Bel Ami Guy de Maupassant naît le 5 août 1850, à Fécamp. Son enfance est troublée par l'animosité réciproque de ses parents et l'inconstance de son père. Le couple se sépare définitivement en 1863; Maupassant reste avec sa mère. Il commence ses études au séminaire d'Yvetot, de la 6ème jusqu'en seconde, mais il en est renvoyé à cause du rationalisme de ses oeuvres de jeunesse, et finit ses études à Rouen. Il rencontre Flaubert en 1867.
La guerre franco-allemande de 70 éclate; Maupassant est mobilisé dans l'intendance à Rouen, d'où son patriotisme lui fait vivre avec stupeur la défaite française. Les images de ce conflit inspireront l'écrivain qui créera des oeuvres telles que Boule de Suif.
En 1972, Maupassant travaille comme commis de ministère, mais il préfère une vie plus libre et relâchée de jeune snob athlétique. Il façonne ses oeuvres sous la direction de Flaubert, ami intime de sa mère, qui le guide dans son apprentissage du style et du point de vue du Naturalisme. Il et est amené par lui à fréquenter les grands écrivains du siècle. Pendant huit ans, il travaille sous leur férule, rejoint notamment le mouvement du naturalisme, dirigé par Zola. Il publie diverses oeuvres, telles Boule de Suif , qui révélera sa vocation de conteur réaliste et artiste ou Une Vie. Mais Flaubert, son maître, ami et modèle, meurt le 8 mai 1880.
De 1880 à 1890, Maupassant ressemble beaucoup au Bel-Ami de son oeuvre: il mène une vie de plaisir, entretient bien sa famille... Il publie près de 300 nouvelles, six romans, des articles, récits, en quantité. (Contes de la bécasse, 1883; Contes du jour et de la nuit, Bel-Ami, 1885; La petite Roque, Le Horla, Mont-Horiol, 1887; Pierre et Jean, 1888; Fort comme la mort, paru à la suite de l'internement de son frère en 1889) Il part souvent en Afrique, à bord de son yacht, et en rapporte de nombreuses impressions de voyage (Au soleil, 1884; Sur l'eau, 1888; La vie errante, 1889). Ses héros, témoins de leur propre vie, sont souvent des antihéros: ils subissent la réalité plus qu'ils ne la contrôlent et se morfondent dans leur univers absurde et sans contact humain réel. Ses oeuvres sont toujours pessimistes, et Maupassant en explique lui-même la raison: «Cette seconde vue [est] à la fois la force et toute la misère des écrivains: j'écris parce que je comprends et je souffre de tout ce qui est, parce que je le connais trop.» Mais petit à petit, la maladie le mine.
De 1890 à 1893, sa santé se détériore de plus en plus vite. Il devient nerveux et irritable, consulte de nombreux médecins, puis finit par se faire lui-même interner en clinique psychiatrique où il meurt fou et paralytique le six juillet 1893. En parallèle avec ce déclin, on observe une modification profonde de son oeuvre, le pessimisme du conteur évolue: ses intentions polémiques, ses attaques contre la religion, les préjugés bourgeois, la déloyauté féminine concèdent une partie de la place qu'elles occupaient à la vertu et la compréhension, à la sympathie pour les petites gens, les incompris ou les délaissés de la vie. Ces thèmes centraux muent finalement en une angoisse, en la hantise de la mort et de l'invisible qui apparaît dans une trentaine de ses nouvelles, écrites dans les dix dernières années avant sa fin.

I/ Fiche technique
Auteur Guy de Maupassant (1850 - 1893)
Genre Roman psychologique
Création 1885
Parution 1885
Édition Le Livre de Poche, Septembre 1993

II/ Intrigue ou enchaînement
Situation initiale Georges Duroy rencontre un ancien camarade de l'armée. C'est grâce à lui et à son ambition qu'il va «réussir» sa vie.
Déroulement Son ami, Forestier, le fait entrer à «La Vie Française», journal très populaire du moment, où il progresse très vite, grâce à l'aide de la femme de son ami. Il courtise Mme de Marelle, qu'il a rencontré à un dîner chez les Forestier, et devient vite son amant. Il courtise également Mme Walter, la femme de son patron. Ses liens avec les deux femmes se nouent et se dénouent. Forestier meurt d'une pneumonie, et Duroy épouse sa femme, qu'il avait toujours idolâtré. Celle ci lui permet, grâce à ses talents journalistiques, de devenir un grand rédacteur et l'aide également à entrer dans la grande société. De son côté, Mme Walter l'aide à faire sa fortune en lui faisant faire des spéculations boursières. Duroy divorce après avoir surpris sa femme le trompant, et après avoir vaincu par une méthode quelque peu violente les réticences de la mère, épouse Suzanne, la fille de Walter, devenu très riche.
Situation finale Le roman se termine sur les ambitions politiques de Duroy, qui veut encore monter plus haut dans l'échelle sociale.

III/ Personnages principaux
Georges Duroy est le héros. C'est un beau garçon grand, athlétique, blond aux moustaches frisées. Il est plein d'ambition, et veut monter plus haut dans l'échelle sociale et s'enrichir de plus en plus. Ses projets semblent ne jamais se limiter. Son don infaillible de séduction lui sert beaucoup.
Mme de Marelle est l'amante insatiable de Duroy même quand il est avec une autre femme, il finit toujours par revenir vers elle. Elle le conseille sur la façon de se conduire pour acquérir les relations sociales qui lui permettront d'assouvir son ambition avide.
Mme Forestier Épouse infidèle de l'ami de Duroy, elle deviendra la femme de celui-ci à la mort de son mari. Elle aide le héros à progresser dans les échelons de sa vie professionnelle grâce à ses dons personnels, mais comme Forestier en profitait déjà, il s'attirera les soupçons de ses collègues. Elle lui apprendra ce que son premier mari lui avait inculqué sur son métier. Cet appui lui permettra de devenir rédacteur en chef, puis vice-président de «La Vie Française».

IV/ Cadre de l'action
Temps Le roman s'étale sur une durée d'une année environ, à la fin du dix-neuvième siècle.
Lieux Le récit se déroule à Paris: les différents lieux sont l'appartement de Duroy, la rue, les locaux du journal, les maisons des Forestiers et des Walter, puis la villa des Walter.

V/ Thèmes dominants
Thème dominant Le thème dominant est l'ambition, autant sociale que professionnelle ou financière, de Duroy. En fait, dès qu'il trouve quelqu'un pour le faire entrer dans le «milieu», ce sont les femmes, ses nombreuses maîtresses, qui font les reste. Il profite de son charme.
Thèmes annexes Les autres thèmes sont l'infidélité notoire des couples mondains de la fin du 19ème ainsi que la déloyauté féminine.
Finalement, une peinture de la société mondaine du temps de Maupassant, milieu qu'il côtoyait, se dégage de cette oe roman.

VI/ Conclusion
Ce roman permet une approche de ce que pouvait être la vie des classes hautes de la société en France à la fin du siècle dernier. Mais cette vision est probablement déformée par rapport à la réalité, à cause de la perception étrange que Maupassant avait du monde qui l'entourait.






Page principale
Site maintained by JulienGB. Artwork and HTML by Deelight.