Contes et légendes : Saint-Nicolas
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Saint-Nicolas est vénéré de tous les enfants lorrains, qui le fêtent le 6 décembre... Certainement plus intéressés par les confiseries que par le Saint-homme. Pourtant, Saint-Nicolas n'a jamais vécu en Lorraine, mais en Asie Mineure où il fut Evêque de Myre au IIIe siècle de notre ère.

Qui était donc Saint-Nicolas ?

Protecteur des ecclésiastiques, des clercs, des prêteurs sur gage, des écoliers, des voleurs, Saint-Patron de la Russie, de la Grèce et d'Aberdeen en Ecosse, invoqué par les marins et les pompiers, qui est donc Saint-Nicolas ?

Saint-Nicolas (255-335) est né en Lycie, colonie grecque au sud de l'Asie mineure, la Turquie actuelle, à l'époque de l'empire romain.

Evêque à la fin de l'époque des persécutions par les romains, et membre du concile de Nicée I en 325, il est issu d'une famille très riche.

Une histoire raconte que, jeune homme, Saint-Nicolas a doté trois jeunes filles pauvres habitant non loin de chez lui, que le père allait mettre sur le trottoir. Saint-Nicolas jeta alors trois bourses d'or par la fenêtre de leur maison à Patar (lieu de sa naissance).

Il existe d'autres variantes de cette histoire : il s'agirait en fait de 3 jeunes filles à marier, mais ne disposant pas de dot. Un soir de décembre, Nicolas aurait fait tomber, dans la cheminée, trois bourses pleines de pièces d'or. Cette histoire ne vous rappelle rien ? :-))) Saint-Nicolas est donc tout naturellement devenu le patron des pauvres et des enfants. Et c'est pour Saint-Nicolas, et non pour Noël, que l'on fait des cadeaux...

Plus tard, il réussit à convaincre les capitaines de navires ralliant l'Egypte à Constantinople, de décharger une partie de leur cargaison dans la région de Myre, alors proie à la famine. Après sa mort, il y eut de nombreux récits de naufrages évités grâce à lui : c'est donc naturellement qu'il devint très vite patron de marins.

Autre fait repris plus tard dans l'iconographie : il sauva in extremis trois soldats condamnés à être décapités. Cette histoire aurait été détournée au fil du temps, pour donner la légende actuelle de Saint-Nicolas. Cette légende, qui n'existe pas en Orient, a été inventée au XIIe siècle en France et en Allemagne. Il s'agirait d'une erreur d'interprétation de récits anciens. A compter de l'an 1000, des églises et autres monuments religieux lui sont consacrés en Lorraine, Allemagne, Belgique, Angleterre, Islande...

Saint-Nicolas doit sa "célébrité" grâce à la princesse byzantine Théophano qui épousa Otton II (955-983/ Roi de Germanie -dont faisait partie la Lorraine- couronné Empereur en 973) en 972. Celle-ci aurait rapporté des icônes de Saint-Nicolas.

Son culte apparut en fait au temps des croisades. Au retour des Croisades,le comte Aubert de Varangéville ramena de Bari, où les restes du Saint avaient été ramenés par des marchands vénitiens, un doigt.

Il fit déposer la relique dans l'église du village de Port qui devint le centre d'un pélerinage. Puis le village de Port prit le nom de Saint-Nicolas-de-Port.

Ce furent les bateliers qui contribuèrent à répandre le culte de Saint-Nicolas, dont la légende s'embellit.

Aujourd'hui, on peut retrouver des traces de Saint-NIcolas à Demre (Myra dans l'antiquité), en Turquie. Saint-Nicolas y vécut. Si le coeur vous en dit, faites y un tour. :-))

Pour en savoir plus : "La légende de Saint-Nicolas" par Marie-José Strich, Editions Ouest-France.

La légende de Saint-Nicolas

Il était une fois, il y a bien longtemps, en Lorraine, trois petits enfants qui s'en allaient glaner aux champs. Leurs parents étaient si pauvres qu'ils les envoyaient ramasser les épis qui traînaient sur les chaumes, après la moisson.

Mais un jour, les trois enfants perdirent le chemin du village, après avoir sagement glané toute la journée. Egarés, la nuit les surprit, et ils commencèrent à pleurer, appelant leur maman.

Courageusement, ils se remirent en route, espérant retrouver leur chemin. Ils marchèrent, marchèrent longtemps avant d'arriver en vue d'un village qui leur était inconnu. Une lumière brillait encore à la fenêtre de l'une des maisons.

Tremblant de peur, de fatigue et de faim, les enfants frappèrent à la porte. Ils étaient chez un boucher.

- Boucher, voudrais-tu nous loger ? Nous nous sommes égarés. Nous avons bien faim !
- Entrez, entrez, petits enfants. Il y a de la place, assurément !

Heureux et confiants, les enfants entrèrent. Le boucher leur prépara un repas et les fit coucher sur la paille de la grange. Ereintés, les trois enfants ne mirent pas longtemps à s'endormir profondément.

Mais qui s'avance, se glisse à pas de loup, un grand couteau à la main ? Le boucher ! Il va tuer les trois enfants et les couper en menus morceaux avant de les mettre dans une grande cuve, afin d'en faire du petit salé !

Durant une période de trois ans, personne n'entendit parler des malheureux enfants.

Mais un jour, le grand évêque de Myre, Saint Nicolas, vint un jour à passer par là. Il avait déjà accompli de nombreux miracles, et sa réputation était grande dans toute la région.

Un soir, il s'arrêta dans le village du sinistre boucher, et décida de s'y reposer :

- Boucher, voudrais-tu me loger ?
- Entrez, entrez,Saint Nicaola, il y a de la place, assurément.

Flatté par une telle visite, le boucher désira se montrer agréable auprès du Saint homme.

- Excellence, que faut-il vous servir pour votre souper ? J'ai du rôti de veau excellent, et puis aussi du chevreuil...
- Non, servez moi plutôt du petit salé, répondit Saint Nicolas.

Le boucher descendit aussitôt à la cave pour en ramener le petit salé.

- Non, pas celui là, s'écria Saint Nicolas, je voudrais de celui que tu as fait , il y a trois ans, et que tu as caché au fond de ton saloir.

Le boucher blêmit, trembla, et tenta de balbutier quelques mots inintelligibles.

Alors, Saint Nicolas se leva, jettant au boucher un regard chargé de colère, et se dirigea tout droit vers les saloir où les trois petits enfants dormaient depuis trois ans dans leur cuve. D'un geste prompt, il souleva le couvercle et traça au dessus d'eux un large signe de croix. Aussitôt, les enfants se dressèrent, miraculeusement rappelés à la vie.

Le premier dit : "j'ai bien dormi"
Le deuxième : "moi aussi"
Le troisième : "je me croyais au paradis."

Les trois petits enfants purent retrouver leurs parents, sortant sains et saufs de cette aventure.

Ainsi se termine la légende de Saint-Nicolas, vue par les petits enfants de Lorraine...