Dans l'Évangile de Saint Jean (ce n'est pas le même qui l'a écrit
!), l'apôtre Jean apparaît on ne peut plus clairement - du moins
à celui qui ne veut pas se "voiler la face" et qui ne cherche
pas à "travestir" une relation intime sous la forme "acceptable"
d'une amitié-tendresse - comme le véritable amant de Jésus et
son plus grand amour-passion humain.
Cela nous éclaire sur le sens général de sa vie, de
son destin. Cela nous fait redécouvrir son histoire sainte d'une
manière plus humaine. Des faits auparavant surprenants
ou étranges nous paraissent alors évidents et la lecture des Évangiles en devient
presque fantastique...
Jésus était un homme comme tous les autres, mais pas tout-à-fait
non plus, puisqu'il était (pour les Chrétiens) le fils de Dieu,
"Dieu avec nous", envoyé pour libérer l'humanité des ténèbres,
en lui ouvrant l'accès au Royaume des Cieux. Ce fait même suffirait
à comprendre que Jésus fut "eunuque parmi les eunques" (lire à
ce propos le commentaire sur St Matthieu)...
En effet, pourquoi Dieu aurait-il envoyé un homme plutôt qu'une
femme ? Et à quoi bon, si c'est pour ne pas avoir de descendance
? La réalité est là : Jésus, de par sa nature humaine et de par
son origine divine, n'était pas hétéro-sexué. Son désir ne le
portait pas à la reproduction, tout simplement parce qu'il est
orienté gay.
Et quoi ? Qu'y a-t-il de plus naturel, surtout pour le fils d'un
Dieu qui est tout, donc qui n'a pas "qu'un sexe" ? Toute une sensibilité
peut y être rattachée.
Il faudrait relire l'Évangile de Jean. Par moments, ça saute
aux yeux. Le rapport de Jésus aux femmes, son anti-conformisme,
la présence rapprochée de Jean... Les motifs de sa condamnation peuvent aussi avoir des racines dans son vécu homosexuel. Le
"blasphème" n'aurait peut-être pas pris une telle ampleur sans un mode de vie suffisamment subversif : homosexualité, magie,
défiance aux lois, insoumission à l'autorité des pharisiens, appel
à ne pas juger selon la chair, affranchissement du péché par la
vérité de sa parole...

Des passages de St Jean :
13:23,24 : Or l'un d'entre ses disciples, que Jésus aimait, était à table dans le sein de Jésus.
19:25,28 : Or, près de la crois de Jésus, se tenaient sa mère, et la soeur de sa mère, Marie, femme de Clopas, ainsi que Marie de Magdala. Jésus donc, voyant sa mère et, à côté, le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui.
20:2 : [Marie de Magdala] court donc, vient vers Simon Pierre et vers l'autre disciple que Jésus aimait, et elle leur dit : On a enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons pas où on l'a mis.
20:4 : mais l'autre disciple courut en avant plus vite que Pierre, et arriva le premier au sépulcre
21:7 : Le disciple que Jésus aimait dit alors à Pierre : C'est le Seigneur !
21:20,23 : Et quand il eut dit cela, il lui dit : Suis-moi. Pierre, se retournant, voit suivre le disciple que Jésus aimait, celui qui, durant le souper, s'était penché sur sa poitrine, et avait dit : Seigneur, quel est celui qui te livrera ? Pierre, le voyant, dit à Jésus : Seigneur, et celui-ci - que lui arrivera-t-il ? Jésus lui dit : Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi. Cette parole se répandit donc parmi les frères, que ce disiple-là ne mourrait pas. Or Jésus ne lui avait pas dit qu'il ne mourrait pas, mais : Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ?
Dans ce dernier passage, à la fin de l'Évangile, Simon Pierre
- qui avait renié Jésus - l'entend dire... "Suis-moi". Que vient
faire ici le pronom "lui", alors même que l'on parlait encore
de Simon Pierre ? C'est comme si ce "lui" renvoyait à une personne
évidente, éminemment importante dans le cercle des disciples,
une personne centrale et très liée à Jésus. Cette personne, c'est
Jean.
Simon Pierre ne comprend pas pourquoi Jésus décide de s'en aller
AVEC Jean, mais il sait que les deux sont très attachés l'un à
l'autre. Jésus fait alors une déclaration surprenante, plutôt
égocentrique, sans raison ("l'amour a ses de raisons que la raison
ne connaît point") : il veut aimer Jean jusqu'à son retour dans
notre monde. C'est clair et limpide.
Les autres s'en étonnent, puisque Jésus dit : "que t'importe?".
Il donne donc ordre à Jean de venir et celui-ci ne se fait pas
prier, car il s'exécute sans mot dire : comment ne pas voir, dans
ce mouvement naturel, la réunion de deux amants éternellement
unis ? Le fait est tellement important que tous les disciples
en discutent. Pourquoi lui et pas un autre ? Tout simplement parce
que Jésus aimait Jean d'amour !
Ainsi, nous, gays et lesbiennes, pouvons dire avec Jésus : « Que vous importe-t-il ? » ... « Quelle importance ?
»
La Paix soit avec vous ! Pax vobiscum !