
L es eunuques ne sont pas des « quelque chose-sexuels » : ils sont un peu comme les anges. Les anges se définissent-ils par leursexe ? Non ! Alors pas de quoi s'acharner, se buter sur une identitésexuée ?
L'androgynie associe les réciprocités : désir mâle pour les mâles, désir femmelle pour les femelles. C'est le désir, c'est-à-dire le « sexe ducerveau », qui décide, et non pas le sexeextérieur ! Celui-ci n'est utile que pourprocréer : il n'a rien à voir avec le sentiment amoureux.
C e n'est pas parce que la grande majorité des être humains présentent un type de désir qui, associé à leur sexe, favorise la procréation, qu'ils sontsupérieurs : en effet, l'homosexualité est le meilleur moyen contraceptif qui soit. Combien, dans le monde, d'enfants victimes de la mortalité infantile, de l'esclavage au travail, de l'ignorance ? Combien d'enfants abandonnés, battus, déclarés« sous X » ou avortés, parce qu'ils n'ont pas été désirés, parce qu'on a pas fait attention ?
Pourquoi les hétérosexuels ne passeraient-ils pas à l'homosexualité comme certains homosexuels sont capables de passer à l'hétérosexualité ? Cela n'enlèverait absolument rien à leur identité sexuelle, qui est donnée à chacun par la nature pour toute savie durant ! Pourquoi ne pas développer les amitiés intimes, les actes de tendresse entre hommes et entrefemmes ?
E t où va la Terre, avec douze milliards d'individus au XXIemesiècle ? Les pays sous-développés ne sont-ils pas victimes de leur homophobietenace ? Les guerres, les conflits ne sont-ils pas dûs au mépris de l'homme pour la féminité, reliée aux valeurs de douceur, de dialogue, d'honnêteté etd'humilité ? Si l'on avait été moins hypocrites, si l'on avait osé dire tout ce que l'on pouvait dire, l'épidémie de Sida n'aurait-elle pas été moinsviolente ? Si l'homme ne renonce pas à la tentation du pouvoir dominateur, tyrannique et si la femme ne renonce pas à la tentation de la soumission idiote et silencieuse, comment l'humanité pourra-t-elle s'ensortir ?
L es androgynes peuvent donner l'exemple, en détruisant ces constructions culturelles complètement artificielles que sont les inégalités hommes-femmes. Il n'est pas question de « gommer les différences » entre les hommes et les femmes - ce qui est impossible et ridicule -, mais d'effacer toutes les différences qui reposent sur l'identité sexuelle.
