Fac d'Erwai Welcome to Erwai !

Ma fac : Erwai




    Bon, son appellation officielle serait plutôt Beijing di er waiguoyu xueyuan, soit l'institut des langues étrangères n°2 de Pékin, mais son petit nom se résume à Erwai. Maintenant que les choses sont clarifiées, je vous l'avoue : je vais parler de ma fac et de mes études. Mais rassurez-vous, pas question de faire de la propagande : je veux juste vous faire partager l'expérience exceptionnelle que je vis tout en essayant de garder l'esprit critique.


 Localisation

    Pas terrible justement : Erwai se trouve dans la banlieue Est de Pékin. Pour ceux qui connaissent : elle est située entre le 4ème et le 5ème périphérique.
  Bref, tout ça veut dire minibus obligatoire pour toute personne ne résidant pas sur le campus. Rassurez-vous, cela ne vous ruinera pas (1 à 2 yuans par trajet = environ 75 centimes à 1F50), mais comme tout trajet quotidien, ça devient vite lassant.
A noter tout de même : le prolongement de la ligne de métro qui devrait être bientôt achevé n'ira pas jusqu'à la faculté d'Erwai, mais la rapprochera sensiblement du centre.

    L'intérêt cependant est de découvrir la banlieue de Pékin : mélange de hutongs (vieilles rues bordées de maisons traditionnelles) et d'immeubles flambants neufs qui poussent comme des champignons sous les efforts d'ouvriers qui travaillent nuit et jour sur ces immenses chantiers.


 Cours

    Tout d'abord, permettez moi de vous présenter mon immeuble poétiquement nommé er hao lou, c'est-à-dire immeuble n°2...

Mon immeuble

    Comme vous le voyez, les locaux ne datent pas d'hier, mais on l'oublie vite : tant qu'on a table, chaise et lumière pour travailler, on peut apprendre le chinois. Et quand je vous aurai dit qu'en plus on dispose d'une salle de télé et d'un labo de langues, vous penserez que finalement la Chine n'est pas si éloignée de la France.
  Une nuance tout de même : le labo est ce qu'il y a de plus rudimentaire. Il permet d'écouter des cassettes de chinois. Point. Ici, ni enregistrement, ni correction par le prof...

    Quant aux profs justement, comparés à la grande majorité d'entre eux en France, ce sont des crèmes ! A l'écoute, ils répèteront tant qu'il le faudra les points difficiles. On peut arriver en retard (ici aussi les embouteillages ça existe) : on ne se fait pas jeter dehors comme un malpropre. Peu d'interros, pas du tout de pression psychologique : on apprend par plaisir et on le fait sereinement.

Cool...
  Un inconvénient cependant à cette tolérance envers les étudiants : certains se permettent des choses incroyables à la limite de l'impolitesse comme manger en cours, discuter à haute voix avec le voisin, arriver une 1/2 h en retard et même... s'en aller au milieu du cours !!!
Mais finalement, ces comportements se font de plus en plus rares au fur et à mesure que l'année avance, puisque ceux qui se permettent ce genre d'actions abandonnent très vite les cours.

    Venons-en à mes tongxuemen (camarades de classe)... J'avoue n'avoir auparavant jamais discuté avec des personnes d'autant de pays différents. Imaginez vous que dans ma classe pas moins de 10 pays sont représentés : Corée du Sud, Japon, Indonésie, USA, Nouvelle Zélande, Italie, Allemagne, Russie, Ouzbékistan et... France. Cela donne une formidable occasion d'ouverture sur le monde !
    Nous échangeons nos points de vue sur la Chine, nous comparons nos modes de vie et nos traditions... Cela remet en cause pas mal d'idées reçues sur les autres nationalités, ébranle beaucoup de nos certitudes et nous offre une ouverture sur ces pays asiatiques qui nous sont généralement assez peu connus.



Environnement

    Le campus, puisqu'il héberge plusieurs milliers d'étudiants et de profs, est une véritable petite cité avec ses barres d'immeubles, ses petits magasins (dont une assez bonne boulangerie qui fait, ô miracle, des pains au chocolat et des croissants), sa laverie, son stade...
  Le campus est clos de tous côtés et on ne peut accéder à l'intérieur que par quelques portes surveillées par des gardes, ce qui renforce cette impression de "microcosme".

Porte nord

    Les étudiants disposent, pour manger, de 2 cantines principales. Malheureusement pour les étudiants étrangers, elles servent exclusivement de la nourriture chinoise... mais la diversité des plats proposés permet de varier un tant soit peu son menu.
Seulement, pour accéder à cette nourriture, il va falloir vous battre : ici comme ailleurs dans Pékin, il n'y a pas de queue. Conclusion : on joue des coudes, on tape du pied, on passe son bol par dessus l'épaule de la personne de devant...

  Vous avez votre déjeuner, vous pensez en avoir fini ? Eh bien non, car maintenant il vous faut trouver une place et, entre les sièges cassés et ceux où un étudiant chinois prévoyant (on va dire ça comme ça) a déposé son sac pour être sûr d'avoir une place en revenant du "self", vous allez tourner un moment.

Je ne m'énerve pas...

  Maintenant que vous êtes installés, vous pouvez manger tranquillement. Et si vous êtes seuls, ne craignez rien : dans 2 minutes vous ne le serez plus, car un étudiant chinois se fera un plaisir de vous faire la conversation en anglais, en français, en chinois... ou dans un savant mélange de deux langues !
Evidemment, si vous aimez la solitude, ce n'est pas le lieu de rêve. Mais dans ce cas, ne venez pas en Chine (où la population est quand-même de 1 milliard 300 millions de personnes...) ou bien allez visiter la Mongolie intérieure ou le Tibet...



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