Bonjour,
Une lacune apparaît de plus en plus clairement dans le complexe politique-syndical-littéraire-juridique du pays, à savoir l'absence d'un traitement conséquent de l'ensemble des pratiques que l'on peut englober dans la dénomination "harcèlement professionnel". Un exemple banal: l'Intersyndicale du Laboratoire de Physique Corpusculaire du Collège de France vient de constater que la Direction du laboratoire semble avoir supprimé les services de nettoyage de tout un étage, où se trouvent les bureaux de plusieurs chercheurs jugés "contestataires". Mais des pratiques bien plus graves ont été mises en évidence, jusqu'à la mise en place de dossiers à caractère psychiatrique contre des membres de l'Intersyndicale. De nos jours, de tels procédés ne sont pas exceptionnels et paraissent très repréhensibles sur le plan des Droits de l'Homme.
Ces tendances risquent de s'aggraver avec l'émergence d'un "syndicalisme de propositions" qui réunira de plus en plus, autour de la même table, les représentants des travailleurs et les auteurs des pratiques de harcèlement. Les victimes pourraient alors être sacrifiées au bénéfice de conventions opportunistes sur les salaires et les conditions de travail. Une telle politique serait absurde et néfaste, car elle encouragerait précisément la répression contre ceux qui défendent les intérêts des salariés. Mais le danger n'est pas inexistant, surtout en présence d'organisations comme la CFDT.
Il me semble qu'il est bon temps d'appeler un chat un chat et de s'attaquer frontalement au problème, autant sur la plan syndical (par la mise en place d'une céllule destinée à la lutte contre ces pratiques), que politique (par la création d'un groupe de travail parlementaire) et associatif (par la création d'une association consacrée à la dénonciation du harcèlement professionnel).
Cordialement
Luis Gonzalez-Mestres