Revue de presse 2001

Vigneron rime avec passion

Ce samedi, Bruno Degeye recevra chez lui, ses amis viticulteurs pour la bénédiction  de ses vignes. Il nous parle de la viticulture dans la vallée hutoise.

 

 

LE VIN, on peut dire que Bruno Degeye est tombé dedans quand il était petit. Des voyages en Italie lui ont permis de découvrir l'univers de la vigne et même d'y travailler. En 1995, il a eu l'opportunité de quitter son appartement de Huy et de s'installer dans la campagne sur les hauteurs d'Ombret

C'est à ce moment que vous avez pu exprimer pleinement votre passion de la vigne ?

Tout à fait. J'avais déjà installé des vignes en façade de la maison de mes parents à Marchin, il y a déjà quelques années, mais c'est à Ombret que j'ai débuté ma production personnelle de vin.

J'ai acheté environ 40 pieds de vignes luxembourgeoise que j'ai transplantés à Ombret. Ensuite, grâce aux conseils précieux de mon ami Constant Seba, j'ai développé ma vigne qui atteint maintenant, 350 pieds. Il faut savoir qu'un pied nécessite 4 années de travail pour devenir adulte et donc, donner du raisin.

J'ai déjà produit, l'année dernière, quelques bouteilles de Pinot Gris. je produis aussi des vins de fruits (cerises, mûres..) qui sont très appréciés des dames. J'ai produit un vin rouge qui est un assemblage de quatre cépages (pinot noir, deux Saint- Laurent à la durée de macération différente et du précoce de Looz). je ne suis pas mécontent du résultat. J'ai également reçu une distinction de le, cru lors d'une dégustation " à l'aveugle". Ça fait toujours plaisir.

Est-ce le résultat qui est important ?

Absolument pas. La vigne est un travail de tout les jours et un plaisir de chaque instant. Chaque étape -  et elles sont nombreuses - est un moment privilégié. Travailler la vigne avec mon fils de 6 ans, Nathan, mon indispensable bras droit c'est un plaisir partagé que je n'échange rais pour rien au monde. Pulvériser, tailler, retailler, palisser (attacher les pieds avec du fil), travailler la terre, tendre les filets, récolter, fouler et faire macérer sont les étapes principales du processus. Et il n'y en a aucune qui ne soit pas agréable. Travailler sa vigne, c'est communier avec la nature et c'est merveilleux de partager ça avec ses enfants. Ma petite fille est trop petite pour m'aider mais il faut la voir chaparder les grains de raisin. Mon fils, lui, a déjà son avis et ses idées sur tout. Il me surprend chaque jour.

La nature est une amie pour vous ?

C'est peut être ma meilleure amie.Elle m'offre tout ce que j'aime et me permet de faire ce que j'aime avec ceux que j'aime. Quand ma femme prépare une salade du jardin ou des tomates à l'italienne, quand je savoure mon vin ou une bonne bière fraîche, quand je vois les vignes pousser et le raisin se colorer, je ne peux imaginer de choses plus belles. La nature fait des miracles et je me sens privilégié de pouvoir y assister, entouré de ma famille.

Le vin n'est pas non plus un plaisir solitaire ?

Non, c'est un plaisir que je peux partager avec ma famille et avec des amis qui vivent la même passion que moi. je fais partie des " Vignerons de la vallée Mosane " grâce à mon parrain et ami, Constant Seba. je fais également partie du " Cercle horticole de Huy ". Certains membres de ces deux cercles font partie de la confrérie " Les vins du perron ". Ces réunions nous permettent de dialoguer, d'échanger des conseils et des idées et d'organiser des ventes durant les fêtes du mois d'août qui nous ont permis d'en remettre le bénéfice à l'association " Oiseau bleu "

Le vin, la vigne, boisson ou hobby ?

 Bien plus. C'est un art de vivre et une passion qui me permet de me réaliser pleinement, d'oublier le travail et les petits soucis de la vie. J'espère transmettre cet amour de la terre et des plantes à mes enfants. Avec ma femme, nous les voyons grandir et s'éveiller au contact de la nature. Leur bonheur, c'est le plus grand cru de notre vie.

Bénir sa vigne

La bénédiction de ce samedi est un immense bonheur pour Bruno Degeye. C'est la première fois qu'il recevra tout ses amis et voisins et qu'il pourra leurs faire déguster son vin. La bénédiction est une tradition que les viticulteurs souhaitent maintenir et transmettre. Elle doit protéger la vigne des intempéries et des maladies.

C'est aussi l'occasion, pour Bruno, de repenser a Jef, le sympathique curé de la paroisse de la Sarte qui avait fait tant de bien autour de lui. Il avait célébré le mariage de Bruno et il devait faire cette première bénédiction. Ce ne sera pas possible car Jef nous a quittés mais ce samedi, il ne sera pas bien loin de Bruno. Il sera dans son coeur.

 

Julien BARRERA

L'Avenir 19 janvier 2001

 

Ombret – Bénédiction des vignes

Un connaisseur, cet abbé

Pas de doute, l'abbé Thirion, qui samedi a béni les vignes de Bruno Degueye, est un fin connaisseur. Ses paroles ont ravi l'assemblée.

MEMBRES de la Confrérie du vin du perron, de la Société royale horticole et viticole,

Vignerons de la vallée mosane... Samedi, jour de la St-Vincent, leur patron, tous s'étaient donnés rendez-vous sur les hauteurs d'Ombret pour la bénédiction des vignes de Bruno Degeye.

Si le ciel était sombre, l'air froid, l'atmosphère s'est bien vite réchauffée dès que l'abbé Lucien Thirion, de Rocour, a pris la parole.

 

" Je ne vais pas bénir la vigne avec de l'eau, s'est-il exclamé, il y en a déjà assez dans l'air.. "

Apostrophant son public, racontant l'une ou l'autre blague, l'abbé Thirion a mené toute la cérémonie d'un verbe haut en couleurs. Et a montré, au moment de la bénédiction, une parfaite compréhension des préoccupations des vignerons.

" Le but d'une confrérie est de faire revivre les coutumes et de renforcer les liens d'amitié, a relevé Lucien Thirion. Ici, vous soignez et entretenez des vignes. Pour vous, une nouvelle année commence. La nature reprend ses droits, les bourgeons poussent dans les plantations. le vais bénir ces vignes. Dans quelques mois, elles fleuriront et donneront de belles grappes... "

Et l'abbé Thirion d'expliquer que cette bénédiction était bien plus que du simple folklore, car " il faut se tourner vers Dieu avec foi pour obtenir ce que nous lui demandons' Alors remerciez-le quand vous remplirez votre verre. "

A propos de verre, là aussi les paroles de l'abbé ont ravi les fins connaisseurs présents dans le public.

" Boire un verre, et même quelques-uns, ça fait du bien, a relevé Lucien Thirion. C'est même très bon, très sain. Cela donne la joie au coeur. "

La joie au coeur... À condition de garder raison, a ajouté l'abbé, qui savait visiblement de quoi il parlait.

" C'est vrai que je suis mal placé pour le dire, lançait en aparté celui- ci. L'année passée, je ne sais pas comment je suis rentré des Fêtes de Wallonie de Statte. "

Inutile de dire que plus d'une fois, la chaleur et l'humour de l'abbé Thirion ont fait naître sourires et rires. Il faut bien reconnaître que par sa connaissance des choses, notre homme tenait vraiment son public au creux de la main.

Pourtant, c'était la première fois que le Rocourtois venait officier sur les hauteurs de la vallée. Une invitation qu'il a acceptée peu après le décès, en juillet dernier, de Jef Boeckx, le curé de la paroisse de Statte. Toute l'assemblée a d'ailleurs eu une pensée émue pour lui samedi.

S'il s'était engagé à succéder à celui-ci, l'abbé Thirion a tout de même bien failli ne pas savoir honorer l'invitation.

" Aujourd'hui, c'est la première fois que je sors depuis trois mois, s'est réjoui ce dernier à la réception qui a suivi la cérémonie. J'ai eu un genou fracassé, et j'ai pu recommencer à marcher voici 15 jours seulement. D'ailleurs quand le médecin a su que je venais ici, il m'a dit: ne bu- vez surtout pas.

Mais vous comprenez bien que si je ne peux pas boire avec mes amis, je reste chez moi, lui ai-je dit... "

Il est comme cela l'abbé Thirion. L'oeil malicieux, la parole colorée, le regard plein d'humanité. En témoigne encore ce " Notre Père ", qu'il avait adapté aux circonstances.

" Notre Père (     .. ), donne-nous aujourd'hui le pain de chaque jour, et ce qu'il nous faut boire, a-t-il récité face aux vignes de Bruno Degeye. Pardonne-nous nos bêtises et ne nous laisse pas aller à faire des cumulets dans les plantations... "

Une prière d'autant plus cocasse queue était dite en wallon, comme le reste de la cérémonie d'ailleurs. Une première que tous ont vraiment savouré.

Y.R.

En wallon aussi

Après la bénédiction des vignes, les membres de la Confrérie des vins du perron, de la société royale horticole et viticole et les Vignerons mosans ont participé à une messe solennelle en l'église de Statte. Une messe en wallon donnée par l'abbé Thirion, et chantée en wallon également par la Chorale de Statte et le Petit Choeur. Après un final où ont retenti le chant des Wallons et de la Confrérie, tous se sont retrouvés au fond de l'église pour le verre de l'amitié. Avant un souper au Mont-Falise.

Vers L'Avenir 23 janvier 2001

 

Qui pourra mettre en oubli le limpide et sec Chablis,qui joint à tant d'autres titres l'art de faire aimer les huîtres.(anonyme)

LA MEUSE –MERCREDI 14 NOVEMBRE 2001

 

La Société royale horticole et viticole de l'arrondissement de Huy a célébré la Saint-Martin. A cette occasion, des décorations ont été remises à quatre de ses administrateurs.

La société a fêté ses 150 années d'existence l'an dernier. Son origine n'est autre qu'un pari entre fermiers, à Statte. Ils avaient décidé que celui qui produirait la plus grosse betterave paierait à souper. Ainsi est née cette société qui s'appelait alors Al Petràte. Le nombre d'adhérents augmenta sans cesse et, au début du siècle, il y eut jusqu'à 4000 membres. A cette époque, le bulletin de l'association était tiré à 7.000 exemplaires.

Le groupement n'a jamais interrompu ses activités. Aux débuts, les réunions se tenaient dans un café de Statte (mais on ne sait plus lequel) puis un local, l'Horticole, fut construit à Statte, rue René Dubois. La salle a disparu et la société se réunit maintenant à la Maison des Stattis.

Aujourd'hui, les activités sont essentiellement viticoles, avec 100 membres dont 41 vignerons, des jeunes comme des chevronnés.

La société fête d'abord la Saint-Martin, en novembre. Cet Evêque de Tours (316- 397) avait rendu visite à des vignerons, avec son âne. Celui-ci, pendant que l'evêque parlait avec ses hôtes, avait mangé des branches des vignes. L'année suivante, les plants avaient produit plus que ceux des voisins. La taille de la vigne était née et saint Martin devint le patron de ceux qui la cultivaient.

Mais les vignerons fêtent aussi un deuxième saint, Vin- cent, le 20 janvier, avec la confrérie des Vins du Perron de Statte et les Amis du vin et de la vigne.

Le groupement est présidé par Charles Legot qui, lors de la manifestation, a rappelé la prochaine fête, celle de saint Vincent, à l'occasion de laquelle sont dégustés les produits des vignes des membres.

La décoration spéciale agricole de première classe a été accordée par le roi Albert II à quatre administrateurs de la société qui comptent plus de 25 années d'activité en son sein. Elle a été remise à Richard Breulhez, Jacques De- marche, Jean-Jacques Peere et Charles Legot.

 

Jo DEPAYE

VERS L'AVENIR- MARDI 13 NOVEMBRE 2001

 

TIHANGE- Remise de décorations

 

Entre jardins et vignobles

La Société Royale Horticole et Viticole de Huy (Statte) a organisé son banquet annuel de la Saint-Martin avec cette année des remises de décorations.

COMME traditionnellement, la Société Royale Horticole et Viticole de Statte a organisé son

 

banquet à l'occasion de la Saint- Martin, un des deux saints patrons de vignerons, le deuxième étant Saint-Vincent. C'est ainsi que de nombreux membres se sont retrouvés dans une ambiance conviviale au cercle Saint-Jean ce samedi 10 novembre en soirée conviés à un repas gastronomique.

Mais cette année, ce repas était rehaussé d'une sympathique remise de décorations, Médailles spéciales agricoles de  première classe attribuées à 6 membres pour plus de 25 années de présence dans le conseil d'administration de l'ASBL.

Ces décorations accordées par le Roi Albert et accompagnées d'un diplôme émanant du Ministre Fédéral de l'agriculture furent remises par le président de la société, Charles Legot à Mrs Richard Breulhez, président honoraire, Constant Seba, Vice-président, Jacques Demarche, trésorier, Jean-Jacques Peere, administrateur et Jean Evrard, Administrateur. Mais une était aussi et remise par ses amis au président Charles Legot.

La Société Royale Horticole et Viticole de Huy a été fondée en 1850 et ne fut jamais interrompue. Au départ, composée de jardiniers amateurs, la société compte actuelle- ment une centaine de membres. Ce- pendant l'aspect viticole a pris un grand pas et on y dénombre d'ailleurs 41 viticulteurs amateurs.

 

Les vignobles de la vallée de la Meuse sont très anciens remontant certainement à l'an 800, mais peut-être déjà à l'époque romaine. Ce fut une activité très importante et les Princes Evêques de Liège faisaient cultiver la vigne et fabriquer le vin sur les coteaux hutois.

On verra un déclin déjà à la fin du 19è siècle et surtout avant la guerre 14-18. Après la première guerre, il n'y a plus de vignes dans la région.

C'est l'actuel président, Charles Legot qui en 1963 a replanté les premiers pieds de vigne du Clos du Bois Marie, bien vite suivi de Constant Seba. Avec d'autres maintenant, il perpétuent la culture de la vigne en élaborant leurs crus produisant trois à quatre mille bouteilles par an d'une qualité tout a fait appréciable. Ils sont parfois très jeunes à réaliser ce qui est un rêve, un défi comme Nicolas Brasseur de la vallée mosane et Jean-François Bernard à Ciplet, car les vignobles sont aussi bien répandus en Hesbaye.

 

Ch. T.