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Emilie est d'origine française. Elle est actuellement âgée de
26 ans et habite, pour l'instant, en Guyane française. Elle y
a passé une partie de son adolescence (de 15 à 18 ans), son père
occupant là-bas un poste d'ingénieur pour la construction d'un
barrage.
A l'âge de 18 ans, elle part en France accomplir des études d'ethnologie
et de théologie. Elle obtient son doctorat d'ethnologie en 1998
et travaille ensuite pour le ministère français de la Recherche
en tant que chargé de mission aux études des peuples.
Quant à moi, j'ai 30 ans et je vis dans les Antilles. Ce qui représente,
pour le québécois de souche que je suis, le paradis terrestre.
Je fais partie d'une équipe de scientifiques qui font des recherches
et de l'observation de mammifères marins.
Comment alors, nous, deux «exilés», nous sommes-nous rencontrés
?
Nos passions respectives pour des domaines très différents nous
ont amené à aller au Pérou : Emilie pour un stage en ethnologie
tandis que j'étudiais les dauphins de rivière.
Le hasard fait parfois bien les choses... nos équipes scientifiques
respectives étaient dans le même secteur et c'est ainsi qu'on
s'est croisés durant quelques mois.
Les individus parlant le français ne sont pas légion dans la jungle
Amazonienne, c'est ce qui nous a rapprochés. «Tu parles français
???» ont été les premières paroles que nous nous sommes échangées...
Il n'en fallait pas plus pour qu'il se développe une joyeuse complicité
et à la longue, il s'est installé une amitié solide entre nous.
Emilie a dû quitter le Pérou à la fin de son stage. Moi je suis
parti quelques mois plus tard pour l'Australie. Et, inévitablement,
on s'est perdu de vue.
Et ce journal nous permet aujourd'hui de conserver un lien entre
nous... |