion de l’eau d’irrigation. C’est ici aussi son organisation qui est la clé de voûte du fonctionnement optimal de l’ensemble de l’infrastructure d’irrigation.

            A ce titre, le retour sur la civilisation Chimu et son système d’irrigation est riche d’enseignements puisque c’est la politique en matière d’irrigation qui a causé la chute de la civilisation. N’a t’on  pas ici l’exemple d’une culture qui a mal utilisé son environnement qui l’a finalement conduit à sa chute ?  Cependant, il aurait été aussi intéressant de connaître la valeur sociale et économique de ces systèmes dans des époques anciennes. L’absence de trace écrite ne permet pas de distinguer l’éventuelle portée sociale attribuée a l’irrigation.

 

 

 

 

Références:

HASHIMOTO MONCAYO E., ODAR CHUYE J., GUIMAC HUAMAN A., Estudio de las eficiencias de conduccion y distribucion del agua de riego en los subsectores del sistema Tinajones, Universidad Nacional Pedro Ruiz Gallo, Facultad de Ingenieria agricola (convenio con IMAR Costa Norte), Chiclayo, Juillet 1996, 312 pages.

« Etude de l’efficacité de la conduite et de la distribution de l’eau d’irrigation dans les sous secteurs du système Tinajones. »

Mots clés :

Communication

Enquête d’opinion

Moyens

Formation technique

Distribution de l’eau

Résumé :

La première partie de l’ouvrage est une introduction complète sur la situation de la zone étudiée. Sa localisation, ses caractéristiques morphologiques, environnementales et climatiques sont détaillées et montrent une forte influence du milieu désertique. On peut ensuite connaître la proportion de chaque production par sous-secteur d’irrigation ainsi que toutes les données techniques concernant l’infrastructure en elle-même.

Dans un second temps, les auteurs nous livrent les résultats d’une enquête réalisée auprès des agriculteurs et du personnel technique chargé de veiller à la distribution de l’eau. Cette enquête vise à comprendre les problèmes encore présents dans la distribution de l’eau dans la vallée selon divers points de vue. Il en ressort que les principales sources de disfonctionnement sont le manque de formation et les faibles moyens qui sont attribués au personnel technique. Quant à l’organisation des commissions d’irrigateurs, c’est surtout leur manque de transparence et de communication qui est souligné comme problème principal et obstacle à un meilleur fonctionnement.

On a ensuite les conclusions de l’étude de l’efficacité de conduction d’eau à travers les canaux. Globalement, le taux de perte est de 20 à 30 %. On peut  cependant noter une augmentation de ces pertes au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la rivière Chancay, c’est à dire dans les sous-secteurs d’irrigation les plus éloignés de l’amont de la vallée.

S’en suit toute une partie de conclusions et de recommandations pour une meilleure efficacité de la distribution. Parmi celles-ci on peut lire : « Augmenter la transparence dans la gestion pour amener à une meilleure représentativité de l’organisation et ainsi la renforcer afin de la rendre plus efficace dans la prise et le suivi de décisions » ou encore «Mieux définir le rôle de chaque acteur, des irrigateurs jusqu’à l’association d’usagers. »

        

Commentaire :

Ce livre est un document de fin d’études servant de thèse aux futurs ingénieurs afin de valider leurs compétences. Il a été commandé par l’IMAR Costa Norte à l’université Pedro Ruiz Gallo.

Cette étude est très intéressante à plusieurs titres. Tout d’abord elle fournit des chiffres variés et complets pour la bonne compréhension du cadre d’étude. Ces chiffres sont utiles à ma bonne connaissance de la zone et me permettront de replacer toutes les informations futures dans le contexte exact de la vallée. La distribution des différentes cultures à travers la vallée laisse se profiler une différenciation marquée de l’espace, apparemment selon le type d’accès à l’eau.

Ensuite l’enquête d’opinion permet de mettre en valeur les disfonctionnements actuels d’après les agriculteurs et le personnel technique. Les conclusions que l’on peut en tirer sont riches en enseignements. L’organisation dans son ensemble, c’est à dire chaque niveau hiérarchique, semble encore connaître des problèmes quant à la transparence des décisions prises, à l’attribution des rôles de chaque niveau et de chaque acteur et enfin concernant la communication en son sein afin d’améliorer l’efficacité de la gestion de la ressource eau. Les auteurs du document prônent la généralisation des expériences de création de comités de canaux, niveau entre les agriculteurs et la commission d’irrigateurs de chaque sous-secteur. comme alternative fiable pour concerner plus directement chaque agriculteur et mener à une meilleure représentation des institutions

De plus, la connaissance de l’efficacité de la conduction et de la distribution de l’eau est essentielle avant toute entreprise de réhabilitation ou d’entretien lourd de l’infrastructure d’irrigation. Aussi, ce rapport ayant été «commandé» par l’IMAR, on comprend la voie dans laquelle cette ONG s’est lancée, celle de l’amélioration de l’infrastructure et non de développer de nouveaux projets lourds et coûteux.

 

 

 

 

Références:

CALDERON Juan, Agua y liberalismo :opciones para una alternativa, Coleciòn debate y Alternativa, ed. CEDAL (Centro de acesorio laboral), 1993

« Eau et libéralisme : options pour une alternative. »

Mots clés :

Privatisation

Services

Concurrence

Compétitivité

Etat

Résumé :

Cet ouvrage traite de la situation de monopole de l’état dans la gestion de l’eau avant 1993, notamment de la société SEDAPAL chargée de la distribution de l’eau à Lima-Callao. L’auteur revient sur les critiques émises à l’encontre de l’AEE (Actividad Empresarial del Estado) et plus généralement sur toutes les entreprises publiques regroupées dans cette structure. A la suite de cela le gouvernement a initié un processus de privatisation largement interprété dans l’ouvrage.

Pour aborder cette question, Juan Calderon  évoque les grandes orientations suivies depuis les années 50. Il rappelle en outre que La succession de certains gouvernements a aussi parfois modifié les orientations politiques et généré des renversements complets et rapides.

Calderon nous livre alors son approche théorique et politique de la privatisation. Il expose notamment l’opposition mais nécessaire coexistence des notions de service véhiculée par l’Etat et de celle de rentabilité du secteur privé.

Il est aussi fait état du changement plus global entrepris au début des années 90 par la Banque Mondiale et le FMI. Le raisonnement global est ainsi raccordé à la question fondamentale de l’eau et à l’alternative de sa privatisation dans le cadre de la redistribution à Lima-Callao.

Commentaire :

Ainsi, les thèmes abordés par l’auteur se rapprochent de manière plus ou moins directe à la problématique que je me suis fixée. Le retour sur les notions théoriques et sur les politiques de privatisation peut être rapproché de l’évolution connue dans la vallée de Chancay-Lambayeque.

La mention des orientations suivies par la Banque Mondiale et le FMI est en outre utile à la compréhension de leur rôle dans la politique de désengagement de l’Etat, notamment par les conditions nécessaires à l’attribution de prêts. Ainsi, il est possible de déceler l’impact et les conséquences des politiques internationales sur la région qui me concerne et d’analyser les répercussions directes qu’elles ont pu avoir sur l’espace nord-péruvien.

D’autres part, le raisonnement de l’auteur sur la privatisation d’un bien aussi vital que l’eau permet d’élever le débat à une autre échelle. Si le cas de la distribution d’eau courante dans la région de Lima-Callao ne me concerne pas directement, l’enjeu que représente l’eau, notamment en matière d’irrigation, n’est pas moins essentiel dans la région de Chancay-Lambayeque.

La région de Chiclayo n’a pas confié la gestion de l’eau d’irrigation à une entreprise privée, cependant, on retrouve dans les démarches, la volonté identique de désengagement de l’Etat. Les préoccupations, tournent, là aussi autour de la création d’autres structures pour la gestion de l’eau. L’optique est donc différente, mais la comparaison peut être riche d’enseignement puisque la gestion de l’eau a été confiée, à Chiclayo, au secteur privé mais formé par les usagers eux-mêmes et dans un but non lucratif.

 

 

 

 

Références:

IMAR Costa Norte,  10 anos de gestion de las organisaciones de usuarios : logros y desafios , seminario taller, IMAR Costa Norte,  du 25 au 27 janvier 2001, 128 pages

« 10 ans de gestion des organisations d’usagers :Défis et objectifs »

Mots clés :

ONG

Communication

Gestion Etatique

Organisation

Résumé :

Cet ouvrage fait état de la situation de l’organisation d’irrigateurs juste après l’année 1992, date à laquelle on passe de la gestion étatique à la prise en charge directe par les organismes locaux. L’auteur expose ainsi les problèmes qui sont apparus et qui ont engendré une mauvaise efficacité quant à la prise de décision en matière de gestion globale du système d’irrigation.

A partir de ce constat apparaissent l’ensemble des actions entreprises par le personnel  de cette ONG (IMAR Costa Norte) pour renforcer le poids et les actions de ces organismes. Les principaux aspects sur lesquels une refonte était nécessaire concernait d’une part le manque de représentativité des organisations d’usagers, et d’autre part le manque de transparence dans leur gestion.

De fait, l’IMAR Costa Norte a entrepris des actions pour augmenter la représentativité en suscitant l’intérêt des irrigateurs et en les impliquant davantage dans les décisions. Dans le même sens, l’apport de moyens de communication contribue à favoriser les relations au sein de la hiérarchie.

Ce rapport met en valeur l’action entreprise par le personnel de l’IMAR Costa Norte et montre clairement l’ampleur de la tache qu’il incombait à son personnel et aux dirigeants locaux pour améliorer la situation. Une refonte totale des organisations d’irrigateurs était nécessaire mais représentait, au début des années 90 un véritable défi. Le travail de l’IMAR Costa Norte est donc mis en valeur par le discours de l’auteur qui souligne le fait que le travail aurait été beaucoup plus laborieux sans la présence de l’ONG, et qu’il aurait été impossible, sans ce travail, d’assurer la survie d’un organisme de cette taille.

Commentaire :

        L’auteur aborde directement les lacunes du système et les moyens qui ont été utilisés par l’IMAR Costa Norte pour améliorer l’efficacité, les échanges et l’investissement des acteurs dans la gestion locale de l’irrigation. Le rapport sur la situation initiale, juste après la prise de fonction des organisations d’irrigateurs, permet de constater clairement les conséquences qu’a eu la politique nationale au niveau local. Il souligne indirectement le lien entre ces deux échelles.

 De fait, il est possible de comparer, selon l’ONG, la situation d’ il y a 10 ans avec celle d’aujourd’hui et de constater l’impact qu’a eu leur politique dans les faits. Il est intéressant de constater comment le personnel de l’IMAR Costa Norte a su recréer une cohésion à l’échelle des organisations,  et permis l’adaptation d’une organisation si lourde (Regroupement de 20 000 irrigateurs) et si traditionnelle.

Dans une optique différente, il est aussi intéressant de comparer le tableau dressé dans le rapport avec la réalité quotidienne des irrigateurs. Il s’agit d’un ouvrage rédigé pour le compte de l’IMAR, et les propos tenus par l’auteur peuvent parfois manquer d’objectivité. Une comparaison entre le constat de réussite lisible dans les lignes du rapport et la situation effective sur le terrain peut être à ce titre édifiante.

            Cet ouvrage a le mérite de bien présenter les actions entreprises par IMAR Costa Norte depuis 10 ans mais semble plus avoir été rédigé pour être présenté au cours des cérémonies présidant à son anniversaire (10 ans d’existence) que pour soutenir la comparaison avec la situation sur le terrain…

 

 

 

 

 

Références :

PARODI Enrique, En defensa del proyecto Olmos, Ed. ODAR, 2000, 139 pages.

« En défense du projet Olmos »

Mots clés :

Grand projet

Tunnel trans-andin

Investissements lourds

Politique internationale

Prêt aux gouvernements

Résumé :

Le projet Olmos est un grand projet d’irrigation nécessitant la construction d’un tunnel trans-andin. L’envergure d’un tel aménagement nécessite l’apport de nombreux crédits, et notamment une participation de l’Etat au budget. Cet ouvrage expose les conflits d’intérêts ayant causé les retards successifs dans le lancement effectif des grands travaux. Le tunnel a commencé à être percé mais il n’existe, à l’heure actuelle, aucune infrastructure en parallèle.

L’auteur fait aussi le lien avec d’autres projets ambitieux qui se sont avérés, à terme, être de véritables « gouffres à dollars ». Il constate que les dépenses sont d’autant plus fortes quand les études de faisabilité sont anciennes. Les exemples de projets dont le coût a été multiplié par, trois voire quatre suite à la découverte d’une couche rocheuse imprévue se succèdent.

L’impact direct des politiques de la Banque Mondiale et du FMI est aussi mentionné. L’auteur compare les politiques respectivement menées avant et après 1990 et met en évidences les conséquences néfastes que ces réformes brutales ont produites. Le changement radical de direction économique a ainsi rendu caduques tout grand projet nécessitant des fonds de l’Etat.

Enfin, on apprend que le projet Olmos a été subtilement réorienté par le gouvernement de Fujimori. Le projet initial concernant la construction d’un système d’irrigation en parallèle de la création d’une centrale énergétique a été réduit à la seule finalité d’irrigation, de façon à ne pas effrayer les entreprises trans-nationales s’impliquant dans le marché.

Commentaire :

Un intérêt particulier est à porter au déroulement du projet Olmos dans la mesure où la vallée de Chancay-Lambayeque, plus au sud, connaît elle aussi un grand chantier maintenant entrepris depuis la fin des années 60. L’avancement des travaux, qui fait contraste avec le cas Olmos, serait justifié par la forte pression exercée par les haciendas sucrières et les riches producteurs de la vallée.

Plus qu’une possible comparaison, l’analyse faite par Enrique Parodi sur le projet offre un éclaircissement des étapes, une connaissance des acteurs qui interviennent dans la réalisation d’un projet d’une telle envergure. L’organisation des institutions et le poids des différents groupes de pression apparaissent ici nettement dans la prise de décision pour le développement du projet.

Plusieurs points sont intéressants dans la mesure où Parodi compare le projet Olmos avec celui de Tinajones. En premier cela nous permet de connaître les acteurs et les donneurs d’ordre ayant agit dans le passé dans la vallée Chancay. Mais en plus cette « lutte », pour la simple construction du système, entre les forces en présence laisse entrevoir des relations pour le moins tendues entre celles-ci lorsqu’il s’agira de son exploitation.

De manière générale, cet ouvrage est riche pour la compréhension des mécanismes et de l’action des intervenants participant à la maturation et à la viabilité d’un tel projet. On peut donc rapprocher les préoccupations et les étapes d’Olmos à celle du projet Tinajones, dans la vallée de Chancay-Lambayeque.

Par contre, la vision de l’auteur peut paraître, dans une certaine mesure, peu objective, notamment sur la question des orientations à prendre. Il approuve Olmos dans la mesure où le projet permettrai la création de nombreux emplois, que sa réalisation pousserait à la décentralisation tant attendue, mais il passe sous silence le fait que le département de Lambayeque est déjà parmi les plus riches et les plus développés. Les considérations relatives aux risques de croissance de la différence spatiale ne sont pas abordés, et l’existence d’une décentralisation à deux vitesses, devant être compensée, à terme, par une nouvelles intervention de l’Etat n’est pas prise en compte.

 

 

 

 

 

 

 

Vos Jeroen, Conflict resolution in large scale irrigation system in north coast of Peru, http://www.sls.wau.nl/ceres/Papers/vos.htm, 1998, 18 pages. (source inconnue, aucune information complémentaire)

« Résolution des conflits dans les grands systèmes d’irrigation de la côte Nord du Pérou. »

Mots clés :

Conflit

Groupes de pression

Relation

Vol d’eau

Donneurs d’ordre

Résumé :

Cet article, pris sur Internet, résume l’ensembles des conflits nés de la distribution de l’eau dans la vallée Chancay-Lambayeque. L’auteur tente d’analyser, en tant que sociologue, la portée des conflit nés de la gestion de l’eau d’irrigation par les usagers. Il souligne le lien très fort entre la multiplication des problèmes et le manque d’eau chronique dans cette vallée.

Vos nous détaille aussi l’ensemble de la chaîne complexe de niveaux hiérarchiques impliqués dans la résolution des conflits. Les trois niveaux les plus bas sont les comités de canaux, les commissions d’irrigateurs et l’association des usagers. On trouve ensuite deux niveaux contrôlés par l’Etat :l’autorité autonome puis l’administration technique.

On peut ensuite découvrir plusieurs cas de conflits et l’ensemble du processus de jugement de ceux-ci par les différents nivaux hiérarchiques selon leur gravité.

Commentaire :

Cet article est très intéressant car il nous permet de plonger au cœur de la vie quotidienne des irrigateurs en apprenant leurs préoccupations et les problèmes que certains d’entre eux rencontrent.

Même si les instances telles que l’administration technique existe, la plupart des conflits sont réglés directement au niveau des commissions d’irrigateurs par les présidents et de façon orale. Aussi les cas de jugement répertoriés ne relatent que les plus gros conflits ou ceux opposant les personnes les plus influentes et les plus riches de la vallée ou ne voulant pas abdiquer.

Cet article va m’être très utile dans le sens où Vos souligne bien l’importance des groupes de paysans se réunissant de façon souvent informelle selon leurs intérêts communs. Cette tendance, je risque de la rencontrer et cela me permettra de regrouper l’opinion des irrigateurs selon leurs intérêts vis à vis de la disponibilité en eau. Je connais donc à présent les critères de regroupement des irrigateurs. Certains se regroupent selon leur type de production car ils ont les mêmes besoins et donc les mêmes requêtes. D’autres le font par intérêt plus « politique », c’est à dire pour réussir à s’accaparer le pouvoir à savoir la direction de la commission d’irrigateurs.

Ces quelques exemples de regroupement des irrigateurs sont très intéressants pour mon étude, ils me laissent entrevoir des luttes de pouvoir ce qui implique que les perdants risquent de subir les conséquences de leur opposition. Je découvrirai peut-être les limites de la représentativité de l’ensemble des opinions par les différentes commissions.

En outre, la description que fait l’auteur su ces différents niveaux hiérarchiques me peint un schéma parfait de toute l’organisation de la gestion de l’irrigation dans la vallée.

 

 

 

 

 

Références :

Gilot L., L’eau des livres et l’eau des champs :des règles de distribution à leur mise en pratique. Principes généraux et application du cas d’Urcuqui, Thèse, ORSTOM 1996,        329 pages.

Mots clés :

Règles et lois

Coutumes et traditions

Pratiques paysannes

Agriculture subventionnée

Interactions règles/individus

Résumé :

            Cet ouvrage traite, de manière générale, des difficultés pour adapter les règles ou lois de fonctionnement sur le terrain en l’adaptant aux réalités locales. C’est le cas du système d’irrigation d’Urcuqui (Equateur) qui est pris comme exemple d’étude.

            A travers cette étude apparaissent les différents facteurs à l’origine des problèmes constatés dans l’organisation du système d’irrigation étudié. La thèse est riche de nombreuses citations d’autres études portant, pour la plupart, sur d’autres parties du monde ce qui rend ce travail très riche.

            On trouve ensuite une explication sur les problèmes qu’ont les gens en général et les irrigateurs de la vallée en question en particulier à se regrouper et à fonctionner en commun. Gilot démontre l’importance du vécu de chacun avant le regroupement et réfute l’idée que cette idée soit naturelle chez l’homme. Au contraire, chaque personne se présente face au groupe avec l’ensemble de ses perceptions, de son vécu et de ses principes ce qui fait que chacun appréhendera le groupe différemment. C’est cette différence inhérente aux hommes qui peut rendre la mise en place et le fonctionnement d’un groupe difficile.

Commentaire :

            La situation du système d’irrigation d’Urcuqui se rapproche fortement de mon cadre d’étude. Les problèmes constatés par l’auteur quant à l’application des décisions sont bien présents dans la vallée Chancay-Lambayeque.

            La réflexion globale concernant les causes et les conséquences de la non application, sur le terrain, des règles en vigueur peuvent être comparées aux problèmes décelés dans la région de la costa péruvienne. La mention de nombreuses autres études de par le monde offre par ailleurs une information très intéressante en permettant de relativiser la situation et à la fois d’en éclairer les spécificités.

            De plus, le thème de la recherche d’une organisation plus performante par le regroupement des acteurs est traité de façon singulière. L’analyse met à jour les difficultés réelles de mise place du système pour faire converger les acteurs vers une cause collective. Les enjeux qu’on pet retrouver à Chancay-Lambayeque ne sont pas, en cela, différents. La prise en compte des multiples rivalités, de divergences et la cohabitation de personnes engagées dans de multiples rôles, issues d’horizons sociaux différents est un problème important.

La vision de l’auteur est utile à la compréhension des tenants et des aboutissants et offre, de toute évidence, un angle nouveau pour appréhender la question.

 

 

 

Références :

Tomassini L., Estado, gobernabilidad y desarollo, Banco interamericano de desarollo, éditions BID, Santiago de Chile, 1993, 92 pages.

« Etat, gouvernement et développement »

Mots clés:

Etat

Démocratie

Société civile

Développement

Economie

Croissance

Résumé:

Cet ouvrage traite des gouvernements et des façons de gouverner si l’on peut dire. Le terme de “gobernabilidad” n’est pas réellement traduisible en français, du moins pas convenablement.

            Tomassini pense que, même si la question de gouverner a eu une grande importance ces dernières années (1993), les conditions pour garantir un bon gouvernement sont discutables selon la perspective culturelle selon laquelle on les étudie. Il oppose surtout les pays du Nord et du Sud.

            L’auteur avance ensuite, comme second principe à sa réflexion, qu’il ne suffit pas de s’arrêter à l’honnêteté, l’efficacité et à la responsabilité des organes économiques du pouvoir exécutif, qui sont des éléments essentiels mais partiaux du problème, pour juger du bon fonctionnement d’un gouvernement. Autrement dit, le coté économique ne constitue en rien un indicateur fiable du bon exercice du pouvoir. Le gouvernement dépendrait de l’existence de relations entre l’Etat et la société civile, ce qui rend possibles la stabilité, la légitimité et l’action du gouvernement pour le plus grand nombre des concitoyens.

            Toujours selon l’auteur, le rôle de l’Etat doit changer quand changent, entre autres, la combinaison des valeurs qui constituent la culture politique à un moment donné. De plus, selon lui, si les projets de développement de beaucoup de pays d’Amérique Latine ont été effacés et leurs gouvernements instables, c’est en grande partie du au fait qu’ils n’ont pas pu s’appuyer sur un large consensus national ni sur une démocratie participative.

Commentaire:

            Cet ouvrage a été  réalisé son l’égide de la banque interaméricaine de développement (BID) qui est une sorte de banque mondiale mais dédiée à l’Amérique. On se doit donc de garder en mémoire que les opinions avancées seront teintées de l’idéologie économique en place dans ces institutions de crédit supranationales, à savoir la déréglementation et le capitalisme.

            Tomassini aborde cependant la notion de gouvernement, de représentativité et de démocratie de façon très intéressante. Il prend en effet  en compte le rôle de l’ensemble des strates de la société dans le fonctionnement et la réussite des politiques gouvernementales.

            Son ouvrage va me servir à plusieurs titres. Tout d’abord je vais pouvoir rapprocher le fonctionnement d’un gouvernement et les conditions nécessaires à sa bonne marche avec le fonctionnement de l’organisation d’usagers de la vallée Chancay-Lambayeque. Ensuite il aborde le thème de la nécessaire représentativité des populations impliquées dans un projet. En cela Tomassini va dans le sens de ma seconde hypothèse, c’est effectivement un fait avéré et généralement admis. Sa vérification, par mon travail dans le cadre de la gestion du système d’irrigation, sera donc intéressante.


[1]SILVA BARRIO DE MENDOZA R. , Situaciòn actual, retos y desafios de la organisaciòn de regantes en el valle Chancay-Lambayeque, Chiclayo, février 1995, 284 pages.

[2]SILVA BARRIO DE MENDOZA R. , Situaciòn actual, retos y desafios de la organisaciòn de regantes en el valle Chancay-Lambayeque, Chiclayo, février 1995, 284 pages.

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