Contes et légendes : L'aqueduc de Jouy-aux-Arches
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Non loin de Metz, on peut admirer à Jouy-aux-Arches, les ruine d'un imposant aqueduc romain, lequel enjambait le cours de la Moselle.

Construit entre le deuxième et le troisième siècle de notre ère, il était destiné à amener l'eau des sources de Gorze à Metz. Cet aqueduc ne résista cependant pas aux coups répétés des invasions qui jalonèrent l'Histoire de la Lorraine.

Histoire du légionnaire Mettius

En ces temps reculés, les puissantes légions Romaines avaient déjà envahi les environs de Metz, alors appelé, Divodurum. Cependant, la cohabitation entre les romains et les peuplades locales s'était plutôt bien passée : ces dernières avaient imité les coutumes et autres usages de leurs anciens ennemis. Metz, grande cité gallo-romaine, possédait alors de nombreux édifices remarquables.

Les légions romaines qui allaient monter la garde sur la frontière du Rhin passaient régulièrement par la ville, et s'y arrêtaient pour prendre repos et ripaille.

Un légionnaire, du nom de Mettius, avait fait la connaissance de Nasidia, fille d'un riche propriétaire de la ville. Les jeunes gens s'aimaient, et se rencontraient souvent dans une villa, située en bordure de la Moselle, non loin de Gaudiacum (Jouy-aux-Arches).

Par un soir de printemps, Mettius voulu rejoindre sa belle, sur l'autre rive de la Moselle. Or, les pluies aidant, la Moselle avait fortement gonflé. Les riverains avaient donc pris soin de mettre leurs barques à sec, de façon à ce qu'elles ne soient pas emportées par les violents courants.

De l'endroit où il se situait, Mettius pouvait voir sa bien aimée qui lui faisait des signes d'amitié. Mais il ne pouvait atteindre l'autre côté, ni en bateau, ni à la nage, ce qui eut été trop dangereux.

De déception, Mettius se mit à marcher le long de la rivière. Il en était à ses réflexion lorsqu'une voix se fit entendre derrière lui.

- Salut à toi, Mettius.
- Salut à toi, Etranger.
- Qu'y a-t-il pour ton service ?
- Par Hercule et tous les dieux, aurais-tu une barque à me prêter ?
- Non, je n'ai pas de barque, mais je puis faire beaucoup mieux pour toi. Je puis te construire, en une seule nuit, un vaste pont au dessus de la Moselle.

Mettius, ahuri, se demandait si l'étranger ne se moquait pas de lui.

- Qui es-tu, Etranger, pour me tenir un tel langage ?
- Je suis Satan, le maître des Dieux !
- Je ne connais pas de Dieu de ce nom là. Jupiter est le père des Dieux.
- Mon pouvoir est bien plus grand... En veux-tu la preuve ? Si tu le désires, je bâtis pour toi un pont sur cette rivière, au cours de cette nuit. Pour prix, je te demande seulement ton âme.

Impressionné et abassourdi, Mettius accepta la proposition de l'Etranger.

La nuit tombée, Mettius s'endormi d'un sommeil agité, peuplé de cauchemars affreux.

Pendant ce temps, Satan ne perdit pas une minute, et, aidé de milliers de démons, commença à construire son pont. Déjà, les piliers sortaient de terre, les voutes commençaient à se dessiner tandis que les démons s'affairaient, chacun à une tâche particulière.

Cependant, ils faisaient un tel vacarme qu'aux environs de 3 heures du matin, cela réveilla Mettius. De surprise en voyant l'avancement du chantier, il se remémora les paroles de Satan, et prit peur. Nerveusement, il se mit à arpenter la rive, ne sachant que faire. En marchant, il dérangea un coq qui, croyant l'heure venue, se mit à chanter, ameutant tous les coqs des environs.

Satan, trompé par le chant des coq, et voyant son édifice inachevé, fut prit d'une épouvantable fureur. Qui donnant des coups de pieds, qui prenant les arches à bras le corps, il détruisit partiellement l'ouvrage d'art qu'il venait de faire construire. Il ne resta bientôt du pont que quelques arches qui, aujourd'hui encore, ornent les deux côtés de la Moselle.