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L'ère de «l'après PC» a commencé…
Par Maâmar FARAH
Même s'il était prévu, le verdict du juge Jackson tombé mardi matin (heure d'Alger) n'en constitue pas moins un événement de taille dans un monde devenu justement plus petit grâce à des hommes comme Bill Gates dont la firme -Microsoft- vient d'être reconnue coupable d'avoir violé la loi anti trust en vigueur aux Etats-Unis. En l'espace de quelques années, la société de Seattle a placé sur le marché mondial un nombre impressionnant de programmes sans lesquels l'informatique n'aurait jamais connu un développement aussi prodigieux aux quatre coins du globe. Il est difficile de comprendre la logique qui a mené un génie de la trempe de Bill Gates devant les tribunaux d'un pays dont toute la philosophie repose justement sur la libre entreprise. Le Président de Microsoft, considéré par beaucoup comme l'homme du XXème siècle, est l'un des exemples les plus prodigieux de réussite individuelle, lui qui a gagné beaucoup d'argent non pas en vendant des armes comme beaucoup de ses compatriotes, mais en généralisant l'utilisation de l'outil informatique et en offrant aux hommes un formidable instrument de rapprochement et de communication : Internet Explorer. Il aura servi l'humanité à sa manière et c'est tant mieux s'il a fait fortune en nous donnant les moyens de nous instruire, d'élargir nos horizons scientifiques et de communiquer avec les autres, au-delà des frontières et des différentes de race, de religion ou de sexe. Avec cette affaire, l'Amérique prend subitement des apparences de médiocrité car, ce qui est reproché à Bill Gates, ce n'est ni plus ni moins que d'avoir insolemment réussi en ne laissant que des miettes à ses concurrents. La loi anti trust, valable dans de nombreux domaines et même utile pour empêcher des positions monopolistiques préjudiciables au libre choix des consommateurs, montre ses limites dans un domaine aussi particulier que celui des technologies nouvelles et de l'intelligence artificielle. Avant tout le monde, Bill Gates avait compris que l'ordinateur allait pénétrer partout : dans les lieux de travail, les administrations, les écoles et les foyers. Pour le mettre à le portée de n'importe quel homme, où qu'il se trouve, Microsoft a créé une plate-forme conviviale et d'un accès très simple : Windows, et cela dans pratiquement toutes les langues. Avant tout le monde, Bill Gates avait compris que cette plate-forme ne devait pas seulement servir les milieux professionnels mais permettre le développement de toutes sortes de logiciels, dans tous les domaines de la vie, de l'apprentissage aux jeux, en passant par l'édition, la téléphonie, les loisirs, etc. Toute une industrie logicielle s'est développée autour de Windows devenu la plaque tournante d'un système baptisé Multimédia. Grâce à des hommes comme Bill Gates, l'ordinateur est sorti des universités et des grands centres de recherche pour devenir le compagnon de tous les jours de centaines de millions d'êtres humains. Nous l'utilisons pour apprendre, écrire, téléphoner, télexer, écouter de la musique, surfer sur Internet, jouer, regarder des films, envoyer des messages électroniques, créer des images, etc. En attendant les sanctions qui vont suivre le verdict, Microsoft a le temps de définir une stratégie de défense qui le mettra à l'abri de surprises désagréables. Mais le géant de Seattle a aussi compris avant tout le monde que l'ère de « l'après PC» a déjà commencé pour les génies de Sillicon Valley. Il a été parmi les premiers à développer un boîtier de réception Internet via la télévision qui connut un flop à sa création avant de s'imposer aujourd'hui comme le moyen incontournable du futur pour se connecter au Web. Il est également sur la piste d'une console de jeux révolutionnaire qu'il destine principalement à une utilisation en réseau. Les Japonais, maîtres en la matière, en tremblent déjà. Il est aussi très actif dans le domaine de la réception Internet par portable en développant une stratégie judicieuse en la matière. Microsoft n'est pas fini. La boîte a su se placer dans des créneaux d'avenir qui bénéficieront, comme toujours, de la formidable capacité d'innovation technologique de ses ingénieurs. Les dernières informations laissent entendre que les Européens, à leur tour, pourraient sanctionner Bill Gates pour le «monopole de Windows 2000» ! Incapables de se hisser au niveau de la créativité scientifique de l'Amérique, les Européens seraient mal inspirés de l'imiter dans le lamentable procès qu'elle fait au talent et à l'intelligence.
M.F.
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